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:: La Rose d'Eridania ::

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Pandora Vanes
:: La Rose d'Eridania ::
Pandora Vanes
MessageSujet: Shining Stars   Shining Stars Icon_minitimeMar 23 Mar - 16:18


Amaryl, Tiria 1302.
À 1580 km de Vanes.







La cité maudite avait pâle figure alors qu'elle devenait la nouvelle prison d'une toute jeune rose. La silhouette juvénile de l'adolescente n'allait pas avec le décors. Une ville abandonnée, maudite par les Dix et désormais par l'enfant rebelle. Elle avait été envoyé ici pour y purger sa peine, coupable de rébellion et d'excentricité dans un monde qui ne voulait qu'obéissance et confondait abnégation avec capitulation. Elle avait été si longtemps l'enfant sage, la parfaite princesse, docile et conciliante, elle avait suivi les règles à la lettre. Elle avait tout fait comme on le lui avait demandé, elle avait souris quand bien même ses joues brûlaient, elle avait courbé l'échine devant des hommes qui ne méritaient pas sa révérence, elle avait appris ses leçons et récité avec ferveur toutes ses prières.

Puis un jour, la foudre l'avait frappé. Sans doute était-ce ainsi que l'on justifierait ses actes à la cour ducale. Prise de fièvre, d'une maladie bénigne mais fulgurante, on n'oserait guère parler de folie pourtant. Quels mots utiliseraient sa mère pour décrire cette journée où elle avait vu rentrer sa fille, ses magnifiques cheveux blancs à jamais gâchés par un rose inadéquat ? Pandora aurait bien aimé entendre quelle excuse elle allait inventé pour justifier ensuite son envoi à Amaryl. Un voyage surprise et des études à l'autre bout du continent, arriverait-elle à faire avaler que c'était autre chose qu'une punition ? La jeune fille aux cheveux désormais roses se doutait bien que sa mère arriverait à faire avaler n'importe quoi à sa cour et que personne n'oserait chercher d'autres raisons que celle de la version officielle.

C'était donc avec amertume que Pandora regardait cette cité dévastée par tant de drames successifs. Quel genre de cage serait-ce ? De pierre et de sable, de chaleur plombante et de sécheresse, Pandora avait rapidement peint un tableau de sa nouvelle captivité. Il n'y avait pas de barreau à sa chambre mais c'était inutile, l'ouverture qui devait servir de fenêtre ressemblait davantage à une meurtrière dans le large mur qui avait pour seule fonction d'isoler la bâtisse de la chaleur alentour. On lui avait donné une chambre, avec un lit, et apparemment, elle devrait en être reconnaissante. L'Eclari qui lui avait montré était fier de lui montrer ce clapier à lapin et la jeune fille avait bien cru qu'il se fichait ouvertement d'elle avant de réaliser plus tard que son exaltation n'était pas feinte. Les éclari menaient une vie rude, loin du faste du palais ducal auquel la jeune noble était habituée. Elle n'avait jusque là jamais douté que tout être sur Istheria avait à sa disposition un lit décent et une salle de bain fonctionnelle. Quand elle découvrit les bains communs, elle comprit l'étendu de sa punition. Elle avait adressé un regard de désespoir à sa chaperonne qui ne lui avait adressé qu'un visage fermé et sévère. Pandora se demandait si pour elle aussi, c'était une punition.

Les premières nuits furent les plus difficiles. Le vent du désert s'engouffrait dans les rues désertes de la ville, frappant et sifflant comme une cavalcade de démons. Son matelas était dur, à croire qu'il ne connaissait pas les plumes ici, ses draps étaient râpeux comme la langue d'un chat, elle n'osait pas bouger, certaine qu'elle aurait des plaques rouges le lendemain. Des nuits entières, elle regarda le plafond craqueler de cette chambre rustique, craignant de voir une énorme araignée sortir d'une de ces craquelures. Elle vérifiait trois fois la moindre anfractuosité avant d'aller se coucher, calfeutrant l'espace sous la porte, de peur de voir un serpent ou un scorpion se glisser par l'étroite fente. Les monstres sous son lit grattaient contre les lattes de son lit dès que le sommeil tentait de l'emporter dans un monde moins horrible. Que dire de ses jours ? Ils lui paraissaient interminables. Elle ne sortait pas, elle pensait bien que l'immolation instantanée l'attendait si le moindre rayon touchait sa peau. Comment pouvait-on condamner sa fille albinos à vivre même une semaine dans un pays autant baigné par le soleil qu'Argyrei ?

Enfermée dans la masure des érudits, Pandora passait ses journées à écouter les précepteurs éclaris qui lui faisaient cours sans discontinuer. Un programme pas si différent de celui qu'elle avait connu à Vanes mais, ici, pas de récréation en extérieur, pas de récréation du tout en réalité. Sa vie se limitait à un trajet dans les couloirs de sa chambre aux salles de cours, et de là aux salles communes où elle devait partager le temps du repas avec des dizaines d'hommes et de femmes qui ne savaient se servir que de deux couverts. On lui avait ri au nez lorsqu'elle avait demandé où étaient le couteau à entremet. Avant de comprendre qu'il n'y aurait de toute manière pas d'entremets. Le changement de décors était aussi déconcertant que l'étaient les personnages qui l'entourait. Des cerveaux savants, des scientifiques de toutes les races et de toutes les origines. Ils l'effrayaient un peu, elle ne savait comment se comporter face au gigantesque monstre de muscle qui lui apportait son repas, elle ne savait même pas si le zélos était un éclari ou un serviteur, les rôles semblaient bien moins définis que chez elle. Tous la regardait dans les yeux sans aucune hésitation ou gène et personne ne respectait le moindre protocole. Des rustres sans éducation c'était-elle dis en les méprisant du haut de ses treize ans.

- Une lettre de vos parents, mademoiselle.

Sa gouvernante lui tendait le pli sans que son visage n'exprime la moindre émotion, à son habitude. Pandora ne pouvait pas deviner le contenu de la lettre mais elle aurait pu jurer que c'était enfin sa libération. Ses parents devaient savoir qu'elle ne survivrait pas plus d'une semaine à cet enfer, puis ils ne pouvaient pas la punir davantage. C'est donc d'un geste triomphale qu'elle déplia le parchemin et le lut à voix haute.

- À notre très chère fille, nos meilleures pensées vous accompagne dans votre voyage au pays des dunes. Nous avons appris que vous vous étiez confortablement installé et nous félicitons de vous savoir assidue à vos leçons. Puisqu'il semble évident que cette retraite fait le plus grand bien à votre humeur, votre père et moi-même avons décidé que votre séjour s'étendrait à la saison morte...

La voix de l'enfant se brisa alors que ses yeux continuaient de lire cherchant sans espoir une échappatoire. "Prenez ce temps pour réfléchir à vos agissements, chère enfant, et profiter de la présence des merveilleux esprits qui vous entour. Je ne saurais que trop vous conseiller de poursuivre vos efforts pour retrouver la docilité d'une jeune fille de votre condition si vous souhaitez nous retrouver au plus tôt. Nous joignons à cette lettre un flacon qui vous permettra de vous débarrasser de cette affreuse couleur et de retrouver la noblesse de la blancheur. Nous attendons bien patiemment votre retour, chère fille."

Ses doigts tressaillir alors qu'elle relevait le regard sur sa gouvernante qui lui tendait un flacon de verre contenant un liquide sirupeux. La jeune fille ne s'en saisissant pas, la gouvernante le posa sur sa table de nuit avant de quitter la chambre, refermant doucement la porte derrière elle, laissant la jeune Vanes seule avec sa rage. Le parchemin finit en morceaux et la chambre sans dessus-dessous. Les cris de l'enfant furent très largement étouffés par l'épaisseur des murs et ses petits poings s'écrasant contre la pierre ne feraient vibrer que son petit corps. La nuit qui suivi, elle ne dormit pas davantage. Assise par terre, à regarder le flacon posé sur la table de nuit, elle maudirait sa famille pour dix générations avant de se rendre compte qu'elle faisait partie de ces générations.. et de taper du pied en demandant pardon aux Dix. Combien de temps exactement devrait-elle subir l'enfer de cet endroit ? Si elle utilisait cette lotion, qu'elle redevenait la blanche et sage enfant, sa mère la ferait-elle rentré plus vite à Vanes ? Si elle abdiquait enfin et enterrait loin sa rage d'enfant rebelle, si elle rentrait docilement dans le rang..

- Tu peux toujours courir.

Elle crachait ses mots à la face de cette maudite fiole comme jamais elle ne le ferait face à sa mère. Elle avait beau pestiférer, son égo s'étiolait alors que le sol faisait souffrir son derrière et qu'elle devait changer de position toutes les dix minutes. Sa rébellion valait-elle qu'elle endure cet endroit ? Il n'y avait pas de barreau à sa fenêtre, pas de garde à sa porte non plus et la masure n'était certainement pas aussi bien gardée que le palais ducal.. qu'est-ce qui la retenait là au final ? La jeune fille bondit sur ses pieds, se fit une cape et une capuche de son drap râpeux et ouvrit doucement la porte. C'était la moitié de la nuit, il n'y avait pas un chat dans les couloirs et même sa gouvernante aux traits de geôlière devait dormir. Comme un fantôme, l'enfant glissa dans les couloirs et trouva rapidement la sortie, pieds nus, en chemise de nuit, emmitouflée dans un drap, elle s'enfuit.

Jusqu'à ce que ses pieds s'enfoncent dans les dunes glacée du désert entourant la cité, jusqu'à ce que le souffle manque à ses poumons et qu'elle lève enfin les yeux. Là, perdue si loin de tout ce qu'elle connaissait, elle fit la rencontre de Ténéis et de ses splendeurs.




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MessageSujet: Re: Shining Stars   Shining Stars Icon_minitimeJeu 25 Mar - 12:35

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– Dame Brynelis ? Une missive pour vous.

Phyrra releva la tête de l’ouvrage dans lequel elle était plongée. Il lui fallut quelques secondes pour reprendre contact avec la réalité, mais elle se leva malgré tout rapidement pour prendre le parchemin que le prêtre lui tendait, même si ses pensées étaient toujours avec son livre. Il s’inclina alors rapidement avant de laisser la haute-prêtresse seule. Il ne fallut qu’un coup d’œil à Phyrra pour reconnaître le sceau des Vanes, ce qui eut pour effet de ramener l’entièreté de ses pensées sur le message. Si elle n’avait pas véritablement de liens avec les différents duchés éridaniens, elle connaissait ses duchés et leur réputation. Ainsi, elle descella rapidement le parchemin, curieuse de savoir ce que cette famille, si proche du roi des terrans, souhaitait lui communiquer. Elle lut rapidement la missive, puis la lut une deuxième fois afin de prendre la pleine mesure de la demande — et de l’offre qui lui était présentée.  

La nature de la demande, ainsi que les prières adressées à Ténéis lui laissaient croire que c’était sa réputation personnelle qui avait mené la grande dame à la contacter, sa réputation et la foi profonde des Vanes envers les Dix. En effet, la duchesse lui demandait de prendre sous son aile la jeune Pandora Vanes, sa seule fille. À l’aube de l’adolescence, celle-ci avait été éduquée selon les plus hauts standards de la cour, et la vivacité de son esprit était particulièrement impressionnante. Cependant, elle n’avait que peu vu le monde et n’avait que peu conscience des différences qui le composaient. Sa mère souhaitait donc qu’elle s’ouvre à des horizons différents en étudiant à Amaryl. Puisque l’école, majoritairement dirigée par les éclaris, n’offrait pas de cursus religieux, et que les dieux avaient une importance toute particulière pour les Vanes, ces derniers espéraient que Phyrra pourrait lui offrir une éducation religieuse.  

Le message provenait de l’actuelle duchesse de Vanes elle-même, Ophélia Vanes. La missive débutait par des salutations marquées et protocolaires, ainsi qu’un éloge vantant les qualités de la Haute-Prêtresse de Ténéis. Celle-ci ne l’aurait sans doute pas avoué, mais elle fut flattée de constater le temps que cette terrane avait pris pour s’intéresser à elle. Avec la demande qu’elle lui formulait, toutefois, celles-ci prenaient tout leur sens. La nature du message révélait à Phyrra l’importance que pouvait revêtir le protocole pour cette haute famille. Cependant, elle s’expliquait mal la raison de la venue de Pandora en Argyrei. Amaryl, et plus particulièrement l’académie des sciences, Luminéa, était bien entendu un endroit de choix pour étudier. Si l’enfant Vanes était aussi intelligente et prometteuse que le laissait sous-entendre la plume de la duchesse, alors elle aurait l’occasion de profiter d’un enseignement unique et progressiste. Cependant, Phyrra voyait mal pourquoi elle n’avait pas été envoyée à Ectalion, un établissement qui lui semblait beaucoup plus près des valeurs vanésiennes que Luminéa.

Les Vanes étaient albinos, et vénéraient la blancheur de la peau comme celle de leurs habits et de leurs constructions. Envoyer une telle jeune femme en Argyrei, là où les soleils étaient les plus dangereux... Ophélia Vanes était réputée pour être autoritaire, voire obstinée. Relisant encore une fois la missive, l’érudite prit cette fois en compte les informations concernant la jeune noble. Ses doigts parcoururent l’écriture, devinant les sentiments se cachant derrière le poids de la plume. Treize ans... n’était-ce pas le début de l’adolescence terrane ? Se pouvait-il que la duchesse ait eu envie de donner une leçon à sa fille ? Cette idée tira un sourire amusé à la sindarine, ramenant dans sa mémoire les souvenirs de sa propre entrée dans le monde adulte. Sa mère avait passé un temps fou à tenter de la discipliner, jusqu’à ce qu’elle commence son entrainement militaire. Son frère en avait alors lui aussi souffert, car elle avait un caractère difficile. En prenant en compte chacun des éléments de la missive, Phyrra estima avoir une bonne idée des intentions d’Ophélia Vanes.

La Haute-Prêtresse dut prendre un moment pour réfléchir. L’offre était alléchante, le salaire proposé, plus que décent, mais les obligations de la sindarine la faisaient hésiter. Entre ses propres études et ses recherches, ses projets pour la caste et ses obligations de haute-prêtresse, elle peinait à trouver du temps pour elle. Si le temps était relatif pour un peuple comme les sindarins, il demeurait qu’elle vivait dans une cité majoritairement terrane et qu’elle devait composer avec leur développement rapide. La prêtresse se questionnait aussi sur le fait de se lier aux Vanes. Ceux-ci pouvaient être des alliés puissants, mais aussi des ennemis redoutables si jamais ceux-ci n’étaient pas satisfaits de l’enseignement offert à la jeune Vanes. De plus, Phyrra n’avait aucune envie de voir la duchesse diriger à distance l’éducation de sa fille à travers elle. Ainsi, elle commença à noter ce qui lui venait en tête sur un bout de parchemin, établissant les conditions à cette requête.

Quelques heures plus tard, elle lut la version finale de sa lettre. Inspiré des coutumes éridaniennes, le style demeurait celui d’une sindarine. Avec beaucoup de respect et sans fausse modestie, elle apposait certaines conditions à sa participation à l’éducation de la jeune noble. Elle demanda que, en dehors du cursus qu’elle joignait à sa missive, elle ait la pleine liberté en ce qui concernait l’enseignement qu’elle prodiguerait. Phyrra avait conscience que sa vision de la religion était assez différente de ce à quoi les Vanes étaient habitués, et ne souhaitait pas qu’on l’oblige à prêcher des concepts auxquels elle ne croyait pas. Le cursus qu’elle proposait était toutefois un gage de sa bonne volonté, et les sujets choisis, approprié pour une jeune noble éridanienne. Elle s’assura également du poids politique de sa demande : ce choix en était un personnel, et ne devait pas influencer son église. De plus, la prêtresse n’avait nulle autorité sur les éclaris qui étaient les véritables dirigeants de la ville. La dernière condition, et non la moindre, fut que son rôle ne soit pas immédiatement dévoilé à la jeune fille. Phyrra souhaitait voir comment elle se débrouillait, et ne souhaitait pas n’être que l’un des précepteurs de la jeune femme à Luminéa. Elle enseignerait au Temple, là où, de toute façon, la plupart des écrits religieux de la ville étaient conservés, et son enseignement ne dépendrait que de l’intérêt de la jeune Pandora. Elle la verrait en privé et n’accepterait pas que celle-ci se montre oisive face à sa propre éducation.  

Il fallut encore plusieurs semaines avant que les conditions liées à l’éducation de la jeune Vanes ne fussent totalement établies entre les deux femmes et qu’un véritable accord ne soit scellé. La duchesse était une fine langue et avait su tourner les choses à son avantage, mais Phyrra avait su se tenir droite, et avait plaidé que sa liberté d’enseignement était la condition pour profiter de ses connaissances. Ainsi, malgré quelques divergences d’opinions, elles parvinrent à s’entendre, et se promirent d’évaluer l’évolution de la situation en fonction des apprentissages de Pandora. Quelque temps plus tard, la jeune Vanes arriva à Amaryl, et Phyrra put commencer à écouter les rumeurs qui se dessinaient à son passage. On disait que la jeune femme était en pleine rébellion, au point de s’en teindre les cheveux en rose. Si la prêtresse ne voyait aucun mal à jouer avec la couleur de ses cheveux, elle devenait l’agacement que cela avait dû provoquer chez Ophélia. On disait de la jeune fille qu’elle était intelligente et qu’elle avait l’esprit vif, mais qu’elle ne démontrait que peu d’intérêt à comprendre les agyréens. D’après ses précepteurs, parmi lesquels certains étaient assez proches de Phyrra pour l’appeler par son prénom, elle faisait preuve d’une certaine prétention due à son rang.  

Ce soir-là, après la messe dansante dirigée sous les soleils couchants, la prêtresse décida de profiter d’un moment de tranquillité. Elle salua les nombreux fidèles réunis au temple, adressa une prière aux plus démunis, offrit son oreille aux solitaires et aux malades. Cependant, alors que le jour avait de plus un moment laissé place à la nuit, elle s’éclipsa, laissant ceux qui restaient entre les mains de prêtre de confiance. Enfilant des vêtements plus appropriés aux rigueurs de la nuit amarylienne, elle déambula en ville, profitant de l’atmosphère paisible que la nuit faisait régner sur la ville maudite. Sous les étoiles, elle laissa Ténéis guider ses pas.

Une jeune fille se trouvait là, le regard tourné vers les étoiles, une expression béate sur son joli visage. Ses vêtements clamaient qu’elle n’était pas native de la région, et sa peau délicate, qui avait néanmoins été victime des soleils d’Argyrei, reflétait une appartenance noble, tout comme le tissu que la prêtresse devinait sous le drap qui la protégeait du froid. Elle semblait être sortie précipitamment, peu préparée aux rudesses du désert, inconsciente des dangers que cachaient les dunes froides. À son tour, Phyrra leva les yeux vers le ciel et sourit doucement devant l’incroyable spectacle qui s’offrait à elles. Pas un seul nuage ne venait troubler cette incroyable vision, et les lumières de la ville, lointaine, ne réussissaient pas à ternir l’éclat du ciel étoilé. Posant une main sur son cœur, la prêtresse dirigea ses pensées vers la déesse en contemplant les vestiges de son infini savoir. En voyant les mèches roses dépassées de la coiffe de fortune de la jeune noble, Phyrra eut un sourire amusé. Était-ce Ténéis qui avait guidé le choix de sa coiffure, aujourd’hui ? Ce qui était certain, c’était qu’elle l’avait guidé jusqu’ici.  

La prêtresse s’avança silencieusement aux côtés de la jeune femme et se posa près d’elle pour observer en silence cette vision magique. Lorsque l’adolescente remarqua sa présence, Phyrra lui sourit, ses dents blanches tranchant avec la teinte sombre de sa peau.  

– Les étoiles, le savoir de notre monde, murmura-t-elle. C’est lorsque la nuit tombe qu’elles nous révèlent le chemin à suivre.

Sa voix calme brisa le silence et un sourire complice ponctua cette phrase. Ses yeux dorés, tel un miroir de ce ciel étoilé, luisaient paisiblement.

– Si on les regarde attentivement, il est possible d’y trouver les réponses à nos questions.  

Codage par Libella sur Graphiorum


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MessageSujet: Re: Shining Stars   Shining Stars Icon_minitimeMar 13 Avr - 14:39


Amaryl, Tiria 1302.
À 1580 km de Vanes.







Emmitouflée dans un drap rêche, ses cheveux roses rebellés par le vent du désert, du sable froid entre les orteils, la petite princesse était bien loin de son palais. Pourtant juste au-dessus de sa tête, un palace ouvrait généreusement ses portes à qui voulait bien le contempler. La demeure de Ténéis flamboyait de mille et une étoiles, des diamants intouchables, des merveilles que la déesse partageait avec tous. Absorbée par le silencieux spectacle qu'offrait le désert, un endroit qu'elle pensait jusqu'alors dépourvu aussi bien de richesse que de beauté, l'adolescente aux joues encore rondes d'une enfance opulente n'entendit pas celle qui approchait et sursauta comme un lapin débusqué par surprise lorsqu'elle remarqua enfin l'ombre qui se tenait près de la sienne.

C'était une femme à la peau sombre, comme la plupart des habitants de la région, mais surtout, elle avait des cheveux roses. Caprice du destin ou pied de nez des Dix, Pandora n'avait jamais croisé âme qui vive avec la même teinte de cheveux que celle qu'elle s'était choisie. Enfin, le choix avait été un peu détourné de son origine. Ce n'était pas le rose que cherchait à obtenir Pandora, cela n'aurait même jamais du être la couleur de sa rébellion, pas plus que celle de son futur surnom. Le hasard d'un mauvais dosage ou le grain de sable qu'y avait glissé les dieux, lui valait ce rose et tous les désagréments que cela lui avait apporté. La jeune fille ne pouvait certainement pas blâmer ni le hasard, ni les Dix, pour sa retraite forcée ici mais, elle ne pouvait ignorer que la coïncidence de trouver ici cette couleur, la troublait.

Ténéis était-elle descendue de ses cieux pour la mettre sur la bonne voie ? Si la pensée traversa la jeune et pieuse tête de Pandora en entendant les premiers mots de la belle inconnue, autant que celle d'avoir affaire à une sorte d'hallucination, de mirage, elle balaya ses suppositions farfelues d'un geste vague destiné à lui faire retrouver contenance. Une imitation presque parfaite de ce qu'elle avait déjà pu observer chez les dames de la cour. Son dos se raidit alors que ses prunelles analysaient bien plus pragmatiquement la femme qui se tenait devant elle. Habillée comme les locaux, seules la couleur de ses cheveux et sa grande beauté la détachaient du reste du peuple Amarylien. C'était simplement une native qui venait prendre un bain d'air frais avant la chaleur du lendemain. Voilà l'hypothèse la plus cohérente que son esprit rationnel lui fournit. Si la déesse Ténéis avait voulu lui faire signe, elle aurait plutôt choisi de dessiner la route la plus directe vers Vanes, n'est-ce pas ?

Puis, ce que disait cette étrangère n'avait ni queue ni tête. Comme si elle avait oublié qu'elle se tenait pieds nus dans le sable, simplement habillée d'une chemise de nuit et d'un drap pour manteau, la demoiselle releva le menton et croisa les bras sur une poitrine inexistante.

- Si c'était si simple, plus personne n'aurait de question.

Cela paraissait évident, si il suffisait de regarder les étoiles pour avoir des réponses à toutes ses questions, les hommes et femmes peuplant ce monde n'auraient plus aucune question à poser.

- Les éclaris ne seraient plus qu'une congrégation de vieillards inutiles.

La demoiselle haussait alors les épaules, l'air de dire qu'après tout, c'était peut-être déjà le cas. De peu de respect pour ses ainés et ses professeurs, la jeune fille n'était visiblement pas prête à se départir de ce petit air supérieur qui avait pourtant disparu un instant plus tôt lorsqu'elle se pensait seule face aux étoiles.

- Vous serez bien aimable de m'indiquer le chemin le plus rapide pour quitter ce maudit désert et retrouver un semblant de civilisation.

C'était moins une demande qu'un ordre, posé avec la voix d'une enfant et sur un ton si naturel qu'il aurait déstabilisé même les plus nobles. Commander plutôt que questionner semblait être une habitude, comme si c'était là l'ordre naturel des choses. L'adolescente attendait impatiemment la réponse, tapotant du pied dans le sable quand quelque chose se faufila entre ses chevilles. Surprise et instantanément terrifiée, la jeune fille bondit sur le côté, avec moins de grâce et surtout moins d'agilité que espéré, se prenant les pieds dans le drap, elle tomba de tout son long dans le sable. Se démenant pour se débarrasser du drap enroulé autour de ses jambes tout en repoussant ce qu'elle pensait être encore à ses pieds en donnant des coups frénétiques, la petite princesse ressemblait finalement à n'importe qu'elle gamine aux prises avec l'inconnu, effrayée et terriblement seule face à un monde dont elle n'avait pas les codes.

- Qu'est-ce que c'est ?! Débarrassez moi de cette affreuse bête !

Depuis longtemps partit, ce qui semblait être une espèce de gecko, un lézard du désert, avait sans aucun doute eu autant peur que la jeune fille qui s'agitait dans le sable.


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MessageSujet: Re: Shining Stars   Shining Stars Icon_minitimeDim 18 Avr - 17:54

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Si l’enfant l’observa d’abord avec toute la beauté des étoiles dans les yeux, elle changea rapidement d’expression. Elle se ressaisit et son regard analytique détailla la sindarine, toute trace d’émerveillement effacé de son visage. Son œil avisé n’échappa pas à la Haute-Prêtresse qui sentit l’ambiance se modifier. La fille semblait avoir brusquement vieilli, dans ce drôle de paradoxe qu’amenait parfois l’adolescence. Elle était sur la défensive, et Phyrra devina combien sa situation devait lui être difficile. Malgré tout, sa remarque lui tira un sourire amusé. Ce qu’elle était impertinente!

– Il ne faut pas croire qu’elles communiquent avec nous comme le ferait un livre. Rares sont ceux qui les comprennent vraiment. Excuse-moi, j’ai cru que tu avais compris leur message. Il semble que je me sois trompé.

Les étoiles étaient empreintes de mystère. On les associait à Ténéis, disant qu’elle y conservait la mémoire des dieux. En les regardant, il était possible de retrouver son chemin, de prévoir certains évènements astronomiques, mais également de découvrir son propre chemin. C’est ainsi que Phyrra avait retrouvé la foi, après que la déesse lui ait envoyé ce message, autrefois. À ceux qui dédiaient leur vie à la recherche de la connaissance, qui ouvraient leur esprit aux changements et qui ne restaient pas oisifs devant les grandes questions, c’est à eux que la Mère des Étoiles confiait ses secrets.

Pandora s’exprimait avec l’assurance de ceux qui croient détenir la vérité. Elle avait visiblement été éduquée avec l’idée que tout lui était dû, par son rang, par son nom. Elle ordonnait plutôt que questionnait, ce qui tira une grimace intérieure à la sindarine. Avec cette attitude, il serait difficile de lui enseigner quoi que ce soit. Ce mentorat allait lui donner du fil à retordre... heureusement, Phyrra aimait les défis. La jeune fille était déconcertante, avait une langue bien acérée et un égo surdimensionné. Phyrra était toutefois impressionnée de la facilité avec laquelle elle avait chassé le tourbillon d’émotions qui voletait dans ses yeux à peine quelques secondes plus tôt. Elle avait un visage droit, empreint d’une noblesse évidente, et ses yeux témoignaient de davantage de maturité que ne le laissait supposer son corps frêle. Intéressant...

– Tu n’es pas d’ici, affirma la sindarine.

Phyrra avait compris à qui elle avait à faire. Cependant, elle ne tenait pas à ce que la jeune Vanes comprenne qu’elle était démasquée. C’était plus drôle ainsi.  

– Lorsqu’on veut quelque chose, on le demande avec respect, jeune fille. Tes parents ne t’ont donc pas appris la politesse ? demanda-t-elle d’une voix sèche.

Comment la jeune noble réagirait-elle à recevoir une telle leçon ? Elle n’en avait certainement pas l’habitude, sa réaction était donc d’autant plus intéressante. Phyrra s’attendait au pire.

– La seule ville que tu trouveras, c’est Amaryl. Tu mourras seule dans le désert avant d’atteindre n’importe quel autre endroit « civilisé ».  

Amaryl. Un endroit aride de prime abord, très différent de ce à quoi la jeune noble devait avoir l’habitude. La vie y était plus simple, la hiérarchie moins bien définie, les commodités bien différentes de ce qu’on pouvait retrouver en Eridania. Le choix de la duchesse de Vanes semblait d’autant plus étonnant... jusqu’à ce que l’attitude de sa fille l’explique. En ville, la population était remarquablement éduquée pour une cité terrane. Beaucoup étudiaient, et les enfants savaient presque tous lire et écrire, une situation bien différente de ce qui avait lieu dans les campagnes plus au nord. On y trouvait des gens de tous les horizons, et des inventions incroyables amélioraient la vie des habitants de la ville. La sindarine avait subi un dépaysement total en emménageant ici, après avoir passé la majorité de sa vie entre Eridania et en Cebrenia, mais elle aimait maintenant Amaryl de tout son cœur. Phyrra serait-elle en mesure de faire voir à la petite princesse à quel point elle se leurrait ?

Soudain, l’enfant sauta vivement sur le côté, paniqué. Elle s’emmêla dans le drap qui la recouvrait et se retrouva bientôt sur le sol, tentant fébrilement de se débarrasser de la source de son malheur. La panique et la frénésie la guidaient, et la situation tira une mine amusée à la sindarine, dont les sens aiguisés lui avaient permis d’identifier rapidement la source de toute cette agitation. Phyrra ne tenta pas d’aider, choisissant plutôt de saisir le petit lézard qui courrait maintenant sur le sable. Il s’agissait d’un gecko, ces petits reptiles du désert qui vivaient la nuit. La sindarine laissa la petite créature parcourir la paume de ses mains, qu’elle lui présenta l’une après l’autre alors que la fillette reprenait doucement le contrôle sur ses émotions.

– C’est un gecko. Il est inoffensif, dit-elle avec douceur lorsque Pandora la regarda.

Elle fit voir la petite bête à l’adolescence, avant de la laisser filer dans le sable. L’enfant semblait terrifié, et même si la prêtresse se doutait qu’elle la repousserait dès qu’elle reprendrait contenance, elle ne put s’empêcher de vouloir l’aider. Dans un geste de réconciliation, elle lui tendit la main, même si elle n’était pas certaine que l’enfant accepterait son aide.  

– Pourquoi détestes-tu Amaryl ?

Cet accoutrement, puis cette demande, ou plutôt cet ordre, il était évident que la jeune n’appréciait pas son expérience, et qu’elle avait tenté de fuir la ville. Toutefois, la prêtresse doutait que l’endroit soit en cause. En fait, elle aurait probablement trouvé à se plaindre dans n’importe quel endroit, tant elle avait été préservée du monde sans en connaître la diversité. Les souvenirs de Phyrra, aussi vifs qu’au premier jour, lui rappelèrent à quel point elle s’était sentie déboussolée lorsqu’elle avait fui Canopée et découvert le pays des terrans. La situation était certes extrêmement différente, mais la sindarine comprenait ce mal du pays.  

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MessageSujet: Re: Shining Stars   Shining Stars Icon_minitimeLun 24 Mai - 14:46


Amaryl, Tiria 1302.
À 1580 km de Vanes.






Comme tous les enfants, et peut-être comme beaucoup d'adultes aussi, Pandora n'aimait pas que quelqu'un lui fasse la morale. Aussi décidait-elle qu'elle n'aimait pas cette sindarine malpolie. Puisqu'il était évident que c'était cette femme qui n'avait pas de manière et certainement pas Pandora qui n'était pas polie. Elle ne lui avait pas manqué de respect puisque elle ne lui en devait aucun, c'était plus à la sindarine de se montrer plus humble face à une descendante de Vanes. Bien sûr, la sindarine ne pouvait pas le savoir mais cette vérité n’entacha pas l'assurance de la jeune fille qui se murait dans sa propre vision de l'ordre des relations sociales. La jeune Pandora ne s'arrêta pas davantage à l'affirmation selon laquelle elle n'était pas d'ici, c'était l'évidence même, on ne pouvait pas la confondre avec les pauvres ères qui vivaient ici.

Amaryl était la seule ville à des dizaines de lieues à la ronde, Pandora le savait pourtant, elle ne savait elle-même pas vraiment ce qu'elle espérait de cette fuite en avant. Ce n'était qu'un geste de rébellion, une manière bien inconsciente de tenter de reprendre le contrôle sur ce qui lui arrivait. Une tentative futile et vouée à l'échec mais, la jeune fille n'était pas prête à l'accepter ou à l'admettre.

À présent emmêlée dans son drap, à s'agiter en vain contre un ennemi invisible, la demoiselle avait perdu de sa superbe. Se rendant compte de son allure en même temps qu'elle découvrait la bien inoffensive créature entre les mains de la sindarine, elle tâchait de réunir les morceaux éparpillés de son masque de noble outrée. Elle avait surtout l'air d'une enfant vexée, honteuse de s'être comportée justement, comme une enfant. Lorsque l'inconnue lui tendit la main, Pandora fit comme si elle était entrain de s'installer confortablement, étendant le drap autour d'elle comme si elle allait se mettre à pique-niquer au milieu du désert. Prétendant ne pas voir la main tendue, elle répondit sèchement à la question, comme si il s'agissait d'une évidence, aussi visible que les soleils une fois levés.

- C'est un endroit horrible.

Comment ne pas détester cette cité ? Il y faisait une chaleur accablante, les tempêtes de sable y étaient fréquentes, rendant les rues toujours sales. Les habitants étaient énervants, trop tactiles et irrespectueux, ils s'adressaient à elle comme si elle était n'importe qui et n'avait aucune manière. Des sauvages pour une ville inhospitalière. Aucun mystère au désamour des dieux pour cette ville de malheur, aucun individu normalement constitué ne souhaiterait vivre ici. Pandora ramenait ses genoux contre sa poitrine et entourait ses jambes de ses bras, se recroquevillant alors que l'expression de son visage exprimait pour elle toutes les noires pensées que lui évoquait la ville. Comment ne pas détester cette cité ? Puisqu'elle était sa punition.

- Et vous alors ? Pourquoi êtes-vous ici ? Je croyais que les sindarins n'aimaient pas sortir de Canopée, vous avez été bannie ?

La jeune demoiselle était directe et sa pensée était stéréotypée sans doute mais, elle n'était au moins pas dénuée de toute connaissance sur ce peuple et les coutumes de Canopée. Puis, pour la première fois depuis le début de leur conversation, elle s'intéressait à autre chose qu'à elle-même. Elle se donnait l'air supérieure et arrivait très bien à endosser son rôle de demoiselle hautaine, pourtant, il lui arrivait encore de se montrer curieuse envers autrui. Signe, peut-être, que la pomme n'était pas encore pourrie.



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MessageSujet: Re: Shining Stars   Shining Stars Icon_minitimeDim 13 Juin - 17:28

Shining Stars
Phyrra réprima le sourire qui lui montait aux lèvres en voyant la jeune dame faire mine de s’installer confortablement sur le sol sablonneux. Comme précédemment, elle passa rapidement d’une expression de peur enfantine au visage pincé d’une noble vexé, effaçant de son visage toute trace de la honte qui se lisait toutefois encore dans ses yeux rosés. C’est avec toute sa superbe qu’elle répliqua à la remarque de la sindarine, comme si cela était une évidence, comme si l’endroit n’avait aucune raison d’être aimé de ses habitants. Elle ne lui en voulait pas, toutefois. Elle demeurait fidèle à elle-même, une chose importante. La jeune femme eut même le mérite de s’intéresser à elle, et Phyrra, dans tout l’égo qui la composait, apprécia de voir que la jeune femme daignait de s’intéresser à autre chose qu’elle-même. C’est sans doute pour cette raison que la prêtresse rejoignit la petite princesse vers le sol sans s’offenser que cette dernière ait ignoré sa main tendue. Lorsqu’elle prit la parole, les yeux de la sindarine étaient rivés sur l’impressionnant ciel nocturne.

– Depuis l’avènement de notre reine, Viwien Ñen'Silwë, nous sommes beaucoup plus libres, expliqua-t-elle, appréciant les connaissances de l’adolescente. C’est la déesse qui m’a attiré ici. Ténéis est ma guide, j’irai là où elle voudra que je sois. Avec la bénédiction de ma reine.

Elle demeura silencieuse un moment, les souvenirs de son arrivée à Amaryl surgissant dans son esprit. Il ne serait pas facile de gagner la confiance de la jeune dame, malgré toutes ses bonnes intentions. Elle tourna le regard vers la jeune femme et pendant quelques secondes, la lumière des étoiles alluma les yeux brillants de la sindarine. C’était un moment à ne pas oublier. Un moment qu’elle choisissait de graver dans sa mémoire pour l’éternité.

– Les plus grands défauts cachent les plus belles qualités. Si tu arrives à voir au-delà, peut-être découvriras-tu des choses extraordinaires.  

Peut-être était-ce trop abstrait pour une jeune terrane de son âge ? La sindarine n’avait pas l’habitude de côtoyer d’aussi jeunes gens. Quoi qu’il en soit, avec un peu de chance, ses paroles prendraient un jour tout leur sens pour Pandora.

– Nous sommes tous égaux devant les dieux. À Amaryl, seul le travail acharné permet d’acquérir le respect. Le rang à la naissance n’a aucune importance et il n’y a pas meilleur endroit pour découvrir qui on est vraiment, au-delà de ce que nous dicte la société. Loin de Canopée, j’ai redécouvert la foi. Loin du Monastère, j’ai compris qu’il y avait mille moyens de prier. Et toi, petite rose, que découvriras-tu, loin de chez toi ?  

Les yeux toujours levés vers le ciel, Phyrra sourit aux étoiles.  

- « Ouvre ton esprit et je te donnerai mon savoir », murmura Phyrra pour elle-même, citant un extrait des textes sacrés du culte des étoiles.  

Phyrra réprima un frisson. Les nuits agyréenne étaient fraiche, et le regard elfique de la prêtresse remarqua la chair de poule sur la peau pâle de la jeune fille, qui était bien légèrement vêtue. Un éclair traversa le regard de la prêtresse qui se redressa, adressant un regard pétillant à Pandora.

– Et si je te montrais quelque chose de sympa ? lança spontanément la sindarine, tout sourire.

Elle se leva d’un bond, adressant un visage malicieux à l’adolescente. Elle avait une idée derrière la tête.

– Suis-moi, je suis certaine que ça va te plaire.

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MessageSujet: Re: Shining Stars   Shining Stars Icon_minitimeSam 31 Juil - 17:19


Amaryl, Tiria 1302.
À 1580 km de Vanes.








Le ciel d'Argyrei n'avait à nul autre sa pareille, un drap de satin noir parsemé de diamants, la robe éclatante et sophistiquée de la déesse elle-même. Si Pandora repoussait de tout son être la ville à qui elle faisait dos, elle ne pouvait guère que simuler son désintérêt pour le panorama. La comédienne était douée mais pas maîtresse de son art, ses prunelles roses pétillaient dès qu'elles se tournaient vers le ciel nocturne, que son visage soit celui d'une vieille noble engoncée dans ses principes, son âme était encore celui d'une enfant. Ses oreilles étaient toutes ouvertes aux explications de la sindarine qui, étonnamment, n'était pas piquée par la remarque disgracieuse sur son potentiellement banissement de la cité forestière. Le nom de la reine sindarine était mélodieux, teinté des intentonnations si délicatement exotiques de l'alfari. La femme expliquait donc avoir été guidé ici par la déesse, avec la bénédiction de sa reine. Pandora essayait de réfléchir à ce que cela pouvait signifier mais, trop de paramètres lui échappaient pour qu'elle comprenne l'importance de la dame qui lui faisait face.

Lorsqu'elle tourna à nouveau son visage vers la petite princesse, la jeune fille remarqua la lumière particulière qui étincelait dans ses yeux et fut brusquement saisie par la beauté de la sindarine. Ses yeux brillaient comme le reflet lointain des étoiles, intemporels et mystérieux, si parfaitement en osmose avec le tableau de ce désert nocturne que Pandora sentit un battement de coeur s'échapper en réalisant qu'elle pourrait être face à Ténéis en personne. La jeune demoiselle du se faire violence pour repousser cette fausse illumination, sans doute due à l'heure tardive, se dit-elle. Pourtant, il était trop tard, la pensée était devenue idée et implanté dans un coin de sa tête, elle ne pourrait pas s'en débarasser si rapidement.

Troublée et soudain penaude, se rappelant son attitude jusque là, la jeune demoiselle préférait regarder le désert que la sindarine alors qu'elle lui affirmait qu'ils étaient tous égaux devant les dieux. Une phrase qui avait un poids tout particulier maintenant que la sindarine était devenu l'incarnation de la déesse. Pandora secouait la tête, essayant en vain de chasser cette idée de sa jeune cervelle trop aisément envahie d'histoires fantastiques. Lorsque finalement, la mystérieuse femme lui demandait ce qu'elle pourrait découvrir ici, si loin de chez elle, Pandora ne nota pas l'expression employée pour la désignée, celle qui deviendrait pourtant son surnom le plus connu au cours des années suivantes. La petite rose réfléchissait, sagement, pour une fois, aucune réponse toute faite ne fusa de ses lèvres fines. La question se frayait un chemin en elle, soulevant une réalité déchirante, elle était, il est vrai, bien loin de chez elle.

Ce n'est que lorsque la sindarine cita un extrait des textes sacrés du culte de Ténéis que la jeune fille réagit un peu, se redressant légèrement alors qu'une autre citation lui venait naturellement. Une phrase qui sonnait comme un méa culpa alors qu'elle l'offrait à la sindarine assise à côté d'elle.

- « L’œil ne voit que ce que l’esprit est prêt à comprendre. »

Un demi-sourire soulevait le coin de sa bouche alors que la demoiselle se rendait évidemment compte que c'était très certainement ce qu'essayait de lui expliquer la sindarine lorsqu'au début de leur conversation, elle parlait des secrêts cachés dans les étoiles. Pandora regardait la sindarine se lever avec curiosité, une curiosité qui se répliqua bien vite lorsque la mystérieuse femme lui proposait de lui montrer quelque chose de « sympa ». Pandora haussait un sourcil à cette expression, on ne lui parlait que rarement sur un ton si léger, mais, on ne la tutoyait que rarement aussi. La petite demoiselle se levait donc, suivant l'inconnue non sans se poser des questions, à la fois sur la femme et sur sa propre propention à suivre une parfaite étrangère dans un désert non moins inconnu. Pourtant, jamais l'idée d'être en danger ne l'avait effleuré, peut-être parce qu'elle se pensait tout à fait capable de faire face à n'importe quelle situation ou peut-être parce qu'en présence d'une déesse, on ne se pose plus vraiment ce genre de question.  

- Vous avez dit que loin du Monastère vous avez compris qu'il y avait mille moyens de prier, de quel monastère parliez-vous ?

Puisque Pandora n'arrivait pas à se débarasser de l'idée persistante de suivre les pas d'une déesse incarnée, elle se ferait enquêtrice et prouverait à son imagination florissante qu'il fallait s'attacher aux faits.




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MessageSujet: Re: Shining Stars   Shining Stars Icon_minitimeSam 28 Aoû - 3:15

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Lorsque Pandora s’exprima, Phyrra perçut que quelque chose avait changé. Elle l’observa en silence, essayant de deviner les pensées de la jeune fille. Ses paroles avaient-elles touché la jeune terrane plus que ce qu’elle n’aurait espéré ? Après tout, Pandora n’avait-elle pas cité un extrait tout à fait approprié des textes sacrés de Ténéis ? La phrase qu’elle semblait avoir choisie avec tant de spontanéité dévoilait un changement qui fit sourire la sindarine. En disant cela, la jeune femme démontrait une ouverture qui plut à Phyrra. C’était un début prometteur, et cela la confortait dans l’idée d’inviter la jeune dame à la suivre. Elle était heureuse d’être parvenue à la faire réfléchir. Cela démontrait une meilleure ouverture que ce que la prêtresse avait espéré. Cela augurait bien pour la suite, et lorsque Pandora se leva, un éclair de triomphe brilla au fond de son regard.  

Elle avait du cran, cela ne faisait aucun doute, se fit remarquer la prêtresse alors qu’elle se levait pour la suivre. Elle ne la connaissait pas, choisissait de la suivre alors qu’elle était en vêtement de nuit, avec pour seule protection ce pauvre drap. Un instant, Phyrra hésita à la ramener à l’université. Elle avait besoin d’une bonne nuit de sommeil et risquait d’attraper froid dans ces vêtements. Cependant, en croisant le regard de Pandora, la prêtresse sentit qu’il n’était pas encore temps. Elle lisait dans ses yeux une curiosité et une confiance teintées d’admiration. Avait-elle deviné qui elle était ? Si oui, que cela signifiait-il sur l’estime que portaient les Vanes aux Hauts-Prêtres ? Pourtant, une seconde plus tard, la prêtresse décida que ça n’avait pas d’importance. Guidée par Ténéis, elle suivit plutôt son instinct.  

– Vous avez dit que loin du Monastère vous avez compris qu’il y avait mille moyens de prier, de quel monastère parliez-vous ?

Phyrra la regarda avec une lueur de surprise. Ainsi, crut-elle, Pandora avait vraiment deviné !

– Sans doute celui auquel tu penses, dit-elle après une seconde de réflexion.

Elle lui sourit avec complicité. Puis, regardant rapidement autour d’elle pour se repérer, elle fit signe à Pandora de la suivre. L’endroit où elle souhaitait amener l’adolescente n’était pas facile d’accès, et la Haute-Prêtresse espérait ne pas effrayer la jeune terrane avant d’arriver à destination. Elle-même n’y était pas retournée depuis un bon moment, et elle espérait l’endroit aussi accessible que dans ses souvenirs. Elle jeta un regard à la jeune rose. Lorsqu’elle se croyait à l’abri de son regard, Pandora tournait un regard plein d’admiration vers le ciel étoilé... et sur la Haute-Prêtresse. Surprise, puis touchée, Phyrra retint un sourire attendri qui n’aurait sans doute pas plu à la Vanésienne.

Elles avaient suivi la limite extérieure de la ville pendant quelques minutes, s’y enfonçaient maintenant par de petits chemins dérobés. Silencieuse, Phyrra se faufilait dans un escalier extérieur étroit, faisant signe à Pandora de garder le silence, le visage espiègle. Après quelques minutes de marches, elles s’enfoncèrent dans une partie de la ville qui n’avait pas été reconstruite entièrement. La sindarine jeta un œil à Pandora, s’assurant de sa détermination. Après tout, le ciel étoilé était maintenant leur seule lumière, et les terrans avaient une moins bonne vue que les sindarins. De plus, elles étaient presque arrivées, et même si Phyrra ne voulait pas l’effrayer, elle savait que la suite risquait de semer le doute dans l’esprit de sa jeune amie. Malgré tout, elles s’arrêtèrent devant une maison à un étage qui semblait plus solide que ses voisines. Phyrra l’observa un moment, puis une moue sceptique se dessina sur ses lèvres. Elle s’avança, testa la poignée qui s’ouvrit sans protestation. Jetant un œil à l’intérieur, elle se retourna vers Pandora avec un sourire satisfait.  

– J’espérais qu’elle soit encore accessible. Je n’étais pas venu depuis un bon moment.

Elle fit deux pas dans la maison. Celle-ci était poussiéreuse et pleine de toiles d’araignées. Quelques vieux meubles en mauvais état décoraient l’endroit. Elle était abandonnée, cela ne faisait aucun doute. Est-ce que Pandora aurait le cran de la suivre ? Après tout, elle n’était pour elle qu’une inconnue, qui l’entrainait dans une maison abandonnée, dans un endroit sombre et inquiétant... Phyrra n’avait aucune mauvaise intention et leur destination en valait certes la peine, mais la jeune terrane ne pouvait le savoir.  

– Les meilleurs endroits sont souvent bien cachés, expliqua mystérieusement Phyrra en lui faisant un clin d’œil.  

Elle s’aventura plus profondément dans la maison, ouvrit la porte au bout du couloir. Derrière, un escalier sombre plongeait dans le sol vers ce qui semblait être une cave. Elle jeta un regard plein de défi à Pandora, puis descendit la première dans le noir.

– Nous y sommes presque, murmura-t-elle lorsqu’elles atteignirent le bas des escaliers. – J’espère que ça va te plaire.

Le sous-sol s’ouvrait sur un passage taillé grossièrement dans la pierre, qui semblait se poursuivre bien au-delà de la maison. Il était plongé dans le noir. Elles marchèrent cependant à peine quelques secondes lorsqu’un bruit de ruissellement typiquement aquatique parvint à leur oreille.  

– À l’époque, dit Phyrra à voix basse, ce passage a été creusé pour permettre aux habitants d’avoir accès à de l’eau à proximité.  

Alors qu’elle finissait sa phrase, la grotte tourna, dévoilant une faible lueur qui s’intensifia légèrement à mesure qu’elles approchaient.

– Nous y sommes, dit-elle juste avant un dernier tournant.

Soudain, le plafond de la grotte disparut, et elles se retrouvèrent au bout du chemin, devant une grande oasis. On entendait quelques gouttes tomber dans l’eau et, invisible de leur position, le ruissellement lointain d’une chute se faisait entendre. Pourtant, l’eau était d’une immobilité parfaite. Tel un miroir, elle reflétait à la perfection chaque point lumineux qui brillait dans le ciel, offrant une réplique d'une voûte étoilé pourtant inimitable. L'eau allait jusqu’à imiter la profondeur, si bien qu’après quelques minutes, il devenait impossible de la différencier du ciel. L’endroit était saisissant et, prise d'émotion, Phyrra se recueillit un instant, brulant d’une foi ardente pour la déesse. C'était son oasis. L'endroit ou elle se rendait lors de ses méditation, un endroit si beau qu'il semblait tout droit sorti d'un rêve, l'endroit ou elle parlait avec la déesse. Pandora sentirait-elle la puissance de cet endroit ?


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MessageSujet: Re: Shining Stars   Shining Stars Icon_minitimeDim 6 Fév - 15:24


Amaryl, Tiria 1302.
À 1580 km de Vanes.








La réponse était sibylline et le sourire qui suivit ne fit qu'accroitre le trouble de la jeune fille. Ce pouvait-il alors, que la déesse lise effectivement dans ses pensées ? Non pas la déesse, ou elle n'aurait pas dit être guidée par elle, même si les dieux devaient bien se cacher et s'inventer des histoires si ils voulaient marcher parmi les mortels, Ténéis n'irait tout de même pas jusqu'à dire cela, n'est-ce pas ? Il était bien difficile, malgré les nombreux enseignements théologiques qu'elle avait reçu, de se figurer ce que pourrait dire ou penser l'un des Dix. Peut-être encore plus Ténéis, déesse de la sagesse, elle serait sans aucun doute aussi la plus rusée. Pandora suivait pensivement la mystérieuse sindarine.

Ses réflexions d'enquêtrice furent rapidement rattrapée par la douleur qui commençait à se diffuser dans sa voute plantaire malmenée par le sable et les dalles irrégulières et parfois inexistantes des allées de la ville. La jeune fille n'était cependant pas venu jusqu'ici pour faire demi-tour et puis, si la déesse la regardait par les yeux de cette sindarine, elle devait faire bonne impression. Elle se questionnait pourtant, alors qu'elles marchaient entre les ruines plus ou moins solides d'une partie encore abandonnée de la ville. Voulait-elle lui enseigner quelque chose sur la cité ? Les raisons de ces dégradations successives étaient nombreuses, les malédictions avaient modelées Amaryl comme le sable formait les dunes du désert. Ce qui rendait d'autant plus abscons et voué à l'échec tout projet de réhabiliter cet endroit que les Dix avaient abandonné. Les Dieux s'étaient-ils vraiment détournés de la cité du désert ? Elle qui marchait dans les pas d'une incarnation divine, devrait sans doute remettre en question ses conclusions.

La jeune fille suivi presque mécaniquement la sindarine à l'intérieur de la maison, ce n'est que lorsque cette dernière ouvrit une porte dévoilant un escalier s’enfonçant dans une obscurité encore plus intense que celle de l'intérieur de la demeure que Pandora eut un sursaut de bon sens. Qu'est-ce qu'elle était entrain de faire ? Elle suivait une parfaite inconnue dans une ville qu'elle ne connaissait pas, dans une maison abandonnée au coeur d'un quartier visiblement laissé pour mort et en plus de tout cela, elle allait descendre dans une cave complètement plongée dans le noir ? Elle imaginait parfaitement son grand frère en train de se moquer de sa naïveté, les sourcils froncés de son père et le regard emplit de déception de sa mère.. On l'avait mieux élevée que ça. Une Vanes ne pouvait pas être stupide. De tous les défauts que de mauvaises langues pouvaient trouver aux membres de la famille ducale, aucun, jamais, ne les définissaient comme idiots.

Seule en haut de l'escalier, Pandora jetait ses prunelles roses à l'assaut d'une obscurité qu'elle ne parvenait tout de même pas à percer. La sindarine était descendu sans vraiment l'attendre, sans visiblement douter qu'elle serait suivi. La petite Vanes regardait autour d'elle, essayant de percevoir si il y avait d'autres personnes autour qui attendraient peut-être qu'elle descende sur la première marche pour refermer la porte derrière elle. Elle guettait une embuscade qui ne venait pas.

Elle devrait sans doute faire demi-tour maintenant. C'était la réaction la plus appropriée à cette situation et à son rang. Elle reviendrait accompagnée de ses servantes, de jour et avec de quoi éclairer l'endroit où elle posait les pieds. Oui, c'était le plus raisonnable des scénarios. Alors pourquoi ne parvenait-elle pas à rebrousser chemin ? Debout face à l'obscurité, la petite rose était tentée.. La curiosité faisait battre son coeur plus fort que la peur et bien plus encore que la raison. Après tout, que dirait-on d'une Vanes qui craint un escalier ? Elle n'était pas une petite fille effrayée par l'obscurité, n'est-ce pas ? Un Lion ne devrait pas être impressionné par si peu et la peur ne saurait dicter ses actions. Pandora frisonne pourtant alors que son pied se pose sur la première marche.

La paume de sa main posée contre le mur froid et étrangement légèrement humide à sa gauche, elle descend lentement, totalement aveugle dans cet environnement. Ses pieds nus se tendent et ses petits orteils blancs cherchent leur prochain appuis alors qu'elle s'enfonce dans les entrailles d'Amaryl. Elle entend la voix chuchotante de la sindarine et essaie de se guider vers elle, les marches laissent place à un sol plus régulier mais toujours aucune source de lumière. Pandora tâche de se fier davantage à son ouïe qu'à sa vue handicapée, elle suit pourtant bien difficilement les faibles bruits de pas que faisait la sindarine. Heureusement, cette dernière se remis à parler, redirigeant la jeune fille qui s'était éloignée dans une mauvaise direction. Le sous-sol devenait plus rocailleux et Pandora manqua de jurer à plusieurs reprises alors qu'elle se cognait à une pierre ou marchait sur de petits cailloux particulièrement pointus. "Par les Dix je ferais effondrer cette damnée caverne si cela ne mène à rien !" pensa-t-elle un peu trop fort pour l'enfant pieuse qu'elle était.

Sa vendetta disparut aussi tôt la lumière revenue et avec elle, un paysage merveilleux à couper le souffle.

- Un miroir pour la déesse.

Pensait-elle à voix haute avant de voir la posture pieuse de la sindarine et de l'imiter, adressant à Ténéis d'humbles remerciements pour cette nuit. Alors qu'elle observait la surface parfaitement lisse du lac, ses pieds meurtris lui envoyèrent une bien triviale envie de les plonger dans l'eau fraiche. Se fustigeant mentalement la jeune fille se tint à distance du bord, bien plus résiliente face à la douleur qu'elle ne l'aurait elle-même cru. Les prunelles roses allèrent des étoiles à sa mystérieuse guide, elle se tourna plus franchement vers elle et lui tendit sa main. Pas à la manière habituelle d'une princesse attendant que son sujet baise les doigts mais à la façon d'une poignée de mains. Elle n'avait jamais fait cela, en réalité elle n'avait jamais vu ses parents serrer la main de qui que ce soit, elle avait vu quelques travailleurs faire ce geste ici à Amaryl pour sceller un marché ou se saluer.

- Je suis Pandora.

Et la fille du duc de Vanes se tut sur ses origines. Elle n'était ici et maintenant que Pandora. Une enfant trop tôt adulte qui aurait pu oublier son âme et toute la curiosité qui régnait en son coeur pour devenir la statue de cire qu'on attendait qu'elle soit. Un esprit rebelle dans un corps faible et délicat d'une chair noble qui aurait sans doute cédé un jour à sa condition, abandonnant à la cour sa destinée. Elle était déjà tellement et pourtant, sa main tendue à une inconnue, à l'autre bout du monde, sous les milliers d'yeux de Ténéis, elle n'était rien encore.



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MessageSujet: Re: Shining Stars   Shining Stars Icon_minitimeMer 23 Mar - 23:47

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Les paroles de la jeune terrane reflétèrent les pensées de la sindarine, qui hocha la tête en réponse. Pandora se joignit à elle, se recueillant un instant. Ténéis, avec toute la splendeur de ses souvenirs, éclairait leur âme, veillant sur la flamme de la curiosité qui les avait menés jusque-là. Dans cette prière, la sindarine fut reconnaissance d’avoir été guidé vers Pandora. Elle remercia la déesse pour cette occasion de se rendre dans ce sanctuaire, cet endroit où elle retournait en méditation, mais qui n’égalait jamais la splendeur de voir l’endroit de ses propres yeux. Après un moment, du coin de l’œil, Phyrra remarqua l’inconfort qui animait la jeune femme. Ses pieds fragiles semblaient meurtris, mais la jeune fille ne s’en plaignit pas, faisant preuve d’un courage... ou d’une fierté qui retenait ses plaintes. Le désert pouvait être rude pour une peau aussi douce, mais la sindarine fit mine de n’avoir rien remarqué. Peut-être son passé militaire l’influença un peu, mais elle crut qu’il ne lui ferait pas de mal de s’endurcir un peu. Le regard de l’enfant se tourna alors plus franchement vers elle, et avec aplomb, mais simplicité, elle se présenta.  

– Heureuse de faire ta connaissance. Je suis Phyrra.

Elle saisit la main tendue, la serrant avec plaisir, offrant un sourire amical à la jeune pousse. Tout cela serait peut-être plus simple qu’elle ne l’avait envisagé, après tout. Dans ce lieu éloigné de tout ce qu’elle connaissait, Pandora ne cherchait qu’une lueur à laquelle s’accrocher, un repère dans ce monde ou tout devait lui sembler étrange. À la manière de la jeune Vanes, elle se contenta d’un prénom, se doutant néanmoins que celle-ci y verrait la confirmation des soupçons que la prêtresse avait vue dans ses yeux. Cela n’était que justice, après tout, puisqu’elle-même avait deviné, bien avant qu’elle ne lui offre son prénom, l’identité de cette jeune adolescente. Phyrra sortit alors une petite gourde de sa cape, et, se penchant vers l’eau qui leur faisait face, brouilla un instant sa surface miroitante pour remplir le contenant. Elle but une longue lampée, puis l’offrit à Pandora. Comme elle l’avait mentionné à la jeune femme, ils se trouvaient dans une ancienne réserve d’eau. Même si celle-ci, de leur point de vue, semblait stagner, la chute qui se trouvait un peu plus loin amenait un mouvement qui permettait à l’eau de rester fraiche. Gardant le silence quelques minutes, transportée par la beauté de l’endroit, Phyrra finit par prendre conscience du temps qui s’égrainait.  

– Il se fait tard, dit-elle finalement, énonçant l’évidence. Que souhaites-tu faire ?

Elle scruta les prunelles de la jeune femme. Elle-même n’était pas fatiguée, mais Pandora semblait avoir eu une rude journée, et il était peut-être temps que celle-ci s’achève. Si elle le souhaitait, la sindarine l’accompagnerait jusqu’aux dortoirs. Si ses suivants s’étaient réveillés, ils devaient s’inquiéter d’avoir trouvé le lit de la jeune Vanes complètement vide. Pour autant, Phyrra ne pouvait blâmer la vanésienne. Comme tous ceux de son âge, elle ne souhaitait qu’avoir davantage de liberté, qu’avoir un peu plus de contrôle sur sa propre vie. Cela ne devait pas être facile, dans une famille comme la sienne, embourbée dans tous ces principes de noblesses qui l’empêchaient de s’exprimer aussi librement que les autres enfants de son âge. Pour autant, elle s’en sortait admirablement bien, et Phyrra était plutôt admirative du courage dont elle faisait preuve. Celui dont elle avait fait preuve aujourd’hui, avec elle, mais aussi celui qu’elle manifestait, tous les jours depuis son arrivée, en continuant à se lever chaque matin pour affronter une réalité qu’elle n’avait aucune envie de vivre. Pandora était vouée à un avenir radieux, Phyrra en était certaine. Et elle ferait tout pour l’aider dans ce chemin qui serait certainement aussi enrichissant que difficile.

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Pandora Vanes
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Pandora Vanes
MessageSujet: Re: Shining Stars   Shining Stars Icon_minitimeLun 1 Aoû - 13:14


Amaryl, Tiria 1302.
À 1580 km de Vanes.








La jeune demoiselle accueillait le nom de l'inconnue avec gratitude et une pointe de déception. Elle s'était sans doute imaginé, dans un coin bien créatif de son esprit fertile, que la sindarine se révèle être la déesse des étoiles, descendue sur la terre des mortels pour offrir sa sagesse à une rose fugueuse. Si le prénom trouvait un échos lointain dans la petite tête trop remplie de la jeune Vanes, il était pour l'heure inaudible et Pandora se contenta de la réponse sans la revêtir de toutes ses significations.

- Je devrais rentrer.

Finit-elle par affirmer, consciente de son état physique, la fatigue affaissait ses épaules, son corps n'avait jamais été un temple d'endurance et d'une manière ou d'une autre, elle devait bien admettre qu'elle n'était pas tout à fait prête à traverser le désert à pied. Elle adressa un léger signe du menton à la sindarine, un dernier regard au lac parsemé d’étoiles et tourna les talons. Jusqu’à ce qu’elle rencontre un mur d’obscurité.

- Seriez-vous assez aimable pour me guider encore un peu ?

La tournure était de celle des nobles mais la voix enfantine avait perdu du dédain qui habituellement accompagnait les mots. Elle n’en demanderait d’ailleurs pas plus, à la sortie de la maison abandonnée, dès qu’elle se serait repérée dans cette ville qu’elle méprisait mais qu’elle commençait malgré tout à connaître, Pandora souhaiterait une bonne nuit à la mystérieuse femme. Il était temps pour elles de se quitter. L’enfant était encore trop fière ou trop fatiguée pour se demander si elle avait une leçon à tirer de cette rencontre. Elle rejoignit son lit sans alarmer qui que ce soit, aucun Lion n’avait été désigné pour l’escorter dans son “voyage” et les quelques gardes qui prétendaient être là pour sa protection, n’étaient là que pour la paie. Du moins, c’est l’opinion qu’en avait Pandora et leur manque de surveillance ne la faisait pas revoir son jugement. Elle fermait les yeux pour le principe, une heure à peine la séparait du levé du soleil.

Elle ne dormit pas, son esprit était habité par des milliers d’étoiles.

~

La porte de la salle d’étude s’ouvre avec fracas, laissant sortir à grands pas un homme entre deux âges. Son crâne chauve luit sous le soleil et sa barbe sombre ne cache rien du rictus nerveux qui fait trembler sa lèvre supérieure. Il porte une toge beige dont la corde laisse deviner un léger embonpoint et ses bottes claquent sèchement contre les dalles de pierre alors qu’il s’éloigne de la salle où il avait essayé d’enseigner son savoir. Du moins, c’était là la tâche qu’il pensait accomplir. Face à une enfant aux cheveux roses, il avait abandonné en moins de dix minutes. Vaincu. Et mauvais perdant.

-  Monsieur, vous êtes censé m’enseigner la géographie mais votre leçon ne montre que l’étendue de votre ignorance. Vous affirmez qu’il n’y a rien au-delà des terres que nous ont donné les Dix, soit, mais pouvons-nous affirmer que nous connaissons l’étendue de ce qui nous a été donné ? Votre croyance d’un gouffre insondable à la frontière Est de Noathis est et reste une croyance, non basée sur des faits vérifiables donc hors de propos d’un apprentissage rigoureux de la géographie. Si nous discutions des explications farfelues et des divagations hasardeuses qui ont émoussées les esprits des auto-proclamés érudits de notre ère, j’eus pu vous prêter une certaine attention mais, ce n’était pas le sujet de votre discours, n’est-ce pas ?

Avait-elle asséné, avec toute l’arrogance, la suffisance et l’insolence sophistiquée dont elle était dotée. Le visage trop pâle de l’homme pour le climat d’Argyrei était passé au rouge en moins de temps qu’il ne lui avait fallu pour quitter la pièce en maugréant une répartie trop pauvre pour être dite à voix haute. Pandora restait alors seule avec les parchemins tendus devant elle, des cartes faites par d’autres que ce petit homme insignifiant qui se pensait savant. La jeune fille préférait la compagnie du papier et du parchemin à celle des hommes insignifiants.

Elle savait pourtant qu’un autre prendrait sa place, tôt ou tard. Sans doute trop tôt selon elle. Ses doigts parcouraient les lignes floues qui délimitaient avec peine les frontières de Noathis. Qu’y avait-il au-delà de la forêt profonde ? Les rebelles qui habitaient là, ces femmes sans foi ni loi, sans éducation autre que la violence et le conflit, le savaient-elles ? Un jour, Pandora irait voir de ses propres yeux, lorsqu’elle aurait des ailes pour s’envoler loin, très loin du sable brûlant et des punitions de sa mère.



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