[QUETE] La foi du mensonge et la loi de la vérité

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Les Rumeurs

_ Il parait que des personnes hauts-placées seraient gravement malades.
_ Il parait que ça se bécotte "au bal de la Rose".
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 [QUETE] La foi du mensonge et la loi de la vérité

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MessageSujet: [QUETE] La foi du mensonge et la loi de la vérité   [QUETE] La foi du mensonge et la loi de la vérité Icon_minitimeMar 20 Juil - 21:55

[QUETE] La foi du mensonge et la loi de la vérité Banner17



Phelgra tournait un visage sombre vers les cieux, ses routes comme des balafres sur un faciès fourbu, ses lacs pâles tels de grands yeux révulsés. La saison avait remplumé les feuillages et tiré sur les branches, ombrant encore davantage ces terres aux tons profonds que les nomades les plus modestes ne parcouraient plus à cette période de l’année. Sous la frondaison boursouflée, les brigands trouvaient un refuge propice à leurs affaires, si bien qu’ils pullulaient presque autant que les lièvres. C’est sur une de ces artères qui fendaient le pays qu’un long cortège s’avançait courageusement vers le nord, battu par un sable grisâtre plus semblable à des cendres qu’à de la poussière. Un vent doux mais puissant soulevait la poudre d’un granite éprouvé par les âges et joignait parfois sa voix sinistre aux chants des prêtres de la troupe. Un horizon dentelé se dessinait, menaçant, grande mâchoire béante au bout du monde.

L’engoncement que lui faisait subir sa bure n’était rien comparé à son malaise moral. Depuis le départ de la compagnie, son esprit s’auto-infligeait une appréhension insidieuse justifiée par les faits mais exagérée par le contexte, car rien ne se passait tel qu’un guerrier l’aurait voulu. Elle avait été arrachée à son armure. Privée de ses contours anguleux, dépouillée de ses symboles et de son allure exemplaire, Kreen avait la sensation de faire outrage à sa nature. Et puis il y avait la docilité dont elle devait faire preuve, là, noyée dans une mer de Gélovigiens solennels et taiseux qui suivaient leur Haut-Prêtre à la façon d’un troupeau de moutons. Après l’ascension que Sharna lui avait accordée, cette imitation grotesque d’un passé honni lui semblait surréaliste.

Dans cette mission un peu folle, son subordonné le plus gradé était Lokreshaat, alias « Véloce », un personnage dont l’âge, la race, et même le sexe étaient difficilement devinables. Sa commandante les connaissait mais elle ne savait pas si cette apparence hybride et troublante était un choix, une joie ou un simple hasard. Elle ne lui avait jamais demandé. Véloce était de nature impulsive mais rusée, proche de ce qu’elle-même avait été avant que les échelons ne freinent un peu ses élans et poussent sa tête brûlée à devenir pensante. La confiance qu’elle lui accordait était autant motivée par le mérite que par l’espoir de voir cette âme prometteuse accomplir son destin.

« – Rien à signaler ce soir. »

La voix grave et suave résonna dans le crâne de la Gorgoroth. Lorsqu’elles atteignaient les limites de leurs capacités, les boucles télépathiques dont s’étaient équipés les Cavaliers avaient tendance à créer des échos désagréables. Pourtant, Kreen perçut le dysfonctionnement comme une bonne nouvelle ; ces bijoux-ci avaient été conçus pour tenir exactement la durée d’un aller, aussi leur épuisement était-il annonciateur d’une arrivée prochaine (du moins l’étaient-ils quand on choisissait d’être optimiste). Chaque soir, Lokreshaat se devait de rapporter à sa supérieure l’état des soldats et de leur couverture. La bonne nouvelle fut saluée d’un hochement de tête fugace mais expressif. Ainsi donc, à une nuit de repos et une demi-journée de marche de leur destination, le voyage demeurait paisible.

Et grâce à la taille du cortège et à ses couleurs hétéroclites, la traversée se termina également sans encombre. Aucune troupe de bandits n’aurait osé défier tant de religieux – et surtout pas ceux qui arboraient les emblèmes de Sharna et de Bor –, aussi les voyageurs se séparèrent-ils sans trop de crainte lorsque les enfants de Ténéis prirent la route du nord-ouest tandis que leurs confrères phelgrans s’installaient pour une escale. Seules quelques minutes de pause leur furent accordées avant que le chargement de matériaux leur incombe ; les mineurs et artisans locaux n’échangèrent que très peu avec eux, mais ils firent l’effort d’amener leurs contributions matérielles jusqu’au campement, à des heures de leur village.

Le moment était enfin venu. D’un naturel infaillible et attendu, Alton se présenta auprès de ses suiveurs et somma quatre d’entre eux – dont une guerrière malmenée – de s’extirper de la foule pour l’entourer. Très bientôt, elle serait libérée. Elle pourrait retirer les pierres, le métal, et les griffes autour de ses oreilles, les perles dans ses mèches, les plumes sur ses tresses, la coiffe argentée, les gemmes lilas et mauves, le camée, les manches immenses, la ceinture épaisse, les pièces d’étoffe, les bandelettes de cuir et les rubans de soie. Dans un coffret dont elle ne s’était jamais éloignée de plus de quelques pieds, une tenue bien plus commode l’attendait ; pas son armure, trop énorme, mais des vêtements dignes d’une combattante. Elle l’avait déclaré passionnément à Greld. Elle n’interrogerait pas ses hommes déguisée.


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MessageSujet: Re: [QUETE] La foi du mensonge et la loi de la vérité   [QUETE] La foi du mensonge et la loi de la vérité Icon_minitimeMar 27 Juil - 5:39

D'apparence végétatif, il se révélait complètement étanche aux tumultes environnants de la caravane et de son escorte, et ce depuis plusieurs minutes déjà.
Malgré le piétinement du fer des cavaliers sur les pavés, les empêtrements spongieux des bœux dans la gadoue et les discussions incessantes des dizaines de proliférants, il restait hagard et suspendu dans le vide de l’instant.


Plus que jamais dans ces moments de patience, Alton rappelait au monde qu'il était mort. Son visage d'une sérénité statique aurait presque pu sembler traduire une forme d'acceptation de sa condition.
Une vision amusante à se figurer quand elle était mise en contraste de la frénésie tonitruante dont il était parfois capable. Lorsqu'il était en colère, quand il maudissait les vivants de leur lenteur, et la passivité d'une vie pourtant encore mortelle, si belle de rebondissement, si remplie de sensations fraîches.

C'était quelque chose qu'il laissait transpirer sans retenue, à défaut de s'en laver et de pouvoir s'en débarrasser complètement, plusieurs centaines d'années durant pourtant, il avait décidé de s'en habiller et de l'exprimer comme un évacue un souffle, comme on bat des cils. Il extirpait simplement hors de lui les déchets consommés de son amertume, quelques soupirs de lassitude œuvrant comme le carburant de son éternité.


Mais pas en cet instant. Là, il était juste calme et silencieux.
Pourtant fort peu isolé de son environnement qu’il était, simplement encadré d’un palanquin symbolique, il n’aurait pas dû pouvoir autant ignorer les échanges sociaux incessants.
Il n’avait pour cadre et bouclier que quelques mâts et draperies. Ointes par hommage à Dieu autant que pour étanchéifier un peu leur défense aux intempéries, on les changeait aussi souvent que les gardes forçaient un arrêt tactique

Que toujours le fils de Sharna reste remarquable, qu’il transporte autour de lui l’auréole carmine assemblée par les prêtresses aveugles. Il se devait de la transporter depuis le temple jusqu’à sa prochaine destination. C' était lui, après tout, la balise du chaos sur terre et c’est à ce titre qu’il se devait d’être toujours repérable par le Père ardent des cieux.


Il siégeait donc sur son caisson de luxe, disposé en selle sur son imposante monture.
Le yak gris clair qui le portait était la seule chose à peu près capable de lui donner l’air vivant, le forçant à dodeliner au rythme des pas de la marche, c’était ce bruissement de son corps -qu'aucune respiration ne faisait jamais mouvoir autrement- qui maintenait un semblant de naturel, suffisant pour tranquilliser les gens inquiets de son trop long silence : tant qu’il ne tombait pas,c’est qu'il était encore bien conscient du moment présent.

Pendant tout le début du trajet il avait dispersé sa présence en écoutant, puis en conseillant tous les élus jugés dignes de sa proximité. Il dispensait une probable sagesse sans rechigner, plusieurs heures durant, à ceux assez courageux et habiles pour pouvoir se hisser jusqu’à hauteur son oreille attentive, souvent en plein mouvement, si haut par rapport au niveau moyen.

Sa collaboration à leur égard n’était qu’un petit prix à payer pour les remercier de tromper l’ennui, car digne de sa présence ils l’étaient : la plupart était en proie à des problèmes militaire ou politiques qu’il jugaint, eux, être justement à sa hauteur. Des situations si particulières que même l’érudition de Téneis n’aurait pu y suffire. Pas tant que ses connaissances à lui soient plus profondes, mais plutôt que sa façon de l’exprimer et de la transmettre était bien mieux calibrée aux auditoires las d’un laborieux trajet.
Son expertise pratique avait bien pu être volée à quelques campagnes de chefs de guerre de naguère, mais elle était aujourd’hui belle et bien sienne.

De jeunes propriétaires fonciers avides de trahir quelques aînées, des vieux soldats désireux de maintenir leurs galons loin des gueules des jeunes fauves, et même quelques jeunes prêtresses gélovigiennes curieuses de savoir s' il existait des raccourcis vers l’illumination.

Debout sur les étriers de leurs cheveux, à genoux sur la selle de leurs ânes, et parfois même cramponnées aux cornes de leurs bouquetins, comme pour cette fillette évoluant à sa hauteur présentement. Malgré son silence installé solidement depuis plus d’une heure, elle n’avait cessé de jalonner le Yak qui le portait, contemplant admirativement le  Haut-Prêtre, sans signe de réponse de sa part pourtant.

Pour être ici sans que nul n’ait cru bon de l’en chasser, elle devait forcément être quelqu’un, mais du haut de son air béat de douze ans, le pourquoi était parfois complexe à réellement définir.

Sans prévenir, sans un signe, sans un bruit ni un regard, Alton laissa tomber ses bras ballant le long du son corps.
Le prestigieux guide se laissa transbahuter sans plus aucune retenue, grotesquement, abandonnant autant ses membres que son menton maintenant. Poupée comme désarticulée, il ressemblait désespérément au mort vivant qu’il était, menaçant de tomber, pour finalement tourner brusquement son nez vers sa suivante, en lui souriant.

Elle éclata d’un rire cristallin et se laissant finalement retomber sur l'assise luxueusement rembourrée de son bouquetin, d’une race autrement plus modeste.

Nul dans son entourage ne fit mine d’avoir remarqué, et pourtant les conversations se redirigèrent d’un entrain renouvelé vers un voisin différent, comme si un signal tacite avait été relâché.
Le scribe qui faisait jusqu’à présent seulement mine de griffonner se tourna vers Alton pour lui soumettre une missive, qu’il avait en réalité sûrement terminé d’écrire il y a plus d’une demi-heure. Elle fut approuvée avec lecture approfondie. Le sindarin fit tourner sa bride de son cheval, sans dessiner le moindre signe d’agacement, pour se diriger quelques mètres à l’arrière du cortège. La lettre termina attachée à la pâte d’un corbeau, solidement enclavé avec ses frères, dans une volière, prostrée dans une charrette du cortège logistique. On ouvrit étroitement pour l'extirper, il s’envola, on ne sait où, de retour en direction de Phelgra.


Le Réveil n’était pas qu’une coïncidence dans la mesure où l’ont devinait déjà les palissades précédent les remparts du camp frontalier, monté au creux de la colline devant eux. Alton commença lui-même à retirer la lourde couverture de fourrure soyeuse qu’il portait sur de ses jambes en tailleurs. Il était resté ainsi si longtemps qu’on aurait pu douter de sa capacité à marcher dans l’heure qui suit. Sûrement qu’il avait une bonne circulation sanguine pour s’en remettre.

Arrivé au camp, le ballet se mit en route. Les esclaves formaient un escalier vivant jusqu'au bat de l’animal de bât, on changea sa cape pour une robe plus cérémonieuse et il n’avait eu qu’à se pencher un tout petit peu pour permettre à la fillette maigrelette de passer l'écharpe paramentique autour de son cou, d’un seul jet habile, sans plus d’une seconde de regard pour confirmer la trajectoire.
Le temps que ces quelques mesures s'opèrent, on avait déjà commencé à déballer des tapis de prières, des tentes de fortune, et quelques écuelles de gourmandises.

Déjà il était en route vers le baraquement. Fait uniquement de bois il avait l’avantage d’être tout contre une pente bienveillante, suffisante pour couper le vent assassin et glacial venu du nord, dresser pour tenter de repousser les occupants de cet avant-poste. En vain jusqu’alors.

A sa suite, les prêtres portaient quelques cassettes et une lourde mallette. Les unes habillement empilées, l'autre maladroitement traînée.

Il n’avait pas encore vue sur le contenu du bâtiment que déjà il devinait que peu des occupants l’aimeraient. Si souvent que sa fonction le forçait à brasser l'inimitié, il ne s'offusquait plus d’être dédaigné par des officiers dont il aurait pu tout aussi bien oublié le pedigree.
D'autant plus en considérant à quel point son passage avait dû perturber et contraintes leurs routines afin de satisfaire tous les degrés de l'étiquette.

Mais ce n’est pas pour autant qu’il manquera de se prémunir contre eux. C’est pourquoi avant même le départ, il avait déjà demandé et aidé à réunir de quoi faire passer leur agacement ambiant : sur demande des familles et sous conseils des collègues, il ramenait des colis, des mets, des butins et des étoffes à même de satisfaire les douaniers depuis si longtemps en faction.

Ce n’est qu’à ce prix que les officiers assez gradés pour ne pas avoir besoin de faire de rond de jambe le laisseraient entrer. Une attention dont il n’avait jamais fait vraiment assez preuve envers Kreen, ou certainement pas autant qu’il aurait fallu pour assurer la certitude de sa survie face à sa colère latente.


Comme à son habitude il déploya les bras depuis le centre de la pièce, pour annoncer l’arrivée d’une interminable tirade, mais au lieu de ça il se contenta de garder le visage tourné vers le plafond, en psalmodiant dans sa barbe.

Une poignée d’hommes brava le regard noir des officiers debout devant la carte de commandement et se faufila depuis les tabourets jusqu’au pieds de l’éminence en pleine bénédiction, viande séchée encore à la main.

Les prêtres firent un second voyage et cette seconde fois suffit à convaincre le regroupement de l'entièreté de la pièce, depuis les quelques-uns qui s'étaient agenouillés, jusqu'à ceux qui étaient restés attablés. Tous s'amassèrent vers le butin dans l'espoir se le voir distribuer sans forme de remontrance disciplinaire.


Exceptionnellement, il se garderait bien de lancer la conversation, ils laissaient ses présents parler pour lui, de la main de ses suivants, et de la bouche de sa commandante rouge.
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MessageSujet: Re: [QUETE] La foi du mensonge et la loi de la vérité   [QUETE] La foi du mensonge et la loi de la vérité Icon_minitimeJeu 28 Oct - 21:37

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La caserne était adossée à une haute colline pierreuse et se prolongeait partiellement dans la roche à la manière d’une construction troglodytique. Des arches soutenaient un court préau, deux ailes s’étiraient vers l’intérieur des terres phelgranes, et une muraille s’étendait de part et d’autre, parallèlement à la frontière, comme si la bâtisse écartait des bras de briques. Ce poste était farouchement gardé, mais depuis la fin de la guerre, c’était la douane qui en demeurait la section la plus active. Le hall dans lequel les religieux pénétrèrent avait presque plus les dimensions d’un couloir que d’une véritable pièce tant elle était plus longue que large. De nombreuses tables l’encombraient, signe qu’elle aurait pu servir de cantine, mais ce qui les recouvrait ne laissait supposer aucun festin. Il s’agissait principalement de cartes, et çà et là, de portions d’armures que des soldats fatigués avaient retirés avec insouciance. L’endroit était sombre, car même si la lumière extérieure était aveuglante, si blanche et froide, les vitres étaient rares.

Une silhouette se glissa furtivement derrière la prêtresse aux larges épaules alors que celle-ci se détachait du cortège aussi naturellement que possible. Les trois prêtres dont elle avait imité les mouvements trottèrent à la suite d’Alton à la manière d’enfants de chœur pressés, et elle les rattrapa en quelques pas tandis que Lokreshaat s’emparait du coffret de sa Commandante. Véloce rejoignit la petite troupe au moment où elle pénétrait dans la bâtisse, et prit garde à faire mine d’y entrer pour d’autres raisons.

Les visages se tournèrent vers le Haut-Prêtre et des grondements firent vibrer les gorges ici et là. Kreen ne l’aurait pas admis de vive voix, mais elle apprécia sincèrement la distraction que la présence d’Alton constituait : personne ne posa le regard sur la Gélovigienne qui rasait les murs, et ce bien malgré sa carrure inhabituelle. Les présents dont les clercs s’étaient chargés étaient les bienvenus, même s’ils provenaient d’un personnage peu apprécié par une majorité. Il y avait là de quoi faire briller les yeux et remplir les estomacs froids et ennuyés de ces braves sentinelles. Dans l’ombre d’un large râtelier, Lokreshaat confia la caisse à sa propriétaire, puis s’en alla rejoindre la foule qui s’amassait avec un enthousiasme lentement grandissant autour du fils de Sharna. Le bourdonnement se fit de plus en plus fort alors que les cadeaux étaient distribués chaotiquement sous le regard acerbe des officiers les plus hauts gradés. Ils ne participèrent pas mais ne firent rien pour mettre fin à la cérémonie, trop intelligents pour priver leurs hommes d’un réconfort fugace.

Kreen s’agenouilla pour ouvrir la cassette et en sortit son superbe insigne de dirigeante des Rouges. La plaque était sertie d’un large diamant pourpre dont l’éclat n’avait rien de naturel : une magie habile faisait danser la lumière au cœur de la gemme, la rendant hypnotique et intimidante. Des symboles l’encerclaient, épelant dans une des nombreuses langues mortes de Phelgra la devise « la mort avant la défaite ». Sur le pourtour externe, son titre était gravé en isther, et les cinq lettres de son prénom couronnaient le tout en un élégant relief orné de cornes. L’éclat de l’objet aurait pu attirer l’attention si elle ne l’avait pas glissé dans son corsage. L’heure n’était pas à l’extase. Elle passa le coffre sous son bras et se faufila derrière un rideau dont les anneaux glissèrent difficilement sur la barre, puis grimpa trois petites marches jusqu’à une arrière-salle lugubre dans laquelle un capitaine et deux lieutenants, tous de factions différentes, étaient penchés sur des documents visiblement confidentiels. Ils levèrent des yeux assassins sur l’intruse, les lames déjà tirées, mais elle ne leur laissa pas le temps de demander comment elle avait échappé à la vigilance de leur garde. Dans sa main scintillaient l’or et le rubis que personne d’autre n’aurait pu toucher sans se brûler.

« – Commandante Kreen des Cavaliers Rouges de Sharna. Je réquisitionne cette pièce, messieurs. Les bouches s’entrouvrirent puis se refermèrent, rendues muettes par l’inanité d’une quelconque protestation. Je n’en ai pas pour bien longtemps, les rassura-t-elle après avoir posé la caisse sur la table. »

Un sourire franc quoique discret éclairait le visage de la Gorgoroth qui passa la tenture quelques minutes plus tard. Elle portait un plastron et de petites spalières, des jambières souples, de hauts gantelets, et son emblématique heaume cornu. Derrière elle pendait une cape brune et sur sa poitrine, la pierre écarlate semblait briller avec ferveur. Les lacets et les bijoux avaient restreints ses mouvements pendant des jours et des jours, les plumes et le diadème l’avaient démangée, et la poudre autour de ses yeux avaient eu l’infâme tendance à irriter ses muqueuses. Kreen crut sortir de prison, démenottée après une éternité d’inconfort et de malaise psychique. Elle avait passé un linge humide et imbibé de quelques gouttes d’onguent sur son visage, et en se débarrassant du maquillage outrancier qui avait taché sa peau, elle avait aussi effacé toute trace d’embarras. Elle marcha la tête haute, d’un pas bien plus fier que d’ordinaire, ses bottes bruyantes sur la pierre à nu qui la menait jusqu’aux quartiers des capitaines. Il ne s’agissait que d’une aile dont l’apparence laissait croire à une suite de bureaux alors qu’en réalité, aucune porte n’offrait de véritable intimité aux occupants – cela dit, les gardes y étaient bien armés et les capitaines qu’elle y croisa avaient l’air hautement plus reposés que leurs collègues de l’entrée.

« – Commandante, salua Alesh Goan, un Terran aussi large que haut – et il n’était pas très haut. Une révérence un peu trop grave se fit l’écho de sa voix. J’espère que vous avez fait bon voyage. »

Kreen ne répondit qu’en haussant les sourcils. Alesh n’était pas vraiment capitaine, pas comme Silvaesh et Greld l’étaient en tous les cas, mais il était son contact privilégié au poste du Gouffre Venteux. Pour avoir combattu à ses côtés, elle lui faisait confiance. Il n’avait pas été ravi d’être envoyé tenir cette caserne, notamment parce qu’il y avait de mauvais souvenirs, mais lorsque la Gorgoroth lui avait fait comprendre qu’elle ne souhaitait y placer personne d’autre, il avait sagement abdiqué.

« – Vous êtes visiblement très occupés, je ne compte pas vous distraire. Vous avez la liste, Goan ? »

L’expression du guerrier laissa apparaître une déception mal dissimulée, mais il ne laissa pas sa Commandante attendre. Il lui tendit un rouleau et se contenta de lui souhaiter bonne chance alors qu’elle le saluait et tournait les talons.

Sur le parchemin figuraient treize noms ; ceux des soldats qu’Alesh conseillait à Kreen de rencontrer dans son enquête clandestine. Il avait griffonné quelques indications sur la meilleure façon de les trouver, ce que la mort-vivante songea d’abord inutile avant de concéder qu’elle ne pourrait pas simplement les faire sommer à son gré comme au Manoir Cavaleri. Elle choisit pour première cible la plus simple ; un homme taureau. Elle le repéra aisément dans le hall, proche de la colonie de prêtres qui avaient envahi les lieux.

« – Sergent Borakker ? J’ai à vous parler. »

Le Yorka bovin se retourna d’un élan agacé, clairement peu désireux de délaisser la conversation qu’il entretenait avec ses compagnons au sujet d’un cimeterre exotique récupéré dans le flot de cadeaux apportés par le Haut-Prêtre. Il remarqua alors que la personne qui s’adressait à lui avait creusé un sillage dans l’assemblée, et qu’il n’était pas le seul à s’être détourné de sa trouvaille.


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MessageSujet: Re: [QUETE] La foi du mensonge et la loi de la vérité   [QUETE] La foi du mensonge et la loi de la vérité Icon_minitimeMar 23 Nov - 11:09

La troupe s'enfila dans la salle de commandement improvisée, profitant de l'intervalle d'un glissement de temps ainsi que de l'espace laissé à l'entrée par l'émulsion constante du camp.
Alton et sa suite furent loin de provoquer le moindre silence, leur présence donnant naissance à autant de conversations qu'ils avaient pu en interrompre.

Il s'immobilisa à quelques pas de la porte et laissa son entourage le dépasser avec souplesse, pour dérober sa présence autant que pour tenter d'escamoter les passagers clandestins dans la foule.

Ses prêtres brandir les coffrets comme bouclier puis comme offrandes et cela suffit à fluidifier la tension de la pièce, c'était un balai convenu et suffisamment attendu pour qu'aucune autre invitation ne soit nécessaire.

Il s'agissait autant de cadeaux spontanés que de transferts de colis venant des civils proches de certains des soldats.

Puisqu'ils avaient souvent à faire à lui, la plupart des soldats n'étaient que regards sombres ou grondement exaspération, ainsi tous les moyens étaient bons pour les distraire un tant soit peu. Même si aucun n'était dupe de la procédure, ils étaient tout de même loin d'être suffisamment remontés contre lui pour refuser un remontant.

Certains prêtre lièrent les dons à la prières par quelques gestes, que le destinataire du présent s'en soucis ou non il s'agissait de toute façon d'un agrément naturel à leurs tâches, et c'est pendant ce manège que Alton refit surface, contournant cet amas pour s'enfoncer plus profond dans ce hall grondant.

Il longea une table en effleurant le bord du bout des doigts puis il se pencha au dessus d’une armure fissurée, la contemplant comme si elle pouvait lui raconter une histoire il resta juste assez longtemps pour que deux de ses suivants rejoignent ses côtés.

Le trio vint se poser en avant-garde devant un autel posté dans un renfoncement du mur sud, de manière être visible par tous sans pour autant gêner le passage. Les tentures et les bougies qui l'agrémentaient n'avaient rien de grandioses, mais il faisait partie de ces ornements discrets qu'on utilise pour les prières quotidiennes -autant pour les religieux que pour les superstitieux routiniers- et suffisamment léger même pour être transporté par charrette logistique à la suite de l'armée.

Alton lui-même s'agenouilla assez loin du totem de Sharna et pria, les yeux grands ouverts pour suivre le manège de son compagnon de gauche qui s'avançait lui presque entièrement dans l'alcôve.

Sa bure étaient elle aussi simple que les autres, mais alors qu'il retirait sa capuche on pouvait détailler encore plus clairement de longs triangles rouges et vert bordés de jaunes, tatoués sur ses joues, des yeux aux mentons, et dont les pointes se transformaient en arabesques qui dégoulinaient tout le long de son cou, avant d’aller finalement se perdre dans le décolleté de son vêtement.

L'intérêt des regards restait majoritairement pour Alton, mais quelques-uns des cavaliers à proximité ne purent épargner leur visage d'un certain émoi en reconnaissant une figure aussi notable que celle du Déchireur d'âme.

Adjeradhan Fi'Suh était un Lhurgoyf devenu gélovigien malgré plusieurs déboires et changements de voies.
Nombre de fidèles de Sharna, prêtre ou soldat, montrent un enthousiasme très important envers leur dieu, mais Adjeradhan avait été qualifié de fanatique bien plus souvent que la moyenne de ceux-ci.

Garde du corps, soldat, intendant et bourreau, il aura eu bien des métiers pour nombre de nobles de Phelgra mais souvent un seul et même usage, avant pourtant de devenir ennemi de cette même nation pendant plus de neuf ans. Vagabond puis espion, son manque de subtilité a finalement écourté sa carrière de mercenaire tant la rumeur d'une fiabilité fragile rebondissait entre les divers employeurs. Parfois ennemis les uns des autres, ils n'hésitaient pourtant pas à prévenir avec bienveillance que leur rivalité ne valait le risque d’incorporer un tel être à leur contingent de protection.


Le Déchireur pria debout devant l'autel, avant de finalement poser ses propres présents, mais à Sharna cette fois. Il disposa des phalanges et des dents, ainsi qu'une langue encore relativement fraîche. Expirant profondément, il arborait un sourire apaisé en remerciant son dieu.

La majeure partie de la distribution était faite et les plus fidèles vinrent les rejoindre dans leurs prières, laissant à Alton le temps de se relever avant de distribuer bénédictions et encouragements aux soldats assez éclairés pour s'en sentir honorés.

Les échangent revêtaient une simplicité quelques peu décevante aux yeux des Cavaliers restés à l'écart, ceux qui ne voyait définitivement toujours pas l'intérêt d'un Haut-Prêtre pour honorer Sharna, mais après tout cette escale avait un but beaucoup plus diplomatique que religieux, rien qui ne méritait une solennité exacerbée.

Il sermonnait les hommes d'un ton relativement monocorde, mais certains furent surpris d'être reconnus et de se voir attribuer une onction personnalisée, évoquant une bataille précise à laquelle ils avaient pris part. Ils avaient beau être fiers de leurs faits d'armes, ce n'était pourtant pas des accomplissement si illustres que cela -de leur propre aveux- pour qu'il ait pu en attendre parler jusqu'au cœur de son temple...
Alors comme toujours, on se demandait à quel point il avait été capable de capter les prières faites à Sharna après la bataille, ou alors avec quel soin il avait pris la peine de les mémoriser, nom et visage, avant de se présenter ici.

Que la connexion soit mystique ou plus prosaïquement issue d'un registre d'espionnage, ils se sentirent inconfortablement touchés par sa considération.


Après le Contact, ce noyau de foi momentanée recommença doucement à se diluer dans la salle, y compris Alton lui-même une fois que la majorité fut happée par les récits d'exception de l'inquisiteur Fi'Suh.
Ceux qui n’écoutaient pas cette légende urbaine émergée commençaient de toute façon à se translater en direction de la commandante nouvellement extraite du secret.
La tête du culte décida donc de partir du côté opposé, plus sombre et isolé que le reste du complexe, pour éviter de se faire alpaguer par l'intérêt plus railleur des officiers.


Un vieux Zélos siégeait, perdu entre murs et râteliers, il jouait aux cartes sur une pile de livres, elle-même posée sur une enclume.
Sa peau était bien plus grise que la plupart de ceux de sa race, pas uniquement par l’effet de l’âge.

Trois cavaliers l'observaient, de divers rangs et divers armées, comme s' ils espéraient être invités à un moment donné pour une partie collective.

Convalescents, ils étaient tous ici recouverts de quelques bandages et autres généreuses couches d'onguents, pour se reposer au calme et récupérer des soins quelque peu épuisants, bien que magiques.

Son tabouret était banal, mais le vénérable se tenait dessus avec un mélange de noblesse et d'arrogance égale à celui d'un Roi qui vous observerait depuis un trône de jade.

Il se tourna d'un quart de tour pour engueuler l'un de ses spectateurs qui s'étaient permis de poser ses pieds sur un meuble de pierre pour étirer sa jambe cassée.

-Hey merdeux, garde ta jambe au chaud, sur le coussin, le médecin t'as dit que tu risquais un caillot et...
Oh non putain pas lui.


Ce n'est qu'à ce moment qu'il remarqua Alton du coin de l'œil. Il avait ostensiblement tourné le dos à la salle à son arrivée, mais en s’inclinant vers son jeune collègue, il réalisait trop tard à quel point il avait pu se rapprocher .

-C'est pas possible que tu viennes jusque là me faire chier. Je viens le planquer au plus profond de la caserne la plus froide du pays, je dois en réveiller tous mes rhumatismes et ça permet quand même pas de te semer. T'as pas de salamalecs à faire !

Il dégagea la première couche de ses livres -basculant les cartes aux sols- et commença à disposer des pièces d'un jeu de plateau. Le Gorgoroth s'étonna de le voir les poser à même le livre, sans précisément avoir installé le plateau correspondant, mais il remarqua que finalement le tracé des cases avait été gravé manuellement à même la couverture en cuir de l'un des ouvrages.

Alton se pencha et lui embrassa le front chaudement avant de le signer de son pouce.

-Salutations Orten. J'ai terminé les bénédictions auprès de ceux qui appelaient Sharna mais rien de bien officiel, après tout ce n'est qu'une escale et aucunement le but de ma visite.

-Oh, tu n'as qu'un but hein? Un si long voyage pour une seule chose. J'ai comme un doute tu vois surtout.. si c'est avec ce genre de compagnie.

Il désigna la salle derrière lui du pouce.

-Tu as remarqué? Pourtant elle est relativement loin... quel sens il peut bien de rester pour être capable de distinguer quelqu'un à plus de trois mètres de là.

Les soldats entourant l'échange échappèrent un rictus.

-En ce qui te concerne c'est surtout l'odeur qui m'alerte.

Sans pourtant en rire, l'un d'eux effectua un large sourire sans se retenir.

-Et pour ta Commandante, c'est le même genre de désagrément ?

Ils cessèrent de sourire soudainement de peur d'être vus de loin par un supérieur qui n'en donnerait pas l'air.
Le Zélos grogna sans mot dire.

-Ou plus certainement son aura qui rayonne. Son charisme qui s'abat. Si tu le désires je veux bien t'aider porter ces vieux os jusqu'à elle, si tu désires la saluer, l'écouter. Tu le sais, je suis le serviteur de l'armée de Sharna.

Il ne répondit toujours pas, et à la place commença à avancer son premier pion.

-Tu sais bien que je ne joue pas.

-Oh vraiment? C'est parce que ces pions là ne peuvent pas saigner, ça perd de son intérêt pour toi?

-On vient pour le Baron Rouge, c'est une vieille dent qu'il faut déchausser de la mâchoire supérieur de Phelgra.

Alton avança à son tour un jeton, sans avoir l'air d'y apporter d'attention.

-Je sais plus rien de ce qui se passe, sinon ça fait longtemps qu'on m'aurait soutiré des infos, ça servait à rien d'amener ce forcené d'Adje' même si il cherchait à retirer mes dents à moi.

Il agrémenta d'un sourire aiguisé encore largement carnassier malgré un age probablement avancé.

-Il est pas là pour toi, il est même pas là à cause de moi d'ailleurs...si j'avais eu le choix...

-C'est donc ça. Ça fait quinze vie que t'es là est t'arrives toujours pas à poser tes couilles et à t'opposer au Pape.

Malgré les divers déboires de son histoire et les échanges d'allégeances, le Lhurgoyf s'était finalement rangé sous l'égide des Gélovigiens où il a fait preuve de suffisamment de sacrifices et de déférence pour inspirer une certaine confiance. Très humble et dévoué malgré sa nature il aura été mit à l'épreuve et à la souffrance pendant trois ans en tant qu'apprenti pour se rebâtir une réputation, multipliant les exploits, souvent en tant qu'enquêteur ou interrogateur.
Auto-proclamé juge des mensonges, il sillonne les terres dans l'étude des désaccords et met un poing d'honneur à punir spectaculairement les gens qu'il juge indignes d'user des outils de tromperie de Sharna. Pour ceux qu'il démasque mais dont il estime le mensonge est assez bien monté pour tromper les autres... il les laisse repartir vivant avec la bénédiction de Dieu. Mais que leur mensonge manque d'élégance, il extraira définitivement leurs capacités à malaxer la vérité.
Son crédo l'a naturellement amené sous l'église de Sharna, mais on raconte qu'il se rend n'importe où ou les gélovigiens en ont besoin. Des besoin qu'aucun des dix Haut-prêtres n'aurait le droit de trier ou prioriser.

-C'est pas lui qui décide non plus. Frère Fi'Suh est là par Sa volonté.

Alton pointa du doigt le collier de Sharna du vieux soldat, un long visage en rubis prit dans des flammes de cuivre et d'or.
Orten saisi le poignet de Alton avec vigueur, renversant l'un des pion dans la manœuvre. Des trois hommes autour, deux commençaient à gigoter un peu mal à l'aise, l'autre se léchait les crocs d'amusement .

-J'en ai rien à foutre tu m'entends, Sharna il envoi Adjeradhan, mais c'est aussi lui qui a posé le Baron Manfred là où il est. Que ça te plaise à toi ou pas, on s'en fout, c'est l'équilibre et ça nous regarde pas.

Grognant d'abord sous l'empoignade, le fils de Sharna échappa tout de même un sourire et bougea l'un des pions de son autre main, comme si c'était son tour.

-Tu vois vraiment rien, c'est ce que je dis.. tu me dis tout ça à moi parce que je suis pile en face de toi mais c'est pas à moi qu'il faut le dire... mon droit ou ma capacité n'ont pas d'intérêt, en effet.

Il murmura en caressant la joue de son interlocuteur.

-Son heure est venue voilà tout.. et tout incapable que moi je sois, il semblerait que la tête du bataillon soit habillée de ce pouvoir. Je suis juste l'outil de Sa volonté, je suis au service de la Comm...

Le Zelos projeta son autre main autour de la gorge du haut prêtre et le plaqua contre l'enclume tout en lui coupant le sifflet.
Il aurait surement hurlé si le ton persifleur d'Alton n'avait pas maintenu la conversation à un timbre relativement bas.

-Tu sais Éminence, comme je suis vieux je ne m'occuperai de rien, absolument rien, au cas où ma tête commence à me manquer, que mon bras faiblisse : je veux me charger de rien d'important et tu sais je vais même te dire un truc... je m'intéresse plus tant que ça à qui est commandant ou pas tu vois ; les têtes changent, puis elles tombent ... Varss ou Démégor tout pareil. C'est ptet même bien celui que tu es venu chercher qui va prendre leur place un jour, qui sait.


Les soldats cessèrent de s'intéresser ou de s'amuser de la situation, ils partirent juste en claudiquant, emportant gourdes et bassines comme si ils avaient un besoin urgent de remplier l'une, vider l'autre, et changer leur pansements soudainement, plutôt que de rester et risquer d'assister à une déclaration de dissension.
Les cavaliers étaient tous des durs et de fait les sanctions l'étaient tout autant, même de simplement proférer des menaces envers la hiérarchie il faudrait en répondre par un duel. Au minimum.

N'ayant de toute façon pas besoin de respirer, Alton n'avait pas à compter les secondes qu'il passait dans cet étau, mais la position n'avait rien de confortable et peu d'intérêt à être prolongée.

Il posa la seule de ses mains libre sur l'avant bras de l'opposant afin d'y relâcher de l'essence divine.

Le Zélos lâcha prise immédiatement sous la surprise. Il resta immobile un instant, les yeux écarquillés, puis il commença à se palper à la recherche de quelque chose.

Écartant sa tunique, relevant sa manche, il finit par soulever carrément ses frusques en révélant son ventre.

La marque de Sharna qu'il lui avait apposée il y a des mois de ça et qui s'était répandue massivement depuis tout ce temps venait d'être relâchée, et se dissipait à vue d'œil.
Il continua de se palper, incrédule.

-Peu importe ce que tu sais ou pas, que tu sois complice ou repentant... je laisse le soin de l'enquête à Seigneure Kreen. Je sais juste un truc pour sûr, c'est que peu importe que ce soit sa fin ou sa consécration ça va être un tournant pour Le Rouge. Il est de mon devoir de te libérer de ta dette, de te guider et de t'offrir une chance de donner ton mot au chapitre.
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MessageSujet: Re: [QUETE] La foi du mensonge et la loi de la vérité   [QUETE] La foi du mensonge et la loi de la vérité Icon_minitimeSam 25 Déc - 23:12

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Le minotaure était aussi imposant que Kreen se l’était figuré en lisant sa description, voire un peu plus large encore. Il arborait une armure complète mais légère qui n’empêchait pas la diffusion de sa très forte odeur corporelle, et l’aspect de ses poils et de sa tenue laissait supposer qu’il n’avait pas été des plus passifs ces derniers temps. Plusieurs visages pâlirent autour de lui lorsqu’il se fit importuner. La manière dont il toisa sa commandante avant de balayer la pièce du regard parut être annonciateur d’embrouilles ; le ton baissa dans un rayon de six à sept soldats et des grimaces en tous genres donnèrent vie à un chapelet de faciès jusque-là endormis.

La réaction de l’assemblée n’échappa guère à la Gorgoroth, même si elle n’y prêta aucune attention. Il y avait encore des recoins de Phelgra qu’elle n’avait pas visités en personne depuis sa montée en grade, et des personnages qui, ne l’ayant pas vue de leurs yeux, avaient tendance à oublier qui elle était – mais elle s’était lassée de faire, refaire et rerefaire première impression. Si ces hommes la revoyaient pour la première fois depuis son avènement et qu’ils en étaient perturbés, cela était devenu leur problème et non plus le sien. Les premiers mois, c’est vrai, elle avait mis un point d’honneur à assurer une transition sans encombre… Puis cela était devenu un exercice inintéressant. Elle continuait de faire preuve d’un doigté calculé et conscient mais ne cherchait plus à se perfectionner dans cet art que ni Trahin, ni aucun Commandant Rouge dont on se souvenait n’avait exercé ne fut-ce qu’un peu. Elle avait passé les pouces dans des anneaux de métal qui ornaient son ceinturon, dans une attitude décontractée et inoffensive que seule la droiture de son dos empêchait d’être totalement informelle. Les yeux du sergent – deux grosses billes d’onyx – se posèrent longuement sur l’insigne de sa supérieure, et il se mit à acquiescer de la tête avec une insistance clairement ironique.

« – Et c’est à propos de quoi, m’dame ? S’enquit-il d’une insolence assumée.

– Commandante Kreen, le reprit la revenante avec patience. Vous êtes témoin dans une affaire préoccupante et j’ai besoin de votre aide. Je vous prie de me suivre. »

Sans attendre de commentaire, elle tourna les talons et se dirigea vers une seconde arrière-salle, mieux isolée que celle dans laquelle elle avait retiré son accoutrement. Les lourds pas du colosse ne lui firent pas suite immédiatement ; au contraire, le brouhaha reprit bien avant que le Yorka n’obéisse à l’ordre qu’on venait de lui donner, si bien que l’on put croire un instant que rien ne s’était passé. Pourtant, la mort-vivante n’eut pas à lui demander une seconde fois. Après avoir consulté son entourage du regard, il se mit à marcher derrière elle. C’est sans doute la confiance dont elle fit preuve en s’éloignant le menton haut qui eut raison des efforts du taureau à paraître indomptable.

La pièce dans laquelle Kreen et le sergent Esijk Borakker se faisaient face n’était éclairée que par une unique torche, bien que plusieurs autres aient été disponibles. Le mobilier était composé d’une large table bancale, de deux tabourets, d’un râtelier rafistolé et d’une montagne de coffrets partiellement éventrés. C’était un endroit encombré dans lequel on aurait pu trouver, si ce n’était du butin, au moins de quoi s’asseoir, voire de quoi se reposer si on avait le courage de fouiller dans les tissus crasseux pour se confectionner un repose-tête. En somme, ce n’était pas une sale d’interrogatoire. Kreen ferma la porte derrière eux et croisa les bras sur sa poitrine afin d’adopter une allure plus grave.

« – Sergent, je suis ici pour tenter de lever le voile sur ces sombres histoires de disparition à la frontière. Puis-je vous demander pourquoi vous avez demandé à faire allonger votre service à la douane ?

L’homme bovin émit un son dédaigneux avant de nouer lui aussi ses avant-bras musclés dans une tentative de singer la Gorgoroth.

– Qu’est-ce que ça peut bien vous foutre ? Ça vous arrange, non ? Personne veut bosser ici.

– Je vous pose toute de même la question, répondit Kreen avec tiédeur. Un silence précéda les mots d’Esijk mais il ne fanfaronnait plus tellement.

– J’ai grandi pas loin. Je connais les lieux. Et je suis pas un homme des villes.

– Je comprends, valida la commandante avec une once d’entrain afin de faire regretter à son soldat son irrévérence première. Vous devez avoir vos théories sur le sujet. Je vous écoute. Le minotaure secoua la tête en haussant les épaules.

– Pas tant que ça, au final. On voit passer deux, trois, quatre groupes, on inspecte, on contrôle tout le monde, on laisse passer… Et puis trois jours plus tard, on revoit les mêmes têtes nous supplier de les laisser repasser dans l’autre sens. Plus de convoi, plus de chevaux, plus de marchandise. Ils sont rarement blessés mais ils tirent des têtes pas possibles et ils nous racontent des histoires qui ont aucun sens, franchement, on comprend rien à ce qu’ils bavent, ces cons. Et puis y en a qu’on attend, parce qu’on sait qu’ils sont censés sortir qu’une semaine et demie, et on les revoit jamais.

– Que savez-vous de ce que les Cavaliers Noirs font, ici, sergent ?

– Je sais qu’ils glandent pas grand-chose ! Ou que c’est vraiment des bras cassés. Trois ou quatre fois, ils ont bien retrouvé des trucs, ils ont pu suivre des pistes sur plusieurs lieues, je sais pas tellement ce qui les a arrêté… Je crois qu’ils sont tombés sur un cadavre, une fois, des traces de lutte, je sais pas bien. En tout cas… Si c’est des bandits, c’est des bandits que les mouchards arrivent pas à choper. Pour une raison ou pour une autre. Il appuya ses sous-entendus d’un regard insistant que Kreen reçut en esquissant un sourire amer.

– Nos confrères sont-ils vos seuls suspects, sergent ?

– Nan… Ça a l’air désert ici, mais ça l’est pas. Y a plein de clans qui rôdent. Y a du passage. Y a du bruit. On sait bien ce qu’il y a dans les forêts d’en face, toutes les vieilles baraques soi-disant abandonnées, les vieux manoirs dans les montagnes qui sont marqués comme inhabités sur les cartes… C’est n’importe quoi. Ça grouille, en fait. Les p’tits bourges cimmeriens qui essayent de s’installer loin de tout sauf de la frontière ennemie… Dans pas longtemps, ils descendront nous voir pour fraterniser. C’est que des types qui ont des plans foireux… Renégats, fugitifs et compagnie… Ils sont bons, ça je veux bien l’admettre. Ils se cachent bien. C’est ce que disent les Noirs. Mais raison de plus pour se méfier. »

Aussi peu surprenantes qu’étaient ces informations, elles avaient une saveur inédite venant d’un Cavalier Rouge. L’occupation clandestine de belles demeures isolées n’avait rien de nouveau à Cimmeria mais elle s’était raréfiée pendant la guerre puisque cette zone était devenue un champ de bataille. Ensuite, il n’était que logique qu’elle soit remontée en flèche lorsque le conflit avait pris fin puisque les villas fantômes s’étaient faites plus nombreuses et que les bandits aux goûts de luxe aussi. Pourtant, le sujet était la préoccupation des espions de Sharna et sortait rarement de ce cercle restreint. On considérait l’observation de cette situation comme leur mission et leur mission uniquement, et une espèce de chappe de jalousie pesait sur les discussions du Conseil à ce propos. Les Rouges et les Gris en poste à la frontière n’étaient pas censés s’intéresser de trop prêt à ce qui passait dans les terres cimmeriennes. Le sergent Borakker était lucide, et selon ses dires, ses confrères espions partageaient sans ménage leurs découvertes. Cela n’aurait pas plu à Sirion.

Cela faisait sourire Kreen, cela dit.

« – Vous avez raison. »

Elle sembla conclure l’entrevue sur ces mots. Esijk n’avait pas mentionné le Rouge et selon elle, ce n’était pas une omission volontaire et malicieuse. Elle préférait poursuivre son enquête auprès d’autres soldats avant de s’enfermer dans les théories d’Alton, aussi congédia-t-elle poliment l’officier et alla quérir un autre nom sur sa liste.


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MessageSujet: Re: [QUETE] La foi du mensonge et la loi de la vérité   [QUETE] La foi du mensonge et la loi de la vérité Icon_minitimeJeu 17 Fév - 7:24

Alton se releva l'air de rien. L'empoignade avait laissé ses vêtements amplement chiffonnés, son interlocuteur lui même rajustant sa tenue après avoir constaté la disparition des arabesques maudites de ton torse, manifestement soulagé d'un poids.

Le haut-prêtre rajusta quelque peu sa toge, mais plutôt que de perdre un temps infini à vouloir atteindre la prestance à laquelle il devrait prétendre il assuma son air négligé. Le voyage l'avait déjà de toute façon contraint à une apparence modeste.

Il écarta néanmoins les bras tel l'auguste messager.

-Et voilà, un nouvel homme. Allez viens, laisse moi te présenter le juge des multitudes, tu sembles te faire de fausses idées sur lui, le lot de la réputation.

-Non merci ! Je sais déjà à quoi m'en tenir avec b'en assez de justesse... et nouvel homme ça... je me fais pas d'illusion je reste un vieux porte fer, candidat sortant... je suis juste heureux d'avoir enfin payé ce tribu, mais mon opinion demeure : je refuse de m'occuper de ton expédition.


Alton posa sa paume sur la nuque du zélos. Même pour un ancien Sindarin il était trop petit pour atteindre son épaule, et son bras trop court pour faire le tour du cou -semblable à un tronc- de son ami. C'était donc la seule étreinte amicale qu'il pouvait se permettre, il lui souriait comme si il n'avait pas réalisé que le dit Orten venait de refuser coup sur coup : son compliment, sa proposition mondaine et son concours à l'investigation ; raison principale de sa venue.

Souriant donc comme si tout se passait à merveille malgré leur allure débraillée et l'air renfrogné de son voisin, il l'emmena vers la partie plus vaste du baraquement.

Le vieux soldat observait de toute façon l'air de rien, de loin, l'arrivée du régiment et tout ce qu'il se passait, mais maintenant qu'Alton l'en avait approché d'avantage c'est sans vergogne qu'il regardait en direction de la commandante en se dégageant discrètement de la main d'Alton d'une contraction de ses trapèzes.

Ressortie de la pièce des officiers, elle toisait maintenant le sergent sous l'intérêt conjugué de son entourage.

-C'est quoi son plan? Prendre le plus gros morceau du bloc et le battre pour gagner le respect des autres?

Alton avait fait mine de bénir des hommes venus s'inquiéter silencieusement de leurs étreintes les moins amicales pour faire mine d'ignorer le rejet de proximité du zelos, mais en revenait immédiatement à ce dernier.
Il hésite entre avoir l'air ridiculement choqué, ou juste amusé.

-Pff mais pour qui tu la prends, ce genre de petit jeu c'est bon pour le théâtre de Greis. Elle si elle prend le temps de déranger ses subordonnées c'est pour une bonne raison.

-Esijk va le comprendre comme ça?

Alton se fit momentanément plus sombre.

-Je ne vois rien d'étrange à voir un sergent se ranger aux côtés de son supérieur sans discuter...
puis redevint immédiatement frivole, surement conduit par sa propre évocation du dieu enfant.
... mais bon c'est vrai que venant de toi je comprends que ça fasse bizarre hein, toujours eu un peu d'mal à suivre les ordres hein pas vrai.

Il resta d'abord silencieux à la pique d'Alton, suivant du regard les deux figures officielles qui s'écartaient à nouveau dans une salle isolée, manifestement frustré de ne pas pouvoir espionner de loin comme à son habitude. Le gorgoroth en profitait pour continuer sa quête d'attention.

-et puis si vraiment elle voulait marquer le coup et faire une rencontre en éclat elle serait allée voir des Arracheurs, haha.

Cessant de fixer la porte close, il se tourna volontiers vers cette dernière intervention, échappant un sourire sincère à l'une de ses anecdotes favorites, du genre qui marchait toujours aussi bien à éveiller sa joie même après tant de temps.

Les arracheurs étaient des furies forcenées et ivres qui avaient fait la promesse articulée de répondre consciencieusement à l'ordre suprême de Sharna, celui de lui offrir un spectacle de guerre. C'était un commandement implicite à travers tous les fidèles et armées de Sharna, et pourtant même si ils le respectaient, beaucoup faisaient bien sûr des pauses entre les assauts et les danses macabres.
Pas eux.
On les décrit comme des chiens fous vivants dans des camps mobiles, attaquant quiconque à portée de vue ou d'odorat. Lorsque personne ne se présente dans leur cercle d'influence, ils se combattent juste entre eux, infatigablement raconte-t-on, dans des échanges bien souvent mortels dû au sérieux de chacun de leurs coups, en vue de Le distraire, au prix de leur vie si nécessaire.
Peu de témoins néanmoins, si l'on cherche à les observer, on redirige leur attention en devenant la cible principale.
D'aucun pense seulement à un prétexte cherchant à cacher la raison pour laquelle ils ne seraient pas tous déjà morts en s'entretuant, depuis le temps, si tel était vraiment le cas.


Ils se sont donné pour mission de collecter un lot hebdomadaire de trophées de combat en l'honneur de La Haine Perpétuelle, et sont censés répondre aux ordres de tout fidèle de Sharna.
Mais dans les faits ils ne restent réellement en place qu'en compagnie de ceux ayant résisté à leurs assauts plusieurs minutes, ou ayant tué l'un d'eux.

-Ahahah ahhaha oui comme le nouveau commandant Gris qui s'était approché de Wode là ahahha, il pensait se faire remarquer, montrer qu'il avait autorité pour leur ordonner de suspendre un entrainement de routine
ricanant de plus belle le nostalgique rata sa déglutition l'espace d'un instant.
ET il s'est fait FAUCHER la gueule ! hahahahahh ! ils étaient en combat à mort les gars ahhahaha. C'est vrai que quand tu voyais Wode leur faire leur fête en toute décontraction, tu croyais que les mecs étaient juste en train de lutter pour la forme ahah.. putain c'était quoi son nom.. je me souviens jamais...

Cette perte de mémoire momentanée vu remplacée par une autre réminiscence: la réalisation tardive de la moquerie d'Alton vieille d'une trentaine de secondes.

-Et je suis un membre honorable du clan ! de la légion ! jamais tu me feras passer pour un vieux poltron pour autant, ta langue de vipère suffira jamais à faire croire ça à quiconque.

S'étant retenu de le frapper à l'épaule ou de l'empoigner par le cou cette fois, il s'approcha néanmoins assez pour forcer Alton à plaquer son nez contre son buste volumineux, faute d'avoir assez de recule pour garder l'écart minimum.

-Tu ne rends pas compte à quel point ça nous exaspère de te voir jouer la reine... si loin de ton petit chez toi.... tu es sur notre territoire là alors tu ferais mieux d'arrêter de faire semblant de pas voir les regards noirs en plus grand nombre que ceux émerveillés.

Il s'imagina un instant le saisir et l'empaler sur l'autel derrière lui, mais en voyant quelques ombres commencer à s'amasser autour de lui, il recula d'un pas et baissa d'un ton.

Et il parait que ça t'arrive de plus en plus souvent ces derniers temps, des prêtres dont on entend de plus en plus souvent le nom, plutôt que le tien, quand on parle de Thémisto, qu'est ce qu'il se passe exactement? Moi je comprends que tu veilles accompagner ta championne, surtout dans un moment d'ascension comme celui là, mais parait que depuis des mois tu fais des missions aux Quatres Nations, ça fait pas très haut-prêtre... on cherche à te virer de ton siège ? Toi non plus tu obéis pas assez aux ordres et le pape commence à baliser ta sortie?


Alton haussa simplement les épaules pour résumer la montagne russe qui venait de se jouer devant lui.

-Je vais simplement là où on me demande. J'ai ordonné au sein du Grand Temple pendant presque vingt-trois ans en ne m'en éloignant que très peu, alors je laisse le temps à ceux que j'y ai formé administrer un peu eux aussi, et moi je viens un peu renouveler le souffle des sanctuaires les plus éloignés.

Il épousseta vaguement l'autel contre lequel on l'avait acculé, libéré de l'ombre qui l'y avait encerclé.

-Même si on cherchait à me remplacer ça me dérangerait pas, nous sommes tous là pour la même chose, Le servir de la même façon, peu importe le titre. Ainsi donc, je laisse les plus exacerbés s'exprimer.
Ose me dire que la tâche qui m'a amené ici n'est pas de premier ordre.


-Ce qui est sûr c'est qu'il va se passer un truc si tu cherches à insister en personne. Je pense pas qu'il prenne ça comme un compliment de voir tout ce beau monde lui tourner autour... je me demande juste qui mène la barque si c'est pas toi.

Alton effectua un pas de côté, substituant l'autel derrière lui à sa propre silhouette, d'un sourire malicieux.

-Je n'ai jamais été aux commandes de rien. Ni Commandant, ni Bourreau. Si vraiment j'étais le chef d'orchestre, ça fait effectivement fort longtemps qu'on se serait lassé de moi. Si je suis encore là, c'est simplement que je me fais le meilleur des serviteurs que vous ayez jamais eu, aucun d'entre vous.

Il s'approcha en prenant la main aussi massive que boursoufflée du titan vétéran, il l'embrassa du bout de l'arc de cupidon.
L'autre se dégagea non pas en l'arrachant vivement, mais en la laissant retomber platement.

-Belle connerie.

-Et pourquoi t'es aussi réticent hein? Tu crois que je viens absolument chercher à asticoter l'aristocrate vagabond qu'est le baron, alors qu'à la réalité ... il y est peut-être lui même pour rien, qu'il ne sait juste réellement pas qui punir en personne pour les dérèglements, qu'il a besoin de moi pour être guidé...

-Oh et tu résoudras toutes les tensions de la frontière c'est ça?

-Ça assurément non. Cette tension est délicieuse, telle que Sharna l'a voulue.

-Et le secret des disparitions hein, y t'es pas aussi agréable avoue.

-C'est plus si secret il semblerait... Pourquoi tu crois qu'un gardien du mensonge a décidé de venir au juste? Il a estimé que les histoires locales étaient plus si consistantes.

Finalement définitivement agacé, Orten mena l'offensive pour de bon. Il voyait que la force physique n'aurait pas raison des palabres inlassables, il était donc bien résolu à lui faire fermer son clapet pour la première fois depuis une heure.

-Quel sain libérateur... ici partout pour nous guider où que l'on se trouve, même perdu sur le front silencieux d'une guerre d'observation ...

-Mais oui, c'est tout à fait ça.

-..oh vraiment... dans la plus secrète des vallées? Même au plus obscure des sentiers? même au sein du redouté sentier des cendres tu penses?

Il souriait de toutes ses dents meurtrières à Alton, le regard rugissant de lumière, jamais un homme d'arme n'avait été si content de livrer un assaut verbal sur un prétendu Maitre des langues.

L'oeil gauche d'Alton tressauta sous la colère. Orten savait que sa réponse allait être féroce, il n'avait plus de raison de le laisser aller sur ce chemin plus longtemps.

-Roh, ça tu sais que même ça ça ne me serait pas si compliqué, s'en aller sur un tel sentier parait promenade de santé quand on est bien préparé, car vois-tu, si notre chemin nous emmène à enquêter autour des montagnes, j'aurais qu'à aller voir mon informateur préféré, demander conseil à ton frère !!

Le corps d'Orten se mit en branle sans qu'il ne le lui demande, lui même fut surpris de se retrouver en mouvement à suivre sa fureur plutôt que de la guider.

Son bras avait rué, fendu l'air, et il avait empoigné Alton tout entier, le soulevant d'une seule et même étreinte alors qu'il l'enfonçait déjà violemment dans le mur à quelques cinquante centimètres du sol. La matière se déforma et commença à crépiter sous la stimulation, devenant aussi brillante que la pierre de sphère incrustée dans le gantelet du Zelos, redevenu  si vigoureux l'espace d'un souffle.
La parois se boursoufflait et chauffait, et allait bientôt éclater sous la force de son pouvoir.

Mais avant que la détonation n'ait pu se faire cinq hommes se ruèrent sur lui pour le stopper et les séparer, armée comme église, personne n'avait d'intérêt à détruire la parois qui les séparait du froid mordant de l'extérieur.

Alton aurait voulu se moquer de l'impulsivité de son vieil ami, mais il était momentanément dans les pommes sous le coup du choc.

Orten grommela aux autres d'un ton calme, sa magie était déjà éteinte mais son regard était fait de deux ambres incandescentes, offrant une distraction momentanée au hall, qui ne vit pas immédiatement Kreen ressortant de la salle d'interrogatoire pour sa prochaine pêche.

-Ça va ça va, lâchez moi c'est bon je vous dis, vous croyez quoi, après toutes les fois où je lui ai sauvé la vie, c'est pas pour le tuer maintenant.
C'est juste 'y était sur le point de cracher son molosse d'ombre là, je l'ai juste empêché, c'était pour vous sauver vous, le sauver lui, alors lâchez moi quoi.
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MessageSujet: Re: [QUETE] La foi du mensonge et la loi de la vérité   [QUETE] La foi du mensonge et la loi de la vérité Icon_minitimeDim 3 Avr - 18:27

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La prochaine personne sur la liste du seigneur Goan était une dénommée Virgo vel Saro, une recrue toute fraîche puisqu’elle n’avait rejoint l’armée qu’à l’issue du conflit avec Cimmeria. Kreen ne la connaissait pas personnellement mais elle avait beaucoup entendu parler d’elle à travers les rumeurs qui courraient à son sujet. Rien n’avait laissé soupçonner une quelconque malice, aussi la commandante avait-elle chassé les craintes de trahison de son esprit, mais elle ne pouvait s’empêcher de croire que cette femme était vraiment partout. Alesh avait griffonné la division et le régiment de dame vel Saro à côté de son nom et visiblement, aucune autre information ne lui était venue. Voilà qui était fâcheux. Tous amassés dans le hall à se grimper dessus les uns les autres ou à fuir les prêtres et leurs sermons, les soldats étaient aussi désorganisés qu’était la foule au bazar hebdomadaire de Themisto.

La Gorgoroth se dirigea vers la longue pièce où les Gélovigiens continuaient d’offrir leurs bénédictions et de distribuer des mets exotiques aux braves guerriers. Elle espérait y trouver le lieutenant responsable de l’escouade de Virgo, ou même le baron Folwohn qui aurait été capable de lui dire où elle était à condition qu’il l’ait déjà aperçue. Et au cas où, elle essayait également de se rappeler ce qu’on lui avait dit sur l’apparence de la sous-officière ; le sujet était revenu plusieurs fois, curieusement.

Kreen aurait aimé prendre le temps de fouiller ses souvenirs mais cela sembla être trop demander. Elle venait tout juste de rejoindre la foule quand elle remarqua qu’un groupe se précipitait sur un des leurs, et qu’un autre était affairé à traîner le corps inerte d’Alton loin de ce qui semblait avoir été son assaillant. Le Zélos ne se débattait pas mais sa voix portait loin ses protestations. Une rixe ? Impliquant le fils de Sharna ? La revenante fut tentée de ne pas se précipiter, et elle ne l’aurait pas fait si l’ecclésiastique n’avait pas été réduit à un long sac inanimé jeté dans un coin. Les Cavaliers et les prêtres penchés sur lui n’étaient visiblement pas en train de paniquer – fait dont la commandante déduisit qu’il n'était pas en trop mauvais état – mais elle se devait de savoir qui l’avait envoyé dans les vapes. Surtout si c’était un de ses hommes.

Elle reconnut Orten, un colosse à l’âge ante-canonique aux ordres duquel elle avait obéi quelques fois, fut un temps. Il était du genre de Cavalier que l’on doublait facilement dans l’ascension des échelons, car s’il était loin d’être un mauvais guerrier ou un meneur inefficace, sa façon de diriger n’attirait pas les éloges et il n’était de toute façon pas carriériste. Ce dernier demi-siècle, c’était surtout à travers les rapports des autres qu’elle avait eu affaire à lui. Ils ne fréquentaient clairement pas les mêmes cercles. D’ailleurs, c’était la première fois qu’elle le revoyait depuis qu’elle était devenue Commandante et quelque chose lui disait qu’il n’avait pas suivi les actions de sa nouvelle supérieure avec beaucoup d’assiduité. Peu désireuse d’avoir à réclamer le respect d’un vieux Zélos chauffé à blanc, elle choisit de s’adresser à lui sans formalité.

« – Dites-moi que vous ne venez pas d’agresser le Haut-Prêtre de Sharna. La question était rhétorique et le coupable ne fit que marmonner une rétorque que personne ne comprit – probablement parce qu’elle était dans une langue peu parlée. La mort-vivante le foudroya des yeux, un index accusateur levé vers lui. Ne bougez pas, siffla-t-elle. Puis elle ordonna à la troupe rassemblée autour d’Alton de se disperser, à l’exception bien sûr de la prêtresse qui lui dispensait déjà les soins magiques requis. Il va survivre ? Son ton laissait filtrer un désir de dédramatiser. La voix qui lui répondit ne savait visiblement pas qui elle était.

– Évidemment qu’il va survivre. Il s’est évanoui, on lui a pas tranché le cou ! Un peu de foi envers notre Seigneur, ça vous tuerait pas… Kreen se contenta de lever les yeux au ciel et de tourner les talons. L’estime que lui portaient les suivants d’Alton était décidément très, très bas sur sa liste de préoccupations. »

Ce qui était haut sur sa liste de préoccupations, en revanche, était de savoir si Alton était parti interroger des Cavaliers Rouges dans le cadre de l’enquête qui les avaient menés, lui et son ex-disciple, jusqu’ici. Certes, elle ne lui avait pas explicitement demandé de ne pas le faire, mais elle avait – peut-être bêtement – supposé qu’il n’en aurait même pas envie. Hélas. Elle aurait dû le savoir. Être parfaitement conscient de l’importance que la Commandante attachait au fait de rencontrer ses hommes elle-même, et d’investiguer sur leur implication dans les disparitions elle-même, n'aurait jamais empêché sire Zolond d’aller farfouiller. Bien au contraire. Bien au contraire, Kreen. Elle frémit à l’idée qu’il soit allé se mêler aux histoires des guerriers pourpres de Sharna. Comment un seul être vivant pouvait-il être aussi invasif ?

Et puis elle se souvint qu’Orten et Alton n’étaient pas étrangers. À quel point se connaissaient-ils et pour quelle raison, elle l’ignorait, mais elle les avait vus s’entretenir à l’époque où elle était encore peu gradée. À dire vrai, elle avait vu Orten s’entretenir avec bien du monde, y compris Varss, Wode et Démégor lui-même. À une époque, il n’était pas retranché dans un poste frontière glacial et oublié. À une époque, il avait sa petite importance dans l’armée. Il y avait donc bien une chance pour que leur escarmouche ait été déclenchée par une discussion personnelle sans rapport avec les disparitions. Une broutille. Elle s’avança à pas hâtifs vers le Zélos, une main sur sa hanche.

« – Loin de moi l’idée d’être indiscrète mais j’aimerais savoir. Qu’est-il venu vous raconter ? Elle parlait comme une adulte qui tenterait de régler un différend entre deux adolescents. »


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MessageSujet: Re: [QUETE] La foi du mensonge et la loi de la vérité   [QUETE] La foi du mensonge et la loi de la vérité Icon_minitimeMer 6 Avr - 0:37

Malgré la position délicate de leur leader, les suivants de l’église furent suffisamment prompts à ravaler leur indignation. Qu'ils aient prévu l'issue d'une telle rencontre ou qu'ils redoutent les scandales : la résolution de l'injure ne passerait pas par leur propre justice, il faudrait de toute façon façon composer avec le bon vouloir du code miliaire sous peine de se mettre à dos tous les occupants du refuge.

On chargea la carcasse inerte du chef spirituel sur les épaules de quatre prêtres imperturbables qui le menèrent à l'extérieur comme si il s'agissait d'une relique tout juste découverte. Le juge du mensonge ramassa un peu du sang mort et poisseux, tombé au sol, et l'étala du bout du doigt sur une écuelle présente sur l'autel, comme pour honorer les lieux de l'essence même du haut-prêtre.

Surement que plus tard on évoquerait cette ridicule déconfiture comme quelque épreuve divine, un pétillant hommage aux conflits et à la guerre, contenu à l'échelle humaine par la retrouvaille de deux vieux serviteur de Sharna.

Orten regarda sa proie partir du coin de l'oeil, mais sans refuser la présence de la Commandante.
Il s'adressa à elle sans montrer le moindre manque de respect, mais s'efforça de répondre sur un ton semblable de fausse nonchalance.

-Bah , pfff.. c'était autant pour renouer que par curiosité : il est venu me demander des nouvelles de la région, savoir où il allait s'enfoncer. J'imagine que vous avez ce qu'il faut en rapports, mais hey.. c'est le genre à vouloir avoir ses propres infos...

..Commandante.


Il termina en se redressant d'un air vaguement plus solennel, réalisant qu'il ne l'avait pas du tout saluée comme il se devait depuis son entrée dans le baraquement. Même si cela semblait désormais un peu tard, il singea un salut, même en l'absence d'une tenue règlementaire.

Je crois juste qu'il avait pas bien réalisé à quel point je suis retiré de la chaine de commandement, que je suis plus trop au courant des choses. Il a juste vu un visage familier et l'occasion de récupérer des combines.

Il roula des épaules afin de se maintenir droit, mais cette fois avec dans le regard une étincelle plus malicieuse que simplement vouloir faire honneur à son statut.

Vous savez... c'est pas pour dire, mais je pense que des gens qui vivent aussi longtemps que lui.. ils voient pas à quel point le temps passe. Les choses changent et les acteurs s'usent. Même un Zélos vaillant comme moi et les contacts que j'ai pu avoir : on a tous fini par s'user. Tout le monde n'est pas perpétuel.

Il la regarda de bas en haut.

Enfin bref, il a trouvé que j'avais pas grand chose d'intéressant à dire.. il a voulu sonder mon esprit, vérifier par lui même et ça a activé son pouvoir.. sa Chose, v'savez quoi... c'est pas que des histoires, j'ai vu de quoi elle était capable par le passé et je voulais épargner ça aux gars...
Enfin.. vous savez bien comment il est.
Pour tout.



Il passait ses pouces sous les lanières de son harnais de cuir épais, servant autant de baudrier que de tablier d'artisan à présent.

Je voyais pas d'autre solution pour enrayer ça, et même si je suis plus en service actif je suis toujours prêt à répondre de mes actes, devant n'importe qui. J'espère même que son Éminence se remettra assez promptement pour aider à doser ma sanction au bon degré.

Il avait entamé sa déclaration avec une sobriété digne, mais avait terminé son évocation du Haut-Prêtre et du jugement de ce dernier avec un reniflement plus ambigu.
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MessageSujet: Re: [QUETE] La foi du mensonge et la loi de la vérité   [QUETE] La foi du mensonge et la loi de la vérité Icon_minitimeSam 23 Avr - 23:15

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La loquacité du soldat fut la bienvenue puisqu’elle épargnait à Kreen un long et pénible interrogatoire. En temps normal, les bavards irritaient grandement la mort-vivante, mais ici et maintenant, leur prolixité lui apportait un réconfort notable. Était-elle porteuse de vérité ? La question était toute autre, mais la commandante se rattachait aux petites choses. Que ses hommes lui parlassent alors qu’elle était arrivée sans s’annoncer, et ce pour les couvrir de questions, était déjà une excellente chose. Elle acquiesça plusieurs fois, ses traits dessinant une mine globalement neutre relevée d’une légère consternation.

« – Oui oui, je la connais bien... Souffla-t-elle lorsqu’Orten mentionna la créature. Elle était bien placée pour savoir à quel point tout ça n’était pas que des histoires. Les derniers mots du Zélos l’amusèrent d’abord, car elle les comprit comme sarcastiques, puis elle réalisa que le géant était sérieux alors elle fronça les sourcils et secoua la tête. Sa réponse fut rapide, reflet d’une pensée automatique et d’une sensibilité indéniable sur le sujet. Son Éminence n’a pas à vous sanctionner, c’est moi votre supérieure hiérarchique, pas lui. Elle parla à bas volume et en regardant derrière son subalterne, preuve qu’elle s’adressait un peu moins à lui qu’à elle-même. En réalité, elle avait beau énoncer des faits, ses arguments ne tenaient pas la route. Même si la juridiction légale du Haut-Prêtre se limitait à sa caste, il avait plus que l’autorité nécessaire pour décider du sort d’un homme qui l’avait attaqué – et l’appartenance du coupable aux rangs de l’armée ne faisait que renforcer les droits d’Alton. Kreen avait bien sûr la possibilité de s’interposer, mais seulement au prix de son amour propre et du respect d’un grand nombre de ses guerriers. Elle fit claquer sa langue afin de chasser ses derniers marmonnements. Peu importe. Tant que je vous tiens, venez-donc avec moi. »

Orten n’était pas sur la liste d’Alesh mais ce dernier ne l’avait pas prétendue exhaustive. De plus, le haut guerrier séculaire était affecté à son poste depuis bien longtemps et il était loin d’être réputé idiot, aussi la Gorgoroth songea-t-elle que s’entretenir avec lui ne constituât probablement pas une perte de temps. Elle lui fit signe de la suivre jusque dans un recoin discret, pas vraiment isolé du reste du hall visuellement mais suffisamment éloigné de l’épicentre de l’agitation pour que leurs discussions restent secrètes. Elle ne se voulait pas particulièrement complice et accessible, raison pour laquelle elle adopta une mine glaciale et une posture rigide, cela dit, pousser un subordonné jusque dans l’angle d’une pièce bondée pour lui demander des comptes ne risquait pas d’évoquer les agissements d’un commandant implacable. Cette image floue qu’elle renvoyait sans aucun doute la chagrinait, et essayer de sauver les apparences de manière trop évidente n'était pas une solution. De nouveau, elle se devait de marcher sur des œufs afin d’accomplir sa mission tout en gagnant le respect de ceux qui ne l’estimaient pas encore, sans perdre celui de ceux qui l’estimaient déjà – et même si cela ne la terrorisait pas, elle ne pouvait pas cacher le déplaisir qu’elle en tirait. Un masque de vacuité émotionnelle sur le visage, elle plongea ses yeux perçants dans ceux du Zélos en croisant les bras.

« – Selon vous, qui est responsable des disparitions à la frontière ? »

Elle le toisa brièvement à la recherche de quelques signes de nervosité. Sans entrée en matière, sa question était brusque, et même si elle n’était pas accusatrice, elle était bien trop directe pour être perçue comme une modeste demande de soutien dans une enquête difficile.


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MessageSujet: Re: [QUETE] La foi du mensonge et la loi de la vérité   [QUETE] La foi du mensonge et la loi de la vérité Icon_minitimeDim 24 Avr - 1:14

Le Zelos se frotta le crâne comme aider à redescendre la pression,  cherchant ses camarades du regard pour leur faire signe de lui apporter une lampée d'alcool. Mais étant donné ce qu'il venait de se passer, tous ceux qui n'était pas là pour demander des comptes à l'attroupement du méfait se contentaient de regarder le mur à l'opposé de la position, pour ne pas y être trainé.

Lui même n'eut plus un seul regard en direction du Haut-Prêtre. Assuré de ne pas l'avoir tué, il considérait déjà que la chose était actée et prise en charge. Le temps qu'il pense à tout cela, il revint rapidement rendre son visage à celui de la Commandante qui lui faisait face pour être sûr qu'il n'avait pas raté de phrase clef, quand bien même ses interventions semblaient être pour assimiler ses informations plutôt que pour lui répondre.

C'était satisfaisant de voir cette collaboration spontanée coller aux exigences qu'elle avait déployées... mais il restait quelque peu amer de voir qu'elle n'en avait pas terminé avec lui pour autant.
Même si il avait dit tout ce qu'il savait et plus encore, la Commandante comptait bien tout de même le mettre à l'épreuve, quitte à sortir du cadre de l'évènement.

Avant même d'avoir acquiescé, il se retrouvait à sa suite, la manœuvre se révélant intuitive à réaliser malgré la masse grouillante, tant cette marée s'ouvraient à eux, autant en raison son rang à elle que par sa stature à lui. A l'abri de son regard tant qu'il se trouvait derrière elle, il aurait voulu détailler d'avantage son équipement, mais il était dur de statuer : avait-elle quelque chose d'atypique dans l'espoir de donner une image particulière de sa venue au front nord... Ou au contraire était-elle vêtue de quelque chose de plus simple que ses goût, pour en faciliter le transport.

A la place il se contentait de sourire en voyant à quel point tous obéissaient à sa présence, malgré la surprise expresse de son arrivée ici. Personne ne voulait faire de vague.. ou la tester, en tout cas pas pour l'instant. Encore moins présence d'un Juge.

Il y avait trop à craindre, trop de risque que ce ne soit justement qu'un coup de pression pour effectuer une purge sur les renégats, tant la démarche était informelle... Orten ne faisait pas exception, il avait filé droit sans même se l'être formulé, et alors qu'il s'en rendait compte, il n'en avait pas honte : car même quand un nouveau commandant ne plaisait pas aux troupes, il valait toujours mieux laisser le temps à un autre de faire l'erreur de se soulever, laisser le temps à tout le monde de prendre position et de faire montre de leurs ambitions avant de réellement imposer un nouveau changement.


Il se laissa tomber sur un coffre plutôt que sur le banc à proximité afin d'éviter à ses genoux de plier trop bas et se vautra légèrement malgré l'absence de dossier. Sa posture ne se voulait en rien provocatrice, il en profitait juste pour faire jouer ses membres, dénouer la tension. Non pas que le combat se prévoyait d'être long, mais son corps se mettait en marche maximum à chaque fois et l'énergie divine qu'il avait commencé à accumuler se devait de se dissiper elle aussi.

Une ultime fois, il balaya la foule du regard : nombreux étaient ceux qui tentèrent de se rapprocher mine de rien, pour espionner cette conversation si accessible en contraste du coup de panique qui était monté.
Cinq autres vinrent plus spécifiquement en bombant le torse, comme pour prouver qu'ils étaient prêt à protéger leur ami et mentor d'une punition hiérarchique trop zélée si il le fallait.
Néanmoins tout ce beau monde fût naturellement évacué par le cycle d'officier qui remua en écho, dans ces flux des déplacement.
Ils furent redistribués dans la pièce l'air de rien, une mécanique bien huilée, de sorte à ce que ce coin isolé le reste.

Ultimement à ce balai fluctuant, Adjeradhan Fi'Suh vint faire la fermeture. Se présentant furtivement à la périphérie lui aussi, il hésita un instant, joignant les doigts sur son buste, il frotta ses lèvres de la langue.

Il détourna finalement le regard et puis les pieds, mais non sans avoir attendu d'avoir bien été vu par les deux conversationnistes, qu'il ait voulu intimidé l'un, signifier l'autre de sa disponibilité ; nul ne le sait.

Responsable? euhm... ben j'en sais rien, et très franchement je pense pas qu'il y en ait particulièrement... y'a les passeurs qui se sentaient piégés par les patrouilles... les gens qui fuient la guerre, des fugueurs qui.. disparaissent de toute façon...
Pour moi c'est la routine, c'est juste que vu qu'on impose un regard tout particulier sur la frontière récemment on a l'impression de voir que ça...
Ça fait croire à des conspirations... ça rejette la faute aux espions des uns ou des autres.
Pour moi c'est les mêmes incidents isolés, juste mieux documentés qu'avant..


Il frotta ses avant bras et les posa sur ses genoux dans l'espoir de personnifier cette fois une posture un peu plus convenable.

Pour preuve, y'a aucune constance parmi tous les rapports, ça touche autant une nationalité que l'autre. C'est de la paranoïa, pour moi, puisque vraiment vous me demandez.

Il tendit le bras pour attraper un cruchon posé sur le buffet voisin, mais il n'avala qu'une courte lampée de l'eau définitivement devenue trop chaud dans cette température ambiante. Il s'imagina un instant à quel point il aimerait aller dehors, voir la buée sortir d'entre ses dents à mesure que son organisme rechargeait en air frais.

Mais la seconde d'après, sentant ce regard posé sur lui, il en revint à la possible importance que pourrait faire ce genre de rencontre sur son quotidien, et décida de profiter du confort particulier de se trouver installé librement plutôt qu'aux fers d'une punition sévère, ou de quelques corvées routinières du camp. Ne pas trop en demander, en quelque sorte.

Vous... pourriez peut-être vous même me dire ce que vous cherchez? Vous ici, vers Cimmeria... est-ce que vous espérez renouveler quelques assauts...

Il ne savait pas si lui même espérait de l'action ou redoutait une nouvelle offensive générale dans de telles circonstances, mais il ne pouvait cacher sa curiosité haletante en réalisant à quel point les manœuvres de la commandantes pouvaient être insolites. Peut-être que les commandants voyageait incognito plus souvent qu'il n'en avait été témoin, mais de fait il reconnaissait cette interaction comme rare. L'espace d'un instant même, il me prit à rêver de pouvoir à nouveau se trouver dans ce genre de confidence comme il l'avait autrefois été.
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MessageSujet: Re: [QUETE] La foi du mensonge et la loi de la vérité   [QUETE] La foi du mensonge et la loi de la vérité Icon_minitimeDim 24 Avr - 14:35

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Assis sans réelle tenue sur un large coffre, Orten perdait toute la prestance qu’il avait conservée à travers les âges et les batailles. Lorsqu’il se tenait debout devant elle, sa commandante croyait encore voir un fier guerrier. Désormais, il avait été réduit à l’état d’officier vieillissant, lassé et indifférent. Elle haussa un sourcil alors qu’il lui répondait sans même feindre l’intérêt. Que certains de ses hommes crussent à de simples coïncidences et à des incidents négligeables n’était pas une surprise mais elle s’était attendue à plus de la part d’un Cavalier de l’envergure du Zélos. Autrefois, il aurait cherché à être d’une plus grande aide. Sceptique et déçue, Kreen le fixa longuement en silence, ses iris clairs comme deux lunes perçant l’ombre de son casque à cornes.

Elle hésitait. Étant donné son rang, le confort dont elle et son subordonné bénéficiaient présentement, et l’humeur volubile d’Orten, elle pouvait se permettre d’insister. Mentionner le nombre de disparitions qui avaient été recensées, par exemple, ou lui faire remarquer que tout mettre sur le dos de quelques bandits talentueux était remettre en question l’efficacité-même de ce poste de garde. D’un autre côté, elle n’était pas venue interroger les premiers venus et avait demandé au seigneur Goan de lui dresser une liste d’interlocuteurs pour une bonne raison. Les propos du Zélos pouvaient même être perçus comme le rendant suspect, puisqu’un coupable aurait tenté de mettre Kreen sur la mauvaise voie ou de la détourner entièrement de l’enquête. Les déclaration d’Orten avaient-elles pour but d’amorcer la seconde stratégie ? Dans ce cas, les circonstances n’étaient plus les bonnes pour poursuivre leur conversation. Elle plissait les yeux mais demeurait impassible, statufiée par ses réflexions. Non loin d’eux, un passage perpétuel provoquait des courants d’air dans sa cape.

Le colosse finit par lui jeter un appât, un petit ver gigotant qui n’eut pour simple effet que de dégoûter la revenante. La question était hors-sujet, et en plus d’être inappropriée, elle révélait qu’Orten avait de drôles d’idées en tête. Kreen eut un mouvement de recul, sincèrement choquée, et ne fit rien pour cacher sa surprise. Un instant, elle tenta de calculer combien de personnes auraient été prévenues avant le Zélos dans le cas où l’état-major avait décidé d’attaquer Cimmeria. Elle dénombra une bonne centaine d’individus, et aucun d’entre eux n'aurait été mis au courant dans le coin d’un hall bondé. Incapable de retenir son acidité, elle rétorqua d’un ton moqueur.

« – Mh, je crois que vous non plus, vous n’avez pas bien réalisé à quel point vous êtes retiré de la chaîne de commandement... Et avant qu’il ne puisse s’échauffer, elle poursuivit. Ces disparitions sont nombreuses et inexpliquées. Je suis ici pour mieux comprendre à qui elles sont dues et comment y mettre fin. Si vous ne pouvez pas m’assister, d’autres le feront, je vous l’assure. »

Orten n’avait pas besoin de savoir que sa supérieure avait été envoyée par le Conseil en personne, que le mystère inquiétait Themisto et lui coûtait cher, et que même le Haut-Prêtre de Sharna était conscient de l’urgence d’investiguer. Il apprendrait tout ça en temps et en heure… Comme une centaine de Cavaliers avant lui. Elle accorda un bref instant à son subalterne, une chance de répliquer, mais elle s’apprêta aussi à prendre congé et à repartir immédiatement à la recherche de vel Saro.


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MessageSujet: Re: [QUETE] La foi du mensonge et la loi de la vérité   [QUETE] La foi du mensonge et la loi de la vérité Icon_minitimeJeu 28 Avr - 6:12

Vexé d'être repris sur un élément qu'il était lui même prêt à reconnaitre, Orten commença à ouvrir la bouche mais resta comme un poisson hors de l'eau sitôt qu'elle le priva de réponse.

Il en profita pour réfléchir quelque peu, croisant les bras dans son exercice. Toujours assis, il tâcha au mieux de se mettre à la place de son interlocutrice, comprendre son point de vu par delà ce rapide enchainement de reproches.

Mais alors qu'elle tournait les talons, il se releva pour être sûr qu'elle porte son attention vers lui et ne s'éloigne pas juste pendant qu'il parlerait dans le vent.

Ça ne fait aucun doute que vous trouverez des gens pour vous aider. Qu'on change de commandant.. bon sang qu'on change même d'impérial ! après tous ces siècles, et notre fonctionnement perdure ; notre hiérarchie de même.

Mais pour le reste du monde tout est clairsemé... ils ne savent plus forcément à qui répondre, pas même du côté des gagnants.

Tout ce que je voulais dire.. c'est qu'il faut pas vous attendre à trouver UN problème, et à le régler, Commandante, y va falloir du temps pour remettre au pas tous les maraudeurs et les charognards, ça s'règlera pas en une excursion punitive.


Il se rassit en prenant appui sur son genou le plus solide.

Parce que rien qu'à Phelgra, il y en a certains qui répondaient à Démégor parce qu'il était Démégor, pas juste parce qu'il était Impérial. Et franchement, je sais pas trop ce qui les convaincrait de revenir.
"Phelgra"  ... "Les cavaliers de Sharna"...
Il n'y voit plus une personnification du pouvoir m'est avis, et je serais pas étonné que le Baron soit déjà parti en douce pour traquer en personne des voleurs et déserteurs jusqu'au bout du gouffre venteux, sans s'inquiéter de ce qu'en diraient les traités diplomatiques.


Pensant la commandante en train de partir, l'un des blessés qui tenait compagnie à Orten avant l'arrivée d'Alton vint prêt du sergent-intendant pour lui déposer une pinte dans la main. Il resta un instant immobile, regardant Kreen par dessus son épaule pour deviner si il devrait déguerpir devant une relance impromptue de la conversation avec le chef, ou si il pouvait commencer à réinstaller un plateau de jeu au dessus de leur nouveau point de chute.
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MessageSujet: Re: [QUETE] La foi du mensonge et la loi de la vérité   [QUETE] La foi du mensonge et la loi de la vérité Icon_minitimeSam 30 Avr - 19:19

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Ses mots laissèrent le Zélos bouche-bée et silencieux, si bien qu’elle finit par se détourner de lui. Ce n’était sans doute pas la discipline qui le muselait, ni une réelle stupéfaction, mais plutôt une vieille sagesse qui aurait retenu toute rétorque de mauvais goût. Elle n’hésita pas à lui tourner le dos, le sachant plus clairvoyant qu’impétueux, moins orgueilleux que lucide. Le reproche qu’elle lui avait fait implicitement n’avait pas pour but de le blesser mais bien de lui faire comprendre qu’elle n’était pas venue divulguer des informations encore confidentielles à qui demandait gentiment. Il comprendrait. Cela dit, suite à cet échange saugrenu, elle s’interrogea sur la relation qu’Orten avait pu entretenir avec Varss. Le Molosse se serait-il confié sur demande ? Peut-être que le sergent n’avait simplement pas bien réalisé que Kreen ne dirigeait pas comme son prédécesseur.

Il l’interpella finalement, comme s’il avait retrouvé ses esprits après avoir été sonné. La Gorgoroth se retourna vers lui sans emphase, une lassitude évidente dans ses talons qui claquèrent sur la roche. Elle se figea à un angle ambigu pour ne pas lui faire complètement face. La tirade du Zélos commença par quelques frivolités auxquelles sa commandante répondit par un regard éteint, mais elle se mua bientôt en une mise en garde vaguement condescendante. Kreen ne changea pas d’expression faciale, mais une irritation ténue naquit en elle. Si la revenante n’était pas vexée par grand-chose, elle acceptait difficilement qu’on lui donne des conseils non-sollicités. C’était une habitude chez certains, surtout chez les guerriers séculaires qui croyaient sincèrement avoir amassé plus de savoirs et de vertus que le monde pouvait en détenir, et n’avaient en réalité fait que passer des centaines d’années à jouer la même pièce grotesque, sur la même scène poussiéreuse et sous la direction des moins à même d’avoir des idées nouvelles. Parfois, elle se languissait des yeux admiratifs et des bouches muettes, des traits juvéniles et insouciants qui s’illuminaient lorsqu’on leur donnait l’opportunité de faire première impression auprès de la Commandante des Cavaliers Rouges. Les recrues intimidables étaient peut-être naïves, faibles et simplettes, mais elles ne donnaient pas leur avis sans qu’on leur demande. Kreen se pinça les lèvres et laissa un grondement sourd lui échapper. Si Orten s’était arrêté là, elle l’aurait sans doute remercié ironiquement, ou ignoré. Il ne se serait pas senti valorisé pour un sou. Heureusement, sa langue s’assouplit et il mentionna enfin un nom intéressant – ou du moins, un nom qu’elle avait déjà entendu récemment dans le même contexte. La mort-vivante finit de se retourner entièrement dans sa direction et plongea dans ses petits yeux sombres.

« – Le Baron, hein ? Et pour quelles sombres raisons s’en prendrait-il aux déserteurs ? Un noble civil, vengeur de l’armée ? Voilà qui méritait qu’elle s’attarde. Elle s’avança de quelques pas lestes, un poing sur la hanche, et chassa les compagnons d’Orten d’un geste agacé de la main. À croire qu’il attirait les mouches. »


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MessageSujet: Re: [QUETE] La foi du mensonge et la loi de la vérité   [QUETE] La foi du mensonge et la loi de la vérité Icon_minitimeVen 13 Mai - 11:32

Il voyait ses compagnons s'attrouper et être à nouveau dispersés sans s'en émouvoir. Malgré l'effervescence habituelle de la pièce il s'amusait de voir la nonchalance avec laquelle elle arrivait à agiter les habitudes sans pour autant hurler ordres et exigences. Elle lui évoqua un instant un bateau défaisant les vagues.

Lui même était assez curieux de connaitre les motivations exactes du Baron en l'état et il se permis quelques secondes pour y réfléchir en vue de synthétiser ses hypothèses les plus probables, mais finalement il coupa court à cette réflexion de crainte que la commandante ne le soupçonne d'inventer de toute pièce au fil de la conversation. Il lui infligerait le courant de ses pensées.

-Il a participé à la guerre. C'est pas un cavalier donc il était pas directement en charge de l'assaut, mais ils lui ont fait assez confiance pour escorter les convois de ravitaillement.
De fait il s'est retrouvé à combattre au tout début, à frayer contre les maraudeurs qui tentaient de harceler nos arrières du coup y'en a beaucoup qui pensent qu'il a été obligé de cacher des chargements dans des grottes le long des montagnes, faute de pouvoir rapatrier tous les chariots assez rapidement, surtout quand le retrait des troupes a été déclaré. Ça a donné une petite chasse au trésor de la part de certains "trainards" sur la route du retour.


Il se réinstalla devant la table et sirota tranquillement le fond d'un gobelet de bronze qu'on lui avait déposé, les coudes posés sur le bord du meuble en bois massif, il regarda subrepticement le visage de la combattante par dessous ses sourcils bruns brousailleux.
Varss faisait parti du balai qui avait eu lieu à ce moment : le gros des troupes des cavaliers qui avait quitté Hellas devait longer les montagnes jusqu'au Gouffre venteux en vue bien sûr de rejoindre Phelgra.

Entre le Labyrinthe de Zaléra et le désert de Glace, il était prévu que les alliés venus de Canopée quittent la colonne pour s'engouffrer dans les chemins d'Ez, pour prendre une route plus directe chez eux, autant que les Comtés D'Eridania leur permettraient, et à cette occasion l'un ou l'autre des régiments se sont "égarés" en les escortant, sous prétexte d'une mauvaise communication.
La version officielle était que Varss avait tenu à personnellement mener le commando resté en arrière pour les localiser dans les montagnes, pendant que le restant de l'armée rentrait en sécurité derrière la ligne frontière.

Malgré tout, nombreuses furent les rumeurs quand à la raison de sa très longue absence et de sa décision de se désolidariser du commandement à l'heure où une conte-attaque massive de Cimmeria aurait-pu être à craindre. Il avait arpenté le sud de l'étang de Durcal pendant quasiment dix jours, bien plus longtemps qu'il n'aurait dû. Démégor en personne avait validé le rapport et félicité son zèle à retrouver autant les déserteurs que les égarés, mais Orten se demanda un instant si Kreen avait eu accès aux dits rapports en raison de sa nouvelle position.


Donc franchement si je devais deviner je dirais qu'il y est retourné là bas pour régler ses affaires, il a gardé autant de rancœurs que de contacts commerciaux en Cimmeria, et je pense qu'il a peur que certains de Phelgra n'utilisent leur laissé passé pour aller faire concurrence à ses contrats, car même si la cité a résisté à l'invasion, y'a pas mal de propriétaires fonciers qui préfèrent encore s'entendre avec Phelgra qu'avec le maire ou le couvent.

Il fronçait les sourcils et leva quelques fois les yeux au ciel tant ces histoires de politique pouvaient l'agacer parfois, mais d'un autre côté Manfred non plus n'était pas connu pour être un gratte papier et la façon dont il prenait les choses en main sans s'inquiéter de l'agitation post-guerre le laissait toujours admiratif.

Il était de ces hommes capable de sentir autre chose que le goût de l'amertume après une telle défaite, il pouvait déceler les opportunités, de quoi en sortir la tête haute, enrichis, et surtout nourrit de l'admiration des autres. C'est ce genre d'audace et de contrôle qui lui avait permis de survivre aussi longtemps dans ce pays même sans porter aucune des trois couleurs des cavaliers.

-Je me permets d'en parler librement car j'ai eu le plaisir de le rencontrer quelques fois... mais il y a une chose que j'ai toujours été incapable de deviner, c'était sa relation avec Démégor. J'ignore si cette nouvelle ère l'a libéré de son emprise, ou si au contraire elle l'a enragé de son absence.
Je pars du principe qu'il cherche à étendre son domaine avec des magouilles, mais il pourrait tout aussi bien être en train de rallumer la guerre.
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MessageSujet: Re: [QUETE] La foi du mensonge et la loi de la vérité   [QUETE] La foi du mensonge et la loi de la vérité Icon_minitimeSam 14 Mai - 18:47

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Désormais attablé et pourvu en boisson, Orten avait pris ses aides dans le recoin pourtant sobre qu’elle avait choisi pour échanger avec lui. On aurait presque cru qu’il avait toujours été installé là, assis un verre à la main, et qu’elle était venue perturber sa quiétude. Son attachement au protocole restait superficiel, pour autant, Kreen commençait à être agacée par l’attitude nonchalante et détachée du Zélos qui ne lui donnait en rien l’impression de vouloir l’épauler. Bien malgré leurs positions hiérarchiques respectives, il semblait plus distrait par ses souvenirs que sincèrement motivé à la soutenir dans une enquête sérieuse qui – il devait s’en douter – n’était pas un futile caprice aux yeux de l’état-major.

Les informations qu’il lui livrait étaient nouvelles sans être surprenantes. Lors de l’affrontement avec Cimmeria, l’armée de Sharna avait engagé un grand nombre de mercenaires, et tout noble phelgran avait fait face au même ultimatum ; ou ils se joignaient à l’effort de guerre de leur plein gré, ou leurs ressources étaient réquisitionnées sans la moindre compensation à l’horizon. Un homme comme le Baron Rouge, fortuné et réputé bon combattant, aurait été fou de tourner le dos aux Cavaliers. Sa participation devait bien figurer quelque part, peut-être dans les notes encore incomplètes des scribes qui avaient pris du retard à force de constamment devoir mettre à jour leurs écrits. En effet, à chaque fois que de nouvelles conclusions étaient tirées sur les réelles raisons de la défaite, ils se devaient de revenir sur les livrets et parchemins devenus erronés. À Themisto, conter le conflit de 1304 était devenu une tâche ardue, et ceux dont c’était la profession n’étaient pas encore parvenus à le faire jusqu’au bout – aussi Kreen, toute minutieuse et insomniaque qu’elle était, n’était-elle pas encore au fait de tout ce que Varss et ses capitaines avaient fait à cette époque. Elle n’osait imaginer quelle ombre planait sur les actes des personnages plus haut placés encore.

Seules les dernières déclarations d’Orten arrachèrent une réaction à la Gorgoroth. Elle leva le menton afin de faire sortir ses iris glacés de leur embuscade et pencha légèrement la tête sur le côté. L’assentiment qu’elle éprouvait se mua bientôt en une rage aigüe, encore trop faible pour affecter ses gestes mais bien suffisamment puissante pour déformer ses mots. La mâchoire crispée, elle entreprit de mordiller la peau à l’intérieur de ses lèvres, comme si elle ruminait les paroles qu’elle s’apprêtait à régurgiter. Ce tic lui permit sans doute de ravaler une partie de sa colère, mais il n'atténua pas l’irritation que lui provoquait cette espèce de jeu psychologique auquel elle devait s’adonner pour tirer les vers du nez d’un subalterne. Clairement, l’officier avait ses théories sur les manigances récentes du Baron, et celles-ci expliquaient les phénomènes dont Kreen était venue lui parler. Ses premières réponses avaient donc tourné autour du pot dans une danse grotesque. Elles avaient même peut-être été des mensonges éhontés. La revenante avait du mal à se faire à cette idée ; que découvrir la vérité en échangeant avec ses hommes – des guerriers en qui elle avait confiance et qui se devaient d’avoir confiance en elle – nécessitait de la manipulation et de la diplomatie. La déception la rendit un muette un long moment, alors qu’elle consommait sa rancœur. Elle finit par marmonner des reproches inaudibles, convaincue que faire payer Orten pour son affront pouvait attendre.

« – Mais à part ça, ‘‘y a pas particulièrement de responsable’’ … Tu parles d’une routine... Le volume de sa voix ne suffit pas à atteindre les larges oreilles du Zélos, mais Kreen ne se retint pas de secouer la tête en levant les yeux au ciel. Il n’interpréterait sans doute pas ce geste de la bonne manière… Et cela était devenu parfaitement égal à la mort-vivante. Elle fit claquer sa langue avant de s’adresser de nouveau à lui, à peine plus sèchement que d’ordinaire. Et bien puisque vous êtes si proches, vous m’accompagnerez avec grand plaisir quand j’irai le rencontrer. Tenez-vous prêt d’ici demain. Tentez d’échapper à vos devoirs et vous et moi ferons connaissance d’un peu plus près. Et elle fit volte-face, sa cape dramatique bruissant comme un rideau qui tombe sur la scène. »


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MessageSujet: Re: [QUETE] La foi du mensonge et la loi de la vérité   [QUETE] La foi du mensonge et la loi de la vérité Icon_minitimeMer 25 Mai - 0:00

Le Zelos soupira en s'affaissant sur son banc pendant que l'essaim de ses camarades se resserrait doucement sur lui. La plupart moqueurs de sa mine déconfite, certains juste curieux de la teneur de la longue aparté, et pour d'autres seulement il s'agissait du désir de reprendre une conversation abandonnée plus tôt.


Et pour autant la pièce n'en avait pas terminé avec la commandante. Si c'était bien un Major qui était responsable du camp frontalier, c'était son second qui était en charge de ce baraquement plus spécifiquement.

Il avait laissé à Kreen le temps de compléter la plupart de ses entretiens préliminaires, feignant une conversation parmi d'autres chefs de rang pendant qu'il patientait. Mais sitôt qu'elle se libéra d'Orten, le gérant du bâtiment vint à sa rencontre.

Ce jeune Yorka partiellement habillé de plumes croisait directement le retard, mais sans pour autant vouloir spécialement le marquer. Il semblait déjà penser à ses tâches une fois l'échange passé.

-Commandante, c'est un réel honneur.

Le salut qui l'accompagna était propre malgré la chaleur et le relâchement de l'atmosphère bondé. Son ton semblait sincère... mais succinct, car aussitôt il dégaina une planchette de bois qu'il avait calée sous son bras, à laquelle il avait relié un éventail de feuillets.

- Lieutenant Hanaker'eon Drakkv, préalablement Cavalier gris et actuellement coordinateur de ce relais.
Je ne vous accaparerai pas, je devais simplement vous informer que la relève des prochaines patrouilles doit quitter ce lieu d'ici une quarantaine de minute.


Il arracha la moitié d'une feuille de son bouquet administratif et le tendit.

-Voici la liste des concernés. Si jamais vous souhaitez encore vous entretenir avec certains d'entre eux passé ce délai, n'hésitez pas à nous informer... si vous y consentez... cela permettrait au plus tôt le remplacement de leur garde pour prévenir tout enchevêtrement de réquisition.

Il claque des talons et commence déjà à se diriger vers la pièce où la Commandante s'était changée tantôt, en vue d'y rejoindre les officiers.
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MessageSujet: Re: [QUETE] La foi du mensonge et la loi de la vérité   [QUETE] La foi du mensonge et la loi de la vérité Icon_minitimeDim 12 Juin - 15:44

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Dans les hauteurs, la neige n’était plus cette dentelle crasseuse que les Cavaliers piétinaient à longueur de journée. C’était un manteau à la pâleur éblouissante, recouvert de cristaux scintillants et dont le chant sous les sabots était net. C’était également un obstacle à la progression des guerriers, car si leurs montures étaient entraînées à l’ascension dans les montagnes, la voie praticable rétrécissait à chaque lieue et son dégagement n’était plus garanti depuis une bonne heure. Les chevaux avaient ralenti et le froid les faisait parfois renâcler. Heureusement, leur calvaire était bientôt terminé, du moins était-on en droit de le supposer. Le lieutenant qui guidait Kreen n’avait pas prétendu connaître la localisation exacte de la demeure du Baron Rouge – seulement les délimitations de son large territoire –, aussi ne pouvait-il qu’estimer la distance que la petite troupe devait encore parcourir. Cela étant dit, le maître de ces terres était rarement vu à pied ; on disait plus souvent de lui qu’il cavalait partout où il allait. De ce fait, cette route impratique en selle ne pouvait plus être bien longue.

Sur les quinze soldats qui l’avaient accompagnée jusqu’à la frontière cimmerienne, la commandante avait sommé six hommes et femmes de se joindre à sa rencontre avec le seigneur local. Le soldat qui menait la troupe, un taciturne Sindarin de la faction Grise, avait démontré une connaissance impressionnante des lieux jusqu’à l’orée d’une forêt dense et sombre. Après cela, avait-il expliqué, le fief du Baron était une vaste zone aux contours indécis et à la surveillance permanente que peu de Cavaliers avaient visitée récemment. C’était une aire sans grand intérêt stratégique pour l’armée, raison pour laquelle elle ne s’y attardait pas à moins d’y être invitée – fait rarissime. Il n’avait pas été difficile de deviner quel chemin menait vers une habitation de grande envergure ; il était simplement ardu de le suivre avec des chevaux peu habitués à trotter dans la neige.

« – Leurs récits concordent au mot près, et il n’est pas exclu que leur retard ait été dû à autre chose que leur prétendu itinéraire. Si j’ai bien compris, la route qu’ils disent avoir prise passe bien plus haut que celle que le reste de leur escouade a parcourue. Lokreshaat et Tahand’oor, un Terran qui s’était porté volontaire pour assister Kreen dans cette enquête, échangeaient leurs théories. Leur commandante avait partagé ses découvertes avec eux et les écoutait en parler depuis un moment.

– J’sais pas si ça suffit à les incriminer… Si leur plan était de piller des voyageurs sans se faire prendre, ça a marché, et ils avaient aucune raison de penser qu’on viendrait les interroger là-dessus. Leur histoire de passerelle est très élaborée pour un mensonge qu’ils auraient fabriqué tous les deux, entre le moment où ils ont vu que la Commandante était sur place et le moment où elle est allée leur parler.

– À ce propos, Commandante, êtes-vous parvenue à découvrir comment le Seigneur Drakkv avait été mis au courant de la raison de votre venue ? Kreen mit un certain temps à répondre, un peu perdue dans les nombreuses réflexions qui lui traversaient l’esprit.

– Il n’en savait rien. C’est Alesh qui lui a expliqué lorsque j’ai été reconnue.

– Ça vous inquiétait tant que ça ? La mort-vivante ne tolérait pas ce genre de question de la part de n’importe qui, mais Tahand’oor était un ami intime de Silvaesh et les privilèges du coyote rayonnaient un peu sur lui. La réponse du Séide s’ouvrit cela dit sur un grondement.

– Disons que je m’étais donnée tant de mal… Elle jeta un œil torve par-dessus son épaule à l’adresse des deux bavards, histoire de leur rappeler que Wëliel, leur guide, et Orten, un peu plus loin derrière, étaient potentiellement à portée de voix, et qu’ils n’avaient pas besoin de connaître en détails la façon dont les choses s’étaient déroulées la veille. »

Kreen n’avait pas formellement interdit à Goan de communiquer à ses égaux et à ses supérieurs sur l’enquête qu’elle était venue mener, cela dit, elle avait été étonnée de la vitesse avec laquelle la rumeur s’était répandue. Lorsqu’elle avait recroisé Hanaker’eon un peu plus tard, elle lui avait d’ailleurs rappelé très sèchement que la discrétion n’était pas en option. Décidément, la Gorgoroth était bien mal entourée lorsqu’il s’agissait de ne pas se faire remarquer. Hélas, elle avait essuyé encore d’autres contrariétés après cela ; des soldats introuvables aux opinions farfelues, elle n’avait toujours pas réussi à mettre une réponse sur ses questions. Pis encore, les soupçons qui pointaient vers le Baron ne s’étaient pas énormément épaissis, aussi le voyage qu’elle et sa troupe effectuaient à présent n'était-il pas certain de s’avérer fructueux. Lokreshaat et Tahand’oor reprirent leur discussion à voix basse, et Kreen se mit de nouveau à ruminer. Selon Wëliel, les neuf Cavaliers n'avaient probablement plus qu’une vingtaine de minutes devant eux.


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MessageSujet: Re: [QUETE] La foi du mensonge et la loi de la vérité   [QUETE] La foi du mensonge et la loi de la vérité Icon_minitimeJeu 21 Juil - 13:13

Malgré la neige épaisse qui tentait de masquer l'identité exact du chemin, le petit groupe arriva clairement à un endroit où la route complexe se transformait en sentier de montagne, il était toujours possible de le monter, passe et chevaux à la fois, mais le pas se devait d'être soigneux, presque religieux.

Heureusement nul n'aurait à s'inquiéter de ce nouveau rythme -qui serait devenu intolérable- car déjà se présentait à eux un premier relais de sentinelles. Une guitoune symbolique et quelques bancs autour d'un feu niché dans un cercle des pierres, ritualisant ce repos.

Orten bailla pendant que deux membres de l'escorte commençaient à lever le museau en direction de la pente qui surplombait le chemin, pour déterminer combien de renforts pouvaient être embusqués dans ces contreforts naturels.

Une des têtes du trio de gardes se posta devant le groupe, lance et bouclier n'aurait pu être dressées plus haut que ça, pas plus en tout cas que ne l'était sa dignité, brandit aux vents glaçants.

-Haltes ! Démontez et présentez immédiatement la raison de votre....

L'un des deux hommes resté installé devant le feu avait tombé sa pelisse et venait de jeter une pierre aux pieds de l'homme, pas tant pour le toucher que pour être sûr qu'il le sentirait, au moins par la chaleur qui faisait fondre la neige.
Il s'approcha ensuite de quelques foulées sous le regard noir de son collègue.

Bien qu'il ne soit pas Cavalier, il salua poliment La Commandante et fit signe au groupe de passer.

Le calme demeura un instant, mais l'homme lésé commença déjà à siffler reproche et indignation avant d'être hors de portée d'oreille.

-Qu'est ce qui te prend de m'interrompre, tu t'es cru sergent ou quoi!
-Arrête voir.. si ils ont fait tout ce chemin c'est surement pas pour rien...
-P'tet bien justement pour ça qu'on aurait dû les questionner, et puis juste pour le principe.

Il haussa les épaules devant le ton procédurier et retourna s'installer sous sa cape.
-c'trop tard. Ils sont là maintenant de toute façon autant les loger là-haut.

Le troisième larron resté pour tisonner le feu rétorqua :
-N'empêche.. on était ptet pas obligé de tous les laisser y aller...
Sa voix s'affaiblissant autant par nonchalance que parce qu'ils commençait à passer hors de portée de voix.

En se retournant on pouvait voir au moins deux autres silhouettes munies d'arcs, dissimulées derrière une butte de neige en amont de ce groupe, l'un d'eux déjà la pierre de sphène à la main pour prévenir le camp de ces nouveaux arrivants.


Cent mètres plus haut, le chemin raide s'ouvre progressive en un haut défilé , surplombé par des remparts taillés dans la façade avant de s'aplatir enfin en un plateau ample. On pouvait déjà estimer une trentaines d'hommes, visibles autour des tentes.  Exception faite d'une réserve construire en bois c'était des installations presque uniquement de toile et de peaux qui aurait pu choquer, mais à mesure qu'un regard expert courrait, on notait néanmoins toute la discipline et la maitrise données à l'agencement, suffisamment resserré pour limite l'espace, les risques de propagation d'incendies limité par la neige environnante.

Un pan s'écarta à la sortie de l'un des hommes, et on pouvait voir que plusieurs abris avait été creusé dans le sol pour limiter l'exposition tout en tentant de glaner la chaleur relativement épargner de la terre. Cet avant poste était récent, probablement temporaire, mais malgré tout pensé pour être facilement défendu par des boucliers magiques de moyenne ampleur.


Sept ou huit officiers attendaient, attroupés, les mains croisées sur leurs pommeaux. Quelques-uns avaient des tenues banales mais pour la plupart, la coupe et les couleurs rendaient honneur à leur statut quasi-militaire.
Surement pas de quoi faire pâlir une commandante, habituée aux manœuvres des cavaliers, mais eux-même avaient clairement vu leur part de grandiose et de hiérarchie d'ampleur en dépit de l'environnement modeste du moment.


Un Lhurgoyf rompu sa patience et se découpa du groupe pour aller au devant de Kreen et ses compagnons, sous le sourire amusé de ses compagnons.

-Nous avons fait prévenir Seigneur Manfred pour qu'il revienne au camp, ce ne sera pas long, il était parti en reconnaissance le long du crête à quelques lieux de là ...

Le reste du groupe commençait à montrer la route jusqu'à la tente de commandement, mais le "porte-parole" continua, apparemment étreint de plus d'anxiété qu'eux.

j'ai aucune idée de ce qui vous fait venir ici, mais vous risquez toute l'opération. Vous auriez dû nous contacter par message avant d'entreprendre quoi que ce soit... ce genre d'initiative.. en personne qui plus est !!

Il se frotta le crâne des deux mains.

Ça va forcément faire réagir Cimmeria
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MessageSujet: Re: [QUETE] La foi du mensonge et la loi de la vérité   [QUETE] La foi du mensonge et la loi de la vérité Icon_minitimeDim 21 Aoû - 18:56

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Enfin, les terres du Baron tournaient un visage humain vers les Cavaliers. Les sentinelles qui veillaient sur les lieux semblaient être d’âges et d’origines variés, comme une collection hétéroclite de personnages de caractère. De toute évidence, le Rouge recrutait sa garde sans s’inquiéter du statut, de l’identité ou de la réputation des candidats, ce qui laissait entendre qu’il avait un seul critère ; la qualité de leur service. Kreen et son escorte s’étaient raidies sur leurs montures, devinant malgré la nonchalance de certains factionnaires qu’ils n’étaient pas inoffensifs.

Le premier échange qui eut lieu entre les deux armées fut bref et singulier. Les Cavaliers n’eurent pas le temps de mettre pied à terre que celui qui le leur avait ordonné était déjà interrompu par un confrère, alors qu’ils auraient obéi si cela n’était pas arrivé. Ainsi rejoignirent-ils le campement à cheval, un peu plus haut, sur un terrain aplani et agité que les bêtes purent parcourir avec souplesse puisqu’un sentier se dégageait au cœur de la neige. Les serviteurs de Sharna étaient silencieux et aux aguets, méfiants face à cette troupe en surnombre qui, encore une fois, était payée par un noble dont les moyens étaient méconnus.

Un homme haut et pâle s’avança sans cérémonie vers les nouveaux venus, visiblement bien plus contrarié qu’intimidé par leur présence. La commandante demeura immobile tant qu’il s’adressait à elle, de plus en plus intriguée à mesure qu’il lui livrait son discours. Si elle n’était pas excellente comédienne, elle savait conserver une expression neutre quoi que fussent ses réelles émotions ; elle espérait que derrière elle, Lokreshaat, Tahand’oor et les autres en faisaient autant. Les paroles de la sentinelle en révélaient beaucoup, sans pour autant fournir de réponses au millier de questions qui fusèrent dans les pensées de la Gorgoroth.

C’est sa remarque sur le fait d’être venu « en personne », qui faillit trahir la surprise de Kreen. Elle lutta pour retenir le geste nerveux de la tête que cette expression provoqua. Parlait-il des Cavaliers, ou bien d’elle ? Avait-on usurpé l’identité d’un haut placé, d’un membre du Conseil ? La commandante n’avait pas d’autre choix que de bluffer. Elle jeta un coup d’œil par-dessus son épaule, plongeant son regard ombragé dans celui de Tahand’oor ; ce geste eut pour but principal de servir son jeu d’actrice, mais elle en profita pour lui faire comprendre que lui et tous les autres guerriers se devaient de singer son comportement. Il était nécessaire que les hommes du Baron croient à une urgence pour qu’ils laissent Kreen et sa suite rencontrer leur seigneur sans poser de questions, et surtout, qu’ils ne remettent pas en cause leur bonne foi. Il s’agissait d’insinuer que les difficultés de communication n’étaient pas du fait des Cavaliers.

« – Les messages ne circulent donc plus. Les dernières nouvelles à m’avoir été communiquées commencent à dater, dit-elle en toisant froidement la sentinelle. J’ai peur qu’il soit un peu tard pour s’inquiéter de ce que fait Cimmeria. Nous n’avons pas de temps à perdre. »


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MessageSujet: Re: [QUETE] La foi du mensonge et la loi de la vérité   [QUETE] La foi du mensonge et la loi de la vérité Icon_minitimeVen 30 Sep - 4:41

L'interlocuteur ouvre la bouche à deux reprise sans oser se lancer.
Il était clairement dubitatif mais il restait une infime possibilité pour que ce soit vrai.

La prudence était tellement de mise ces derniers mois le long de la frontière qu'il était parfaitement possible qu'un message ne soit pas arrivé jusqu'à eux si son porteur avait été contraint de fuir des patrouilleurs.

C'est l'un des hommes resté derrière qui vint à son secours, un terran grisonnant mais alerte qui se contenta d'une main sur l'épaule de son camarade pour l'extraire du face à face.

-Commandante, venez avec moi.

Il jaugea un instant la compagnie l'accompagnant, surement qu'il aurait aimé ne pas avoir à trainer tout le monde, mais le camp était en telle effervescence qu'il aurait été fou de vouloir perdre un invité là au milieu.


Il les mena donc à l'écart des tentes sur quelques pas, pour ensuite mieux épouser l'ascension de la crête qui les couvait, en direction du détachement d'éclaireurs.

Trois gardes du corps les attendaient là, fraichement arrivés mais solidement ancrés sur le sol. Une Zélos, une yorka tigre et un Gorgoroth de quasiment sept pieds de haut, resté en retrait.

L'une des gardes fit un pas en avant pour mieux toiser les arrivants. Elle fronça les sourcils et souffla par le museau en détaillant les visages, pendant que l'autre restée derrière listait mentalement, très clairement, équipements et postures, pour capter la provenance et les intentions de chacun.

Elle congédia l'homme du camp d'un coup de menton lancé dans l'air.

-Mouais.. bon ça ira. Merci capitaine.
mmppf.. allez ! Le Baron est là bas.



La colonne à la suite de la commandante ne fut pas retenue, mais quelques paumes de mains furent chargées de les ordonner, que tout le monde n'arrive pas dans un bloc trop intimidant pour les assassins paranoïaques disposés aux alentours.

Dans les cent mètres environnants pas moins de trois étaient déjà visibles, même si s'agissait d'un bête retour au camp -en territoire connu- on ne s'épargnait aucune dépense : les pierres de sphène tournaient à plein régime, probablement pour des magies de détections ou de brouillage. Il était difficile de fait de deviner combien d'autres étaient tapis plus loin, trempés d'invisibilité sous un débit semblable d'essence divine.

A l'épicentre de la triangulation se tenait le baron, rajustant sa riche et solide cape de voyage.

Il s'agissait vraisemblablement d'un homme d'une quarantaine d'années, mais l'énergie qu'il dégageait laissait à douter de sa véritable nature.
Magie subtile, tempérament intense, ou alors d'une morphologie situées aux extrêmes des critères d'une autre race, il était difficile de juger réellement de quoi était issu cet élément intriguant.

Ses cheveux bruns -bien moins gris que l'homme qui vous avait guidé au camp- devaient probablement tirer sur le cuivré lorsqu'ils étaient débarrassés de la poussière de la route. Large d'épaules comme de mâchoire, il avait évité le piège des années qui rendait parfois les dirigeants ventripotents, et même en l'absence de barbe pour l'habiller, son visage ne manquait pas de gravité.
Alors que vous approchiez, vous avez presque failli deviner un sourire malicieux sur son visage, mais en le fixant d'avantage on ne pouvait y voir que de le sérieux solennel.

Dans les faits il n'était aucunement général de quoi que ce soit mais à voir la discipline de son entourage à mesure qu'ils descendaient de cheval pour le rejoindre, cela avait tout d'un déploiement.

Il y avait trois nobles, qu'il était cependant difficile de resituer exactement tant leur tenue de bataille les grimait, probablement des sympathisants à sa cause ; quatre maitre-d'armes notables qui avaient déjà vendu des aspirants aux cavaliers par le passé ; deux maitres assassins devenus tellement talentueux qu'ils pouvaient désormais se permettre de rester visibles pendant ce genre de rencontre, oser être reconnus, sans avoir peur d'être ni arrêtés ni fauchés par quelques traits empoisonnés.

A l'écart il y avait encore une demi douzaine de combattant aguerris du Baron qui avait déjà parait-il croisé le fer avec Wode. La plupart sans en mourir... l'un des Gorgoroth faisait exception à cela. Il s'en portait mieux, en parlait peu.


La Zélos venue à votre rencontre n'était pas qu'une réceptionniste, c'était manifestement elle qui menait à la danse pour tout sujet que le Baron n'avait pas le temps de gérer.
Un claquement de doigts et trois invectives plus tard, elle avait ordonné qu'on dégage les chevaux et qu'on cesse les discussions les plus triviales, avant de finir par venir se ranger à la gauche du Baron, prenant sans ménagement la place du maitre assassin Sindarins qui n'osa même pas esquisser de grimace réprobatrice.


Même si ce sommet avait lieu dans le creux d'une colline parfaitement vide de tout ameublement, il ne manquait assurément pas de prestige.

Un silence parfait plana pendant deux secondes, mais déjà le second maitre espion resté vers l'arrière recommença à débriefer avec cinq des guerriers. Surement pour ébaucher le compte rendu de leur dernière excursion.

Le visage sculpté de Manfred s'anima sous la parole. Avec l'attention qui lui était accordée il se put d'entamer avec le ton nonchalant d'un homme qui ne pourrait pas faire mauvaise impression, même si il l'avait voulu, à la frontière de l'arrogance... si sa réputation avait été moindre.


-Commandante. C'est inattendu.


Sans s'adresser à lui directement il fit pourtant signe à Orten de sortir de l'arrière du groupe et de s'avancer à hauteur de conversation.
Ce dernier vint se ranger à côté de Kreen, comme pour égaler la Zélos qui leur faisait face.

Il croisa les bras et renifla bruyamment pour feindre le détachement, mais il était clairement trois fois plus tendu qu'il ne la été à votre première rencontre, et pendant toute la durée du trajet jusqu'ici.

-Baron, c'est un honneur renouvelé.
Meysir ... de même.


-Mon cul ouais.

Beaucoup plus jeune, elle avait un buste plus mince et pourtant des bras bien plus large que lui, ses cheveux noirs solidement tressés tressautèrent pour ponctuer sa réponse laconique. Sa peau était plus verte que bleutée , beaucoup plus vive que celle d'Orten ne devait l'être même dans son jeune age.

Si un combat de lutte éclatait entre eux il serait surement capable de la soulever du sol à bras le corps et de lui tordre quelques vertèbres, mais il lui faudrait agir vite, avant qu'elle n'ait le temps de lui briser le cou d'une ample clef de bras.
Et c'est très précisément cette image qu'ils étaient en train de projeter l'un à l'autre à en juger par leur regard.

Espion a écrit:
Meysir I'Hallang n'était pas si illustre que cela, elle avait mené une révolte marchande en Eridania soit disant pour dénoncer les taxes injustes installés par certains douanes. Cela lui avait valut solide notoriété et lourde prime malgré son jeune age.
Elle a réussi à négocier sa libération avec des autorités désireuses de faire taire les tensions, c'était il y a plus de sept ans et rien n'avait plus transpiré sous son nom dès lors.

Mais le simple fait qu'elle puisse bousculer un ex-ladrini comme Tol-Elrad sans qu'il ose répliquer, et qu'elle se tienne au devant de plusieurs nobles est un réel tour de force. Il n'y avait absolument rien qui laisse entendre à une quelconque romance entre elle et le Baron, et pourtant elle se tenait à la tête de tous ses autres compagnons de cavalcades, dont certains étaient des vétérans qui n'auraient pas fait tâche dans les rangs de l'impérial.
Fort à parier que si elle était resté discrète, elle n'avait pas été pour autant inactive.


-Pour quelle raison vous êtes là? J'ai pu m'asseoir à table face à Varss de très nombreuses fois, mais pourtant j'ai du mal à voir laquelle de nos affaires à pu se convertir au travers de la Commanderie jusqu'à vous en particulier.

Il regarda tour à tour Orten et Kreen, il avait l'air sincèrement curieux, et passablement respectueux, car même si sa carrière avait été incroyablement bien remplie, il demeurait bien plus jeune qu'eux.
Ça ne faisait que trois ans que sa compétence au combat était reconnue comme égale à celle du passé glorieux du Zelos, et ses prouesses de meneurs d'hommes menaçaient de plier sous chaque nouvelle victoire de la Gorgoroth, à mesure que ses mois défilaient à la tête du commandement.


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