La liberté se trouverait-elle dans une chope ? [Pv : Darius]

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 La liberté se trouverait-elle dans une chope ? [Pv : Darius]

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MessageSujet: La liberté se trouverait-elle dans une chope ? [Pv : Darius]   La liberté se trouverait-elle dans une chope ? [Pv : Darius] Icon_minitimeDim 6 Fév - 15:38




L'obscurité envahissait le ciel pâle de la capitale éridanienne, les silhouettes se faisaient ombres grises parcourant les rues encore peuplée du quartier marchand. Le calme de la nuit n'était pas encore de mise, le crépuscule était teinté d'une certaine forme de frénésie. Des inconnus se croisaient là, dans ces rues qu'ils parcouraient quotidiennement pour aller de leur logement à leur travail, des centaines de destins qui se rencontraient le temps d'un regard. Au milieu de la foule pressée, une capuche grise de plus semble elle prendre son temps, bousculée parfois, elle s'écarte et se fait plus petite encore que sa carrure fragile. Souvent, elle redresse le menton et son regard parcours les rues comme les gens avec curiosité et bienveillance.


~ Trois heures plus tôt ~


- Mademoiselle ?

C'est la voix de Frelsi qui tire Pandora de sa contemplation. Ses pensées s'étaient égarées un instant contre la vitre qui la séparait du reste de la cité. Arrivée à la capitale depuis quelques jours, elle devait se rendre à l'orphelinat de sir Thorn, conseiller royal de son altesse. Elle n'avait pas l'intention de se rendre au palais, préférant s'épargner les manigances de la cour pour cette fois. Elle brulait d'envie de s'enfuir dans les rues de la capitale, d'être cette âme anonyme le temps d'une nuit d'aventures que d'autres désigneraient comme banales. Le souvenir de sa sortie fugitive dans Heldor le soir de son anniversaire était encore vif. Elle s'était dit alors que ce serait sa seule et unique chance de découvrir le monde sous un nouvel angle, que cette nuit serait la dernière avant que l'âge adulte ne l'enchaine à jamais à sa destinée. Mais la voilà là, le visage penché contre une paroi de verre et cette pensée lancinante revenait, si elle ouvrait la fenêtre et s'envolait, qui pourrait bien l'arrêter ?

La jeune femme se rêvait colombe mais la réalité la rattrapait. Elle se tournait vers sa couturière et amie, la seule à qui elle pouvait s'ouvrir de ce genre de pensée.

- Tes doigts d'or ne pourraient-ils pas tisser une tenue magique qui me rendrait autre, pour une nuit.. ou deux ?

Pandora souriait, atténuant l’émoi un peu mélancolique de ses mots par un brin d'humour. Cependant, le visage de sa couturière ne se dérida pas comme il le faisait d'habitude, Frelsi ayant toujours été d'une compagnie solaire, cette fois, la jeune femme aux cheveux blancs fronçait les sourcils, pensive.

- Il n'y a pas besoin de magie, seulement de quelques pigments et d'une météo clémente.

La jeune Vanes penchait la tête sur le côté alors que son amie souriait à présent avec malice, s'empressant de lui expliquer ce qu'elle avait en tête.

~ Retour au présent ~


La silhouette encapuchonnée entrait à la suite d'un couple dans une taverne bruyante. Elle voyageait à l'aveugle, suivant un instinct bien imprécis qui laissait la part belle au hasard. Puisqu'elle était là pour vivre comme n'importe quel habitant de la capitale, elle avait hâte de se rendre dans un de ces lieux très prisés. C'était la première fois qu'elle entrait dans une taverne et tout avait valeur de merveille. Ces odeurs de ragout n'étaient-elles pas fantastiques ? Ce joyeux capharnaüm de discussions entremêlées, de cris de défis et de rire gutturaux n'étaient-ils pas remarquables ? Elle s'installait à une table au fond de la salle, observatrice discrète, s'abreuvant de cette ambiance survoltée qui lui rappelait la soirée de festivité à Heldor. Une serveuse vint rapidement à sa table.

- Qu'est-ce qu'on lui sert au capuchon ?

S'imaginant qu'elle avait peut-être fait un terrible impair en gardant sa capuche, la demoiselle faisait tomber le tissu sur ses épaules. Une chevelure d'ébène encadrait le visage blême d'un astre échappé de sa tour d'ivoire, un astre qui se confondait en excuses.


- Je vous prie d'accepter mes excuses pour ce manque de politesse de ma part.

La serveuse haussait un sourcil avant de répéter.

- D'accord et je vous sers quoi, donc ?

Pandora manquait de réponse, le seul alcool qu'elle ait jamais bu c'était le Valédor et elle ne pouvait pas demander ça ici. Elle n'allait pas non plus demander un verre d'eau dans une taverne.. Ses yeux parme firent rapidement le tour de la salle, s'accrochèrent à un homme qui tenait un verre.

- La même chose que cet homme.

Pourquoi cet homme ? L'instinct ou plus surement le hasard total. La serveuse acquiesçait et repartait, laissant la jeune femme un peu penaude, c'était une chose de se balader dans la ville et une toute autre d’interagir avec ses habitants en essayant d'agir naturellement lorsque rien de tout ceci n'était naturel. Pandora se rendait compte qu'elle avait souvent rêvé de s'enfuir et qu'elle pensait alors que tout ce qui l'en empêchait était son identité mais, maintenant qu'elle n'était personne, les choses n'étaient pas aussi évidentes que dans ses rêveries.  

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MessageSujet: Re: La liberté se trouverait-elle dans une chope ? [Pv : Darius]   La liberté se trouverait-elle dans une chope ? [Pv : Darius] Icon_minitimeMer 23 Fév - 21:30

La rencontre mouvementée avec l’étrange Loup yorka avait laissé Darius sans le sou. Lui qui pensait pouvoir tenir encore quelques semaines sans travailler, dû revoir ses plans autrement. Heureusement, bien que l’on ne se pressait pas non plus à sa porte, la possible clientèle était tout de même importante, et il n’eut pas de mal à trouver un riche marchand tyrhénian ayant besoin de ses services. Celui-ci, craignant que la vie dans la Cité Frontière n’enseigne à son jeune fils de mauvaises manières, souhaitait l’envoyer quelques temps chez un parent vivant à Hesperia, pour lui apprendre les us et coutumes des hautes sphères eridaniennes. Les routes d’Eridania étaient plutôt sures, mais par précaution il préférait engager un gardien pour suppléer le cocher et protéger le carrosse et sa précieuse cargaison. Pour cela, Darius était tout choisi. Il avait pour habitude de garder les enfants de nombreuses riches et très riches personnes à Tyrhénium, et aucun problème n’eut jamais lieu sous sa garde, ces enfants semblaient même apprécier sa compagnie, le réclamant quand cela était possible.

Sur la route, Darius restait la plupart du temps à l’extérieur aux côtés du cocher, somnolant ou contemplant occasionnellement les paysages légèrement surélevés du comté de Tiloch, comté de moindre importance mais passage quasi-obligatoire entre Tyrhénium et Hesperia. Parfois, lors des quelques pauses ordonnées par le cocher, Darius entrait à l’intérieur du carrosse pour discuter avec l’enfant. Le jeune garçon, nommé Alexander et âgé d’une dizaine d’année, était bien élevé et se montrait sympathique avec Darius, malgré sa richesse qui pouvait pousser certains de son âge à devenir hautains, il ne semblait pas vraiment avoir besoin de perfectionner ses manières.

Pressé par le père, le carrosse avait dû quitté Tyrhénium sans laisser le temps à Darius de se renseigner sur sa récompense. Alors, avec son tact habituel, il demanda directement au garçon si sa famille était riche ou très riche. Alexander se montra plutôt outré : « Je ne suis pas un "Riche", "Très Riche", ou quelconque vulgaire titre donné aux personnes fortunées à Tyrhénium. Si l’on suit les strates de la grande société Eridanienne, ma famille fait parti de la Basse-Bourgeoisie, mais ne laissez le mot "Basse" vous faire croire que nous n’avons aucun moyens ».
Ce garçon et sa famille n’étaient visiblement pas originaires de Tyrhénium, pour être si pointilleux concernant la classe sociales à laquelle ils appartenaient. Quoi qu’il en soit, Darius était ainsi assuré  de revenir enrichi de ce voyage, et leurs discussions se concentrèrent sur des sujets plus légers. Alexander semblait très excité à l’idée de vivre à Hesperia, il arguait que la Capitale était mille fois plus belle que Tyrhénium et que toutes les plus grandes figures du royaume se trouvaient ici. Darius avait hâte de voir ça. Il était déjà venu à Hesperia il y a quelques années, mais avait dû resté aux portes de la ville. À présent, rien ne l’empêchait d’y entrer.

Au bout d’une quinzaine de jours, le carrosse arriva à destination. Passé les grands murs, le cocher, n’ayant plus besoin de ses services dans une ville aussi sûre, remercia Darius et lui offrit une bourse contenant quelques centaines de dias. Les Lamelles descendit de la voiture en tapotant au passage la vitre d’Alexander, pour lui dire adieu. Celui-ci le salua tristement de sa main tandis que le carrosse reprenait sa route vers les beaux quartiers d’Hesperia. C’était ainsi, après la mission, l’enfant retournait dans son monde et Darius dans le sien. Ils ne risquaient pas de se revoir.

Le garçon avait raison, Hesperia était une ville charmante, très charmante, bien plus propre et ordonnée que ne pourrait jamais l’être Tyrhénium. Malgré le temps pluvieux imposé par Cliadil, toutes les rues n’étaient pas emplies d’eau grâce au pavage d’une partie de celles-ci. Même le temps semblait plus doux dans cette région alors que Nivéria approchait. Darius flâna un moment sur la place publique avant de s’asseoir sur le rebord d’une des petites fontaines à eau pour se reposer. D’ici il pouvait parfaitement voir l’immense palais royal, grande forteresse pour la plupart du peuple inaccessible autant physiquement que métaphoriquement.

Après avoir observé quelques instants cet édifice majestueux, Darius se décida à quitter la place pour visiter le reste du centre-ville. Le crépuscule arriva vite, et la soif avec. Au coin d’une rue, il vit une taverne qui lui tapa dans l’œil. Ce n’était pas une taverne de luxe, mais une odeur agréable en sortait, et l’ambiance y semblait accueillante. De plus, certains client y entrant portaient sur eux leurs armes,  ce n’était donc pas un de ces horribles endroits où il fallait remettre ses moyens de défense pour pouvoir entrer, il pourra donc garder son épée sans crainte. Il y entra donc et s’assit à une table quelconque dotée d’une seule place. Lorsque la serveuse arriva, elle dut lui faire répéter sa commande trois fois. Quand elle comprit que Darius souhaitait véritablement boire du lait dans une taverne, elle dut alors chercher dans les réserves du personnel – le lait n’étant pas prévu pour être servi à la clientèle – pour pouvoir le servir. Darius n’accepta pas la bouteille entière que la serveuse circonspecte lui tendait, une simple chope de bois lui suffirait.
Agitant doucement le contenant, il but une petite gorgée et en resta bouche bée. Il n’avait jamais bu de lait aussi bon ! C’était une bénédiction des vastes plaines, jamais il n’avait vu cette divine boisson autant magnifiée qu’ici, et ils prétendaient que ce n’était pas un aliment digne de la clientèle ? Darius n’avait qu’une envie à ce moment, partager avec quelqu’un d’autre son amour du lait. Mais il ne connaissait personne ici, et tous avaient l’air occupés. Il se contenta donc de siroter gaîment sa chope en observant le reste de la salle ainsi que les nouveaux arrivants. D’abord, un sindarin portant à son bras une lyre. Les sindarins étaient assez rare à Eridania, mais n’étions-nous pas dans la Capitale du Pays au Mille Cultures ? Il alla rejoindre le groupe déjà assez fourni de musiciens, qui semblaient se concurrencer entre eux, ce qui résultait en une cacophonie irrégulière mais étrangement captivante. Vint ensuite un couple de terrans enlacés qui s’installèrent autour d’une bouteille de vin, et qui, au vu des regards qu’ils se portaient, finiront leur soirée à l’étage dans une des chambres louées par la taverne.

Juste à leur suite, une femme encapuchonnée entra. Elle s’installa sur une table au fond de la salle, assez proche de celle de Darius. Celui-ci la trouvait assez étrange, étrangère à ce décor. Au moment de prendre sa commande, elle rabattit sa capuche sur ses épaules, révélant un visage d’une beauté particulièrement singulière, qui surprit Darius. Il n’entendit pas sa commande, mais au moment où la serveuse passa à côté de lui pour aller la chercher, elle marmonna : « Pourquoi j’ai que des tarés ce soir... ».

Une tarée ? Tout cela était beaucoup trop intriguant, Darius avait envie de voir ce qu’il en était par lui-même. Il se leva verre en main, prit sa chaise, et sans demander une quelconque autorisation il s’installa en face de la jeune femme. Il agita une nouvelle fois sa chope et reprit une gorgée. Divin.

« Vous êtes d’ici ? » demanda-t-il simplement.

Peu importe la réponse, cela lui conviendrait. Il avait prévu de rester encore un ou deux jours à Hesperia, et une native pourrait l’aider à visiter la ville. Et si elle ne l’était pas, eh bien, il avait trouvé une personne singulière, et tout aussi perdue que lui, avec qui parler, et qui adorera très certainement ses explications sur les différentes particularités de ce succulent lait…
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MessageSujet: Re: La liberté se trouverait-elle dans une chope ? [Pv : Darius]   La liberté se trouverait-elle dans une chope ? [Pv : Darius] Icon_minitimeVen 25 Fév - 13:31



La vie réserve toujours des surprises dit-on, Pandora n'avait fait que lui donner un nouveau moyen de le faire. Décontenancée et un brin stressée par son manque d'expérience, la demoiselle n'en était pas moins aux anges. Elle profitait du départ de la serveuse qui marmonnait quelque chose d’inaudible, pour se reculer dans son fauteuil. Elle devrait se contenter des barreaux désagréables d'une chaise en bois pour tout dossier mais, l'inconfort du mobilier était bien peu de choses. Voire c'était même une partie du charme de cet endroit typique. Pandora était une touriste et ses commentaires n'auraient pas charmés les habitués mais, heureusement, elle se contenterait de sourire en silence. Elle ne s'attendait pas à ce que quelqu'un vienne la rejoindre à sa table. Etait-ce quelque chose de courant ?

Aucun noble ne se risquerait à rejoindre la table des Vanes lors des rares sorties en extérieur de la famille. Pandora observait l'homme prendre une chaise et s'installer en face d'elle. Il secouait sa chope avant de boire, devait-elle l'imiter ? Etait-ce une sorte de signe ? Elle n'avait pas encore de verre, aussi ne s'offusquerait-il sans doute pas si elle ne lui rendait pas cette étrange salutation ? Il abaissait sa chope et une légère écume ornait sa lèvre supérieure, sans doute buvait-il une sorte de bière ?

Pandora n'avait pas le temps de s’appesantir sur la question, c'était à elle de répondre et elle n'avait pas préparé son alibi. Elle connaissait bien la ville mais, non, en réalité elle connaissait bien la partie bourgeoise, elle ne ferait pas illusion longtemps si l'homme était hesperan. Ne mentir que le strict nécessaire, privilégier les demi-vérité ou les non-dits, voilà qu'elle allait faire une étrange utilisation de ses leçons de rhétorique.

- Non, je voyage.

Voilà qui était tout à fait exact.

- Et vous ?

La jeune femme tentait d'imiter la façon de s'exprimer de son vis-à-vis, simple et direct. C'était un exercice amusant mais qui avait ses limites, elle n'avait aucune idée de ce qu'elle pouvait dire ou non, des questions à poser sans trahir sa méconnaissance. Un territoire inconnu au milieu de la capitale de son pays, c'était un petit défis qui éveillait sans doute trop d'enthousiasme en elle. La serveuse revint, posant un large verre devant la demoiselle avant de lui tendre la main, paume ouverte. La demoiselle la regarda une seconde de trop mais se reprit rapidement et fouillant sous sa cape, elle sortie une poignée de pièces qu'elle remit à la serveuse pour payer sa boisson.

Ce fut alors au tour de la serveuse de marquer un temps d'arrêt, elle regardait la somme dans sa main, cela faisait bien le triple du prix mais, allait-elle s'en plaindre, le client est roi après tout. Honnête pourtant, ou commerçante, la serveuse qui rangeait les pièces dans son tablier ajouta avant de repartir :

- Je vous apporte de quoi grailler un bout.

Pandora acquiesçait machinalement, elle aurait sans doute trouver cela très aimable si elle avait eu une quelconque idée de ce que signifiait "grailler un bout". Elle se contentait donc de regarder le liquide dans son verre, elle du le soulever jusque devant ses prunelles roses, le verre paraissait presque vide tant le liquide était transparent. Cela aurait pu être de l'eau mais dans ce cas pourquoi ne mettre qu'une si petite quantité dans un verre aussi large ? Soucieuse de respecter le protocole qu'elle avait cru déceler quelques minutes plus tôt en observant l'homme, elle se mit à agiter son verre comme il l'avait fait avec sa chope avant de porter le verre à ses lèvres. Une intense odeur d'alcool et de fruit s'enfouit dans ses narines, la faisant presque suffoquée alors que le liquide se frayait un chemin entre ses lèvres.

Elle avait cru pouvoir prendre une gorgée mais elle du s'arrêter bien avant, l'alcool était fort, beaucoup trop fort. Le feu brulait sa langue et sa gorge était un volcan, les larmes envahissaient le rose de ses yeux alors qu'elle reposait difficilement son verre sur la table, tâchant tant bien que mal de garder un semblant de dignité en se retenant de toutes ses forces de tousser. Le pire dans tout cela c'est qu'elle n'avait pas tout avalé, sa gorge s'était nouée dès que son palais avait avertis du danger et elle se retrouvait avec de l'alcool encore en bouche. Elle allait bien devoir l'avaler et cette terrible réalité comme une fatalité mortelle pesait au-dessus de sa tête rougeoyante comme une épée de Kron.



La liberté se trouverait-elle dans une chope ? [Pv : Darius] Yi9y
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MessageSujet: Re: La liberté se trouverait-elle dans une chope ? [Pv : Darius]   La liberté se trouverait-elle dans une chope ? [Pv : Darius] Icon_minitimeLun 7 Mar - 16:52

Les yeux de la dame étaient rose. C’était inhabituel, ce genre de couleurs exotiques étaient rares chez les terrans, en supposant que c’en était une. Enfin, comme tout le reste de son visage, cela restait agréable à regarder. Son habillement dénotait cependant avec ce visage angélique. Ce qu’elle portait n’était pas bien ostentatoire, comme si elle cherchait à ne pas se faire remarquer. Un échec, visiblement. Mis à part son épée et le pommeau de dague accroché à son cou, tous deux ornés d’un rubis étincelant, Darius aussi ne portait jamais de vêtements visibles, mais pour une raison étrange, lui aussi se faisait souvent remarquer.

Ainsi c’était une voyageuse. Pourtant, elle n’avait pas l’air d’en être une. Elle semblait plutôt frêle, un petit coup de vent pourrait la faire s’effondrer, elle n’était clairement pas du genre à marcher des kilomètres à travers Istheria. Rien que son inconfort visible montrait qu’elle n’avait pas l’habitude d’asseoir sur des sièges aussi peu confortables. À moins que ce ne soit un voyage d’affaires, ou purement touristique, mais dans ce cas pourquoi aller se cacher encapuchonnée dans une taverne destinée à la classe moyenne d’Hesperia ?

« Pareil », répondit Darius alors qu’elle lui répliquait la même question, « Je suis là pour le travail. »

Sans donner plus d’indication, il reprit une gorgée de lait, sans oublier d’agiter la chope. Il ne souhaitait pas donner trop de détails trop rapidement. Faire ceci avait tendance à effrayer les gens, pour une raison qu’il ignorait. Il approfondira les raisons de sa venue au fur et à mesure qu’elle fera de même, c’était apparemment la meilleur façon de procéder. Ses discours sur lait suivront naturellement.
La serveuse revint et servit aux prunelles roses un large verre contenant une petite quantité d’un liquide transparent, certainement pas de l’eau. Darius fit une moue bizarre en voyant la jeune fille sortir de sa cape une grosse quantité de dias qu’elle tendit à la serveuse. S’était-il trompé ? Se trouvait-il en réalité dans une taverne de luxe, déguisée en boui-boui bon marché ? Allait-il devoir dépenser une nouvelle fois l’intégralité de ses économies en une seule consommation ? Au vu de l’étonnement réciproque de la serveuse, la réponse à toutes ces questions était négative. D’où venait donc cette fille ? Elle semblait avoir bien plus de moyens et des manières que toutes les personnes ici-présentes, bien plus que ce qu’elle laissait paraître. Qu’importe pour Darius, si une riche demoiselle – peut-être de la Basse-Bourgeoisie, comme dirait le petit Alexander – souhaitait se mêler à plus pauvre qu’elle, grand bien lui fasse.

La “bourgeoise” commença sa consommation en observant attentivement son verre, sûrement un protocole pour vérifier la qualité du contenant et du contenu, puis elle agita son verre. Cela fit sourire Darius. C’était un acte qu’il commettait toujours de façon compulsive avant de boire quelque chose, sans véritable raison. Ainsi donc il répétait sans le savoir, au moins à moitié, un protocole de consommation utilisé par les grandes fortunes d’Eridania ! Il était parfois moqué pour ce geste, si ils savaient ! Il rajusta sa posture puis leva son verre au niveau de ses yeux. C’était une choppe. En bois. Peut-être un peu écorchée sur un côté mais rien qui n’empêche la consommation. Puis il l’agita et en but une gorgée. Ce protocole avait effectivement l’air de rehausser le goût du lait, quelle incroyable découverte ! Il devait absolument rester auprès de cette femme et l’observer attentivement, il découvrira peut-être d’autre techniques de riches !

Enfin, si elle avait peut-être le contrôle du contenant, elle n’avait visiblement pas celui du contenu, et alors qu’elle reposait maladroitement le premier, elle semblait lutter pour ne pas recracher le second. Peu importe ce qu’elle avait commandé, ce n’était clairement pas une boisson dont elle avait l’habitude. C’était bien une des raisons pour laquelle Darius exécrait l’alcool, pourquoi donc boire une chose que notre propre corps nous supplie avec douleur d'évacuer ?

« Si vous voulez faire ressortir ça, veillez à ne pas le faire sur moi. » Il repensa à la somme qu’elle avait dépensé pour cette chose. « Enfin, essayez quand même de le boire, ça doit être une boisson de grande qualité, ce serait dommage de gâcher. »
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MessageSujet: Re: La liberté se trouverait-elle dans une chope ? [Pv : Darius]   La liberté se trouverait-elle dans une chope ? [Pv : Darius] Icon_minitimeLun 25 Avr - 18:33

Le feu sur sa langue et la fièvre sur son front, Pandora retenait avec difficulté les larmes qui montaient border ses cils. Pourquoi avait-elle choisi cette boisson déjà ? Ah oui, elle avait écouté son instinct. Première leçon à retenir, ne plus jamais écouter son instinct ! L’homme qui lui faisait face n’était visiblement pas ignorant de sa situation, il lui indiquait bien aimablement de ne pas recracher l’alcool sur lui. Pandora secouait vivement une main devant elle, refusant catégoriquement de laisser croire qu’elle serait capable de pareille disgrâce ! Quant au fait que cela devait être une boisson de grande qualité, la jeune Vanes ne pouvait guère y croire, impossible qu’une mixture digne du gosier d’un dragon soit servie dans la haute société de ce pays. Peut-être était-ce réputé à Cimmeria ? Cela pouvait sans doute réchauffer même les habitants de ces villes frigorifiées.

Prenant sur elle, la jeune femme finissait par laisser la lave descendre le long de sa trachée et brûler tout sur son passage. Devrait-elle aller trouver un médecin ou un mage de soin aussi vite que possible ? Finalement, le feu se logea au creux de son ventre et s’il ne semblait pas davantage décidé à se calmer, au moins pouvait-elle à nouveau respirer normalement. Elle portait une main délicate jusqu’à ses yeux pour chasser les perles de détresse qui avaient perlé là par dizaines.

- Par les Dix..

Elle posait une main sur sa gorge, la fraîcheur de sa paume n’aurait aucun effet sur le feu qui avait circulé là mais elle aurait presque pu craindre que la chaire se soit calcinée sur son chemin. Levant finalement la main pour appeler la serveuse, elle lui tendait son verre.

- Auriez-vous du lait plutôt ? Ou de l’eau fraiche ?

C’étaient là les seuls liquides qui pourraient peut-être apaiser le feu latent qui nouait ses entrailles. La serveuse eut une étrange expression.

- Vous êtes des veaux ma parole ?

Elle repartait cependant pour revenir un instant plus tard avec une chope tout à fait similaire à celle de l’homme. Pandora s’en saisissait et oubliant la tradition tout juste apprise, elle s’empressa de boire un peu du liquide pâle qui chassa en partie le goût de l’alcool. Reposant le contenant, la jeune femme soupirait enfin, comme si elle avait retenu son souffle tout ce temps.

- On ne m’y reprendra plus.

Disait-elle cela à l’homme ou à elle-même ? Elle regardait à nouveau l’inconnu, elle avait été bien anxieuse de faire bonne figure devant lui, comme s’il était une sorte de test à passer. Maintenant qu’elle s’était fort bien ridiculiser à cet exercice, elle se rendait compte que ce n’était pas pour cela qu’elle avait fait le mur.. Elle sourit un peu plus naturellement et tendit sa main.

- Je m’appelle .. Dora.. et vous ?

Elle s’était encore lancé sans préparation et avait dû improviser.. Ce serait donc Dora ! Advienne que pourra !

- Quel genre de travail faites-vous ?

Elle avait remarqué l’épée à son côté et devinait le pommeau d’une autre arme, accroché à son cou, était-ce une sorte de bijou ?

- Vous semblez fort bien armé, devrais-je craindre quelque chose de cet endroit ?

Si elle avait cru être assez maligne pour choisir un endroit populaire et non mal famé, elle devait se rendre à l’évidence que son intellect n’était pas si avisé que cela depuis qu’elle était sortie de sa zone de confort. Puis, c’était aussi une manière détournée de demander à l’individu lui-même si elle n’avait rien à craindre de lui.. Y avait-il une chance pour qu’un loup réponde à un agneau égaré loin du troupeau, que ses crocs n’étaient pas pour lui ?

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MessageSujet: Re: La liberté se trouverait-elle dans une chope ? [Pv : Darius]   La liberté se trouverait-elle dans une chope ? [Pv : Darius] Icon_minitimeSam 30 Avr - 12:30

Bien qu’assez désemparée par le fort alcool, la jeune bourgeoise savait garder une certaine retenue. Elle assura d’un geste de la main qu’elle ne comptait pas renvoyer le contenu de sa gorge vers Darius. Celui-ci hocha la tête d’un air entendu. Il ne l’avait pas dit sérieusement, mais cela n’était pas non plus désagréable d’en avoir la confirmation.
Quand elle eut fini de déglutir, son calvaire ne sembla pas pour autant s’être terminé. Invoquant les dieux, elle tentait de calmer vainement de sa main les signaux de détresse envoyés par son corps, aux yeux et à la gorge. Constatant sans doute l’inefficacité de la chose, elle appela la serveuse et commanda une boisson plus douce à boire. Darius hocha une nouvelle fois la tête d’un air tout aussi entendu. Le lait, voilà un bonne boisson, qui n’impliquait ni gorge douloureuse ni nausée furibonde. Si la serveuse ne le comprenait pas, tant pis pour elle, cela en fera plus pour eux.

La femme s’empara de la chope de lait tendue par la serveuse et en but directement, sans prendre en compte le précédent protocole. Cela étonna Darius, peut-être ne doit-il être appliqué qu’au début de la dégustation, pour en vérifier la qualité ? C’était sans doute ça, il n’y avait après tout aucun intérêt à revérifier une boisson déjà approuvée.
Dans un soupir, l’inconnue au capuchon se retourna vers Darius, prête visiblement à reprendre la conversation. Souriante, elle lui tendit la main, ce qui fit hausser d’étonnement les sourcils du jeune homme. Très peu de gens de haut parage étaient assez confiants envers le bas peuple pour lui serrer la main. Darius lui retourna un léger sourire et lui serra sa main en notant le nom avec lequel elle se présentait, Dora. La main de Dora avait un petit quelque chose qui attira son attention. Elle ne manquait pas de douceur, mais elle n’était pas douce comme la main d’une bourgeoise n’ayant jamais eu à s’en servir. Malgré sa maigreur apparente, cette femme-là n’avait pas les mains vierges d’exercice. Restait à savoir quel genre d’activité bourgeoise pouvait autant endurcir une main. Cela inquiétait Darius, mais il se rendit compte qu’il serrait la main de Dora depuis assez longtemps déjà, et, gêné, il se retira vivement puis répondit tout aussi vite.

« Darius, Darius Aellaml. »

Son travail ? C’était une question délicate. Dire à Tyrhénium que l’on est un mercenaire, c’était faire hausser les épaules à son interlocuteur, mais il n’était pas sûr que cette profession singulière rendait aussi indifférent dans le reste d’Eridania. Il avait en effet déjà reçu quelques regards en biais pour s’être présenté ainsi dans le duché de Méphrit. Se présenter en tant que chevalier errant pouvait embellir la chose, mais si cette Dora fréquentait effectivement le gratin eridanien, il ne risquait pas de faire l’illusion longtemps.

« Je… fais de la garde infantile. »

Si c’était occulter une partie de son travail, ce n’était pas pour autant faux.

« Et vous, vous voyagez souvent ? », demanda-t-il à la suite de sa réponse. Il avait lui aussi envie de comprendre que pouvait faire une bourgeoise bien éduquée dans un endroit pareil. Non pas que ça le dérangeait, mais toutes ces incohérences entre son comportement et sa tenue l’interrogeait.

Dora semblait avoir remarqué l’équipement de Darius – ce n’était pas comme si ces ornements étaient très discrets – et lui demanda ainsi si elle devait craindre quelque chose de cet endroit.

« Non, enfin je crois pas. Vous pensez qu’il y a un danger ? »

Les Lamelles balaya furtivement des yeux la pièce à la recherche de ce possible danger. Les seules personnes armées étaient deux gardes hesperiens attablés à quelques tables de là. L’un d’eux tenait une arbalète, et chacun avait à sa garde une épée de taille moyenne. Ils n’avaient aucune raison de les attaquer, et même si ils le faisaient, leur état d’ébriété ne les rendaient pas très menaçants.
Ses yeux se posèrent alors sur sa propre épée, et il se rendit ainsi compte une nouvelle fois de sa bêtise. Si les mercenaires étaient mal vus à Eridania, cela devait aussi être le cas des personnes armées sans pour autant être soldat ! La voyait-elle comme une menace ? Ce serait fâcheux, mais Darius préféra passer outre. Si lui-même n’en usait pas toujours, il préférait la franchise à ce genre de questions pièges, sa chance étant telle qu’il ne pouvait commettre qu’une bourde en y répondant. Si elle le trouvait menaçant, elle pouvait bien le dire directement, d’autant qu’elle n’avait elle-même pas l’air d’être exempte de cachoterie.

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MessageSujet: Re: La liberté se trouverait-elle dans une chope ? [Pv : Darius]   La liberté se trouverait-elle dans une chope ? [Pv : Darius] Icon_minitimeMar 2 Aoû - 14:38

Darius avait des mains de bretteur, une poigne ferme et franche qui dégageait, étonnamment, une chaleur rassurante. En réalité, cette aura lui rappelait un autre homme, sur le bras duquel elle avait pu s’appuyer alors que son monde sombrait, elle lui avait tout de suite prêté sa confiance, comme si c’était une chose naturelle. Darius possédait ce charisme qui attirait la sympathie ou peut-être Pandora faisait-elle trop facilement confiance aux hommes qui ne la regardaient pas de haut d’entrée de jeu. Cela étant, là s’arrêtait la ressemblance avec le chevalier errant devenu comte, Darius semblait être un homme plus mystérieux. Au vue de son équipement et de ses mains, le métier de nourrice ne devait pas être facile tous les jours.  

La jeune Vanes se contente de sourire, elle ne jugerait certainement pas le mystère dont s’entourait l’homme, elle-même devait paraître louche. Puis, s’il était véritablement nourrice, la rose ne se permettrait pas de le contrarier ou de sous-estimer cet emploi, sa propre nourrice devait bien avoir des mains aussi fermes que celles d’un bretteur. Lorsqu’il l’interrogeait sur ses voyages la jeune femme hésitait un instant, elle faisait beaucoup de déplacements ces derniers temps mais ce n’était pas vraiment ce qu’elle appellerait des voyages.

- Cela m'arrive souvent oui, surtout en Eridania.

Son bannissement-punition en Argyrei il y a de cela quelques années comptait-il ? Il lui semblait que cela faisait une décennie. Elle avait tant hait le sable brûlant d’Amaryl avant de l’adorer.. Ce souvenir réveillait en elle un étrange sentiment de nostalgie. La demoiselle ne s’y attardait pas, observant la réaction de Darius à sa dernière question. Elle eut envie de sourire avec amusement en le voyant balayer la salle du regard, à la recherche d’un danger caché, avant de regarder sa propre épée. Mais Pandora se retint, se sentant un brin mesquine d’avoir sous-entendu qu’il pouvait être une menace alors qu’il était gentiment venu lui parler. Elle se rendait compte que sa propre langue était devenue sournoise, si habituée à converser avec des serpents qu’elle se comportait de la même façon. Le jeu des sous-entendus et des non-dits, des doubles sens et de la métaphore, berçait son univers mais n’était-elle pas venu ici justement pour y échapper ?

- Non, non, je ne pense pas..

Elle se trouvait bien maladroite maintenant, à la recherche d’une échappatoire à la tournure trop sérieuse que prenait la conversation, par sa faute, elle improvisait.

- S’il devait y avoir du grabuge, je vous protégerais !

Sortant un bras de sous sa cape, elle retroussait sa manche en contractant un muscle qui, s’il avait le mérite d’être là, ne saurait pas impressionner davantage qu’un enfant. La demoiselle avait fait de l’exercice, ces derniers mois encore plus mais, sa constitution n’était pas celle d’une athlète et elle aurait beau en espérer plus, elle serait sans doute à jamais une poupée de porcelaine se prenant pour une guerrière. Consciente de sa frêle carrure, elle préférait en rire, du moins, c’est ce qu’elle essayait d’accomplir à l’instant, sans être sûre d’être drôle ou pitoyable. Elle riait doucement avant de ranger son bras, espérant avoir détourné l’attention si elle n’avait pas réussi à faire rire son partenaire de beuverie laitière.

- Avez-vous toujours voulu être garde d’enfant ?

Les prunelles roses se posent avec curiosité sur les iris azurés de son compagnon de table, sans chercher à percer ses secrets, seulement attentives. Darius était un livre à découvrir et Pandora avait l’impression qu’il avait de nombreuses aventures à lui conter mais, les gens ne sont que rarement aussi simple à déchiffrer que les ouvrages dont elle avait l’habitude. Le plus souvent, elle devait se contenter d’une couverture et de toutes ses capacités de déduction pour se faire une idée du contenu. Ici au moins, pouvait-elle poser des questions directes. Cependant, elle demandait beaucoup pour quelqu’un qui ne donnait pas grand chose en retour si ce n’est une méfiance déplacée.

Pour une fois, elle pouvait peut-être répondre d’abord, être autre chose qu’une couverture.. Ce qu’elle aurait aimé être, si elle n’avait pas eu de nom, si elle avait pu réaliser son rêve d’enfant, lorsqu’elle fut capable d’ouvrir les yeux sur le désert d’Amaryl et toute sa beauté.

- J’aurai aimé devenir exploratrice.

Parcourir le monde à la rencontre d’autres peuples, de trésors oubliés, redessiner les contours d’Istheria, partir à la conquête des terres inconnues à l’est ou au-delà des océans, sans autre désir que de les contempler. Oui, elle aurait adoré cela.

- Mais je suppose que j’aurai rapidement fini dans l’estomac d’un arkerhas.

L’insecte gigantesque était le croquemitaine des enfants argyréens, caché entre deux dunes ou dans les anfractuosités des montagnes des colonnes d’Ebreus, il ne se dévoilait que lorsqu’il était trop tard, sa proie déjà prise au piège de ses mandibules hypertrophiées. Pour sûr, il n’aurait fait qu’une bouchée de la rose. Pandora sourit avec amusement et auto-dérision mais, ce désir profond, enfoui depuis si longtemps qu’elle l’avait presque totalement oublié, mord à nouveau son coeur avec passion.




La liberté se trouverait-elle dans une chope ? [Pv : Darius] Yi9y
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MessageSujet: Re: La liberté se trouverait-elle dans une chope ? [Pv : Darius]   La liberté se trouverait-elle dans une chope ? [Pv : Darius] Icon_minitimeDim 20 Nov - 18:59

Dora souriait silencieusement en entendant Darius parler de garde infantile. Celui-ci était assez interloqué, avait-il été mal compris ? Il parlait bien évidemment du métier de garde du corps, qu’il y avait-il d’autre à comprendre ?
La jeune femme ne posa pas plus de questions sur son travail et se contenta après un petit moment de réflexion de répondre à celle de Darius.

« - Ah ? Et, ce sont des voyages pour le travail ou par simple plaisir ? », demanda Darius avec un demi-sourire qu’il dissimulait mal.

C’était peut-être une marchande, et dans ce cas !… Dans ce cas, il risquait lui aussi de se mettre à faire des affaires.
Sa richesse étant certaine, elle transportait sûrement de nombreuses marchandises, et avait donc sûrement déjà un ou plusieurs gardes, mais ce n’était pas un problème, il ne demandait après tout pas une somme affolante pour une qualité de service – il faut le dire – parfaitement indéniable. Et puis à première vue ils avaient l’air de bien s’entendre, le voyage devrait donc se montrer agréable.
C’était tout de même étrange, Darius avait plutôt l’habitude des riches marchandes tyrhéniennes impitoyables et souvent hautaines,  pas des douces et amicales marchandes hesperiennes qui se mêlaient à la populace. Il se faisait peut-être des idées sur sa profession.

Eh puis, si cela restait en Eridania, c’était encore mieux. Bien que ça ne se voyait pas forcément, Darius n’était pas le plus grand des voyageurs. Il quittait rarement les frontières de Tyrhénium, et son unique voyage en dehors du royaume datait d’il y a quelques mois. Il se demandait d’ailleurs comment il avait pu accepter un contrat pareil, quel enfer ! Les habitants de cette mer de sable étaient – pour la plupart – accueillants, mais lieu en lui-même était si horrible que Sharna a très probablement prit part à sa création.

Ayant déjà délaissé ce mauvais souvenir, qui n’était adouci que par la rencontre passionnante qu’il y avait fait, Darius se concentrait alors sur son épée, se demandant encore quelle possible menace inquiétait Dora.
Celle-ci, comprenant qu’il commençait lui-même à s’inquiéter, tenta de le rassurer en contractant le biceps de son frêle bras. La concentration des Lamelles, qui ne pouvait décidément se concentrer que sur peu de choses à la fois, se reporta de son épée vers le bras de la jeune femme. Tout son système nerveux bouillonnait, cherchant à déceler une solution à la visible contradiction que voici.  C’était, certes, un exercice difficile.

« Vous connaissez un art martial si efficace qu’il ne nécessite pas d’avoir une forte musculature ? »

Sa voix était hésitante, mais on pouvait y déceler un peu d’admiration qui révélait l’espoir pour Darius que ce soit vrai.
Mais une autre révélation s’offrit soudainement à lui, comme une évidence qui cette fois-ci éclaira ses yeux d’une lueur d’admiration.

« Vous êtes une puissante magicienne ! »

Quelques badauds environnants se retournèrent pour dévisager Darius qui n’avait pas su contrôler le volume de sa voix. Celui-ci se baissa vite la tête et se gratta la tête en marmonnant des excuses à on ne sait qui, peut-être Gréis pour avoir perturbé la partie de dés qui se jouait entre deux clients voisins.
C’est que secrètement Darius était assez fasciné par la magie et l’essence divine. Depuis qu’il avait vu plus jeune son père adoptif manipuler avec une facilité déconcertante avec la foudre pour le plaquer au sol, Darius ressentait une sorte d’admiration mêlée à de la peur et un peu de méfiance à ces magiciens et à leurs pouvoirs. Bien sûr comme tout isthérien Darius pouvait user de l’essence divine, mais il ne possédait pas de pierre de sphène, et ses pouvoirs consistaient seulement en une amélioration de ses performances physiques, rien d’aussi impressionnant qu’un homme pouvant manipuler la glace ou faire des entailles à distance.
Quoi qu’il en soit, le mercenaire préférait ne plus parler de danger ou de grabuge, et visiblement son interlocutrice aussi puisqu’elle s’empressa de changer de sujet en l’interrogeant sur son travail.

Avait-il toujours voulu garder des enfants ? C’était une question intéressante, et à plus forte raison qu’il ne se l’était jamais posé. Depuis qu’il vit seul, il a toujours cherché à rester dans sa zone de confort en prenant du travail là où il en trouvait en fonction de ses compétences. Et il se trouvait par hasard que ses compétences comprenaient le maniement de l’épée et la pédagogie, au sens étymologique du terme. Sans compter bien sûr les vieux contacts de son père avec les Hautes Sphères de Tyrhénium, dont il bénéficiait assez moyennement.

« Je ne pense pas, dans un autre monde je serais peut-être à la tête d’une petite ferme… Mais c’est un bon métier, même si parfois assez stressant, avec tous les types qui enlèvent des enfants de bourgeois pour les rançonner, sans compter tous les tarés. »

Il prit une petite pose pour boire un peu de lait.

« Mais ils n’arrivent jamais à leurs fins ! », affirma-t-il fièrement en tapotant le pommeau de son épée.

Cette fierté s’évanouit cependant bien rapidement dans un grelottement à la simple évocation de l’horrible coléoptère par la jeune femme.
Si la chaleur et le manque d’eau n’avait pas suffi à faire d’Argyrei une région invivable, il avait fallu aussi que les dieux y placent des créatures plus ignobles et sournoises les unes que les autres, l’Akherhas étant un des pires.

Heureusement pour Darius, ce monstre ne bougeait pas trop, et préférait rester dans des zones fixes connues des nomades, même si certaines rumeurs racontent que toutes les zones de chasses n’avaient pas été découvertes…
Cette éventualité fit frissonner de plus belle le jeune homme, qui serra fébrilement sa chope en tentant de se concentrer sur sa réponse.

« Je vous l’accorde, Argyrei est un terrible endroit, et puis il n’y a probablement rien à explorer là-bas. »

Sa main tenant à présent fermement sa choppe, il en profita pour reprendre une gorgée de lait.

« Par contre, il y a Noathis à l’Est, c’est un gros morceau. J’y suis jamais allé moi-même, mais il paraît que même dans les zones cartographiées, il reste de nombreux mystères gardés férocement par la faune et la flore locale, sans compter les Eryllis. Je ne suis pas fou d’exploration, mais ça me plairait bien de savoir si Istheria a bien un fond, pas vous ? Bien sûr ça reste dangereux, mais vous avez dans les bras ! », finit-il en riant.

Cela lui fit penser à Loup, à qui il avait promit d’un jour aller à la recherche de sa famille à Cimmeria. Même si cette Eryllis avait aussi l’air de beaucoup s’intéresser aux voyages et à l’exploration, la raison était tout autre.
Cette réflexion en mena à une autre.

« Pourquoi d’ailleurs ? Sans vouloir vous offenser, vous n’avez pas du tout la tête de quelqu’un aimant voyager à la recherche de régions cachées, c’est assez inhabituel chez les… »

Darius allait dire « les gens comme vous », mais il avait appris à ses dépends que les bourgeois n’aimaient pas beaucoup être appelés  des « gens comme vous », en réalité, personne n’aimait vraiment être appelé comme ça.

« Enfin, c’est juste assez surprenant. »

Par réflexe il tenta de reprendre une gorgée, mais il n’y avait plus de lait. Décidément.
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MessageSujet: Re: La liberté se trouverait-elle dans une chope ? [Pv : Darius]   La liberté se trouverait-elle dans une chope ? [Pv : Darius] Icon_minitimeMer 23 Nov - 16:29

Darius était un compagnon de table agréable, curieux et ouvert, il semblait à Pandora qu’il avait tout du bon samaritain. Il l’interrogeait sur la raison de ses voyages et la jeune femme du réfléchir à toute vitesse, elle ne voulait pas lui mentir. C’était ridicule, elle devait mentir pour se tenir ici, elle avait menti sur son identité et ne pouvait faire autrement. Pourtant, elle ne voulait pas mentir aux yeux bleus qui l’observaient avec cet étrange intérêt dénué des habituelles arrières-pensées qu’on lui réservait.

- Un peu des deux.

La réponse était évasive mais vraie, en quelque sorte, ou alors n’était-elle pas totalement fausse ? La dernière des Vanes ne voyageait pas toujours pour le plaisir et représenter sa famille, jouer les émissaires ou les messagères, c’était ce qui se rapprochait le plus d’un travail, n’est-ce pas ?

La Rose n’eut pas le temps de se remettre en question plus longtemps, la remarque du bretteur sur sa musculature coupa court à toutes ses réflexions. Elle crut qu’il se moquait et manqua rire de connivence, elle se retint au dernier moment, voyant sur le visage de l’homme tout le sérieux et la concentration qu’il mettait à la tâche. Pandora sursauta
lorsqu’il éleva brusquement le niveau de sa voix, remettant aussitôt la capuche sur sa tête alors que les regards se tournaient vers leur table.

Il sembla se renfrogner autant qu’elle-même, se grattant la tête en grommelant quelque chose d’incompréhensible que Pandora interprétait comme des excuses. La jeune femme ne pouvait s’empêcher de sourire, de la situation ou de la façon si innocente qu’avait Darius de n’avoir que peu de second degré. Ou était-ce elle qui se protégeait depuis si longtemps derrière des paroles sibyllines qu’elle était devenue incapable de simplement converser sans allusion ni sous-entendu ?

La jeune femme se contenta d’écouter la suite, gardant dans un coin de sa tête cette histoire de grande magicienne qui avait semblé tant emballé son compagnon de tablé. Ce dernier semblait particulièrement fier de son métier et de sa capacité à l’accomplir correctement. Pandora ne pouvait qu’imaginer la satisfaction que cela pouvait procurer, non seulement savoir qu’on est doué dans ce qu’on fait mais aussi de protéger les autres par ses propres moyens. La jeune Vanes posait sur l’homme un regard brillant d’envie, elle aussi, voudrait être assez forte pour s’interposer devant les méchants. Levant haut son épée, cheval cabré et cape au vent, elle serait chevalière de l’ordre d’Oris, intrépide et charismatique, elle irait au devant du danger sans crainte. L’illusion galopait dans les grands yeux roses de la rêveuse qui devait avoir ingéré par erreur assez d’alcool pour oublier un instant ses bras de poupée et sa constitution de mésange.

L’exploration inaccomplie revint doucement à elle lorsqu’elle sentit l’appréhension se glisser dans le discours de Darius. L’homme n’avait pas l’air d’apprécier Argyrei et Pandora, se rappelant ses propres premières impressions sur le pays, alors qu’elle entrait à peine dans l’adolescence, ne put s’empêcher de sourire et d’ajouter.

- Je ne serais pas si surprise qu’on y découvre un jour des merveilles enfouies, qui sait, peut-être même des cités entières simplement recouvertes de sable ?

Après tout, le temple de la déesse des connaissances s’y trouvait, était-ce un simple hasard ? Pandora se remémorait sa première rencontre avec la Haute Prêtresse de Thénéis avec une nostalgie teintée de reconnaissance. Darius enchainait avec Noathis et exprimait à voix haute l’une des plus grandes et farfelues ambitions qui avait traversé l’esprit de la Vanes, aller voir la fin du monde. Une chaine de montagne infranchissable, un gouffre sans fond, une cascade où se jetterait l’océan du bout du monde, que pouvait-il bien se trouver tout au fond de Noathis qu’aucun explorateur n’en soit jamais revenu ? Il était tout à fait possible qu’aucun explorateur n’y soit aussi jamais parvenu, comme le disait Darius, la forêt de Noathis n’était pas des plus hospitalières. Peut-être qu’il n’y avait finalement que les Eryllis pour véritablement savoir ce qui se trouvait tout à l’Est des cartes.

L’homme conclut par une pointe d’humour qui mit une pichenette sur l’orgueil de la petite princesse, elle qui avait cru que l’homme manquait de second degré, la voilà rassurée. Pandora retenait une moue boudeuse en entendant qu’elle n’avait pas la tête d’une exploratrice, se demandant par quoi Darius aurait fini sa phrase. C’était assez inhabituel chez les quoi ? Les femmes ? Les terrans ? L’homme si sympathique serait-il finalement misogyne ou raciste ?

- Vraiment ? De quoi ai-je la tête alors ?

Pandora croisait les bras, capuche toujours sur la tête, moins vexée que curieuse de connaître la réponse d’un inconnu à cette question basée sur les apparences.

- Prenez garde, si je suis une puissante magicienne, je pourrais bien vous transformer en crapaud.

La jeune femme tenait à garder son sérieux mais elle finit par craquer et à rire de sa fausse menace ou de l’expression de son compagnon. Elle faisait tourner sa chope entre ses mains en répondant plus sérieusement à la question posée.

- J’aime l’idée de découvrir de nouvelles choses, d’être en mouvement, de ne jamais en avoir assez, de ne jamais s’ennuyer… d’être libre. Notre vie est courte après tout, ce serait dommage de ne pas profiter de ce temps pour faire ce qui nous plait, vous ne trouvez pas ?


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