Zaahira Naaji, la vipère d'Agyrei

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 Zaahira Naaji, la vipère d'Agyrei

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Zaahira Naaji
Zaahira Naaji

MessageSujet: Zaahira Naaji, la vipère d'Agyrei   Zaahira Naaji, la vipère d'Agyrei Icon_minitimeMer 27 Juil - 17:51



Zaahira Naaji
« Je tisse l’histoire où le mensonge façonne le monde. »



IDENTITE : Zaahira(rayonnante) Naaji(sauvée)
SURNOM : Vipère, Sorcière, Astre du matin, Belle de nuit
AGE : 27 ans | SEXE : Féminin
PEUPLE : Terrane
CASTE : Cavalier de Sharna (Cavalière noire)
METIER : Gouverneure de Thémisto par intérim




DON : Agilité développée // Grande adaptabilité
SPECIALITES : Manipulation, Combattante d’exception
POUVOIRS :
Empathie = ★★★✩✩✩
Hypnose = ★★★★✩✩
Régénération = ★★✩✩✩✩


Un arc à double courbure composite mêlant la corne de chèvre et le bois.
Une dague à la lame courbe.


Un cristal de sphène me servant de catalyseur, serti sur un ras du cou d’or au motif ophidien.



Je suis le conte du désert, mon apparence murmure l’exotisme à l’oreille des étrangers. Mon teint de caramel flatte la rétine tandis que mes yeux bleus captent le regard comme deux billes d’océan au milieu de l’aridité de ma peau. Mon visage est fin, semblant dessiné par les mots des poètes et sait arborer les mille masques des expressions. Tantôt rieur, une amie, tantôt suave, une amante, il se pare du masque de la situation en vénération de celui qui m’a touchée avant ma naissance.

Tout comme mon visage, mon corps est une offrande au monde, un mensonge enrobé de miel, un voile qui enserre l’esprit de mes cibles. Mélange de muscle et de galbe, il affiche le nécessaire à l’endroit demandé, tantôt une chaire ronde pour capter le regard, tantôt un muscle dissimulé pour affermir ma prise au moment nécessaire. Il ne se prive pas du galbe envoûtant des danseuses et emprisonne l’attention par la grâce de mes mouvements. J’ai la démarche d’une danseuse, glissant avec langueur d’un pas à l’autre avant de me jeter avec la vitesse d’un serpent sur l’orgueilleux assoupi.

Tout en finesse et explosivité, je manque de l’endurance brute de mes confrères armurés et leur oppose une économie de mouvement née de l’entrainement. Calquant mes mouvements sur ceux des véritables maîtres du désert, chasseurs silencieux sous le sable, j’ondule et m’enroule, masquant une partie de mes geste derrière l’ampleur de mes voiles avant de me saisir de mon adversaire, l’enserrant pour finalement frappé de mon croc, ma dague.


Je suis l’enfant de l’histoire, celle que l’on commença à compter le jour même de ma naissance, avant même que je ne puisse dire un mot. N’ayant eu le choix, je fus obligée de m’y plier. Renvoyée à chaque incartade à l’étrangeté de ma venue au monde, je me modelais lentement au gré des regards et remarques. Je me fis la fille de malheur, envoûtante, mais porteuse d’ennui et quand fus venu le temps de quitter ceux qui comptaient mon histoire, celle-ci était déjà si enraciné qu’elle avait fait naître une graine au sein même de mon esprit.

Persuadée par les contes de ma tribu, je me fis celle qu’ils avaient de moi, me contant à moi-même qu’il en avait toujours été ainsi. Fille du mensonge, touchée par son patron claironnant, je devins la conteuse de ma propre histoire et je pris autrui à partie pour devenir mon auditoire.

Mon visage est un costume de scène, mon corps l’outil d’une scène répétée au fil des ans. Seul mon esprit lui est libre, libre d’agir car libre des regards. Il n’est pas observé et tisse donc son histoire que le corps prend à charge d’interpréter. Fidèle par ma naissance, je prête mon âme à celui qui m’a choisi et a placé sur mon chemin les épreuves nécessaires pour que je devienne son outil. Le mensonge est ainsi un acte dévot, un contrat entre Sharna et moi, une amère plaisanterie que nous partageons à l’insu du monde.

Je change suivant l’instant, suivant l’objectif, car seul compte véritablement le long terme, celui que je n’apercevrais certainement jamais, mais dont j’œuvre à la venue par le murmure et la caresse. Pourtant, inconsciemment je cherche, celui ou celle qui aura l’œil, qui saura percer mes secrets et volutes, l’œil qui saura me voir et peut-être alors véritablement me défier.



PRENOM : Le nom de votre animal
RACE : La race de votre animal
SEXE : Masculin ou féminin
POUVOIR : Vous pouvez avoir 1 pouvoir au choix, rendez vous dans la section approprié pour savoir à quoi il a droit
DESCRIPTION : Si il s'agit d'un familier ayant un pouvoir, pensez à décrire la manière dont il porte son catalyseur


PRENOM : Le nom de votre animal
SEXE : Masculin ou féminin
DESCRIPTION : Donner une brève description de votre monture



*A califourchon sur le torse musclé, la femme se baisse avec langueur, esquivant le long pommeau du poignard dépassant de la chair pour venir susurrer à l’oreille de celui qui avait échoué.*

Mon histoire débuta peu avant ma naissance, avant même que je n’en devienne narratrice. Les premiers conteurs de mes jours furent le ciel et les dieux, conviant au firmament du désert une étoile de sang à la longue queue enflammée. Brillant dans le ciel nocturne pendant deux mois et deux jours, elle disparut finalement le soir de ma naissance. Un signe que les aînées de ma tribu ne manquèrent pas de considérer comme révélateur, d’autant plus lorsqu’en me retournant, on découvrit une tâche de naissance de la forme approximative d’une flamme sur mon omoplate gauche. Il n’en fallait pas plus de débuter ma légende, celle de la « fille de Sharna ».

Les Naaji était une famille respectée au sein de la tribu, populeuse et riche, je naissais première fille d’une fratrie de 4 avant d’être bientôt rejoint par deux autres frères et une sœur. Pourtant, les circonstances curieuses de ma naissance ne manquaient pas d’agiter l’esprit de mon père qui m’appelait son « Astre du matin », la première lueur rouge de la journée, chaude, vibrante, avant que le soleil et le ciel ne prennent leur teint jaune et pâle écrasant.

Fille d’une famille respectée, je ne l’étais pas moi-même pour autant. Mes premiers souvenirs étaient déjà marqués par le regard et les murmures des aînées de la tribu, un phénomène qui tendit à se généraliser avec le temps. Quoi que je fasse, on se méfiait de celle qui « avait été touchée » par Sharna, de l’étoile rouge incarnée. Avec le recul, je comprends aujourd’hui à quel point ceci m’a marqué et m’a placé sur la voie de mon destin, mais à l’époque, bien qu’affichant un air bravache de désintérêt, la morsure de ces commentaire était plus violente encore que celle du vent d’Argyrei.

Pourtant, les enfants de la tribu, eux, semblaient ne pas toujours suivre la voie de leurs parents, je rassemblais autour de moi un groupe de bambins qui grandit rapidement en même temps que nous murissions. Déjà si jeune je me passionnais pour les histoires et m’amusait en cachette à conter les miennes, imitant celles des soirées autour du feu.

Avec le temps mes histoires devinrent plus complexes. Comprenant leur pouvoir d’attraction j’appris à négocier la suite de mes histoires contre des services à la manière de la célèbre Shohreh, négociant la poursuite de sa vie au Prince Marchand.

Mais mon stratagème fut finalement découvert. On me força à rendre le tribu de mes histoires et on m’humilia devant la tribu, une expérience censée être aussi bénéfique pour ma morale, que pour celle des autres enfants.

C’est peu après que je fus autorisée à rejoindre le cercle de lutte de la tribu, mon père supposant que l’activité du corps parviendrait à canaliser les élans de l’esprit.

Je n’y voyais originellement qu’une punition, devant affronter des enfants souvent plus âgés, plus grand, plus fort et ma réputation était à présent bien établie, on ne me laissait pas me tourner vers des adversaires plus faibles. Au fil du temps, je compris que c’était là une seconde manière de me punir et que la véritable idée venait des aînées. Je pouvais voir le visage de mon père se durcir en me voyant rentrer, la peau marbrée de bleus. Aussi un soir, il se dressa à mon entrée, me saisit le bras sans un mot, de sa manière à la fois si douce, mais pourtant si ferme, puis m’attira dehors. Je m’attendais à une punition pour un malheur que l’on m’aurait à nouveau attribué, ou peut-être des leçons privées pour m’endurcir ? Il n’en fit rien.

Il m’emmena en dehors du camp, dans le désert, et me questionna. Son regard suivait la courbe des dunes sans s’attarder sur moi et je compris rapidement que nous attendions, la discussion n’avait pour but que de me focaliser et d’éviter que je ne bouge trop.

Nous sommes restés un long moment dans cette position, à parler, le sujet du cercle de lutte finit naturellement à arriver, il faisait partie de l’enseignement essentiel des enfants, pour leur apprendre à se défendre et identifier ceux qui deviendraient par la suite les guerriers chargés de défendre la tribu. La position était des plus honorables et je savais que je ne pourrais jamais y prétendre. Même avec la force nécessaire pour m’illustrer au cercle, ma réputation ne permettrait pas que l’on me fasse confiance au point de faire reposer le sort de la tribu sur moi. Lui faisant part de mon incompréhension, de mon encouragement, il leva soudainement le doigt, silencieux, cherchant à attirer mon attention sur quelque chose.

Suivant son geste, je plissais les yeux, cherchant à combattre les reflets du soleil couchant sur le sable pour distinguer ce qu’il me montrait. Je finis par apercevoir la silhouette d’un petit lézard se dessinait au sommet d’une dune. Même aujourd’hui, je ne saurais dire comment mon père avait pu apercevoir une si petite ombre au milieu de cette immensité, mais je suivais la course de ce lézard, le perdant par instant de vue, pour le voir soudainement réapparaître un peu plus loin, toujours désigné par le doigt tendu de mon père.

Les minutes s’égrenaient et la leçon perdait de son intérêt, ce n’était pas le premier lézard que j’apercevais et ce ne serait certainement pas le dernier… Quand soudainement je compris. Il n’y avait eu qu’un petit nuage de sable, aussitôt balayé par le vent d’Argyrei et le lézard n’était plus. Avec un sourire, mon père se dressa, attrapant son bâton avant de partir vers l’endroit où il avait disparu. Nous n’y sommes pas arrivés, nous n'en avions pas besoin, le choc sourd du bâton de mon père avait averti le prédateur avait que nous ne parvenions au site de l’embuscade. Une dizaine de mètres nous en séparait encore quand je vis surgir une vipère cornue de derrière la dune, remontant cette dernière de sa démarche si particulière, le lézard encore ses crochets.

Mon père ne pipa mot sur le chemin du retour, tournant simplement les talons après la disparition de la vipère, mais il n’en eut pas besoin. J’échangeais un sourire de connivence avec lui avant de le suivre, la leçon imprimée dans mon esprit. Le désert n’est pas un lieu où survivent les forts et les bruyants, mais les rusées, les rapides et les patients…

Je mis dès lors son apprentissage en œuvre, passant un peu de temps chaque jour à m’isoler pour observer le désert tout en modifiant lentement les techniques que j’apprenais au cercle. J’abandonnais l’idée de me mesurer à la force brutale de mes camarades et leur opposer la ruse, l’adresse et surtout la leçon primordiale de mon professeur ophidien… La patience.

Vous qui êtes habitués aux histoires présumez que mon sort s’est ensuite amélioré, n’est-ce pas ? Que ma patience me permit de me faire une place dans la tribu et devenir une guerrière aux côtés de mon père ? Hélas, ce n’est pas ce genre d’histoire et bien que je suivais sans le savoir les empreintes qu’il avait laissé à mon intention, celles-ci devaient m’éloigner lentement du reste de la tribu.

C’est à douze ans que je compris que certaines jeux ne profitaient qu’à certaines personnes. J’affrontais jusqu’alors des enfants sous les remontrances de la tribu. Ma manière de me battre n’était pas honorable et ne correspondait pas aux critères du Cercle. Et pourtant, je pouvais voir l’indiscernable sourire de mon père lorsque je rentrais à présent, insultée, mais indemne. Aussi fût-il décidé de me faire affronter des adolescents. Face à eux mes « tours » ne seraient pas suffisants et cela fut presque le cas. Face à la musculature endurcie et pleinement formée d’un homme en devenir, je ne pouvais rivaliser de face. Les défaites reprirent, plus espacées qu’à mes débuts, mais néanmoins présentes. Je sentais en moi monter la chaleur agréable de la colère alors que cette fois ma famille ne semblait s’en émouvoir. Ma mère m’encourageait à quitter le cercle, de prouver ma valeur ailleurs, mes frères me dominaient déjà, porteurs d’une partie des enseignement de mon père. Mais celui-ci semblait attendre, son sourire n’avait pas bougé, toujours présent à chaque fois que je rentrais, même la peau marquée. Je me couchais et me recroquevillait autour de ce feu intérieur, profitant de mes moments de repos pour recommencer à conter des histoires dont l’intérêt devenait plus pernicieux. J’apprenais à faire peur aux enfants plus jeunes, à intriguer les garçons plus âgés dont j’apercevais le regard lentement changer me concernant et surtout, je commençais à voir le courroux latent des femmes de la tribu en me regardant. J’appris que j’approchais de mon premier saignement et qu’il serait temps pour moi de devenir une adulte en quittant le cercle.

La nouvelle me prit de cour et fit flamber encore plus la flamme que je nourrissais en mon sein. La colère teinta mes histoires et mes affrontements. La ruse laissa la place au vice, repérant le regard des garçons du cercle pour décider qui affronter. Les victoires reprirent, mais les rares sourires s’estompaient. On ne laissait plus les enfants me parler, je sentais montant une rumeur sourde, comme le rugissement du vent annonciateur d’un orage, une tension gagnait la tribu me concernant, mais mon père ne perdait pas son sourire.

Finalement, tout explosa lors de mon dernier affrontement. Le chef du cercle avait décidé de m’opposer au fils du chef, un garçon respectable, honorable même, l’un des rares à ne m’avoir jamais traité avec mépris, mais jamais non plus avec chaleur. J’avais aperçu son regard, son temps d’attention sur moi augmentait, mais il se maîtrisait bien mieux que les autres et lors de notre dernière passe d’arme, la colère prit le dessus.

Il était meilleur, je ne pouvais le nier, aussi souple que fort et pourtant seulement d’un an mon aîné, je devais le vaincre avant qu’il ne subisse cette étrange transformation que suivent les garçons et cela était peut-être ma dernière chance. Nous bataillâmes de longues minutes sur le tapis, rivalisant d’adresse, mais invariablement, il prenait le dessus et lorsqu’il me cloua sur le dos, je n’y tins plus. Ma main trouva seule le chemin de son torse, mais pas pour l’agresser… Le geste était inconvenant, surtout pour mon âge et je lus dans son regard qu’il en avait été aussi choqué que moi la première fois que je l’avais aperçu dans le secret d’une tente. Profitant de son instant d’hésitation, je me glissais hors de son étreinte pour rapidement constater que je l’avais plus secoué qu’il ne voulait le laisser paraître. Ses gestes devenaient hésitants, tremblants, peinant à me saisir. Je lisais l’incompréhension dans son regard et en profitait pour lui sourire de cette manière qu’avait ma mère pour obtenir quelque chose de mon père. La balance de l’affrontement s’inversa, je pris le dessus et le drame survint.

J’entendais les cris de colère autour de moi, on me houspillait, mais mon adversaire ne rompait pas, il souhaitait finir, m’honorer d’une franche victoire… L’idiot…

Je sentais la colère soudre en moi, monter, lentement, mais invariablement. Les cris se fondaient avec le rythme de mon pouls battant à mes tempes, tout n’était plus que mouvements, chaleur, bruit. Je ne me maîtrisais plus moi-même au moment où je refermais mes cuisses autour de sa nuque… En transe, ne voulant laisser échapper ma victoire, je ne compris qu’au moment où je sentis des bras extérieurs tenter de défaire mon étreinte que j’étais allez trop loin…

Mon forfait inéluctablement accompli, le corps encore chaud du jeune homme reposant entre mes cuisses, le visage marqué par le masque de la souffrance, je fus retirée avec violence du cercle et produite au centre du village en proie au regard de tous.

Où que se tourna mon regard, je ne voyais que haine, mais guère d’incompréhension. Je compris soudainement tout le poids de ce qu’avait été ma vie, jusqu’à présent, je n’avais été qu’en sursis, ne survivant que par le poids des traditions, devant ruer pour la moindre compassion tandis que tous attendaient ce qu’ils considéraient l’inévitable révélation de ma nature profonde.

Des pierres heurtèrent mon visage, les cris et les pleurs de la famille de ma victime firent de même avec mon esprit. Je comprenais et me résignait, sachant que ma vie était derrière moi. Bientôt on m’amènerait dans le désert et, s’ils faisaient preuve d’une dernière bonté, ils m’achèveraient loin du regard des miens plutôt que de me laisser errer et me dessécher lentement. Et pourtant, dans ce cercle de haine, je captais un sourire, un sourire étrange au milieu de ce tableau. Celui de mon père. Il souriait de l’air de l’homme à se trouver seul à saisir une plaisanterie fine. M’avait-il orienté en ce sens ?!

Encore aujourd’hui, la réponse m’échappe et je n’eus pas le temps de le questionner tandis que l’on me guidait hors du village. Par chance, la nuit ne tarda pas et j’occupais mes heures de marche dans le froid, les poignets liés devant moi, à supplier et en appeler à la bonté de mes captifs. On ne m’accorda ni le bénéfice d’une libération, ni celui d’une mort rapide et une fois suffisamment loin, on m’abandonna avec interdiction de ne jamais retrouver les miens.

Ne pouvant revenir sur mes pas, je continuais donc tout droit, tentant de gagner le plus de terrain possible avant l’aube. Peu de temps avant, je trouvais une pierre dressée qui me permit de conserver un peu d’ombre et d’humidité dans la journée qui suivit. Trois jours se déroulèrent ainsi, trois jours de plus en plus épuisants alors que les maigres ressources que je parvenais à glaner du désert s’épuisaient de plus en plus vite.

Au crépuscule de la quatrième nuit, une étoile d’un rouge incandescent capta mon attention au firmament. Glissant à travers les cieux, je me pris avec étonnement à suivre son chemin avant de m’en rendre compte, laisser reposer dans le mythe de ma naissance les derniers espoirs d’un corps déshydraté. Sans elle, je n’aurais certainement jamais croisé la route de mon destin ce soir là et mon histoire ce serait certainement achevée au milieu du sable, mes os balayés par le vent.

Au contraire, j’échouais au milieu d’un théâtre bien différent de mes attentes. Guidée par l’étoile, mes pas me menèrent vers une oasis, véritable trésor du désert et alors que je tombais en adoration, remerciant les cieux pour le cadeau de cette direction, je manquais le meurtre qui se déroulait à quelques pas de moi.

Un homme, âgé, aux allures de conteur, se tenait derrière un jeune homme richement vêtu, un foulard de soie lui obstruant la gorge. Le temps que je me désaltère le jeune homme, à la mine rubiconde, attirait finalement mon attention, faute de pouvoir se soustraire de l’étreinte du vieillard. Aussitôt, mon regard rencontre celui de ce dernier, la peur, tout d’abord, m’envahit l’esprit. N’avais-je traversé toutes ces épreuves que pour mourir victime d’un brigand ?! Je devais réagir, vite. Une dague richement ornée se trouvait à quelques pas de moi dans le sable, certainement l’objectif des mouvements du jeune homme et seul espoir qu’il lui restait. Captant le regard déterminé du vieillard, je me dressais à pas lents, me dirigeant vers l’arme. Tandis que l’assaillant se tendait, je pouvais percevoir l’espoir se mêlait à la douleur dans le regard de sa victime, un sentiment qui m’étonna…

Profondément en moi, la chose résonnait et l’arme à la main, je me dirigeais vers ce couple si étroitement enlacé. Cependant, à la surprise des deux, ce n’est pas vers le vieillard que je tournais l’arme, mais dans le cœur du jeune homme que je la plantais. Le calcul était aisé, si le vieil homme avait pu dominé un guerrier dans sa prime jeunesse, je ne lui opposerais pas un obstacle bien ardu par la suite et mon seul espoir était de me faire un allié du prédateur le plus puissant des lieux.

Je captais un éclat de surprise dans le regard de l’étrangleur tandis que j’extirpais la lame de la dague, maintenant teintée de rubis, de la poitrine de sa victime. Relâchant sa prise il mit donc pour toute générosité d’une gifle retentissante qui me projeta sur le sable, les larmes au bord des yeux. Ce geste fut le premier d’une longue série d’abus qui m’inculquèrent lentement et dans la douleur les us du groupe du vieillard.

Il m’expliqua par la suite appartenir aux « Alkhaniq », les étrangleurs, une secte dédiée à s’assurer que les dieux ne fassent pas pleuvoir de nouvelles calamités sur Argyrei. Pour cela ils ôtaient le souffle des voyageurs du désert pour l’offrir en cadeau à Kron, des offrandes visant à acheter la paix.

Ce n’est qu’en parcourant les terres extérieures d’Argyrei que je compris véritablement l’égarement de ces gens et que je vis enfin la trace de l’action de mon maître dans ces croyances. Une nouvelle fois, il me guidait vers ceux qui sauraient me faire continuer la route.

J’appris beaucoup du vieil homme et la première des leçons fut de ne jamais verser le sang. Mon réflexe ce soir là m’avait sauvé autant qu’il m’avait condamné. En refusant le don du vieillard à Kron, j’avais enchaîné ma vie à son service pour payer ma dette.

Durant les quatre années qui suivirent j’appris les coutumes des Alkhaniqs pour finalement en devenir une moi-même. Initialement aide du vieil homme, devant l’aider à maintenir ses proies immobiles pendant l’acte sacré, je fis ensuite acquisition de ma propre arme, un foulard de soie qui m’accompagne encore.

Me grimant en danseuse, apprenant les gestes nécessaires à ma couverture, je voyageais seule ou en groupe à travers Argyrei pour ôter le souffle de nos proies. Tantôt voyageuse égarée près d’une oasis recherchant la chaleur d’une compagnie pour la nuit, tantôt membre d’une troupe de danse, je participais à mon échelle à préserver Argyrei des menaces divines.

Plus que jamais, le mensonge devint mon langage, mon visage un outil, mon corps une arme.

A seize ans, je comptais déjà plusieurs dizaines de victimes à mon tableau de chasse et seulement peu avaient versées leur sang. Pourtant, une nouvelle fois Sharna devint me détourner de la route que je semblais emprunté.

Je ne voyageais pas seule à ce moment-là, partageant la route de deux autres membres de notre culte, dont l’homme qui m’avait initié, lorsque nos pas croisèrent ceux d’un étranger campant près d’une oasis.

Anormalement grand, blond, fin et élégant, il était le premier sindarin sur lequel je posais les yeux. Mon cœur se serra lorsque je croisais son regard d’améthyste et que je m’abandonnais un instant à la contemplation de son sourire. Tout en lui semblait respirer le mystère et la promesse d’un danger excitant.

Nous connaissions la partition, la danse à laquelle nous nous étions livrés déjà de nombreuses fois. Si c’était un homme, je devais capter son attention, le garder occuper le temps que mes camarades l’assaillent par l’arrière. Cependant ce soir-là, les choses ne se passèrent pas telles que nous en avions l’habitude.

Pourtant persuadée d’avoir captivée l’attention de ce sublime inconnu, il n’en remarqua pas moins l’approche de mes camarades et ne se départit à aucun moment de son sourire tandis qu’il tirait l’épée pour offrir leur sang en offrande au désert.

Prenant peur face à la vitesse et la maestria de son escrime, je ne réussis pas à lui échapper et passer les deux jours suivants en tant que captive. Il me fit avouer tout ce que je savais sur le culte et rit de leurs croyances tandis qu’au troisième soir il me libérait. Je pensais mon heure arrivée ou qu’il tenterait de profiter de moi et que ma chance se jouerait à ce moment. Je ne m’attendais pas à ce qu’il m’offre une place à ses côtés.

Fascinée par l’instrument de mort qu’il s’était révélé être, je me laissais bercée par ses paroles, tombant lentement sous son influence. A ses cotés je parcourus un temps le désert, apprenant de sa bouche, mimant ses gestes avant de reprendre la route du nord.

Dans ses histoires, il m’avait évoqué les territoires au-delà du désert, au-delà des montages. Ces terres où l’eau valait moins que l’or et où un pays s’était incliné devant mon maître.

A ses côtés j’appris les rites des Cavaliers de Sharna. Je comprenais les ressorts du grand mensonge qui m’avait amenée là. Le monde s’éclairait d’un nouveau jour et j’apprenais enfin à poser les bonnes questions.

Pour autant, le sang continua de paver ma route, mais avec plus d’élégance. Le joyau brut du désert fut lentement raffiné en même temps que mon maître endurcissait mon esprit. L’acte de mort devint aussi naturel que l’acte d’amour et la caresse perdit sa fièvre pour devenir l’instrument du mensonge. Car telle était la voie des cavaliers noirs, la voie des ombres, la voie des araignée, la voie des vipères…

Onze plus tard je te compte cela alors que ton esprit s’obscurcit et que ton corps refroidit. Trop longtemps tu fus attentiste, cherchant l’ordre où notre maître appelle la discorde. Thémisto n’est plus tienne et il est venu l’heure d’un changement d’acteur.

*Mordillant une dernière froid le lobe refroidit elle se redressant, suivant d’un index caressant les filets de sang laissés par la blessure. La moitié était accomplie, il ne lui restait plus qu’à effacer les dernières traces de son implication avant de dévoiler le méfait. La couronne de gouverneur serait bientôt à elle et avec… les moyens d’agir.*


PSEUDO : Isaylice
AGE : On approche dangereusement des 30 T-T
COMMENT AVEZ-VOUS CONNU LE FORUM?: Un ancien joueur me l’a recommandé pour la qualité de son jeu politique
VIE ET MORT SUR PERSONNAGE: En cas de départ, autorisez-vous le Staff a faire mourir votre personnage? Oui.
AUTRE CHOSE? : N'arrivons à conclure l'histoire de ma petite sindarine, je me suis penchée sur le lore d'Argyrei et en suit rapidement tombée amoureuse. Pourrait-on supprimer l'ancienne fiche et me renommer "Zaahira Naaji" ?




Dernière édition par Zaahira Naaji le Lun 19 Sep - 16:50, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Zaahira Naaji, la vipère d'Agyrei   Zaahira Naaji, la vipère d'Agyrei Icon_minitimeVen 5 Aoû - 22:51

Bonsoir!

Encore une fois, soit la bienvenu parmi nous, avec ce nouveau visage plus que prometteur! :)

Comme tu le sais, n'hésites pas à nous confirmer quand nous pourrons passer sur ta fiche, et à nous contacter si tu as des questions.

La fiche de Tanelia a été déplacée. Excellente rédaction, à bientôt!
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MessageSujet: Re: Zaahira Naaji, la vipère d'Agyrei   Zaahira Naaji, la vipère d'Agyrei Icon_minitimeLun 19 Sep - 16:51

ENFIN fini... dead

Je peux à présent reposer mes mains et vous laissez délibérer.
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MessageSujet: Re: Zaahira Naaji, la vipère d'Agyrei   Zaahira Naaji, la vipère d'Agyrei Icon_minitimeMar 27 Sep - 8:56


Bonjour Zaahira,

Toutes mes plus sincères excuses pour cet odieux retard! Ton histoire est aussi palpitante que ta terranne et j'ai vraiment hâte de la voir évoluer parmi les cavaliers, et répandre le chaos sur son passage! Sans plus attendre:


Fiche validée!

Tu vas pouvoir dès à présent te rendre dans la " GESTION DES AFFAIRES " afin d'ouvrir ton compte en banque, ton journal, et ton inventaire.

Tu pourras également faire une demande de rang personnalisé JUSTE ICI.

Pour ton avatar, tu peux "réserver" une image particulière dans notre bottin ICI.

Finalement n'oublies pas d'activer ta fiche de personnage depuis ton profil et de renseigner les informations demandées!

Merci pour tout et n'hésites jamais si tu as des questions! 

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MessageSujet: Re: Zaahira Naaji, la vipère d'Agyrei   Zaahira Naaji, la vipère d'Agyrei Icon_minitime

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