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Elië Valanatëel

MessageSujet: Investissements   Mer 27 Jan - 20:41

Merci etc.:
 

Ginik 1304

Elle n’en finissait pas de se laisser tenter par les objets les plus beaux et les plus luxueux et cette fois elle avait jeté son dévolu sur une arme. Mais pas n’importe laquelle, une qui serait forgée à sa mesure par le maître de tous les forgerons, Brom Ode'Bahalmarch. Tout Isthéria connaissait la valeur du haut Prêtre de Bor et ceux qui pouvaient se targuer de posséder le produit de sa forge se  trouvaient toujours en position avantageuses sur le champ de bataille. De plus la qualité des armures et des lames qui sortaient de ses ateliers ne dérogeaient en rien à la beauté, bien au contraire. Une Ladrini comme Elië ne pouvait donc rester insensible à l’envie de se voir armée par la Main de Bor.
Cependant, il était également de notoriété que la forgeron n’était pas très accessible voir même revêche à toute rencontre. Plus d’un se disait-il, avait été éconduit voir même chassé de manière plus que brutale par le colosse d’Umbriel. Se fixer alors de se procurer la lame de ses rêves demandait donc d’être le plus sûr de ses arrières possible par la connaissance du forgeron et de tout ce qui pourrait l’amener à accepter de forger cette arme à une parfaite inconnue pour lui.

Commençait donc une enquête à laquelle la rouquine se pliait bien volontiers. Le jeu en valait la chandelle et tant qu’elle n’aurait pas l’impression de piétiner, elle n’avait qu’à se féliciter de resserrer les cercles de ses recherches autour du maître d’arme, puisque Brom Ode'Bahalmarche était aussi expert dans le maniement des armes…
La belle avait bien vite pris la mesure de la légende qui avait concentré tout son intérêt et avait appris assez vite bien des choses.

Grace à son don de transformation elle avait pu assez facilement pénétrer le temple en flirter avec  un auxiliaires du culte dont elle arriva à soutirer une visite du temple. Elle s’était même crue à portée du saint graal mais le sein des seins était très bien gardé et de toute façon le pauvre clerc avait une sainte frayeur de ce qui pourrait lui advenir si une personne non expressément autorisée  y accédait. Cette visite fut comme un supplice de Tantale d’autant qu’elle fut tout de même autorisée à apercevoir quelques lames forgées au temple et qui malgré leur façonnage par d’autres que le Haut prêtre se révélait de bien belle facture.

Elle dut se consoler en notant que les repas du maître lui étaient apportés au sein de CoeurVent lorsqu’il était absorbé par une création. Cette faille pourrait bien laisser passer un cheval de Troie. Tout cela était bien joli, mais cela ne changeait rien au fait que tout un chacun savait que le divin forgeron n’offrait ses service qu’avec parcimonie et qu’il n’y avait aucune raison pour qui le fasse pour une fille qui lui était inconnue. A moins que quelque chose ne les rapproche et ce quelque chose elle se devait de le découvrir.

Une chose restait encourageante. La Main de Bor avait des ennemis. Cela allait sans dire pour un personnage aussi en vue et haut placé que ne l’était Brom Ode'Bahalmarche. Ces ennemis étaient apparemment des prêtres dissidents que le forgeron avait banni de l’ordre et dont la haine à son égard semblaient plus que résolue si elle en croyait le nombre d’attentats auxquels il avait déjà échappé. Le petit clerc narra même comment à plusieurs reprises il fut miraculeux d’échapper à  des attaques mûrement planifiés. C’était comme si une main extérieure venait protéger au dernier moment le forgeron. Cependant, pas moyen au temple d’en savoir plus sur cette providence qui commençait à épaissir la légende et le mystère qui planait autour du prêtre et ce, même en payant de sa personne, ce qu’elle ne rechignait jamais à faire. Inutile de préciser que la curiosité de notre héroïne en a été immédiatement aiguillonnée, persuadée à ce stade de son enquête que la solution à ses problèmes pouvait venir d’implications politiques auxquelles elle n’aurait en temps ordinaires accordé aucune attention.

Une nouvelle motivation naquit donc en son esprit au point de la décider, chose qu’elle faisait le plus rarement possible et pour tout dire c’était la première fois depuis que la Sindarine qui lui avait servi d’hôte était entrée dans la caste, à faire appel au réseau des Ladrinis. Là, si sa requête fut facilement examinée, elle dut argumenter de sa frivolité et de ses mobiles egocentriques pour obtenir les quelques bribes d’informations qu’elle était venue quêter. Cela suffit néanmoins pour deux choses. La première l’inciter à redoubler de prudence alors qu’elle découvrait l’existence d’une seconde pègre au moins aussi redoutable que le sienne, pègre attachée aux pas du maître d’arme. Pas question que les deux organisations n’entrent en conflit ouvert sous peine de faire de la courtisane la première victime de cette confrontation. De plus elle ne put s’empêcher de grimacer en pensant qu’elle s’était peut être faite suivre ou pour le moins repérer durant ses allers et venus autour du temple, malgré les précautions dont elle était coutumière, changer d’apparence en même temps que de rôle, être le moins possible armée, lorsque le contexte ne l’exigeait pas. Mais il était trop tard pour faire marcha arrière et au moins elle était à présent prévenue… Ses contacts n’en savaient pas plus et ne souhaitaient pas en savoir plus non plus mais finirent par lâcher un dernier renseignement contre un menu service dont je vous épargnerai ici les détails.

Toutes les sectes, castes, guildes ont leur bannis, leur traitres, leurs renégats qui ont le point commun de ne plus être en odeur de sainteté dans leur ex organisation. Conséquence pour eux, ils doivent rester terrés et discrets. Mais il faut bien vivre et ceux qui parviennent à échapper aux tueurs lancés à leur trousse s’adonne au monnayage de leur connaissance de leurs anciens camarades. Le tout est de les trouver, mais il de mystère pour personne qu’à partir du moment où vous exprimez le désire d’en rencontrer, il ne se passe pas longtemps avant que la promesse pécuniaire que avez formulée ne jette sur votre chemin un de ces pauvres hères. Sans doute le phénomène bien connu du copain qui connait un copain qui connait un indic qui a entendu dire que… Aussi après trois jour de faux rendez-vous, de filature consentie, de messages anonyme, c’est ainsi que vous vous retrouvez dans l’arrière-salle d’un tripot entre les mains de trois personnes où l’on vous fouille, bande les yeux et vous fait descendre dans un labyrinthe de souterrains qui embaument le champignon et la crasse. Bien sûr, si votre tenue est propice aux mouvements « sportifs » vous avez dédaigné de provoquer des réactions agressives et avez laissé vos armes et vous êtes seulement munie de la moitié de la somme promise soit 1000 Dias sur les 2000 qui vous emblent une somme raisonnable.  De toute façon, une pile de hardes vous est tendue, l’ordre muet de vous changer est indiscutable. La manœuvre ne plut pas plus que cela à notre héroïne qui laissa échapper un soupir résigné alors que la petite frappe qui l’avait « palpée » avec  « application » et délestée de ses Dias, lui masquait le regard d’un tissu à la propreté douteuse après lui avoir tendu un bracelet propre à éviter la magie.
Au bout d’une heure de marche résignée et à l’aveuglette durant laquelle elle ne manqua ni de se cogner ni de trébucher, ni bien sûr de perdre son sens de l’orientation, elle parvint  à une cave chichement éclairée dans laquelle on la libéra de la loque oculaire en même temps qu’elle entendit le tintement sourd de sa bourse tomber sur la table.

« Aucun problème ! »

Le ton de l’homme qui n’avait pas caché sa nervosité tout au long du parcours et ce malgré la bonne volonté de la jeune femme fut celui d’un individu soulagé que tout ce soit passé sans encombre.

"Laisse nous ! »

Le grincement grave de la porte accompagna le départ de l’homme.
La rouquine papillonne quelques secondes des yeux avant de pouvoir distinguer en face d’elle, assis à un lourd bureau, l’homme qui venait de parler : un Sindarin, âgé qui à première vue à ces cheveux et à sa peau usée date de la guerre de Taumarille,  son visage reflète la concentration et dans son coup un tatouage recouvre tan bien que mal le tatouage d’une plume. Se levant pour s’occuper de papiers qui trainaient sur une chaise, il ne daigna pas jeter un regard à l’imprudente qui commençait à se demander si le risque pris en valait vraiment la chandelle. Une main ferme la pousse vers une chaise alors qu’elle commence à trouver que ce luxe de précautions commence à rendre l’atmosphère tendue. La chainette solidement fixée à la chaise est sans équivoque.

« Tout cela est-il bien nécessaire ? »

Mais les regards noirs qui lui furent lancés lui répondirent de manière on ne peut plus claire et elle s’exécuta.

« Bien sûr que c’est nécessaire !... »

Elle aurait bien continué par indiquer ironiquement qu’ils étaient trois armés, à pouvoir utiliser leur magie mais visiblement son interlocuteur ne cultivait pas un sens de l’humour très développé…
Elle se contenta de fixer avec insistance, la femme pendant qu’elle vérifiait l’attache de la chainette. Le sindarin en profita pour se servir un verre et en poussa un vers la prisonnière, car elle devait bien se rendre à l’évidence, elle était bel et bien prisonnière. Elle en but maladroitement trois gorgées de sa main libre et leva son verre comme pour remercier son geôlier.

« Si nous en venions à nos affaires ? Vous n’avez sans doute pas de temps à perdre et j’ai pour ma part accepté toutes vos précautions. »

Elle indiqua du regard son poignet attaché sur la table. Son ton était le plus détaché et ferme possible mais, elle n’était pas bien sûre de convaincre son auditoire, malgré ses compétences en matière de rouerie…
L'homme, ou plutôt le Sindarin se rassoit face à elle, séparé par son lourd bureau il se sent plus en sécurité, d'autant plus que les oreilles et la chevelure rousse lui rappelle que la femme en face de lui n'est pas un Lhurgoyf mais ça ne l’empêche pas d'être un possible assassin de la plume.
Il la regarde, calmement, de pied en cape, laisse ses yeux d'homme la couvrir un instant puis se fixe dans ses prunelles smaragdin, lui aux yeux anciennement bleu délavé par le temps la peur et la douleur, lui est plutôt calme bien que dans ses gestes on sente encore une certaine tension.

Il finit par prendre la parole après quelques caudalies où il semble essayer vainement de déguster son vin. A part une écritoire et un papier blanc le bureau en face de lui est vide mais on sent bien qu'il a face à lui une immensité de tiroir dans lesquelles il range ses preuves si le besoin s'en fait sentir.
Une des grandes questions serait quel pègre le protège, mais il est trop tard pour se la poser, il reste donc à entrer dans le vif du sujet en réponse à la phrase de la demoiselle. Sa voix est roque, fatiguée de celle d'un homme qui vit sous terre, sa peau blafarde n'ayant pas vue la lumière du soleil depuis des années n'en est qu'un écho. L'homme ne survit que de par sa nature Sindarins à ces conditions difficiles d'indic sur la plume.

"Ce n'est pas mes précautions que vous avez acceptées, mais celle des hommes pour qui je vaux de l'argent, ceux qui me protègent ici, pour le moment j'ai simplement accepté de vous rencontrer, alors venons-en au vif du sujet oui. On m'a dit que vous vouliez des informations, précisément sur Brom Ode'Bahalmarche, le Dervish et sa relation avec la Plume du Serpent.
Cependant vous n'êtes pas une imbécile et vous savez que ce genre d'information se monnaye grassement, je pense être le seul ici à savoir vraiment ce que vous voulez, vous pourrez trouver des fausses bribes de ci de là si vous avez beaucoup de temps, mais de là à trouver ce que j'ai à vous proposer c'est une autre histoire.
Je peux vous donner ce qui lie Brom à la Plume, mais aussi ce qui l'a lié et pourquoi il l'a quittée, mais aussi dans quelles circonstances.
A vous ma chère de me dire à combien vous évaluer ce genre d'information, mais je suis prêt à vous faire un prix pour le lot, je peux bien mettre de l'eau dans mon vin une fois de temps en temps n'est-il pas ?"


La demoiselle essaya de cacher sa satisfaction en ne laissant que ses paupières papillonner un bref instant. On ne lui avait pas menti et l’indic, en tout cas à ce qu’il disait, était une source qui pouvait se révéler plus que prolixe en renseignements de première main si elle en croyait le tatouage… En outre la façon de reprendre au vol son désir de ne pas tourner autour du pot n’était pas pour lui déplaire et oubliant un instant la tension qui la tenait depuis qu’elle avait eu les yeux bandés, elle osa un petit sourire complice et rusé. Reposant son ver sur la table elle avança ce qui était pour elle une première mise :

« Si votre vie se rapproche de ce que je pense et si mes calculs sont bons, une protection d'après mes calculs vous coute environs  un bon millier de Dias par mois avec vos trois garde du corps. Plus le logement dans ces souterrains et la nourriture   on doit  arriver à quelque chose avoisinant les 2000Dias par mois. Et bien je vous les propose ce qui veut dire que vos activités annexes du mois à venir seront toute du bonus pour vous. »

Elle désigna du regard la bourse restée sur la table.

« Il y a là la moitié de la somme moins ce que vos sbires ont prélevé. La seconde moitié si je juge que vous avez satisfait ma curiosité »

Elle venait là de faire une proposition qui allait sérieusement écorner sa cassette personnelle, mais si les informations se révélaient aussi intéressantes qu’elle l’espérait cela risquait de lui faciliter grandement la tâche. Aussi avait-elle pris le ton le plus assuré et ferme possible afin de signifier qu’elle ne consentirait sans doute pas à aller beaucoup plus loin.

Elle attendit donc le regard droit dans les prunelles délavées la réponse à son offre. Les secondes s’égrenant, elle se laissa prendre petit à petit à son propre jeu et se sentit plus sûre d’elle et finit par se détendre ce qui ne pouvait pas faire de mal car si une concentration peut vous sauver le vie, un excès de tension peut vous fermer à ce qui se passe autour de vous…

Les yeux du fugitif d'un océan matinal à la suite d'une nuit agité se pose sur les bourses et retourne sur la demoiselle, il sort une dague et ranche le cuire de la bourse posée sur la table dont une partie des pièces se repend sur le bureau doucement et avec le bruit doux de cette chute merveilleuse. Pas loin de milles oui à première vue, des Dias, courant, facile à écoulé, pas des écus d'un duché ou d'un autre, et aucune n'est numéroté, juste de l'argent frapper et de l'or pour les plus grosses.

Il en prend quelques une, au hasard il les teste, il les passe sous une loupe et au-dessus d'une bougie, puis enfin il sort une petite balance pour vérifier le poids d'une dizaine d’entre elles. Personne n'est trop prudent dans ces affaire, et si parfois il semble un peu contrit par le poids légèrement inférieur à la norme, il sait que la plus part du temps c'est une histoire de Duc qui fait frapper des pièces un peu moins lourde pour recouvrir son trésors.

"Ma chere, c'est une méprise, vous n'êtes pas habituée à ces affaires, je ne toucherais que les Dias que vous avez amené ici, la cotisation sur ces dernières étant déjà partie, le reste, ce que vous devrez pour m'avoir rencontré est de 800 Dias, ni plus ni moins, je suis un marchand d'information honnête, pas un voleur de bas chemin ...
Maintenant vous m'êtes agréable, mais je ne peux tout vous vendre pour seulement ces moins de 1000 Dias vous comprenez bien ... Alors dites-moi ce que vous voulez savoir même en dehors de ce que vous ai proposé, ce qui vous intéresse le plus et je m’arrêterai quand la monnaie de la bourse viendra à manquer ...
Cela vous va-t-il ?
Par exemple, allons y facilement, ceci n'est pas vraiment un secret, pour ces 70 pièces (il prend au total 90 Dias) je peux vous affirmer que Brom Ode Bahalmarche à fait partie de la Plume du serpent, il y est entré d'après mes données en -597, avant la guerre. Quant au moment où il en est sortie et ce qu'il faisait, ça c'est bien plus cher vous le comprenez alors j’attends votre accord et votre mise finale ..."


La situation avait maintenant le mérite d’être claire. Le tout était de gérer son budget avec circonspection, surtout si le Sindarin confondait 70 avec 90… Il s’agissait de prioriser les questions et ne pas se faire piéger par une formulation comme les héros des comptes de fée qui n’ont que trois vœux à formuler souvent bradés par manque de réflexion.
Elle hocha la tête.

« Cela me convient parfaitement et votre compréhension vaut bien les quelques dias  qui ont accompagnés leurs 70 frères lors de votre première réponse…»

Elle eut un nouveau sourire canaille qui s’effaça alors qu’elle réfléchissait à  sa première question. Après quelques secondes d’hésitation pendant lesquelles son interlocuteur ne se priva pas pour la dévisager d’un air goguenard, elle finit par se lancer.

« Première question, pourquoi et comment Brom Ode Bahalmarche a-t-il pu sortir de la Plume et survivre ? »

Cette première question était cruciale et elle se doutait qu’elle lui couterait assez cher.

« Question suivante : Comment approche-t-on Brom Ode Bahalmarche ? Je veux dire quelles conditions remplir pour pouvoir le rencontrer ?
Quel est son point faible ? »


D’autres questions lui brulaient les lèvres mais déjà les premières réponses lui seraient d’une grande utilité.

Il lui sourit, elle savait ce qu'elle voulait et comment y arriver, elle savait où elle voulait aller, précisément, ce qu'il aimait car les gens avaient une bien plus grande valeur pour leurs informations lorsque celles-ci n'étaient pas tirées au petit bonheur la chance.
Il écouta donc les trois questions avant de répondre, trois vœux pour un petit génie comme lui, quoi demander de mieux ? Même si cela faisait très contes et qu'il abhorrait un peux ces derniers, comme si tout pouvais finir bien.

Il ouvrit la bouche, et la referma, puis il sorti de son comptoir à merveille un papier, vieux de plusieurs centaines d'années, et avec précaution le posa face contre son écritoire. Rien n'était visible sur lui si ce n'est sa vieillesse et sa finesse, un vélin, un papier cher qui est plutôt utilisé par les nobles.

"J'ai parlé de pièce, et non de Dias, et il y a bien 70 pièces, et miracle 90 Dias, c'est une histoire de mots, et dans mon métier ils sont des plus important, il nous est interdit de mentir sinon les clients ne reviennent pas, ou pas seul ... Vous comprenez tout le monde n'est pas aussi aimable que moi. »

Elle souleva sa main libre ouverte en signe d’acceptation. Tout le monde pouvait se tromper. Le tout était que cela ne se reproduise pas trop souvent surtout que l’homme en face d’elle pourrait bien à un moment prendre la mouche et se montrer moins affable.

« Mais revenons-en au sujet, comment, par tous les dieux Brom Ode'Bahalmarche a-t-il pu sortir de la plume et y survivre ? Pour 50 Dias voilà le mot, il a ou avait un ami plus fort que la Plume qui s'est annoncé son protecteur.
Qui par tous les dieux ? De quelle façon ? Voilà la question à laquelle répond ce parchemin, mais ce dernier coûte 650 Dias pour que je vous laisse le lire.
C'est cher mais c'est à votre choix, 650 Dias, et je parle en Dias et non en pièces, je fais un effort pour vous, et vous saurez tout ce qui lit la Plume, et Ode'Bahalmarche, ainsi que le troisième protagoniste. Vous saurez pourquoi la plume le protège et quelles sont les conditions de cette protection ... Vous aurez une belle vue d'ensemble sur votre histoire.
Ce n'est donc pas négociable."


Il poussa légèrement le parchemin à elle, comme pour l'inviter, de l'autre main il attendit une approbation pour tirer dans la bourse de piécettes qui ne comptait déjà plus que 810 Dias.

Les regarda le feuillet avancer vers elle, les yeux brillants de convoitise. Nul doute que si le Sindarin était aussi « honnête » que ses premières réponses le laissaient supposer, elle avait les connaissances qui lui manquaient à portée de main, ou pour le moins à portée de bourse. Elle regarda en face l’indic les pétillants :

« Je paye pour voir »

Elle avança la main vers le document tandis que le marchand d’informations commençait à compter ses 650 Dias. Elle lui rejeta un regard avant de se plonger dans la lecture du vélin, les yeux écarquillés de curiosité, comme si les ouvrir plus grand pouvait lui en apprendre encore plus… L’histoire était édifiante et en disait long sur la puissance du Duc d’ Arghanat.
Istherion d'Orgash a écrit:

Note du journal d'Isterion d'Orgash, comte d'Iston (un comté disparut qui se trouvait proche d'Arghanat).

Aujourd'hui *la date a été effacé volontairement* j'étais en Arghanat pour me faire prêter de l'argent par le Duc de Seh, l'homme le plus riche au monde ... Je n'ai pas pu le voir, il s'est passé autre chose ...
Mais j'ai rencontré bien autre chose, j'ai fait une partie du trajet avec les MangeCoeur en habit de deuil ? Avez-vous déjà vue les hommes de la première Phalange tout de d'émeraude de Jade et d'or couvert par une cape noire encadrant un immense chariot prison ?
A l'auberge tout le monde en parlait, mais pas à un étranger, j'ai finis par avoir l'info d'une fillette, on ramenait un membre des MangeCoeur qui avait été mis en prison à Hespéria. [Rajout dans la marge : l'Archiduc avait payé sa caution et tout ce qu'il fallait pour l'effacer des registres, il n'y a plus rien sur lui à la capitale, il est blanc comme la neige, j'ai appris par un garde qu'il avait été libéré le jour de sa capture]

L'homme, et ça je l'appris le soir même, en arrivant à la capital était le Dervish, l'un des généraux de l'Archiduc de Seh, un de ceux qui étaient reconnu par tous pour ces médailles. Ils ont passé trois heures en tête à tête avec Mr de Seh, puis le procès a eu lieu, en place publique comme il est courant en Arghanat, en fait de procès c'est une simple justice rendu.
Cela fait déjà quelques heures mais je vais essayer d'être précis, autant que ma mémoire imbibé d'alcool le peut ...

Le soleil se couchait sur les monts noirs derrière le château, le vent était frai et claire et les hommes ne savaient pas ce qu'ils voulaient, personne ne le voulait mort, ils lui devaient la vie, personne ne le voulait encore, il était accusé d'avoir espionné le Grand Duc pour le compte de la Plume.

Puis le maître des lieux prit la parole, son regard étaient calme dans ses yeux vairons, et même si il ne parlait pas fort tout le monde ne pouvais que l'écouter, par un bruit, pas un murmure, ce qui fait que Mr de Seh est et restera à jamais le Grand Duc de Seh

"Mes enfants, mes amis, mes frères, vous à qui je donne tout, tous les jours et avec qui je travaille encore pour ne pas oublier ce que vous faites. En ce jour, et comme tous vous le faites toujours, je vais vous demander de me croire car la justice est prête à être rendue publique mais aucun débat n'aura lieu. Les débats cher Arghannatiens *maintenant on dit plutôt Arghaniens, mais la lettre à quelques 500 ans*, ont déjà eu lieu.

Brom Ode'Bahalmarche a bien tenté de m'espionner, et pour le compte de la Plume, et pour cela il ne peut rester parmi les MangeCoeur, ni parmi notre armée. Mais il a été capturé car il était pourchassé par la Plume, il venait de leur remettre sa démission. Et pour cela mes amis, et à la demande de la plus part d'entre vous, et car la première Phalange m'en a fait une demande écrite que je ne peux refuser, ainsi que pour ses services rendu, il peut rester membre de notre grande famille et notre ami.
Il ne pourra revenir vivre ici que dans une génération si il lui en reprend l'envie et que ses torts le rongent moins, en attendant il aura le droit à un passeport complet et restera notre ami ...

Attendez, il me reste une dernière chose à dire, une chose bien précise et qui doit être entendu."

A cette instant tous ceux qui n'étaient pas d'Arghanat sentirent le regard du Duc plonger en eux, je ne peux vous le décrire, cela fait des heures que j'essaye de l'oublier, je ne peux le coucher sur le papier, mais un mots, un seul restera, haine ...

"Il y a surement ici des hommes de la Plume, de ces hommes qui en veulent à Brom et ne peuvent le laisser partir. Brom est d'Arghanat, c'est un de nos enfants même si il n'y est pas née ... Ainsi si il ne meurt pas de vieillesse vous aurez une semaine pour m'apporter la preuve que ce n'est pas de votre fait, sinon je raserai votre organisation comme je peux le faire de n'importe quoi. Je suis le Duc de Seh, maître des MangeCoeur et le chevalier d'Ode est l'un d'eux, l'un des nôtres et mon ami. Retenez cela ..."

Puis il se dirigea vers le géant et enleva ses fer, l'homme avait l'air penaud et plein d'amour pour celui qui lui pardonnait. Les hommes explosèrent de joie, la justice avaient été rendu et le Duc venait encore une fois de raffermir son poing sur ses sujets ... Il les protégeait encore une fois, affirmait encore une fois sa volonté de tout faire pour n'importe lequel d'entre eux même un qui l'a trahi par le passé tant qu'il se repend de lui-même ...

Le reste devait être ailleurs car c'est le récit s’arrêtait là en bas de la page.

Elle releva les yeux l’air songeur. La plume était une organisation des plus secrètes si elle en croyait les ladrinis qui l’avaient renseignée sur le sujet. Elle pouvait admettre la puissance du Duc, mais quelque chose la chiffonnait encore. Une telle organisation tout comme les Ladrinis devait être tentaculaire et préserver jalousement ses secrets. Comment le Duc pouvait-il être si certain d’en venir à bout au cas où la pègre ne prendrait pas ses menaces au sérieux ? Coup de bluff ?

"Question suivante ? Allons y ... Comment l'approcher. [10 Dias], le plus simple reste de lui faire une commande, et de te faire passer pour une cliente petite demoiselle. Mais alors tu seras fichée, et tu ne sortiras plus, tu n'es pas une Fiday, tu veux pouvoir sortir après si quelque chose se passe mal.
[20 Dias] Ne te fait pas passer pour une de ses servantes ou servant, ils sont quatre à lui apporter le repas et il les reconnait aux rythme de leur pas ... Même avec un polymorphisme je doute que tu puisses faire ça sans erreur.
Alors quoi ? Je vais te dire comment on fait ceux qui ont réussi à l'approcher, [20 Dias,] ils ont simplement cherché son emploi du temps et l'ont approché à l’extérieur du temple, lorsque l'homme partait vers l'inconnu, lorsque que le géant allait voir ailleurs. Dans le temple il est protégé et chez lui, en dehors il est souvent seul et son emploi du temps n'est pas difficile à trouver. Je peux même te le faire passer pour 20 Dias."


Les réponses continuaient à lui être proposées, même si certaines avaient déjà eu leur réponse.
Une cliente oui, bien sûr mais elle ne voulait pas une quelconque lame si tant était qu’une lame forgée par le Haut Prêtre pouvait être qualifiée de quelconque. Non elle voulait le meilleur de ce qu’il pouvait exécuter et se doutait qu’en se présentant à son atelier comme la première cliente qui fait ses courses et a besoin d’une nouvelle lame, elle n’aurait que le tout-venant…
Elle hocha la tête pour signifier qu’elle était preneuse de l’emploi du temps du Haut Prêtre.

« Mais pour la suite je voudrais que tu affines ta question, ton but est-il de le tuer ? Je ne serais pas contre mais quelque chose me fait douter, je ne suis pas là pour te vendre des informations inutiles ... »

La dernière question du Sindarin tombait à point nommé, mais elle ne savait trop que répondre. Jusque-là, elle avait payé de sa personne en acceptant toutes les conditions de son interlocuteur, mais n’avait rien dévoilé de ses buts et elle n’avait pas envie de changer de posture. Pourtant elle sentait qu’en répondant, elle pourrait sans doute franchir un nouveau pas vers la connaissance de ce qui pourrait attirer l’attention du forgeron.
Elle hésita avant de répondre, pesant le tort que sa révélations pouvait lui porter et se décida enfin.

« Le tuer ? Non pas. Mais susciter en lui assez d’intérêt pour qu’il accepte de m’avoir comme cliente assez importante pour donner le meilleur de lui-même,  sans doute. »

Il sourit, ses pupilles basculèrent rapidement vers le coin en haut à droite de ses grand yeux froids, il avait noté la chose, il le ferait parvenir, cela ne serait pas un souci, il était même d'une simplicité honteuse à récupérer. Il prit donc 20 Dias de plus dans la petite bourse qui avait déjà largement sombré, elle ne contenait plus que 90 Dias, une petite somme pour laquelle les négociations risquent de finir rapidement. Quand le bruit de l'or s’éteint la parole chère de ces hommes disparaît avec lui.

Mais elle répondit et il sourit, un sourire idiot de l'homme habitué à tout et qu'on étonne, un sourire un peu stupide de celui qui avait encore de nombreuses choses en tête et qui là se retrouve de marbre, pantois, ignorant du futur et innocent comme un chiot imbécile.
De son côté la belle eut un sourire mutin en percevant le désarroi de celui qui était en passe de devenir son indic préféré.

Puis tout revient à la normal, dans le fond de ses yeux une lueur c'est allumé, une petite lueur de l'homme, de l'être, la lueur d'amusement qui existe lorsque l'homme se relance, lorsque le mignon habitué à vendre son corps finalement prend plaisir, une fois, une seule fois ... Cette fois-là, dans ces paroles étonnantes.

"Voilà qui change des choses, on n'est jamais venu me voir pour savoir où l'on pouvait faire d'un homme son ami, normalement les gens, surtout les jolies filles ce débrouillent seul. Mais voilà [il prend 10 Dias] Brom n'as pas eu de relation charnelle connue de toute sa vie, si ce n'est durant sa période de la Plume ... Une, mais la petite qui avait beau être amoureuse en est morte [10 Dias de plus] personne ne sais vraiment pourquoi, mais lui devait savoir... Car il l'a enterrée lui-même. Voilà une historie qui date, soyez heureuse qu'elle ne vous coûte de 18 pièces. »

Il marque quelques secondes de pose durant lesquelles, la rouquine se demandait s’il attendait une nouvelle question. Heureusement elle n’eut pas plus longtemps à patienter.

« Mais alors où allons-nous avec les 70 Dias qui restent, en voilà une grande question ... Je peux vous dire le nom de ses amis, ils sont cinq mais n'ont rien en commun. A 10 Dias chacun ...
50 Dias ? Ah ! Non 60 en vérité ...:
Mais peut être voulez-vous un autre secret plutôt qui se rapporte à la première histoire, je vous le fait pour 60 Dias ...
Ces 60-ci ou alors ce 60 Dias là ? »


*Connaître les amis de Brom Ode'Bahalmarche ! En voilà une aubaine !
_ Oui mais la fin de l’histoire ou quelque chose en rapport… On aimerait bien savoir non ?
_ Mais pour nos projets, les amis serait…*


Mais parfois les choix les plus irrationnels prennent le pas sur les autres :

« Je crois que je préfère la fin de l’histoire…
_ Eh bien, Brom est un Lhurgoyf, ça ne se voit pas, et pour être exact, il le cache il se teint les cheveux et la barbe, ses poils c'est surtout le feu qui fait son office, et il le fait depuis cette histoire, avant c'était juste un pari, avec Pha ou le Duc il semblerait, si aucun des deux ne mourrait pendant la guerre. il était très fier de ce paris, il l'a raconter à tous ... Il devait les garder teint pendant deux ans après la guerre. Puis est arrivé cette histoire de la gamine, depuis il ne se déteint plus les cheveux. On n’a jamais vue le corps de la donzelle, mais certains sont allés fouiller. Il y a deux versions. La première est qu'il n'y avait plus que des cendres, la seconde, qu'elle était défigurée, meurtrie de partout par des griffes énormes ...
Elle s’appelait Audrey ... Et je suis certain, au vue de son regard ce jour-là, que c'est toujours un moyen de pression ... Vous avez qu'à être de sa famille, je dois pouvoir vous en trouver un portrait... »


Un sourire plein de sous-entendu et de projets en gestation illumina le visage de la rouquine. Tenait-elle le moyen d’approcher la légende Brom Ode'Bahalmarche ? Cela valait la peine d’approfondir la question. Cependant un Haut Prêtre qui avait survécu à la Plume, aux guerres ne devait pas être né de la dernière pluie et les traits seuls de la malheureuse maîtresse ne seraient sans doute d’aucune utilité sans un minimum de renseignements sur elle et sa famille. Le Sindarin semblait vouloir en finir avec  l’entretien…

« Et maintenant, maintenant il vous reste 10 pièces, voulez-vous mettre quelque chose d'autre sur la table ? Ou les garder pour vous payer un verre de vin ?
_Le vin attendra. Sera-ce suffisant pour le portrait d’Audrey et de sa famille ? »


Son regard pétillait d’intérêt malgré le calme qu’elle avait appris à imposer à ses postures et son corps de féline.

Il sourit, lui renvoi ce regard presque félin comme celui de quelqu'un qu'on insulte par jeux. Posé en avant sur la table la fixant dans les yeux il répondit avec le calme de celui qui sait qu'il est en position de force.

« Vous croyez vraiment que je vais vous laisser quelque chose comme ça pour 10 pauvres Dias ? Le portrait en lui-même en vaux sept cent sans souci. Si vous comptiez le revendre après. Quant au nom de famille, vue l'influence qu'il pourrait avoir sur Brom c'est bien au-delà de la centaine de Dias qu'il se marchande ... Pour dix Dias je ne vends que des détails ma cher. La couleur de ses yeux à la rigueur ... »

La douche était des plus glacée. Elle qui se  pensait aux portes d’informations qui lui permettrait d’élaborer un plan tenant la route afin de se placer sur celle du forgeron se retrouvait maintenant avec la sensation du plus grand dénuement. Cependant elle parvint à garder son calme. Elle devait absolument avoir ces informations sinon tout ce qu’elle avait négocié jusque-là allait se retrouver vain.

« Je comprends que vous ne vouliez pas brader vos informations. A chaque peine son salaire. Pourtant j’ose insister. Vous m’avez vu bonne et fiable cliente et ces informations sont la dernière pièce d’un puzzle que je dois terminer. Il y a doit sûrement y avoir un moyen de nous entendre sur cette nouvelle transaction. Vous-même devait bien convoiter quelque chose et pourquoi pas quelque chose que je puis vous apporter… »

Elle plongeait son regard agrandi dans ceux de son interlocuteur, regrettant que sa tenue ne soit pas plus « féminine ». Son dernier espoir était que sa vie de taupe qui le maintenait en vie ait développé chez lui des manques et des carences qu’elle pourrait combler contre les derniers renseignements. Le portrait serait déjà une bonne chose et un peu d’imagination et d’aplomb ferait le reste, mais sans idée du visage chéri du Haut Prêtre, elle devrait se lancer dans sa quête un peu à l’aveuglette et elle n’aimait pas cela, mais alors pas du tout….

Mais quoi ? Allait-elle reculer maintenant que son interlocuteur semblait accéder à sa demande ? Ce regard narquois et presque cruel allait-il la faire renoncer ? Pourquoi cette crainte qui l’étreignait à présent ? Ce n’était pas comme si elle n’avait pas l’habitude de se vendre pour quelques Dias. 700Dias étaient assez flatteurs et lui donneraient accès à ce qu’elle était somme toute venue chercher. Cela avait tout d’un acte déraisonné pour  elle qui était habituée à peser soigneusement le pour et le contre mais elle était si près du but qu’elle ne voyait pas le moyen de refuser alors que rien ne l’y contraignait.

« Et bien soit allons donc régler les dettes de votre ami. J’espère juste que vos révélations seront à la hauteur du service rendu… »


Un doute soudain lui traversa l’esprit alors qu’elle n’avait jusque-là pas eu l’occasion de se plaindre de ce qu’elle avait obtenu durant cet entretien où elle avait tour à tour était la souris ou la chatte mais où l’indic tirait tout de même toutes les ficelles. Mais il était trop tard pour se dédire et elle attendit avec une impatience mêlée d’appréhension la suite de la demande en même temps que les informations, contrepartie du marché.

L’autre ne manifesta aucune satisfaction mais se contenta de donner ses instructions comme s’il s’agissait d’un marché ordinaire, tout ce que cette transaction pouvait être après tout pour lui.

« Mon ami s'appelle Lutra Von Castel, un yorka chauve sourit géante pas sympathique, il dirige une petite pègre de rien du tout dans les quartiers nord de Themistos, il ne sait pas où je suis maintenant mais vous non plus.
Une fois-là chose faite on vous portera un petit bout de papier à l'auberge l'odeur du sel sur les quais, dans deux jours...
Elle s'appelait Audrey Azadrym, vous trouverez son portrait à l'adresse qui vous sera indiqué une fois chose faite, la maison est habitée normalement mais vous êtes une ladrini pas la dernières des imbéciles n'est-ce pas ? »


*Yorka chauve-souris pas sympathique. Et bien nous voici dans l’exotisme pas très ragoutant mais à la guerre comme à la guerre…*

L’auberge de « l’Odeur du Sel ». Il avait fallu faire vite et ne pas se poser de question après avoir été reconduite à l’air libre. Elle était devant le miroir crasseux de sa chambre et faisait le compte des ecchymoses qui bleuissaient le rose incarnat de son visage les inspectant du bout des doigts, pour mesurer à quel point elles étaient encore douloureuses. D’autres constellaient le reste de son corps encore ankylosé de la nuit passée avec le Yorka. Bonne occasion d’expérimenter et d’améliorer les petits pouvoirs de guérison qu’elle s’était découverts quelque mois plus tôt. Tout n’avait pas été désagréable, bien au contraire, mais la brutalité de la chauve-souris n’avait d’égal que son appétit pour sa peau de satin et le matin qui l’avait délivrée avait été le bienvenue et il était n’était pas courant pour la courtisane d’en arriver à souhaiter la fin de ses ébats avec ses partenaires. Une douce chaleur irisait le bout de ses doigts et la teinte sombre qui marquait sa pommette droite commençait à refluer lorsqu’un frôlement lui fit dresser l’oreille et poser la main sur sa lame de jet posée à côté d’elle. Elle tourna vivement la tête du côté de la porte pourtant bloquée par une chaise sous la poignée encrassée et patinée par toutes les mains qui l’avaient manipulée. Une enveloppe cachetée trainait à présent sur le sol. Il était inutile qu’elle se précipite dans le couloir. Elle savait qu’elle n’y trouverait rien ni personne. Celui ou celle qui avait délivré le message devait être déjà loin et sans doute rompu à ne pas lasser de trace. En outre, elle  n’avait cure de savoir qui cela pouvait bien être. Seul le contenu du message lui importait.
Elle le ramassa, fit sauter le cachet du revers de l’ongle de son pouce et déplia lentement le parchemin avant de se plonger dans sa lecture. Au fur et à mesure son regard se mit à pétiller et un petit sourire naquit sur ses lèvres.

*De quoi oublier toutes les chauves-souris du monde !*

Elle se félicitait maintenant des différents choix qu’elle avait faits dans cette affaire. Elle aurait pu dépenser sans doute moins, mais parfois le prix signifie un meilleur service. Elle aurait pu reculer devant les mauvaises promesses du regard de son informateur, mais elle ne regrettait à présent plus de s’être soumise aux caprices du Yorka.
Toutes les promesses avaient été tenues de part et d’autre.


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