Entretien informel [Pv Irina]



 
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 Entretien informel [Pv Irina]

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La Tour

MessageSujet: Entretien informel [Pv Irina]   Ven 18 Mar - 2:00

Protéger le Roi demandait une attention constante. Mais plus que cela, ça demande une unité parfaite au sein de la garde : savoir se mouvoir en groupe, réagir comme un tout.
Indistinctement du ressenti qu'on pouvait avoir pour la personne, il fallait savoir résonner avec le soldat à ses côtés et même si on ne perdait jamais complètement son individualité propre, on considérait ses frères comme une présence perpétuelle.

Cette promiscuité pouvait paraître parfois suffocante. Toujours s'entrainer, être sans arrêt attentif, toujours un oeil sur la formation... on évoluait dans une atmosphère opaque. Et c'est cet état permanent de vigilance qui rendait les rares moments de solitude si déroutants par contraste.


Le Roi était en réunion militaire, l'un des rares moments où la Tour pouvait se permettre de se détachée de la garde rapprochée pour aller patrouiller. Seule.
C'était ce genre de moment qu'on attend -parfois pendant des heures- et qui pourtant, quand il survient enfin, n'arrive pas à être savouré à sa juste valeur. A chaque pas qui l'éloignait de la salle de réunion, la Tour hésitait à faire demi tour, comme si un drame pouvait arriver dans une salle pleine d'officiers loyaux.

Même si quelqu'un tentait un assassinat, ses frères de la garde royale étaient en place. Il n'y avait peu de chances de sa présence suffise à changer le court des choses dès lors, aussi aguerrie soit-elle.

Une angoisse lui noua le ventre d'un coup, face à cette pensée, alors qu'elle évoluait seule dans les couloirs : le champion mettait un point d'honneur à être le plus combattif du royaume, pour justement pouvoir faire une différence, mais face à tout le processus de protection de sa Majesté, il n'était finalement que peu de chose. Un rouage.



La Tour pressa le pas, un peu trop écrasée par les couloirs de pierre en cet instant. S'éloignant de plus en plus de l'aile royale et des quartiers nobles, elle avança à grands pas en direction d'une ouverture lumineuse, salvatrice, douchée par les rayons du soleil. Elle méritait un peu de repos, il fallait se forcer à en avoir, rien qu'un brin.

Le champion déboucha au sommet d'un escalier qui s'écoulait sur les jardins intérieurs du Palais. Les plantes n'étaient pas dans un état d'épanouissement le plus majestueux qui puisse être, étant donné les récents changement qui avaient été opérés.
Tout comme le Roi qui le dirige, le palais avait eu récemment droit à un élan de renouveau. Ces changements extérieurs étaient surement autant une conséquence qu'une aide pour la récente prise en main psychique du souverain.

Malgré tout le jardin était touffu, grâces à plusieurs buissons et arbustes, il offrait largement de quoi obstruer la vue. L'absence de fleurs et de couleurs serait surement comblée d'ici quelques semaines.
A vrai dire cet enfer vert étaient un ignoble challenge en terme de sécurité dû aux angles morts, les gardes avaient souvent grogné en le voyant pousser. Pourtant c'était un mal nécessaire pour beaucoup, tant il offrait discrétion et tranquillité à tous les nobles qui voulaient s'isoler.
Tout ce qu'on pouvait espérer c'est que ces boudoirs végétaux serviraient à se bécoter, et non à conspirer.


Pour l'heure, le monochrome verdoyant dissuadait toute frivolité, quasiment personne n'avait encore prit l'habitude de flâner par ici. Du peu qu'il pouvait en juger par l'angle de vue, il semblait même carrément vide.
Pourtant le garde à plumes refusa de descendre de son promontoire. Le sommet des marches lui était plus reposant que de nager entre les feuilles.

Les secondes s'enchainaient, pourtant la quiétude n'eut même pas le temps de monter jusqu'à lui que déjà des bruissements et chuchotements approchaient.

Irina Dranis serpenta hors d'une allée, encadrée de bosquets mais aussi des deux gardes qui la suivaient.
Elle était arrivée au Palais depuis un moment déjà, et elle avait été reçue comme le méritent ses divers titres. Seulement, l'entretient officiel avec le Roi ne devait avoir lieu que demain. Alors en attendant la fin des entretiens militaires, elle devait bien s'occuper. C'était juste surprenant qu'elle ne soit pas auprès de la cour, en sa qualité de Duchesse au moins.

En tout cas...étrange escorte, pour sûr... Juste deux hommes.
La plupart des dignitaires prudents conservaient facilement la demi-douzaine de soldats fidèles, où qu'ils aillent. C'était encombrant mais acceptable, la plupart des grands de ce monde étant soit paranoïaques, soit juste désireux d'étaler la richesse de leur protection.

Les autres, plus modestes, s'en remettaient complètement à la sécurité de l'hôte -par politesse ou manque de moyens- ils ne s'équipaient que d'un protecteur, tout au plus, histoire de marquer le coup.
Deux, ça semblait peut-être anodin mais, par déformation professionnelle, La Tour tiqua.
Insuffisant pour couvrir une pièce, encombrant pour se mouvoir dans les couloirs, ce n'était pas suffisant pour impressionner la cour, ou attirer l'attention dans un rassemblement mondain ; pour tout dire ça semblait juste...dissuasif.
Il y avait peu de chances que les dames engagent la conversation à quelqu'un d'ainsi encadré, là où un simple duo aurait été très vite plus accessible.

Le champion était perdu dans ses pensées et avant même d'avoir réalisé que la tranquillité était justement l'objectif de la prêtresse, il s'était avancé en faisant cliqueter son armure. Il était déjà arrivé en bas des marches au moment où il se rendit compte de ce qu'il faisait ; qu'instinctivement il était allé à sa rencontre pour la saluer. Trop tard pour reculer manifestement.

C'est donc tout naturellement qu'il prit la pose une fois arrivé devant le trio, venu tout droit d'un autre royaume, pour les saluer sobrement d'un mouvement de tête, main sur la garde.

-Mes sincères salutations, Grande Prêtresse de Cimmeria.
Je suis le responsable de la garde Royale de sa Majesté, Thimothé "Ier" Mannus, qui m'a tout naturellement chargé de votre protection, pendant la durée de votre séjour entre ces murs.


Il marque une pause. Il avait tenté d'être formel mais réalise soudainement qu'il n'avait pas du tout observé les règles de bienséance comme il l'aurait fallut. Son approche était pompeuse, certes, mais pas correct pour autant. Mieux vaut improviser dès lors, tant pis pour l'étiquette.

Ceci dit... notre rencontre n'était pas indispensable.. comme vous le savez surement les protocoles de sécurité sont bien sûr déjà en place, à tous les échelons, depuis votre arrivée.
Mais comme je vous croise ici je me sens comme d'un devoir de venir vous présenter mes services de vive voix.
Je veux dire... malgré tout ce qui est prévu.... p'têtre que ça couvre pas vraiment tous vos besoins 'voyez.
On vous a pas beaucoup reçue ici ces dernières années alors bon, tout protocole mis à part, si vous avez la moindre requête, vous pouvez me la formuler comme vous voulez quoi. Chui pas un diplomate de métier, mais mon but c'est quand même que les choses se passent pour le mieux, alors si y'a des trucs qui vous conviennent pas, vu ma position j'espère bien pouvoir arrondir un peu les angles, au moins officieusement.
Être sûr qu'aucun inconfort de couve en silence, pour finalement entraver les bonnes négociations avec sa Majesté.


Il laisse tomber un nouveau blanc, conscient de peut-être se répandre pour pas grand chose.
En jetant un oeil aux deux gardes -presque un contraste l'un de l'autre- il se surprend à les jauger. Par instinct défensif plus que par orgueil il tente d'estimer sa capacité à les neutraliser, autant qu'on puisse le faire au premier coup d'oeil : leur position, leur regard, l'amplitude offerte par leur tenue, plutôt tournés pour défendre l'atout ou à abattre la menace...
mais avant de conclure son examen, le champion secoue la tête malgré lui à l'intérieur de son casque, comme pour se dissuader de rentrer dans un tel jeu de mesure. Les plumes se balancent légèrement sur ses tempes sous le coup de son tressaillement impulsif.

-Si vous permettez, je peux vous conduire à un endroit plus confortable, histoire d'écarter un ou deux sujets de préoccupation. Au moins pour moi.

La Tour lance un regard circulaire, autant que la fente de son casque lui permet en tout cas. Il regardait les points d'accès du jardin, d'où des nobles pourraient débarquer d'un moment à l'autre, comme si il s'agissait d'archers assassins prêts à sévir.
Leur rencontre était le fruit du hasard, et il était complètement hors des tracés du protocole, surtout vu le rang religieux et politique de son interlocutrice. Mais malgré l'impromptu de la situation, il y avait un sujet qu'il était impatient d'aborder, en privé.


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 :: Vipère Ecarlate ::

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Irina Dranis

MessageSujet: Re: Entretien informel [Pv Irina]   Mer 30 Mar - 8:03


Entretien Informel

La Tour . Irina

Ces discussion frivoles, ces sourires vaniteux, cette surabondance de crêpés et de bijoux, tous ces visages empreints d’attente et de critique rendaient Irina malade, presque littéralement. La pression externe ne lui était pas inconnue et depuis des années elle avait supporté bien plus que ce qu’elle aurait cru possible. Cependant au milieu de cette foule compacte de voyeurs dégoulinants de supériorité, sa dignité, son calme et sa patience étaient à bout. D’une courbette un peu raide elle s’était effacée à travers les colonnades de la salle, quelques excuses balbutiées au dernier couple de nobles qui l’avait approchée. C’est avec soulagement qu’elle retrouva l’air frais extérieur, à travers les portes qui donnaient sur les magnifiques jardins du palais. Au moins un petit coin ici qui lui semblait tenu loin de l’atmosphère pesante de la cour.

Kallen et Arthwÿs sur les talons, elle s’engouffra dans l’allée de graviers qui serpentait entre la végétation, ignorant le léger cliquetis que faisaient ses talons. Idéalement elle aurait bien dispensé ses hommes afin de retrouver un peu de solitude, seulement l’image du visage sévère de Léogan l’en empêcha. Et il ne serait certainement pas le seul à désapprouver son sens des priorités. Les yeux clairs de l’officier étaient perçants dans son dos et elle n’avait pas besoin de se retourner pour savoir à qui ils appartenaient, ou quelle en était la cause. Elle n’était que trop consciente de la problématique récurrente concernant les mesures de sécurité, toujours en conflit avec ce qu’elle était prête à concéder de son espace vital.
Par ailleurs son garde du corps se détendit légèrement en suivant la lignée de ses pensées de plus en plus mesurées. Être entourée de télépathes avait du bon, quoi que parfois l’intimité en prenne un coup. Heureusement c’était un mal relatif et le jeu en valait la chandelle. Depuis des années Irina était exposée à ce pouvoir désarmant, ce qui l’avait poussée à apprendre à sceller ce qui devait rester privé même si elle n’avait pas le même don. Et ce n’était pas plus mal d’avoir un peu de retenue, après tout ce serait dommage de donner des cauchemars à ce pauvre Arthwÿs.


« Nous avons de la visite. Encore. » La voix de Kallen était à peine audible, mais ce fut suffisant à éclater la bulle dans laquelle se trouvait la Grande Prêtresse. Levant le regard elle reconnut assez rapidement la silhouette en armure et le casque orné de plumes, et ce bien qu’elle n’ait pas eu le loisir de le voir longtemps en personne. La Tour. Un nom bien connu de tout Eridanien et souvent même hors frontières. Surprise sur le coup, elle se demanda ce que le guerrier pouvait bien lui vouloir, d’autant plus qu’il n’avait pas pour réputation d’être particulièrement sociable. Naturellement elle fit un léger pas en sa direction, les deux hommes adaptant leur positions sans un bruit.

« Je vous remercie, Sire. » Elle s’arrêta, intriguée. « Dois-je vous appeler la Tour ? Ce surnom me paraît réducteur... hélas c’est le seul que je vous connaisse. J’ignore quel est votre nom, à supposer que vous veuillez me le révéler. »

On ne savait pas grand chose de cet homme si ce n’est qu’il était aussi compétent qu’effacé. À sa connaissance il était déjà inhabituel qu’il approche quelqu’un en public pour des raisons qui n’étaient manifestement pas un ordre royal. Comme il le faisait remarquer, si cela avait été le cas il lui aurait communiqué tout cela à son arrivée ou bien aurait fait transmettre un message discrètement. Cette approche, dont les motivations lui échappaient, était très étrange.
‘Présenter ses services’ ? Irina haussa un sourcil d’incompréhension, se demandant ce qu’il pouvait bien vouloir dire. Penchant la tête sur le côté en attendant la suite, elle se laissa ses mains jointes reposer contre l’étoffe de ses jupons vert-pâle. Son interlocuteur semblait hésitant et presque timide, trébuchant sur les mots alors qu’il tentait de s’expliquer. Son parler s’en ressentit aussitôt et devint moins soigné, ce qui au final ne la dérangeait pas. Un peu de naturel au milieu de ce monde saupoudré d’or, cela faisait presque du bien. Amusée elle lui accorda un sourire, entreprenant de continuer sa marche à ses côtés. Ce serait toujours moins gauche que de rester plantés sur place à se regarder dans le blanc de l’œil.


« J’ai humblement rejeté les invitations car j’ai toujours pensé que le palais était un lieu qui ne me correspondait pas, je n’ai jamais vraiment pris la peine de le cacher. C’est un milieu trop élitiste pour quelqu’un qui n’a pas hérité de titres ou de terres à la naissance, et un peu trop raffiné pour ceux qui passent le plus clair de leur temps les pinces et le scalpel à la main. » Elle haussa les épaules, peu préoccupée par les interprétations qui pourraient être tirées de ses mots. C’était criant de vérité de toute façon, alors pourquoi le nier ? Il était évident qu’elle méprisait la noblesse au moins autant qu’ils ne la méprisaient pour son ascension éclair. Comme si elle l’avait choisi... « Néanmoins j’apprécie votre sollicitude. C’est fort chevaleresque de vous enquérir de ma situation en personne. »

S’il n’y avait nul doute que les intérêts de la couronne étaient sa préoccupation première, cette raison présentée seule continuait de lui paraître bancale. Acceptant de le suivre quoique toujours sceptique, elle haussa les épaules. « Euh, si vous voulez oui. Tant que je peux m’éloigner du bruit et des questions incessantes, j’imagine que ça me va. » Irina leva la tête, tentant de discerner un regard à travers la fente métallique, sans grand succès. « Je doute avoir une requête à vous présenter dans les temps à venir à moins d’un imprévu sérieux. Je ne suis pas vraiment du genre à profiter de l’aide qu’on m’offre, quoique ce soit parfois tentant... »




« Some may call it a curse, a life like mine,... but others, a blessing.
It's certainly a lonely life but a fulfilling one at best. It's my cross to bear but I bear it gladly.
Someone has to take a stand against evil. Why should it not be me ?
 »
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MessageSujet: Re: Entretien informel [Pv Irina]   Mer 28 Déc - 3:01

Il avait automatiquement suivi le mouvement dès qu'elle avait relancé la marche, quoiqu'un peu surpris, étant lui même trop concentré sur la conversation pour penser à bouger un peu.

Une fois ou deux, la Tour jeta quelques regards en arrière -autant que la visière le lui permettait- essayant tant bien que mal de cerner les gardes de la prêtresse. Ses demi-tours paraissaient un peu grotesques, le forçant à marcher parfois en crabe, mais il ne sembla pas s'en préoccuper une seule seconde. Il y avait peu de chances qu'ils révèlent quoi que ce soit, ils étaient suffisamment entrainés pour cacher leurs émotions, mais le moindre indice sur leur caractère aiderait surement à éviter de commettre un impaire diplomatique.

Il se contenta d'abord de revenir vers l'escalier où il avait débouché, un peu passivement pendant quelques mètres, jusqu'à ce que l'envol d'une corneille ne le ramène à lui, suite à quoi il continua le dialogue :

-Vous avez cas m'appeler Dargor, si vraiment mon titre vous parait trop inadéquat à utiliser. C'est le nom de code qu'on me donnait au sein de la garde le mois passé, il est plus pratique à employer et au moins je suis sûr d'y réagir.
Venez, suivez-moi, allons plutôt par là, il y a un salon pas trop loin on pourra s'asseoir un instant, on sera sûrs d'y être à l'écart du bruit...


Pendant qu'il l'invitait à retourner dans l'un des bâtiments qui cerclait la cours, sa phrase resta en suspend. Si il pouvait l'isoler du bruit, il y avait peu de chances qu'il puisse lui épargner les "questions incessantes", comme elle l'aurait souhaité, car il en avait quelques-unes à lui infliger lui-même. Il se sentit coupable un instant de devoir l'entrainer exactement dans le genre d'entretien auquel elle avait voulu échapper dans les jardins, mais l'occasion était trop belle pour hésiter.

Il prit le devant de la marche, coupant court au moindre dialogue. Traversant le couloir avec de longues enjambées, il commençait même à prendre un peu d'avance sur la Grande Prêtresse, choisissant de saluer au passage chacun des gardes qu'il pouvait croiser. Le geste du champion n'était pas toujours aussi impeccable que le code militaire le réclamait, mais il prenait la peine de saluer même les moins gradés -immobile devant des portes ou des jonctions- ne serait-ce qu'avec un signe de tête discret, là où il aurait été normalement en droit de les ignorer étant donné leur écart hiérarchique.

Sa ruade prit fin devant une double porte, ouverte et gardée.
Il s'agissait de l'une des extrémités d'une grande bibliothèque, haute de deux étages et fourmillant d'étagères. Une légion d'échelles gardait les lieux, reliant à la fois les rayons et les étages entre eux, de façon à ce que n'importe quel endroit soit rapidement accessible.
Elle n'avait surement rien à voir avec la majestueuse bibliothèque des Lumières, mais était certainement très bien fournie malgré tout.

La Tour attendit le trio, et enchaîna le pas directement, sans plus de mots, que ce soit aux gardes ou aux invités du nord.

Plutôt que de pénétrer réellement dans la bibliothèque luxuriante, il se contenta de progresser à sa périphérie, le long du mur, il passa furtivement derrière une armoire pour y déverrouiller une porte, vaguement dissimulée dans un coin.

-Voilà voilà, installez vous... vraiment désolé de vous balader comme ça, hésitez pas à vous servir pour compenser la peine, vraiment, c'est une salle de lecture privée, mais en l'état ... personne n'y trouvera à redire. Les gens susceptibles d'y venir sont en réunion et ma requête auprès de vous mérite bien pareil lieu pour être entendue.
.... je pense que vos gardes peuvent venir aussi, sauf si ils préfèrent attendre dehors peut-être.


Il avait serré les dents malgré lui pendant cette dernière phrase, en espérant fort que ça ne se soit pas entendu. Ça allait surement paraitre très discourtois étant donné le niveau de confiance qu'ils devaient avoir entre eux.

La pièce devait bien faire vingt mètres carrés, encore que la riche décoration la rendait beaucoup plus petite.
Une lucarne en losange donnait sur l'extérieur, trop épaisse pour qu'on voit correctement au travers, elle laissait tout de même entrer énormément de lumière jusqu'aux murs rouges foncés.

Les meubles étaient luxueux, mais l'ambiance plutôt donnée au confort, si bien qu'on y ressentait de l'apaisement plus que de la grâce.
Surement qu'aucun entretient officiel ne se faisait ici, mais toutes les conditions y étaient pour faciliter les grandes décisions. Seul, avec un livre, ou accompagné d'un collaborateur prometteur.

Une large âtre était présente. Elle était rutilante tant son usage devait être rarissime, étant donné le risque pour le livres (non seulement ceux de la grande bibliothèque voisine, mais aussi de ceux posés dans l'unique armoire présente dans cette pièce).
Peut-être même qu'il était interdit de l'allumer, marchait-elle seulement?
Quoi qu'il en soit elle était là, au moins pour le confort de l'esprit.

Un épais fauteuil trônait au milieu de la salle, accompagné d'une commode contenant des verres et de deux tables basses. Tous ces meubles portaient des corbeilles de fruits et des bouteilles de divers formes, leur disposition pouvait sembler anodine et purement décorative, mais le moindre regard appuyé pourrait confirmer ce que la logique suggérait : c'était des mets et breuvages aussi rares qu'hétéroclites.

Divers chaises rembourrées cerclaient la pièce, presque une demi douzaine. La pièce en paraissait presque surchargée, mais il était tellement facile de s'y mouvoir qu'on avait aucun mal à croire que tout avait été disposé minutieusement pour y détendre les occupants.

La Tour fit quelques pas en attendant qu'ils s'installent à leur convenance, elle était à nouveau hésitante après avoir quasiment fendu un couloir en deux par son allure.

Dargor jouait avec une reproduction de bateau, sculptée et soigneusement peinte, qu'il venait de prendre sur la commode.
Il la manipulait avec attention tout en parlant, plutôt que de regarder son interlocutrice, comme un enfant cherchant ses mots. C'était surement plus perturbant encore que l'armure qu'il gardait constamment, précisément le genre de reproches que pouvaient faire les nobles à son propos.

-Voilà il se trouve que là d'où vous venez, à Hellas... justement là d'où vous venez... Il y a des hommes, sur lesquels j'enquête et... rien n'est encore sûr, c'est pour ça que cette rencontre est délicate autant qu'opportune, le Roi désapprouverait surement ma manoeuvre... oh mais , pas mon intention ?! Il ne désapprouve pas l'enquête. J'entends juste par là que c'est une enquêtes officielle, du genre dont il aurait pu vous parler lui même.. si ce n'est qu'elle est incertaine encore.

Bref : on m'a rapporté qu'un conspirateur est à Hellas, il était membre -et est surement encore membre je le pense- d'un groupe de mercenaires spécialisés dans la récolte d'informations secrètes et de détournement de biens. Argent, armes ou rumeurs corruptrices.

Je sais que vous avez beaucoup de crises à gérer en ce moment, mais justement parce que vous avez beaucoup d'évènements colossaux sur les bras, je pense que ce groupe peut-être particulièrement nocif.
C'est pourquoi je force cette rencontre, pas pour vous rajouter un fardeau mais pour vous proposer d'en tuer un dans l'oeuf.
Dans le meilleur des cas c'est juste un espion retraité qui veut se cacher dans vos murs et à qui on peut soutirer des informations, mais il y a trop de risques que ce soit un conspirateur amené par vos opposants. Peut-être pas un assassin, pas dans ce genre.. mais il vous nuira, c'est sûr, si ce n'est pas dans cette guerre, ce sera pour prendre ses marques et vous détrôner par la suite.

J'en suis.. j'en suis tellement certain, sans preuves, certes, mais c'est une conviction qui m'empoigne assez pour vous amener ici, maintenant...
Et je me doute, je le sens : c'est trop peu peut-être pour vous, pas assez urgent, pas assez immédiat en comparaison du reste, mais je pense.. je crois vraiment que je devrais vous accompagner.. en tout cas je pourrais, si vous le vouliez, non pas que le Roi proposera, mais.. ce serait pour la mission, je pense pouvoir me faire entendre auprès de lui, si vous acceptez de me recevoir sur vos terres quand vous repartirez, si vous voulez...je me ferai passer pour une aide armée du royaume, chargé de vous escorter.. non pas que vos gardes ne puissent le faire... mais en vu d'assister les manoeuvres que vous affronterez, officiellement, et je me chargerai de l'enquête pour vous, contre ce groupe, officieusement... je suis sûr d'avoir des infos utiles pour vos services, là-bas. Sans insulter leur compétence... je sais que vous ne vous entendez pas forcément bien avec Eridania. mais....
Je suis sûr qu'il le faut, aussi bancale que ça puisse vous paraître à vous.



Sa litanie avait été pitoyable, au mieux.
Chaque hésitation était certes reprise par une affirmation ferme, mais immédiatement re-dégonflée par un balbutiement. Son discours aurait parut cent fois plus convainquant si il avait juste été hésitant tout du long, mais c'est cette dissonance constante qui faisait l'incohérence de sa position.

Une chose et certaine il n'avait pas préparé son briefing cette fois.

Pourtant il se redressa et fixait Irina dans les yeux, imperturbable désormais. Manifestement il n'était pas vraiment intimidé par vous, mais plutôt par la propre consistance de ses informations et de sa mission.


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Irina Dranis

MessageSujet: Re: Entretien informel [Pv Irina]   Mer 1 Fév - 21:40



Entretien Informel

La Tour . Irina

Son pas était léger, tenant plus de la promenade que de la visite. Irina avait écouté avec prudence, sans trop savoir à quoi s'attendre d'un personnage aussi réservé. Bien sûr étant donnée sa position cela n'avait rien d'étrange d'être approchée par un inconnu, seulement ce genre de phénomène était bien plus inhabituel à Eridania, où son statut de duchesse suffisait généralement à garder ses semblables à une distance raisonnable. Ici exit l'affection populaire et la modeste chaleur que lui vouaient les Cimmériens, bonjour la méfiance et l'attention indiscrète des Eridaniens, qui encore aujourd'hui tissaient toutes sortes de ragots à son sujet. Enfin, au moins avait-elle eu le temps de s'y faire depuis le temps.

Ses yeux verts oscillaient tantôt sur les allées du jardin tantôt sur le ciel et les nuages qui couraient au-dessus de leurs têtes. Accordant son rythme de marche à celui de la Tour, Irina le laissa volontairement décider de la direction à prendre. Il ne lui restait finalement que ces petits riens pour en apprendre plus sur cet homme dont même le nom était un mystère. Par conséquent son sourcil se haussa instinctivement lorsqu'il lui en donna un.


« Sire Dargor... » Elle fit rouler le nom sur sa langue avec curiosité. L'ajout du 'sire', légèrement amusé, lui donnait presque l'air d'un nom propre.

C'était étrange qu'il lui donne un nom de code plutôt qu'un autre pseudonyme, néanmoins elle ne se présenta pas à contre courant. Acquiesçant sobrement de la tête Irina suivit le champion d'Hespéria sans se retourner. Ses gardes du corps suivirent sans un bruit, assez près pour agir en cas de besoin et assez loin pour les laisser discuter.
Saluant également les hommes sur son passage d'un signe de tête, Irina agissait comme à son habitude. À vrai dire elle se sentait plus à l'aise entourée de militaires que de nobles, ne fusse que par habitude d'être toujours accompagnée au temple de Kesha. Et puis les soldats étaient habituellement directs et faciles à cerner. Leurs secondes intentions étaient rarement très poussées, à supposer qu'ils en aient. Un point positif non négligeable.

Tenant ses longues jupes blanches du bout des doigts, Irina entra dans la salle de lecture qu'elle observa à la ronde. Les lieux étaient apparemment paisibles et peu utilisés, ce qui lui attira rapidement sa sympathie. C'était le genre de coin où elle aimait s'isoler pour se plonger dans ses recherches ou simplement un bon livre. Des objets divers attirèrent bien son regard, mais étant donnée la nature de l'invitation qui l'avait amenée, elle revint vite à leur conversation.


« Une balade n'est désagréable que lorsqu'on est en mauvaise compagnie. » Dit-elle avec un brin de jeu dans le regard, tandis qu'elle prenait place sur un des nombreux sièges.

Un regard échangé avec ses suivants fut suffisant à ce qu'ils décident eux-mêmes de la marche à suivre... ou qu'un échange télépathique scelle leur concertation. Kallen se tint dehors avec une moue peu satisfaite, tandis qu'Arthwÿs ferma doucement la porte et se tint à l'intérieur, bas croisés sur son impeccable uniforme. Ces deux là étaient littéralement muets comme des tombes et méticuleux au possible, collant si fort au protocole qu'ils la faisaient se sentir coupable de vouloir y déroger. Toutefois leur silence parfois pesant la mettait parfois mal à l'aise. En des moments pareils la courtoise compagnie de son conseiller Isköld lui manquait, tout comme les conversations dont il semblait ne jamais être à court.
D'un regard un peu absent, la rouquine observa les jeux de lumière qui traversaient la fenêtre ; les oreilles tournées vers la voix de son hôte. Ce discours confus, ces phrases alignées avec hésitation et un brin de maladresse étaient certainement plus long que ce dont il avait l'habitude. C'est pourquoi son attention fut pleine et entière, et elle n'osa pas l'interrompre avant qu'il ait terminé. Dargor se rétracterait certainement au moindre signe de désintérêt ou de contrariété.

D'autre part cette espèce de mise en garde avait de quoi lui mettre la puce à l'oreille. C'était un sujet délicat abordé de façon abrupte, ce qui ne le rendait pas moins important. Sourcil haussé devant l'approche frontale, Irina replaça nonchalamment une mèche rousse derrière son oreille. Ce genre de coiffure sophistiquée n'était pas son genre et elle n'aurait certainement pas cédé là-dessus si son image n'était pas dépendante des apparences. Soupirant à cette pensée, elle en revint à ces suspicions que lui dévoilait la Tour.
C'était en effet pour le moins peu conventionnel qu'il lui parle de conspirations et d'espions sans en informer Thimothée en première main. Plus, qu'il l'informe secrètement dans le dos de son Roi, sûrement peu enclin à approuver une telle démarche. Son expression se durcit visiblement alors qu'elle pèse le poids de la supposée menace. Ce n'était pas tant qu'elle ne prenne pas ce genre d'avertissement au sérieux. C'est plutôt que tout ça était vachement grave, embrouillé, et... inattendu.

Secouant légèrement la tête en regardant vers lui, Irina regarde ses doigts gantés se refermer prudemment sur un petit bateau en bois. Silencieuse pendant de longues secondes, elle cille dans l'espoir que lumière se fasse dans son cerveau. Nombre d'hypothèses se mirent à fermenter dans un coin de sa tête, y compris les plus saugrenues.
Pourquoi un homme de main du Roi -un des plus célèbres même- irait prendre de pareils risques du jour au lendemain ? Cela ne faisait aucun sens. Ils ne se connaissaient pas d'un point de vue personnel, ils ne s'étaient jamais rencontrés avant, et en plus un complot Cimmérien n'aurait que peu ou pas d'impact direct sur les royaumes voisins. D'un point de vue international beaucoup se méfiaient de la popularité grandissante et des liens tentaculaires d'une simple duchesse ; voyant dans ce genre de complots un frein nécessaire à son ascension sociale et politique. Alors pourquoi une telle urgence, pourquoi une telle inquiétude ? Réfléchissant à comment répondre, Irina fut interrompue par une voix ferme dans sa tête. Ce n'était qu'un murmure, mais un murmure pour le moins sceptique.

~ Madame, ce comportement est des plus suspects. ~

Irina soupira discrètement et inspira profondément. Ce genre d'ambitieuse proposition avait évidemment de quoi mettre la puce à l'oreille des plus naïfs... or en la matière elle avait dépassé le cap depuis un paquet d'années. La Tour pouvait être lui-même un espion envoyé pour la surveiller de près, auquel cas le voir fourrer le nez dans ses affaires n'avait rien de positif. Et ce n'était qu'une des possibilités peu engageantes qui se prêtaient à cette initiative. En outre le voir plaider avec autant d'intensité sans présenter la moindre preuve ne jouait pas non plus en sa faveur.

« Si c'est de quelques semaines de permission dont vous avez besoin, je devrais pouvoir en toucher deux mots en votre faveur à sa Majesté, sire Dargor. » Elle ne put s'empêcher d'ironiser, mais s'expliqua finalement en réalisant qu'il ne saisissait pas le trait d'humour. « Je plaisante, ne vous en faites pas. »

Après quelques secondes elle posa l'avant bras sur l'accoudoir de son siège et appuya son visage dans sa paume, très calme. « Comprenez que c'est assez difficile d'accepter vos dires comme une vérité absolue... si précipitamment et sans preuves tangibles. Des conspirations et des cabales il y en a dans le trognon de tous les pays et le mien ne fait pas exception j'en ai peur. Enfin, vous vivez à la cour de sa Majesté Thimothée, je suis sûre que vous savez de quoi je parle. » Sa main libre dansa dans l'air avec légèreté, le laissant méditer sur l'hypocrisie de la majorité des gens au palais.

« Enfin j'aimerais savoir ce qui vous rend aussi sûr de vous, si certain que la menace est réelle et imminente. Quelles informations possédez-vous, avez-vous seulement une idée de l'identité de l'agent que vous avez mentionné ? » Observant toujours cette espèce de timidité avec laquelle il se tenait, Irina lui laisse le temps de répondre avant de poursuivre sur le même ton dubitatif.
« Et ne serait-ce pas bien plus simple pour vous de me dire tout ce qu'il y a à savoir de façon à ce que mes hommes mènent eux-mêmes l'enquête pendant que vous avez la conscience tranquille ? À supposer que sa Majesté accepte de vous laisser partir comme ça, ce dont je doute... pourquoi iriez-vous jusqu'à mettre vos fonctions en suspens pour veiller sur moi ? En toute honnêteté je doute que ma sécurité vous concerne personnellement, à moins que quelque chose ne m'échappe ? » Irina le regardait franchement depuis son siège, cherchant à voir au-delà de cette armure ambulante qui recouvrait bien plus qu'un corps.

« En plus du reste n'en déplaise à qui voudra, je ne porte aucune hostilité à votre royaume. Je dirais même que j'ai davantage contribué à sa croissance que bon nombre de ses natifs. Croyez-vous que Nivéria soit devenue une terre d'asile et de prospérité par magie, ou que les bonnes relations diplomatiques actuelles entre Cimméria et Eridania soient une malencontreuse coïncidence ? » Irina soupira avec lassitude, se demandant même pourquoi elle prenait la peine de s'expliquer. C'était sans doute une perte de temps. « Ce n'est pas votre pays que je n'aime pas, ce sont ses... grandiloquences superflues. » Ou plutôt les bouffons qui les déblatéraient à longueur de journée, comme si leurs pompeuses existences seules suffisaient à nourrir le petit peuple.



« Some may call it a curse, a life like mine,... but others, a blessing.
It's certainly a lonely life but a fulfilling one at best. It's my cross to bear but I bear it gladly.
Someone has to take a stand against evil. Why should it not be me ?
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La Tour

MessageSujet: Re: Entretien informel [Pv Irina]   Jeu 2 Fév - 4:15

La Tour avait entendu un léger grincement venir de la maquette en bois à mesure qu'elle la malaxait entre ses mains, durant son discours. Pourtant Dargor la garda en main à mesure qu'il analysait la réponse d'Irina.

Il préféra se concentrer sur les détails de ses réactions, plutôt que de devoir se remémorer la maladresse de son propre exposé. De toute évidence elle ne pouvait pas se contenter d'une si légère présentation, c'était à prévoir, et pourtant le dit Dargor se sentit légèrement contrarié de devoir approfondir les méandres de cette triste affaire.

Le bateau continuait de tourner doucement dans l'une de ses mains, pendant qu'il prenait appui sur le bord d'un meuble en s'aidant de l'autre.
Il fallait réfléchir à la façon la plus efficace de présenter cela. Elle avait la politesse de l'écouter, il fallait au moins tenter d'arranger ses idées pour les lui transmettre d'une façon plus calme.

-Je ne remettais pas en doute votre compassion pour ce pays ou ses gens.. seulement j'imagine que vous avez mieux à faire que de prendre une mission venue de notre royaume. C'est donc déjà généreux d'écouter la teneur de cette affaire...

Là dessus, le Champion prit la peine de jeter un regard au garde dans la pièce. Qu'il écoute réellement ou non cette conversation, il était autant à remercier pour son temps que la Prêtresse elle même, il savait le genre d'attention et de sacrifice qu'une telle fonction d'escorte demandait, malgré son silence.

-En ce ce qui concerne son importance à nos yeux : il s'agit d'un groupe que nous visons nous même, afin de le démanteler. Il est à savoir que leur chef a oeuvré principalement depuis Noathis, pendant des années -certaines sources prétendent même qu'il s'agit d'une branche des Nérozias, mais c'est encore à prouver- et ils ont frappé l'est d'Eridania bien souvent déjà.

Il s'agit donc tout autant de notre problème que du votre.

Dargor se releva, et sans faire trop de pas il tourna légèrement sur place, les bras croisés. Il avait censé de triturer le navire prisonnier de sa main, mais le conserve pourtant immobile au creux de cuir son gant.
La Tour se trouvait désormais devant le garde qui tenait la porte, elle réfléchissait aux informations utiles à la suite de son récit.

Malgré sa concentration, le soldat ne pu s'empêcher de scruter ce garde étranger, présent entre lui et la sortie, tentant de le jauger à nouveau, comme une sorte de déformation professionnelle compulsive. Estimer la menace potentielle, même improbable.

Arriverait-il seulement à s'en défaire dans un endroit si étroit? Accompagner une telle personnalité sur un si long voyage, ce ne pouvait être qu'un serviteur loyal, il devait être plus que capable à assurer sa sécurité.
Il pourrait lui lancer de foutu bateau au visage, tenter de le plaquer contre le mur et ensuite l'incapaciter en brisant l'une des incalculables bouteilles pullulant dans le paysage alentour.
Mais par sa posture... non, il ne se laisserait surement pas surprendre par une distraction si faiblarde, et quand bien même il restait l'autre à l'extérieur.. il restait même leur précieux colis assis juste là. Dans quelle mesure pourrait-elle intervenir dans l'empoignade...

Comme prit d'un léger sursaut il en revint à la conversation présente.

-Et aussi !  A propos des preuves, c'est malheureusement bien trop tortueux pour que je puisse juste vous les transférer aussi simplement.. c'est la raison de notre présence ici encore une fois : tenter de vous convaincre en l'absence d'élément tangible. C'est l'une des complexité de ce groupe, ils opèrent avec une infinie patience, et les seuls éléments que j'ai ne sont jamais que des témoignages et des forfaits déjà longtemps dissipés dans la nuit. C'est d'ailleurs l'une des certitudes que nous avons : il ne s'agit pas juste d'un groupe de voleurs avides, ou de politiciens ambitieux et peu scrupuleux. Les cibles sont bien trop abstraites. Ni objets de valeur, ni même des biens juridiques. Il s'agit réellement de vols d'informations et de détournements d'influence. Ce qui semblait juste de la paranoïa et des incidents anodins pour beaucoup deviennent vite des cultes et des rébellions, qui explosent à des moment clef.


Pour Cimmeria précisément : c'est un informateur, un agent de confiance, qui m'a péniblement renseigné sur l'exportation de ce groupe sur votre territoire. Le pauvre a été très sévèrement touché par une toxine, ou une magie corruptrice, et il n'a pu me rapporter que des éléments confus dans son délire. Si l'ensemble prenait assez logiquement forme pour que j'ose venir vous en parler, les détails étaient quant à eux bien trop nébuleux... il s'agissait de mots isolés, de métaphores vaporeuses, des allusions...



Il avait continué à parler en faisant encore face au garde jusqu'alors, la tête que vaguement tournée vers la Haute Prêtresse. Mais pour la suite il prit la peine de se laisser tomber sur un fauteuil, face à elle, posant sa maquette sur l'accoudoir :

-J'ai honte de le dire maintenant, mais dans l'urgence de ma rencontre avec lui, je n'ai rien eu le temps de noter, j'ai retenu des phrases fortes, du charabia évocateur quant à l'identité et aux procédures des espions, mais rien de vraiment précis.

C'est pour ça que j'ai besoin d'y aller... si un symbole, ou un visage me revenait.. une odeur peut-être même ! Bref, je suis quasiment certain de me remémorer les mots clefs que le bougre à tenter de me transmettre avant de mourir du poison. Grâce à lui je dois pouvoir distinguer, dans le décor, des signes caractéristiques de leurs opérations, à Hellas.

Ce sont des indices qui pourraient faire suite à des croquis, des plans et des schémas que nous avions déjà trouvés abandonnés dans certains de leurs repaires.
Isolés, ils sont usés et anodins ; regroupés, ils sont les pièces d'une organisation, et j'ai pu être témoin de plusieurs de ces découvertes, c'est pour ça que je dois venir moi même.


La Tour se laisse couler contre le dossier dans un soupir de cliquetis métalliques, la voix désormais moins pressante.

-Croyez bien que j'aimerais éviter de m'engager dans un si long trajet, abandonner le Roi, vous imposer ma présence... Mais je crois être un des rares à avoir enquêté sur plusieurs lieux victimes des tumultes de ce groupe, c'est moi le plus indiqué pour continuer l'enquête, car il est hors de question de les laisser exporter leurs affaires illégales dans un autre royaume encore.


Dargor reste enfoncé dans le fauteuil en silence. Le regard perdu vers le bas, il semble encore chercher dans sa mémoire des éléments percutants qui pourraient définitivement convaincre du bien fondé de sa croisade. Quelque chose de suffisant pour rallier la confiance de cette noble, qui refusait de l'être vraiment, et paraissait parfois autant amusée qu'agacée par les éléments qu'elle se prenait à critiquer.


A côté de lui repose donc la représentation en bois d'une petite frégate, à deux mâts.
A l'instar du récit de La Tour elle semble fragile, à peine plus grande qu'une main, on pense en avoir vite fait le tour et on distingue très vite les parties de son vernie qui on été écaillées par ses mouvement répétés. Et pourtant elle demeure bien intacte et parfaitement droite sur l'accoudoir. Plus on la scrute plus les détails de l'oeuvre semblent précis.
Qu'on se penche un peu et on devinerait presque les personnages qu'on a collés à l'intérieur.


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Irina Dranis

MessageSujet: Re: Entretien informel [Pv Irina]   Mer 8 Fév - 20:10


Entretien Informel

La Tour . Irina

Irina ne savait que penser de la maigre déférence de la Tour, ni de la ribambelle d'idées reçues qui semblaient lui dessiner les contours de son monde monochrome. Le soldat se braquait dans un jugement aveugle et manichéen qui loin de représenter une menace, n'en restait pas moins consternant. Son expression hermétique ne trahissait pas une once d'émotion palpable. Croisant une jambe sur l'autre dans un mouvement discret sous sa longue robe, Irina laisser l'ironie s'exprimer pour elle.

« Ce ne serait pas la première fois et probablement pas la dernière non plus. J'ai renoncé à être indifférente à l'avenir du royaume le jour où j'ai accepté de devenir duchesse. Enfin, qu'importe. »

Évidemment ce n'était pas synonyme de se jeter tête la première dans tous les faits divers et autres affaires du genre, mais rien ne l'empêchait de prêter une oreille à ce qui se tramait sous ses yeux... Aussi invraisemblable que cela puisse être. Et dans le genre abracadabrant, Dragor était bien parti.
Ayant du mal à arrêter le flot ininterrompu qui se déversait de derrière le casque, la rouquine écouta ces sommaires et confus déroulements, le regard dans le creux des jeux de lumière qui perçaient depuis la fenêtre. Un rictus de mauvaise augure pliait petit à petit ses lèvres carmin, d'une moue à la fois très féminine et impérieuse. C'est que ces quelques détails ne faisaient que soulever d'autres questions, et en rajouter une couche à son scepticisme.

« Un groupe œuvrant depuis Noathis depuis aussi longtemps ? Ça fait drôlement vague si l'on prend en compte le fait que la région est au moins aussi vaste qu'Eridania entière, mais soit. » Elle tambourine sur l'accoudoir de son siège du bout des doigts, considérant les implications que cela pouvait avoir, à supposer que ce soit vrai. « Vous dites qu'ils ont frappé l'est du royaume, qu'est-ce que cela signifie ? Ont-ils pillé, ont-ils volé des informations, ont-ils cherché à souiller la réputation du Roi ? »

Très franchement de son point de vue et peu importe l'angle d'approche, c'était une affaire strictement Eridanienne. Peut-être parce que Cimméria n'avait pas des masses de ressources qui susciteraient l'envie des étrangers. Leur territoire était très bien gardé depuis la guerre, un vrai enfer pour quiconque n'était pas préparé au froid. De plus les chaînes montagneuses rendaient leurs frontières quasiment impossibles à franchir sans attirer l'attention. Sans mentionner le fait qu'elle ait personnellement accès à tous les rapports de l'armée via son cher et désabusé général. Si un groupe organisé avait frappé sur ses terres, elle en serait la première informée.

~Ma Dame, cet individu ne m'inspire pas du tout confiance. Et son esprit est bien protégé, dois-je creuser plus loin ?~

Malgré elle Irina sourit aux commentaires du colonel Arthwÿs, royal félin dont le digne poil se hérissait en protestation silencieuse et constante dans un coin de sa tête. À croire qu'il faisait un énorme effort pour se contenir. Ce n'était pas raisonnablement drôle, seulement elle ne pouvait pas s'empêcher d'être amusée devant la situation, surtout en sachant qu'il était toujours muet et physiquement inexpressif dans son dos. Répliquant mentalement pour le rassurer, elle dodelina de la tête et prit note de sa remarque. La télépathie ne faisait pas partie de ses dons, mais il était toujours bon de savoir à quel genre de résistance mentale il fallait éventuellement s'attendre.

Les doigts d'Irina s'immobilisèrent sur l'accoudoir, comme une araignée s'arrêtant de tisser sa toile. Retenant péniblement son souffle elle le laissa poursuivre, ponctuant son discours de plusieurs irrépressibles haussements de sourcils lorsqu'il en vint à parler de son fameux informateur.
« Cette personne à qui vous avez parlé, qu'est-elle devenue ? » Lui demanda-t-elle incrédule. Fermant les yeux en secouant la tête, elle avait du mal à en croire ses oreilles. « Attendez... vous voulez partir en mission, infiltrer la déesse sait quels rangs, en vous fiant uniquement aux hallucinations d'un malade ? » Cillant à plusieurs reprises, elle se demanda s'il était vraiment sérieux.

Suivant sa silhouette métallique des yeux, Irina le vit enfin prendre place assise. Lorsqu'il lui avoua enfin que l'informateur était mort, ses lèvres se plissèrent en une ligne sévère. Étrangement ça ne la surprenait pas. Levant soudainement une main, elle l'interrompit dans son laïus une seconde.
« Vous avez besoin d'y aller... à Hellas vous voulez dire ? »

Si c'était le cas cela signifiait qu'il avait déjà tenté de mener une sorte d'enquête sur place d'une façon ou d'une autre, ce qui n'était pas pour l'enchanter. D'autre part il était difficile de savoir si elle avait bien réussi à suivre ses explications ou s'il l'avait perdue en cours de route. Inspirant profondément pour se donner le courage d'assimiler toute cette soupe indigeste, la jeune femme se mit à jouer avec Exanimis à son doigt. « Alors si on récapitule, vous m'arrêtez si je me trompe. Votre plan consiste à secrètement infiltrer ma garde dans l'anonymat, du jour au lendemain, dans l'espoir de trouver des indices qui évoqueront quelque chose de familier ou de similaire au délire d'un homme agonisant -pardon, maintenant trépassé- le tout dans le dos du Roi auquel vous avez prêté allégeance ? » Irina le regarde en face tandis qu'elle énonce impitoyablement les faits. « Vous vous rendez compte que vous risquez votre tête pour une mission extravagante, avec une infime chance de succès ? »



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