Jonas Mitsgun / Nerozias



 
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 Jonas Mitsgun / Nerozias

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 :: Chef du département assassin ::

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:: Chef du département assassin ::
Jonas Mitsgun

MessageSujet: Jonas Mitsgun / Nerozias   Lun 20 Juin - 23:55


PRESENTATION DU
CHASSEUR NOIR




    NOM: Mitsgun
    PRÉNOM: Jonas
    SURNOM: Le chasseur noir

    SEXE: Mâle
    AGE: 584ans depuis la dernière nuit sans lune d'Enkilil
    PEUPLE: Lhurgoyfs

    CASTE: Nerozias
    MÉTIER: Conseiller du Rosélium, chef du département assassin. ( représente le loup) Assassin et espion pour son compte à ses heures perdues.

    ARMES PRINCIPALES:
    *Or et Xy / OryX*
    Or et Xy sont deux sortes de longs pieux, faisant la moitié de sa propre taille. Des estocs sans garde ni poignée.
    On raconte que ce sont les cornes d'un ancien animal aujourd'hui légendaire qu'il aurait arrachées à son cadavre. On dit aussi qu'il aurait dévoré l'animal pour lui voler sa force et son immortalité... Il ne faut pas croire tout ce qu'on raconte.
    Si la base est large et ondulée, laissant une bonne prise en main, plus on s'approche de la pointe, plus l'arme est effilée. Elles ne présentent pas de tranchant, et la matière qui compose ces longs cônes pleins et presque parfaitement droits est indéterminée. Ainsi vont bon train les légendes et les spéculations. Toujours est-il qu'elle est légère et aussi résistante que l'acier tout en arborant une couleur digne du plus bel ébène laqué.
    Il est possible de joindre les deux bases. Il nomme alors ce long bâton aux extrémités pointues "OryX".
    Spoiler:
     

    AUTRES POSSESSIONS:
    *Écho*
    flute de pan fabriquée par une jeune femme et dont il a dont il a utilisé le nom en souvenir pour baptiser l'instrument après l'avoir perdue de vue.
    *Deux médaillons*
    Tous deux en forme de clochette de fleur de Niveria d'un métal inconnu et précieux, magnifique et indestructible.
    Il en porte toujours un sur lui. L'autre reste en lieu sûr dans une petite boite scellée, quelque part où lui seul sait.
    *La bague du Loup des Nerozias*
    Forgée en argent et gravée d'une rose noire et d'une tête de loup opposées de chaque côté du doigt.
    Il veille à toujours garder ces deux symboles cachés par les phalanges adjacentes.
    *Deux ampoules remplies de poudre de catalyseur*
    Chaque ampoule, cachées dans la base d'Or et Xy, sont remplies d'une unique pierre de sphène polie et réduite en poussière. Dans leur récipient, elles fonctionnent encore comme un catalyseur entier, mais les petites quantités qu'il en extrait pour son sigil de brèche réduisent la puissance du catalyseur et ne peuvent être utilisée pour autre chose.
    Les deux fioles ne sont plus qu'à moitié remplies et l'énergie qui reste à l'intérieur est réduite. Bientôt, il faudra qu'il se procure de nouveaux catalyseurs et trouve un nouvel artisan capable de réitérer le procédé du défunt prédécesseur.
    *Assortiment de bijoux*
    Bracelets et colliers de tissu ou de cuir (les rares en métal sont serrés sur sa peau pour éviter qu'ils ne se heurtent, les autres pourraient servir dans un futur proche, lorsqu'il saura à quoi), brassards de cuir ou d'acier bien serrés à l'avant-bras et au bras (pouvant amortir des coups et, pour les plus solides, arrêter une lame), anneau à l'oreille tout simple, septs bagues venant se joindre à celle de chef de département des nerozias (détournant ainsi l'attention de cette bague précise et augmentant la dangerosité des coups de poings).
    *Mitaines de cuir*
    Elles servent principalement à cacher le tatouage de la rose sur sa main. Elles protègent également des brulures d'une corde ou de friction contre un mur du haut duquel il se laisserait glisser.
    Les extrémités coupés laissent voir les bagues toujours menaçantes et les doigts habiles.

    DON:
    Transformation monstrueuse :
    Rares sont ceux qui l'ont vu mais tous parlent d'un démon d'un autre âge, ni humain, ni animal ; ni mâle, ni femelle, aux innombrables cornes et aux ailes qui cachent le ciel. Un torse nue de femme à la poitrine superbe et démoniaque. Une peau de lait ici seulement visible alors qu'ailleurs c'est une toison noire ondulant sauvagement sous les battements des plumes ténébreuses.
    L'envoyé de Kron si ce n'est son égal, fils de Sharna, l'ennemi des hommes. Un démon dont les griffes de son indexe et de son majeur vous menacent déjà.
    Certaines choses sont fausses, exagérées, d'autres manques. Ceux qui vous auront décris cela auront détallés avant d'avoir vu la réelle forme du chasseur noir. Rudement bien inspirés furent-ils de fuir face à ce géant qui pourtant ne dépasse les plus grand que d'une ou deux tête.

    Jonas ne craint ni ne répugne sa forme monstrueuse. Il l'assume et se contrôle mais seulement lorsqu'il a voulu sa transformation, se révélant alors capable de communiquer et même de réfléchir.
    Si c'est l'abus des sabots d'airain qui le métamorphose, il devient totalement incontrôlable. Ne se changeant pas en bête brutale et stupide pour autant, il annihilera toute forme de vie sur son passage avec application et une fois cela fait, il cherchera toujours à retrouver les acteurs de son tourment passé.

    POUVOIRS:
    *Les sabots d'airain*
    Les jambes courtes et massives du jeune homme s'allongent pour prendre la forme fine et sinueuse des pattes arrière d'un bouc, chaussant alors des sabots de bronze lustrés et se recouvrant d'un pelage ras châtain-clair.
    Ses nouveaux membres postérieurs lui procurent une capacité de saut accrue et augmentent sa vitesse en course à pied.
    À force d'utilisation répétées ou prolongées, ses traits du visage deviennent plus caprins et des cornes à la forme différente à chaque fois poussent doucement alors que sa taille ne cesse d'augmenter imperceptiblement. Son pelage pousse et s'assombrit également.
    Ce pouvoir est en réalité une autre manière de se transformer en monstre, plus lente et réversible jusqu'à un certain point. (Lorsque les spirales sur son corps apparaissent, il est déjà trop tard.)
    Passé ce point cependant, c'est sans contrôle qu'il prendra les traits du monstre qu'il est. Ce n'est que plusieurs jours plus tard qu'il pourra espérer reprendre forme humaine.
    Les catalyseurs n'ont aucun effet sur ce pouvoir qui est trop lié à sa forme démoniaque.

    *Danse satyrique*
    Ce pouvoir crée une adhésion de l'extrémité de ses membres à toute sorte de surface non lisse mais toujours solide (Mais pas sur l'eau... Chacun son truc !).
    Accroché à un plafond, par exemple, L'adhésion supportera deux fois son poids au maximum.
    Il existe également une force d'adhérence qui lui permet de limiter les glissements sur des surface présentant toujours au moins quelques aspérités.
    Un catalyseur accroît ces deux propriétés.
    Pour en revenir à l'élément aqueux, il annihile immédiatement tout effet de ce pouvoir, même en petite quantité.
    Et tout liquide huileux annule l'adhérence seulement.

    *Sigil de Fissure - 5 branches*
    Permet de tracer un sigil de lumière rouge éphémère (quelques secondes) large de deux paumes dans les airs qui lui donne accès à une poche dimensionnelle qui ne permet qu'un passage à sens unique à chaque apparition.
    Celle-ci lui sert de besace et il y range tout ce qu'il possède.
    L'évolution de ce pouvoir permettra d'augmenter la taille du sigil et donc la taille de ce qu'il pourra y mettre et donc en sortir.
    L'utilisation d'un catalyseur permet de faire apparaître le sigil déjà tracé sans avoir à le dessiner.

    *Sigil de Brèche - 8 branches*
    Permet de tracer un sigil de lumière rouge éphémère (quelques secondes) large de deux paumes sur une surface, entrée d'un tunnel spatio-temporel à sens unique ralliant alors un autre sigil tracé au préalable quelque part avec de la poussière de catalyseur.
    Ce pouvoir peut être utile pour faire disparaître des choses rapidement et les envoyer à un endroit connu de Jonas seul.
    Chaque sigil tracé à la poudre de catalyseur ne peut être utilisé qu'une seul fois et un seul objet peut traverser à la fois.
    L'évolution de ce pouvoir permettra d'augmenter la taille du sigil et de tracer plusieurs sigil de poussière. Ainsi Jonas pourra choisir lequel sert de destination. Ils devront cependant être très éloignés les uns des autres pour ne pas interférer entre eux.
    L'utilisation d'un catalyseur permet de faire apparaître le sigil déjà tracé sans avoir à le dessiner.

    *Sigil de Faille - 10 branches*
    Permet de tracer un sigil lumineux large de deux paumes dans les airs qui ralie alors celui qui apparait en même temps que le premier quelque part dans le champs de vision de Jonas, au début proche de lui, laissant ce qui entre dans le couloir spatio-temporelle en ressortir immédiatement à l'autre extrémité avec sa force et sa vitesse initiale.
    L'évolution de ce pouvoir permettra d'augmenter la taille du sigil et la distance à laquelle le second sigil apparaîtra. Il sera aussi possible de modifier l'orientation de ce sigil de sortie qui au début ne pourra se trouver que parallèle et face au premier.
    Le passage est à sens unique et n'autorise aucun retour en arrière.
    L'utilisation d'un catalyseur permet de faire apparaître le sigil déjà tracé sans avoir à le dessiner.

    SPÉCIALITÉS:
    Camouflage (capacité à se faire discret, à se fondre dans le décor sans se faire repérer enfin presque, idéal pour les éliminations sobres et mesurées)
    Art de la guerre (polyvalence dans le combat, capacité accrue dans le combat rapproché, indispensable lorsque la sournoiserie a fait son temps)
    Résistance de fer (capacité à résister à la douleur, dépassement de soi. Laissez-moi vous montrer comme vous en êtes loin)
    investigateur (capacité à trouver le moindre indice ou presque afin de résoudre un problème ou surmonter un obstacle)

    APPARENCE PHYSIQUE:

    De ma vie je n’oublierai jamais cette nuit. J’étais pourtant un assassin aguerri bien avant de rejoindre les Nerozias, mais je n’avais jamais vu un orfèvre tel que lui. On le dit solitaire, comme le loup sur sa bague, à l’opposé de la rose gravé de l’autre côté de l’anneau et pourtant étroitement lié. J’ai eu la chance de pouvoir le suivre sur cette mission. C’est lui qui me l’a demandé. Ce fut intense.

    Ce n’était que la deuxième fois que je le voyais. Je ne connaissais de lui que les ragots qu’on se raconte entre nous. Ce qui me surprit, ce fut la véracité de ceux qui l’affublaient d’une petite taille. J’eus un mal de chien à garder mon sérieux et à calmer mes nerfs. J’avais l’impression de ne pas pouvoir le regarder sans le prendre de haut, et toutes ces blagues entendues m’obligeaient à passer mon temps à surveiller mes paroles. Bien sûr, c’est dans ces cas là que notre langue fourche. Ça ne rata pas, à la première occasion, j’abordais le sujet tabou. À ma grande surprise, il ne releva pas. La tension monta pourtant d’un cran de mon côté.

    Je réussis à me contenir pendant un bon moment par la suite. J’avais décidé de me concentrer sur d’autres détails de sa personne. Sa tignasse mal taillée par exemple. Tout le monde savait sa longévité dans le clan, du fait que sa réputation était forgée en partie sur le champ de bataille de Malburn. Et les rumeurs concernant une forme démoniaque avaient convaincu tout le monde de son appartenance au peuple Lhurgoyf. C’est pourquoi je me posais une question au sujet de ses cheveux : pourquoi ne les avaient-ils pas aussi blancs que le reste de ses congénères ? Bien sûr, ils étaient clairs, mais cela tirait plus sur le blond que sur le blanc.

    Je continuais mes observations tout en écoutant aussi attentivement que possible les instructions qu’il me fournissait sur la mission. Son accent montagnard et certains mots de patois me compliquaient la tâche, comme sa voix grave, presque rauque et monocorde. Il a une petite bouche faite de lèvres fines et une barbe de trois jours recouvrait le bas de son visage. D’épais sourcils surplombent ses yeux. Ils sont eux aussi plus foncés que je l’aurais imaginé chez un Lhurgoyf.

    Et puis ses prunelles me harponnent. Je me fige et me rend compte que je n‘ai pas tout écouté. Il répète, le comprenant. Je ne savais plus où me mettre. Il fallait que je me reprenne.

    *

    Voici la mission débutée. Nous sommes dans un fossé asséché par Béamas. Il fait nuit et la lune se cache derrière les nuages. Les conditions sont parfaites. Tous deux drapés de nos manteaux noirs, la capuche sur nos visages, nous guettons la ronde des gardes sur la muraille. Je me demande comment nous allons escalader ces murs. Il m’explique que je passerai devant et lui ferai la courte échelle. À son signal, je file, ne sachant pas bien où il veut en venir mais ne voulant pas poser trop de questions.

    Dos contre la pierre, je me campe sur mes appuis et l’attend, le cherchant dans l’obscurité. Pourtant, mes yeux ont beau scruter, le voilà devenu invisible maintenant que je l’ai perdu de vue. Et lorsque je l’aperçois, je ne peux m’empêcher de songer que si j’avais été sa cible, j’aurai déjà trépassé. Je n’ai que le temps de voir son nez plat me glisser sous les yeux et sentir un métal froid se poser sur ma main avant que la pression ne se fasse presque insupportable. Son bond au dessus de moi est vertigineux. J’aurais juré voir un éclat métallique à ses pieds mais lorsqu’il commence, à mon plus grand étonnement, à courir sur la muraille, je n’entends rien d’autre que le bruit de pieds nus foulant le pavé. Le voilà accroché aux créneaux. La seconde d’après, une goutte me tombe sur le visage et le corps qui manque de peu de m’écraser me fait comprendre que c’est du sang. Le pauvre veilleur n’a pas dû comprendre ce qui lui arrivait. Quelle efficacité ! Quelles capacités !
    Une corde finit soudain de se dérouler devant moi. Je la saisis et me dépêche d’escalader, de peur de faire attendre mon supérieur. Arriver en haut, il n’est plus là. Il n’y a qu’un garde qui se jette sur moi l’arme à la main. Je n’étais pas prêt. Je vais y passer. Et puis deux pics tombent du ciel et empale vif mon assaillant qui se fige devant moi, le corps encore menaçant.
    Mon sauveur descend du toit de la tour et me rappelle une règle de base : toujours rester sur ses gardes. Son visage allongé ne me regarde même pas alors qu’il range ses étranges armes. Il me demande de récupérer la corde et jette le corps hors de la cité avant que trop de sang ne se répande. Il me fait remarquer que si l’alarme est donnée, il m’en tiendra pour responsable et me souhaite que nous revenions en vie. Je ne pipe mot et baisse la tête, fuyant ses yeux bleus et profonds que j’ai vu plus tôt. Lorsque j’ai terminé, je me rends compte qu’il n’a pas attendu ma confirmation et descend déjà les escaliers. Je me dépêche de le rejoindre.

    *

    Je n’arrive pas à comprendre pourquoi je suis ici. Je n’ai tué qu’une personne depuis le début de cette opération et j’ai la désagréable sensation que c’est parce qu’il l’a bien voulu.
    Soudain, il m’arrête. Il y a un croisement et me dit de prendre à droite. Le stock de poudre est dans la cours sous la dernière fenêtre. Je saurai quoi faire. Il s’élance alors de l’autre côté. Ses déplacement son si fluide qu’on dirait qu’il glisse sur le sol de marbre, comme un fantôme. Soudain, à mi-parcours, il s’élève le long du mur et c’est depuis le plafond qu’il vérifie le couloir avant de reprendre sa course, enjambant la voute.
    Enfin seul, je vais pouvoir prouver ma valeur. L’accès à l’armurerie ne m’oppose aucune résistance, un garde à faire disparaître, une serrure à forcer, un tonneau à percer et un déclencheur à placer. Le tour est joué : je prends la place du veilleur, prêt pour le signal. Pourtant, il fallut encore un bon quart d’heure avant que l'alarme ne retentisse. Je me joins aux autres gardes déjà armés qui convergent vers le bâtiment alors que d’autre vont vers l’armurerie. L’explosion en souffle une dizaine et la confusion me laisse disparaître facilement.

    Je retourne au chemin de ronde, me demandant ce qu’est devenu le chasseur noir. Soudain, derrière moi, deux voix m’interpellent. Kron ! J’accélère mais un troisième apparaît devant moi avant de s’effondrer de ma main. J’ai perdu du terrain et l’un m’attrape. Un nouveau mort mais le troisième me jette à terre et n’aurait pas manqué de m’occire sans l’intervention de Mitsgun. Ses deux pieds envoient l’homme dans le vide rejoindre nos deux premières victimes. Il a grandi. Je ne saurais l’expliquer mais c’est le cas. Il me dépasse désormais et ses pas sont tintés de heurte du métal sur la pierre. Des pas qui chancèlent d’ailleurs. Soudain il tombe à terre et je vois ses jambes sortir de sous son manteau. Des pattes plutôt. Des pattes de chèvres aux sabots luisant comme une pièce neuve et au pelage fauve. Nos regards se croisent et je remarque des cornes sur sa tête. Il m’ordonne de l’aider à se relever. Son ventre sculpté saigne. Je lui tend ma main qu’il saisit d’une poigne d’acier mais je dois finir de le redresser. Sous ses vêtements, je sens tous ses muscles se tendre. Un autre garde se jette sur nous en hurlant. D’un geste vif, il lui jette sa cape au visage et le bougre s’empêtre dedans, passant par-dessus bord comme les autres.
    Il ne veut plus trainer ici et moi non plus.

    Maintenant torse nu, sa peau pâle ainsi révélée à la lumière opaline, il se pend aux créneaux et me fait signe de monter sur sa jambe. Je m’exécute, toujours aussi méfiant et incrédule et puis nous voilà entrain de glisser le long du mur dans un crissement métallique désagréable. Ses épaules, son dos et son ventre son couverts de cicatrices. Ses bras sont velus mais les poils ne cachent pas les balafres très présentes ici aussi. Je remarque également que son visage s’est couvert d’une barbe de plusieurs semaines et d’un bouc fourni et qu’une vieille cicatrice barre son front, descendant sous son œil droit entre ses sourcils.
    Il me dit de sauter, je saute et je constate qu’il a remarquablement amortis notre chute. Pas assez pour lui et sa nouvelle blessure cependant. Je l’aide à se relever et note les bracelets, brassards  et le petit anneau à l’une des deux longues oreilles. Comment les cachait-il sous sa capuche ? Je compte également, au-dessus de la peau des gants sans doigt en cuir, huit bagues dont celle en argent de son grade. L’effigie d’une fleure forgée dans un métal étrange pend à son cou.

    Les bagues, je les ai senties aussi, lorsque son poing cueillit ma joue avec une force digne de sa renommée. Sans hésiter, je le lui rendis, regrettant immédiatement mon geste. Pourtant, j’étais en droit de répondre. Je l’aidais et voilà comment il me remerciait. Il ramassa son manteau, le pliant sous son bras avant de se tourner vers moi. Il me félicitait de ne pas me laisser faire et m’expliquait que le coup était pour mon inattention du début. Nous regagnâmes le fossé où il remit ses chaussures à des pieds redevenus humains. Tout poil, barbe, oreille animale et corne avaient disparues, redonnant au personnage toute sa petitesse et son allure massive et pataude à première vue. Et pour la première fois, je vis sur son visage, en réponse à mon air hébété, une émotion : un pâle sourire amusé. Un signe qui illuminait son visage qui disparut bien vite alors qu’il s’occupait de sa plaie somme toute superficielle. Nous disparûmes dans la nuit de la plaine, loin de notre œuvre. Je n’avais pas besoin de lui demander : je savais que notre mission était un succès. Comment aurait-il put en être autrement avec cet homme.

    Deux jours plus tard, j’étais promus Anarchiste.

    Journal de bord d’Alaron Wiclam, nouvel Anarchiste.

    PERSONNALITÉ APPARANTE:

    J’aidais ce matin-là mon chef de département à classer des ouvrages dans les archives. Un homme à l’allure discrète pénétra dans la pièce. Je le saluais mais n’eus pas dans sa réponse, la jovialité que j’eus espéré en retour de la mienne. Je savais qui il était et ne m’en formalisa pas pour autant. J’avais entendu des témoignages et expérimenté moi-même la personnalité distante de ce Jonas Mitsgun. Son intransigeance, son manque d’expression, si bien que la moindre conversation avec lui était impossible. On était toujours entrain de se demander ce qu’il pensait réellement derrière le mur de son visage austère. Le regard toujours fuyant, si ce n’est lorsqu’il vous pénètre toute entière et semble chercher en vous les tréfonds de votre âme. Il a l’un de ces regards qui vous transperce et qui vous laisse la dérangeante sensation d’être mise à nue.

    Je me remis donc à mon travail, peu intéressée par la perspective de me retrouver en tête-à-tête avec cet homme. Mon chef, elle, semblait beaucoup moins dérangée par sa présence. Il la salua tout aussi poliment que moi mais toujours avec cette froideur et la vouvoya. Il semblerait qu’il vouvoie tout le monde. Personne ne m’a jamais rapporté le contraire.

    D’entre les rayons, je pus l’observer et le silence de la salle laissait parfaitement entendre leur conversation.

    Il rechercher encore et toujours des documents au sujet d’Hesperia. Un sujet qui luitenait à cœur puisque régulièrement, il venait en consulter et restait des heures durant dans un coin de la salle. Je ne sais pas ce qu’il cherche, et je crois que lui non plus, étant donné les vastes connaissances diverse qu’il ingurgite dans de multiples domaines du moment que cela touche de près ou de loin à la capital Eridannienne.

    J’ai noté qu’il n’aimait pas trop la lumière du jour, ne l’acceptant que pour éclairer ses pages, lui, restant dans l’ombre.

    Il ne semble pas très porté sur l’hygiène, car même s’il ne sent pas forcément plus le bouc qu’un autre de ces guerriers (quoi que…) on voit que ses cheveux sont gras. Cependant, d’un point de vue vestimentaire, il est très classieux dans son genre. Orné de bon nombre de bijoux, et de vêtements toujours impeccables, on devine un certain désir de soigner son aspect. Je suppose que sa conception de la propreté corporelle n’est tout simplement pas la même que la notre.

    On le dit très calme et je dois admettre que je ne l’ai vu s’énerver qu’une seule fois contre l’un de ses hommes qui avait perdu plusieurs de ses compagnons en mission. Cependant, quelle raclé lui a-t-il mis alors. Nous avons tous bien cru qu’il allait le tuer. Je ne sais plus qui est intervenu pour les séparer.

    On ne me retirera pas de l’esprit donc qu’il est très violent et qu’il inspire la méfiance. On m’a souvent mentionné des coups portés sans prévenir pour punir une faute de l’un de ses hommes. Cela dit, cela était toujours justifié d’après eux. Ils semblent le craindre mais pas le détester. Il est sans doute juste. Sévère mais juste. Une main de fer dans un gant de fer a même lâché l’un d’eux.

    Ils semblent même fiers d’être sous ses ordres. Il faut dire que sa réputation le précède. Personne n’a jamais su s’entendre sur le nombre d’ennemis qu’il mit à terre le jour de la bataille de Malburn, mais tous veulent bien admettre qu’il dépassa la centaine.

    Il ne s’en vente jamais cela dit. Il ne parle que rarement du passé et encore moins du sien.

    C’est le loup solitaire de Nerozias. Un animal sauvage qui semble vouloir mettre de la distance entre lui et toute autre espèce vivante, même animal. Peu se ventent de l’avoir déjà vu à cheval mais on dit qu’il sait monter. C’est simplement qu’il n’aime pas ça.

    Oh mon dieu il me regarde ! Il vient vers moi !
    *

    Il ne voulait qu’un autre ouvrage. Ce que sa présence est pesante. On ressent comme de la culpabilité, de la tristesse à ses côtés. De la solitude aussi. J’ai toujours été très empathique et je peux assurer que cette solitude lui pèse autant qu’il y tient. Je ne reconnais pas tous les sentiments qu’il m’inspire mais je sens qu’ils sont très sombres.
    Et son aura de Lhurgoyf participe à sa présence oppressante. Je n’ai jamais vu sa forme monstrueuse mais on la pressent démoniaque, bien pire que l’avant gout dérangeant qu’il nous laisse parfois en exhibant son corps d’hybride.

    Ces poiles, cette queue,… Tout cela laisse une impression de lubricité. Je ne supporte pas sa présence lorsqu’il est ainsi. Comme sa démarche étrange qui le rend hypnotique, monté sur ses jambes courbes. Il volète dans les airs au dessus de vous et vous regarde avec ce visage déstabilisant, ces yeux toujours aussi paralysants.

    *

    Finalement, il n’est pas si repoussant que cela. Au contraire. Je pense que c’est son irrésistibilité qui le rend si menaçant. Je me demande si…

    Je crois qu’il a senti que je l’observais. Il faut que je me remette au travail.

    Journal intime de Mariline Campbell, rebelle, apprentis archiviste

    HISTOIRE:



    Opposés attirés

    Il y a fort longtemps, dans les plus profonds tréfonds de ce qui n’était pas encore tout à fait la forêt de Noathis, vivait une femme. Une Lhurgoyf. En cet âge, ces créatures n’avaient pas à se cacher. Elles vivaient sous leur forme que l’on ose appeler monstrueuse aujourd’hui.
    Cette Lhurgoyf ressemblait à ce que nos légendes nommeraient sirène. Ses écailles bleutées brillaient d’une lumière irréelle, comme faites de pierre de Sphène. Ses cheveux n’étaient pas du blanc que l’on convient d’assigner à tout membre de sa race. La nature avait fait d’elle, l’une des seules parmi les siens pourvues d’une chevelure d’un noir d’ébène.
    Nageant dans les eaux qui sillonnaient toute la région et qu’elle avait faites siennes, elle attendait que le temps passe, insouciante ; que le temps vienne où elle devrait se marier. Son père l’avait en effet promise à un autre Lhurgoyf réputé fort, courageux et puissant. Elle serait un cadeau très agréable et amadouant pour ce rival au pouvoir.

    Un jour, alors qu’elle était remontée vers les sources rocailleuses des eaux, elle attira l’attention d’une autre création de Sharna. Un simili Faune bondissant de roche en rocaille qui fut attiré par sa voix claire et fredonnant. Lorsqu’elle le vit bondir sur la berge, elle prit peur. Ayant vécue seule et isolée depuis si longtemps, ici perdue par son père pour la garder à l’abri des regards envieux, la sirène ne put trouver le satyre que repoussant. Sa fourrure fauve et ses cornes de cuivre comme ses sabots qui sonnaient sur la rocaille lui donnait une allure enflammée. Elle fuit alors, ne se doutant pas qu’elle avait allumé en cette pauvre créature, chassée par le reste du monde et exilée en ces hauteurs, une étrange flamme pure et sincère. Il la suivit dans son couvent de végétation désert de vie, enfin heureux de rencontrer quelqu’un de son espèce.

    Pendant presque une année entière, chaque jour, il se présenta à elle avec une fleur, chaque jour différente, et chaque jour elle le fuyait, s’engouffrant dans les eaux ; quelque soit le mois, quelque soit la saison. Mais lorsque le mois de Niveria se présenta, l’aegipan ne reparut pas.
    Plusieurs jours durant, elle l’attendit, réalisant que finalement, la solitude lui pesait. Était-ce la faute de cette étrange individu si elle se sentait seul maintenant qu’elle avait goûté à sa compagnie ? Qu’importe. Désormais, elle avait envie de le revoir.
    Et puis il réapparut un matin. Transit de froid, la fourrure encore givrée, la peau bleutée et les cornes couverte de glace. Il pénétra lentement dans l’eau et s’approcha d’elle alors que cette fois-ci elle ne plongeait pas. D’entre ses mains qu’il gardait accolées comme une boite à trésor, il laissa finalement apparaître une minuscule clochette blanche, la seule fleur de la région florissant en cette période de l’année. Ni eux ni personne ne parlait en cette aire. Il n’y eut alors que des échanges de sourires, de quelques interjections et d’un ou deux mots monosyllabes. Finalement, la sirène recueillit le trésor et disparut dans les eaux, préservant le présent tout contre elle jusqu’à le mettre en lieu sûr.

    Alors, chaque jour il vint, mais sans plus aucun présent, simplement sa présence. Les deux Lhurgoyfs nageaient ; arpentaient la forêt, l’un sur la berge, entre les racines et les troncs ; l’autre entre les galets et les remous. Ils étaient de plus en plus proches et une année plus tard, il lui rapporta la même fleur que le Niveria précédent. Il n’y eut cette fois aucun bruit de gorge ni même aucun regard. Simplement un baiser volé par la sirène qui disparut sous les eaux. Plusieurs jours, le faune attendit son retour mais il ne vit rien venir. Et puis, un beau matin, elle réapparut, tenant entre ses deux mains ouvertes comme un coffret, deux pendentifs d’un métal inconnu, figeant dans l’éternelle les deux clochettes.

    Mais le temps passa et le temps vint où elle dut se marier. Le promis se présenta à l’orée de la forêt et fit savoir sa présence par un long hurlement qui surprit les deux chimères entrain de s’amuser d’une feuille voguant au bord d’un étang. La femme-poisson savait ce que cela voulait dire. Elle convint son amant de disparaître et il n’eut aucun mal à le faire. De son côté, le monstre qui venait réclamer son dû était venu le chercher lui-même.
    Ce fut sans hésitation qu’il pénétra les eaux peu profondes et se saisit de son offrande docile et fascinée par cette montagne de muscle et de virilité qu’elle avait attendue et imaginée depuis si longtemps. Le prince charmant des cavernes la tira hors du liquide, la portant dans ses bras puissants. Sur la berge, la jeune femme dans les bras, la voyant ainsi soumise et belle, il fut pris d’un désire irrépressible. Il se jeta sur elle. Immédiatement, la demoiselle poisson se débattit mais elle ne pouvait rien faire contre la chute de son rêve. Ce n’était pas ce qu’elle voulait. Ce n’était pas ce qu’elle avait rêvé.
    Elle hurlait, frappait, se faisait immobiliser, pleurait.
    Ce n’était pas ce qu’elle avait imaginé. Pourquoi gâchait-il tout ? Finalement, elle ne voulait plus partir. Elle aurait voulu rester avec son ami cornu. Mais trop tard. Elle l’avait chassé pour accueillir une promesse qui la décevait désormais au plus haut point. Déjà, il lui prenait sa virginité. Elle rouvrit les yeux et vit le visage bestial de son agresseur la dévisager comme une proie appétissante.
    Et puis il changea d’expression lorsqu’on entendit un bruit étrange, semblable à celui d’un bâton dans la boue et les graviers. Un bruit inconnu pour la jeune fille. Les regards du violeur et de la violée se posèrent sur la poitrine immense et velue du monstre de muscle. Deux pointes cuivrées dépassaient de la peau, gouttant du sang sur le corps écailleux qui se dégagea de l’étreinte désormais fantomatique du condamné à mort. Le démon voulu réagir mais les pointes ressortirent encore un peu plus de sa poitrine, lui coupant le souffle et toute envie d’initiative jusqu’à ce qu’elles le libèrent et le laissent tomber à terre, inerte. Il n’avait pas eu le temps de semer que déjà il récoltait sa punition.

    Le temps passa et le temps ne vint pas où on les retrouva. Ce couple vécu longtemps en paix et inconnu de tous. Ces premiers êtres  se fondirent sans doute aux suivants et il ne reste plus de l’histoire de ces deux créatures, que ma légende.

    Mirorisïng Egelziar, la fleur de Niveria,
    extrait de « contes et légendes du commencement ».



    Liés séparés

    Que peut-il ressortir de l’union de deux monstres ? Une malédiction. La même malédiction. Celle d’être opposé et attiré l’un par l’autre. Il se passa bien des années, voir des siècles sans que les deux Lhurgoyfs ne consomment leur union scellé par leur exil. Ils arpentèrent tout Istheria pour fuir le courroux du père qui n’eut de cesse que de les traquer jusqu’à sa mort. Ce jour de délivrance venu, les deux amants, toujours aussi chastes que tourmentés, revinrent sur le lieu des crimes. Entre viole et meurtre, entre désillusion et dessillement, les deux être revenaient non pas pour se tourmenter mais parce qu’ils ne s’étaient jamais sentis chez eux ailleurs qu’à l’endroit où ils avaient appris à se connaître. Et toute la véhémence du monde ne pourrait entacher l’immaculé paradis qui les avait accueillis comme ils étaient.
    De plus, durant leur errance, ils avaient vu toute la laideur du monde. Ils s’étaient d’ailleurs félicités à plus d’une reprise d’avoir amené derrière eux la folie de ce père qui n’avait rien à envier à celles de ceux qu’ils avaient croisés sur leur route. Leur fuite avait éloigné de ce qui était désormais leur sanctuaire ce que l’on appelle civilisation. S’ils étaient restés cachés ici, sans doute ne resterait-il plus que des cendres de ces arbres majestueux et protecteurs.
    Eux deux, seuls bêtes immondes, étaient chez eux, dans cette sauvagerie et cette bestialité, ils ne faisaient plus tâche. L’humanité de la guerre de Taulmaril à laquelle ils avaient échappés leur avait fait comprendre une chose : il vaut mieux être un monstre qu’un homme. Ils avaient refusé de se vêtir d’un déguisement comme d’autres l’avaient fait. Ils seraient créature et bête parmi les animaux ; loin des humains, les monstres semblent plus monstrueux et moins humains. Sentez-vous que tout n’est qu’une question de point de vue ?
    Les histoires de faux jumeaux inspirent toujours des idées toutes plus folles les unes que les autres lorsqu’il est question de narrer leur naissance. N’ayant aucun moyen d’en prouver une seule, je vous conterai la plus extraordinaire.
    On dit que sentant leurs morts arriver, la sirène accepta de surpasser la peine que l’injure faite à son corps lui procurait. On dit leur accouplement des plus beaux et des plus longs ; des plus doux et des plus langoureux. On dit aussi que ce fut une des mélodies bestiales qui participa à la création de l’inquiétante réputation de Noathis.
    Malheureusement, leur extase eut beau être réitérée, elle ne fut que de courte durée. Le père ne tarda pas à succomber à la seule maladie que l’on ne pourra jamais guérir : la vieillesse.
    La mère, seule, s’aperçut bien vite qu’elle était enceinte. C’est la raison qui la retint de rejoindre son âme sœur. Elle lutta jusqu’à son dernier souffle mais ne réussit pas à délivrer les deux chérubins. L’un d’eux, fort heureusement, avait hérité de la part inhumaine de sa mère et avait pris vie dans le liquide du ventre de sa mère. Ce fut elle qui sauva son frère.

    Que le temps et l’imagination continuent de déformer les détails, il restera toujours que deux orphelins prirent la place de leurs parents dans le monde sauvage qui les avaient protégés. Et contrairement à ce que l’on pourrait croire, il les protègerait eux aussi. Noathis les nourrit et les cacha aux yeux du monde extérieur. Comme cette forêt l’avait déjà fait et le ferait encore pour énormément de créatures rejetées par l’humanité.

    Pourtant, dans sa similitude, la boucle du destin avait soif d’originalité. Des deux nouveaux êtres, un seul était né sous sa forme démoniaque. Et bien que jamais la sirène ne songe à cette différence futile à ses yeux, le Lhurgoyf mâle en était extrêmement perturbé. Découvrant rapidement sa forme monstrueuse, il se rendit compte qu’elle n’était pas adaptée à cet environnement arborisé. Il apprit alors à jouer de son pouvoir pour freiner l’arriver de l’intégralité de ses attributs tout en abandonnant au moins un minimum ce corps d’humain si différent de sa vraie nature.
    Les années passèrent, les jumeaux profitant de chaque instant l’un avec l’autre. Lorsque la bête à corne apparaissait dans son intégralité, engoncée dans ses immenses ailes, elle se lovait dans une tanière et attendait de pouvoir reprendre le processus, veillée toujours par sa sœur attentive et aimante.
    Les enfants grandirent, se liant par bien plus que le sang : se liant par le cœur. Un lien si fort et si pur que rien ne pourrait jamais les séparer…
    Si ce n’est l’un d’entre eux…

    Près d’un siècle passa.
    Lorsqu’il reprenait forme humaine, le Lhurgoyf ne semblait guère avoir dépassé l’adolescence des Terrans. Et le havre de quiétude qui les abritait depuis la naissance lui pesait. Il ne se sentait pas à sa place. Il n’était pas un Terran et il n’était pas une espèce de compromis entre sa race et ces êtres qu’il n’avait jamais rencontré. Il était un monstre ; bien différent de ce que la perversion que le corps humain ou l’étroitesse de ce milieu lui permettait de révéler.
    Bien sûr, sa sœur le sentait, le voyait, mais jamais il ne lui parla de son mal-être. Elle était si bien ici et c’était son bonheur à elle qui passait avant le sien.
    Et puis un jour, il se résigna à l’évidence : il devait partir.
    Il était dans le petit sous-bois qui lui servait de tanière chaque fois que son essence reprenait le dessus et le soleil perça une dernière fois entre les feuilles pour le narguer, frappant son œil de ses rayons tentateurs. Sans prévenir sa sœur, sans lui laisser la moindre explication, d’un geste large et théâtrale, il reprit l’espace qu’il laissait à la végétation, balayant tout ce qui l’entourait avant de prendre son envol.
    Il était sûr d’une chose : elle ne pourrait le comprendre et ne pourrait que lui en vouloir. Mais lui ne pouvait être heureux autrement. Il fuyait la perspective de cet adieu déchirant, préférant s’enivrer de l’extase que ses ailes lui offraient déjà, fouettant l’air de battements irréels si lents et puissant à la fois. Sous lui, la forêt courait comme un cours d’eau vert jusqu’à laisser place à un autre paysage, puis un autre.
    La bêtise de la jeunesse vous fait faire de ces choses irraisonnées et inconscientes. Le monstre qui était en lui s’empara à grands battements d’ailes du monde vaste et spacieux qui s’offrait à lui. Combien de temps lui fallut-il pour se perdre ? Si peu. Trop peu pour qu’il puisse se rendre compte de l’erreur qu’il faisait en abandonnant sa chair derrière lui.

    Extrait des mémoires d’un vieux Nerozias



    Exilé relié

    Je crois pouvoir m’en venter : je fus l’un des rares à qui Jonas accepta de confier quelques bribes de son passé alors qu’il n’était pas encore le chasseur noir. En regroupant nos informations, j’ai pu entrevoir quelques facettes des origines du second chef du département assassin. Si d’autres ont déjà révéler certaines parties de son histoire, moi je m’attacherai à vous décrire le sir Mitsgun quand il apprit à aimer la vie autrement qu’à travers le cœur de sa sœur. Bien sûr, comme les autres, je n’ai pas toutes les preuves que j’avance, et mon imagination joue peut-être bien des tours à ma mémoire. Quoi qu’il en soit, je sais des choses, tenez-le vous pour dit en lisant mes lignes qui pourrait vous sembler fantasque.

    Le monstre se posa au sommet d’une immense montagne. À ses pieds, à travers la neige, une fleur avait sut éclore. Une petite clochette qui semblait vouloir sonner dans le vent glacial. Sa main se porta à son cou pour vérifier sans en avoir besoin, la présence éternelle du pendentif de son père. Sa sœur avait le même et il avait séparé ces deux bijoux qui ne devaient pas l’être ; il avait séparé deux inséparables ; il avait abandonné sa sœur. Les yeux de la créature sillonnèrent l’horizon durant un jour, puis deux, puis trois,… Il ne commença jamais à compter, trop perturbé par le fait qu’il n’avait aucune idée de comment réparer son erreur.
    Et puis un jour, il fut réveillé par quelque chose qui lui tira les cheveux. Il rouvrit les yeux, nu dans la neige, transi de froid, dans ce corps lamentable de terran et se rendit vite compte qu’il ne lui restait plus la force de se transformer ou faire quoi que ce soit. Il serait mort là-haut, serrant le pendentif dans ses mains bleutées, si la créature qui lui brouta les cheveux ne fut pas gardée par une bergère obstinée. Jusqu’au sommet de cette crête, la jeune femme avait poursuivi sa chèvre. Jusqu’en bas, elle réussit à l’en redescendre, sur le dos de ladite bête. Une créature des plus robustes, s’il en est d’autres.
    Il fallut plusieurs jours au jeune Mitsgun pour se rétablir, ainsi que toute l’assistance que la jeune inconnue lui prodigua. Et un beau jour, il rouvrit les yeux. Le visage qu’il vit apparaître à quelques centimètres du sien l’effraya. Malgré sa beauté et l’extase qu’elle aurait suscitée chez tant d’autres ainsi réveillé à sa place, la bergère restait une vision étrangère au pauvre hère. Prit de panique, donc, le lhurgoyf, toujours dans son corps de simili terran, s’affola. Mais le peu de force qu’il avait récupérée ne lui permit guère plus que de se trainer à terre comme l’animal blessé et apeuré qu’il était pour finalement aller se terrer dans un coin de la tante.

    La première barrière qu’il eut à franchir pour intégrer ce monde fut le langage. Jamais avec sa sœur, dans leur environnement et leur entente parfaite, ils n’eurent à souffrir de l’absence d’une langue. L’inconnue réussit pourtant à le convaincre qu’elle n’était pas une menace. Elle lui prouva bien vite sa bienveillance, puis lui expliqua comment elle l’avait trouvé et comment elle l’avait ramené ici, chez elle, et l’avait protégé de la visite fatale du froid nocturne et montagnard. C’était d’ailleurs la raison pour laquelle il s’était réveillé si près d’elle sous le même drap. Plus tard, elle tenterait de lui apprendre les rudiments de sa langue, finalement avec succès.
    Il vécut ainsi de longues années en sa compagnie, apprenant le métier de berger, se découvrant une affinité incroyable avec ces chèvres et ce bouc qui lui avait sauvé la vie. Il apprit aussi à jouer de l’instrument qu’elle préférait, la flute de pan. Il savait lui tirer ces crises de fous rires qu’il aimait tant entendre et voir. Sa voix raisonnait dans les montagnes qu’ils habitaient et elle était si claire.
    Elle s’appelait Écho. Et elle était belle.
    Elle avait appris à vivre ici, en autarcie, avec ses parents, aujourd’hui décédés, et subsistait seule à ses besoins. Du moins, c’est ce qu’elle lui raconta. Lorsqu’il me narra cette histoire, le guerrier émit des soupçons quand à la véracité de ce passé. Certaines incohérences le faisaient s’interroger sans lui fournir de preuve.

    Cette vie de montagnard forgea son corps humain que bon nombre de Terran pouvait envier. Un corps qui se mariait parfaitement à sa mutation progressive. Une mutation qu’il ne cachait pas d’ailleurs. Il n’avait pas pensé que cela aurait pu choquer son hôte mais elle ne s’offusqua pas de cette étrangeté. Peut-être était-elle lhurgoyf elle-même ?
    Elle put voir plusieurs fois sa vraie forme. Là encore, elle parut impressionnée mais nullement effrayée. Ainsi sa nature ne gêna en rien leur relation qui s’intensifiait de jour en jour. Et puis un nouveau siècle passa sans qu’Echo n’en soit affectée plus que lui, les deux jeunes gens grandissant sans vraiment vieillir. De quelle race était-elle donc ? Il ne le sut jamais car il ne lui demanda pas, sa connaissance du monde et de ses complexités restant encore trop étroite. Peu curieux, heureux de ce qu’il avait comme liberté et comme espace, de ses amis caprins et de la compagnie d’Écho, cette vie lui suffisait. Il ne chercha pas à repartir et finit même par oublier sa sœur.
    Plus tard, il me confia qu’il ne comprenait toujours pas comment cela avait pu se produire et que c’était une source de grande culpabilité pour lui : avoir oublié, abandonné celle qui partagea le même ventre que lui.
    Mais son sang le rattrapa. Un jour, alors qu’il coursait une des chèvres du troupeau en fuite sous un orage, il manqua de peu de se faire foudroyer en même temps qu’un arbre mort. Il tomba alors dans un précipice et faillit bien se noyer dans le fleuve au fond de celui-ci. Mais il en réchappa. Et alors qu’il reprenait son souffle sur la berge, une flaque sous son visage l’interpela. Elle lui montrait son visage déformée, féminisée, ses cheveux longs souillés par la boue du rivage. Ce fut le reflet de sa sœur qu’il voyait et non le sien et il se laissa convaincre par on ne sait quelle vent dans les rochers, qu’elle l’appelait. Plusieurs jours, il essaya d’ignorer cette vision mais Écho ne manqua pas de lui faire remarquer qu’il changeait. Plus distrait, plus absent, distant… On sentait que quelque chose lui manquait.
    Finalement, il partit. Encore une fois sans prévenir, sans adieux.
    Et c’est ainsi que Jonas cessa de vivre pour lui et se mit en quête de sa sœur.

    Je garde des rares confessions que je réussis à lui arracher, ce souvenir d’un homme torturé par les regrets et les remords.
    De cette période passée avec Écho, je crois qu’il ne lui reste plus qu’un arrière goût de liberté dont il se priva par la suite pour se punir vis-à-vis des malheurs de sa sœur. Ça et son prénom, pierre finale que posa la bergère au sommet des fondations de sa connaissance du monde actuelle. Et s’il parle ce patois aujourd’hui, c’est aussi en souvenir d’elle.

    Extrait des Mémoires du vieux Gavorn, vieil ami du chasseur noir des Nerozias



    Retrouvés déchirés

    Je suis rentré dans ce groupe alors que je terminais tout juste de maîtriser cette forme, alors que je commençais à peine à accepter l’idée de devoir autant l’exhiber ; cette forme disgracieuse et courtaude, trop musclée, trop balafrée. Mais les muscles, j’en ai besoin pour espérer me rapprocher du quart de mon potentiel monstrueux. Et ces balafres, c’est la punition pour ne pas avoir compris assez vite qu’on ne se promène pas parmi les humains sans en être un, ou du moins sans les singer. Ils furent tous stupides ceux qui se proclamèrent mes bourreaux. Mais je le fus d’avantage de ne pas avoir compris plus tôt que la souffrance ne s’endure pas, elle se transmet. Comme leurs mœurs l’exigent, dans leur monde, on ne se laisse pas écraser, on doit apprendre à le faire. Œil pour œil, dent pour dent me dirent certains un jour. J’ai appris à aimer cette philosophie.
    Je regarde ma main alors que notre chef nous fait un magnifique discours. Belle bague arborant une rose qui se noie dans l’or, une parmi d’autres à mes mains, mais qui a son importance. J’aime assez leur utopie. Je la sais impossible, comme toutes les autres, mais je sens au fond de moi que c’est ce que je dois faire. Ce chemin me la rendra. Je le sais. Après tout, elle n’était plus dans la forêt. Où aurait-elle put se rendre si ce n’est vers une confrérie aussi idéaliste.
    Où es-tu ? Je m’en veux. Je te retrouverai.

    *

    Pourquoi je fais ça ? Pourquoi Or et Xy lacèrent-ils ainsi ? Je ne le sais pas trop. Je me doutais que ce jour arriverait. Foutu Juge. Quel fanfaron ! Défier une si grande puissance. On va tous y passer, tout ça pour ce simple caprice. Honneur mal placé.
    Ils ne peuvent rien contre moi. Pauvres idiots de soldats. Tous aussi bêtes les uns que les autres. Et inefficaces en plus. Encore un à terre. Décidemment, je me demande vraiment s’ils ont une instruction militaire à Hesperia.
    Mon pieu se plante dans une gorge alors que ma vue se brouille et me montre une tenture avec le sigle de la monarchie. La seconde qui suit, tout redevient sanglant et ce n’est qu’un étendard qui tombe. Mais j’en suis sûr, cette vision ne venait pas d’ici. Je suis sur la bonne voix. Attends-moi ma sœur. Je serai bientôt là. Juste le temps de régler cette affaire. Je me doute que ça ne durera plus très longtemps. Poussez-vous pauvres fous. Vous ne voyez donc pas que vous ne faites que courir à votre perte ? Non ? Et bien tant pis pour vous. Comme mes frères d’armes je tiendrai ma position. Combien des nôtres sont tombés ? Cent fois moins que ceux d’en face en tout cas.
    Hesperia, aujourd’hui je fais couler ton sang ici, à Malburn, mais demain je viendrai chercher le mien sur tes terres. Venez ! Qu’on en finisse de cette mascarade.

    *

    Et voilà, comme je l’avais prédis. Mais nul besoin d’être devin. Au moins, ils auront été logiques jusqu’au bout. Arrête de me regarder comme ça, Gavorn. Toi et les autres, vous savez très bien ce que j’ai prévu, je m’en doute, mais vous savez aussi que vous n’y pourrez rien. C’est la dernière fois que nous nous voyons et même en cherchant bien, vous ne me trouveriez pas. Ma route a finit de croiser celle de la rose. Il est temps que je me remette en quête. Je dois la retrouver et que nous fuyons ce monde de fous, d’humains. Je sens qu’elle a besoin de moi. Je vais la retrouver et je nous sauverai de cet enfer.
    Allez Millena. Termine ton discours que je parte. Mes bagages sont déjà faits. C’est à mon tour de faire une incursion chez l’ennemi, faiblards d’Hespériens.

    *

    C’est là. Je l’ai enfin trouvé. Il est tard mais qu’importe. Je vais frapper. Ma main tremble. Elle ne va pas en croire ses… La porte est ouverte ! Le verrou est défoncé. Qu’est-ce que… ? Mais qui sont-ils ? Qu’est-ce qu’ils font ici ? Où est ma sœur ?
    Je n’ai même pas le temps de formuler mes questions. J’ai compris et ils le voient tout de suite.
    Une jeune femme est à terre et je la reconnais. Ils vont me le payer.
    La lampe à huile s’éteint et il fait presque noir, juste assez pour que j’officie. Je n’ai pas trainé si longtemps dans les girons de l’assassin en chef des Nerozias pour rien. Ils ne comprennent pas ce qui arrive. Il y a eut l’étoile rouge lumineuse et après plus rien pour eux. Seulement les cris étouffés de leurs voisins soulevés dans les airs comme aspirés par le plafond avant de retomber la gorge perforée, les éclaboussures de sang sur leur visage qui les aveuglent et les fait paniquer comme l’absence de bruit connus. Et puis il y en a un. Le plus dégourdit. Il a compris pourquoi je tue. J’aurais du le repérer plus tôt. Les choses auraient été différentes. Mais je n’étais pas à la hauteur. Il l’a réveillée et fait gémir, le couteau sous la gorge. Que pouvais-je faire d’autre que m’arrêter ?
    J’ai laissé s’effondrer le dernier encore au bout d’Or avant de faire disparaître mes armes à nouveau dans mon sigil de fissure. L’un d’eux a trouvé de quoi rallumer la pièce et ils ont vu. Ils ont pu admirer le carnage et surtout la lueur de furie assassine qui brillait au fond de mes yeux. Je sais que ça leur a fait peur. Sinon ils n’auraient pas ainsi hésité en me voyant désarmé.
    Et puis ce sont mes larmes qui manquèrent de tomber, lorsque je la vis au sol en larme entrain de me regardé me faire battre presque à mort. Mes yeux ne quittèrent pas les siens. Plus de haine ou de fureur, juste de la tristesse et une demande de pardon. Je l’avais abandonné et maintenant que j’aurais pu être là au bon moment, j’échouais.  Inutile. Voilà ce que j’aurais été dans sa vie. Mais de toute façon, désormais c’est trop tard. Ils m’emmenèrent avec elle. Il ne devait y avoir aucun témoins disaient-ils.
    Il dut bien s’écouler une année, où on alterna chaque jour torture et soin. On étudiait ma résistance exceptionnelle, m’interrogeait sur tout et n’importe quoi, me punissait pour m'être opposé à la bonne marche des représentant d'Hesparia...
    Et puis, un jour, ils répondirent à la seule chose que je déniais prononcer : ma sœur était morte.
    Personne ne comprit ce qui se passa, pas même moi. Lorsque je repris conscience, j’étais sur le plateau où j’avais laissé Écho. Dans mes mains, aussi souillées par le sang que tout mon corps nu, je serrais les deux pendentifs de nos parents. C’était vrai. Elle était morte.
    Je ne trouvai pas Écho ici. J’étais seul. Totalement seul et à bout de force. Dans la caverne ou je me terrai, je fermai les yeux et  je me laissai disparaître, avalé par la pierre.
    Pour toujours.
    Enfin c’est ce que je pensais.

    Manifestement, j’avais tord, puisque me voici. Tu sais ce qu’on dit ? Il ne faut jamais dire jamais. Pourtant, j’avais vraiment envie de ne jamais réapparaître. Je ne suis pas sûr de ce qui m’a poussé à revenir de ma prison de roche. Combien de temps je suis resté endormi ? Pourquoi suis-je encore en vie ? Bien sûr que tu n’en as aucune idée. Moi non plus. Peut-être est-ce parce que je suis ce que je suis, un monstre, et que celui-ci ne oulait pas de cette fin. Ou peut-être l’esprit de ma sœur m’a-t-il soutenu, sauvé, encore une fois.
    Je parie que tu ne sais pas non plus pourquoi je te raconte tout ça. Eh bien, je suis un être vivant. Et quelque soit le temps que j’ai passé sous le granite, ça m’a semblé une éternité. J’avais besoin de parler. Et je t’ai choisi toi car je sais que tu ne répéteras à personne tout ceci. Je ne tiens pas à ce qu’on me connaisse tel que j’étais, ni que l’on sache ce qui m’est arrivé.
    Cependant, je te mentirai si je te disais qu’il n’y avait pas une autre raison. Mais tu l’as sans doute deviné, allongé dans ton sang, agonisant et gémissant à chacune de mes paroles sans les écouter. M’as-tu entendu ? Je viens de t’ouvrir mon cœur meurtri. Enfin… Je suppose que je ne pouvais pas en espérer bien d’avantage de celui qui m’a forcé à déposer les armes en menaçant ma sœur.
    Tu n’es que le premier d’une longue liste à laquelle s’ajoutera celle dont la mort servira la rose. Je vois que tu as bien monté les échelons maintenant. Cela me fait encore plus plaisir de porter un coup aux armées Hespériennes. Un général. C’est la grande classe. Grâce à toi, ou plutôt ta tête, je suis sûr d’obtenir la place que je convoite.
    Décidément, tout était contre toi.
    Dis adieu au futur chef du département assassin des Nérozias, ton bourreau. Si tu croises ma sœur dans l’autre monde, j’espère qu’elle appréciera le cadeau que je lui envoie.

    *

    Ils sont déjà là, au milieu de ce champ. Je revois encore les innombrables corps que j’ai faits tomber avec mes anciens frères. Je me surprends à en enjamber certains qui ne sont pourtant plus là depuis longtemps. Tout cela est encore frais dans ma mémoire. Tous ces Hesperiens à terre.  Aujourd’hui, ça me fait plaisir d’y repenser.
    La réunion a déjà commencée. Je suis en retard. Ce n’est pas grave. J’ai retrouvé quelques contacts finalement. Moi qui avais décidé de laisser toute cette histoire au passé, me voici de retour. Ces anciens compagnons m’ont appris que le clan semble vouloir prendre un nouveau tournant avec cette renaissance. Je suis sûr que mon présent leur fera plaisir.
    Et voici le sac de toile que je vide à terre. La tête roule jusqu’aux pieds de Millenia qui parle, encore et toujours. Tout le Roselium attend alors que je m’explique, comme je l’espérais.
    J’explique la nature de mon présent et surtout son grade, non sans faire allusion à l’histoire à l’origine de Malburn, fixant le Juge. Il y a de nouveaux visages, d’autres que je connaissais. Je précise que j’ai été un peu plus discret que l’expédition punitive qui nous a valu la dissolution.
    Je dis n’avoir fait ça que pour déstabiliser Hesperia. Le corps ne sera pas retrouvé tout de suite et sans la tête, le reconnaître prendra encore du temps supplémentaire. De plus, j’ai maquillé le logis de la victime en véritable étale de boucher, de la viande bovine m’ayant servit à en rajouter au même titre que du sang de porc. Ils mettront un temps et beaucoup de moyens pour comprendre ce qui s’est passé. Quant à nous, nous auront un champ d’action élargi vu la pagaille dans la hiérarchie que je viens de mettre. Tout le monde va vouloir sa place, à mon général décapité.
    J’estime que ce coup d’éclat légitime ma demande : je veux être le nouveau loup des Nerozias. Avais-je besoin de me justifier ? Il n’y avait personne de mieux qualifié que moi pour prendre la place de mon prédécesseur au moment où je suis parti. Mais si les petits nouveaux venait à me disputer ce titre, je suis prêt à leur faire comprendre que ce commandement fait parti de mes objectifs primordiaux et que je ne vais pas le laisser filer entre mes doigts. Je ne l'explicite pas. Je sais que tout le monde a compris ce que je voulais et certains connaissent mon intransigeance.

    Nerozias veut en faire baver à Hesperia ? Eh bien soit. J’en serai. Que la rose refleurisse, qu’elle se grave à ma main, que je change de bague. Il est temps que je montre au monde ce que je lui ai caché, il est temps qu’on sache qu’un monstre en veut à Hesperia et qu’elle ne s’en relèvera pas.

    COMPAGNON: Le solitaire qu'il est ne tolère aucune présence à son côté.

    MONTURE: Lorsque le besoin s'en fait sentir, il en loue une sur le chemin. Pas besoin de s'encombrer de ce genre d'estomac sur pattes en manque d'attention à longueur de temps.


[Je crains que l'histoire, l'apparence et la personnalité ne débordent les uns sur les autres mais j'ai voulu éviter de me répéter au maximum et de mettre en scène tout cela pour rester dans la même veine d'un bout à l'autre de cette fiche qui est plus un reccueil de témoignage et de rares confessions]


Dernière édition par Jonas Mitsgun le Sam 25 Juin - 2:46, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Jonas Mitsgun / Nerozias   Mar 21 Juin - 16:57

Bonjour et Re-bienvenue sous ce nouveau visage!!!

Alors, tout me semble correct, et je suppose que tu as déjà parlé des Nerozias avec Ivan/Dolan pour avoir plus d'explications.^^


Par contre, deux trucs me chiffonnent :

_ la transformation de ton don : la description me parait un trop énorme, et c'est outre le fait d'avoir des ailes gigantesques, le côté peau avec du métal.... t'es un être vivant, et jusqu'à preuve du contraire, on ne nait pas avec du métal sur la cuirasse! XD Donc si c'est pour la formule, pas de soucis, si c'est comme ça que tu le vois, baaaa, ça va pas le faire tip top. Pourrais-tu aussi me dire avec plus de précisions les appendices styles cornes qui apparaissent, il a une queue, des griffes et surtout quel taille? Parce que j'accepterais pas Godzilla! loool


_ Ton pouvoir dimensionnel. J'ai absolument pas compris à quoi sert ton sigil de brèche, j'ai bien saisi qu'il fallait créer deux sigils à deux endroits distincts mais ça sert à quoi? J'aimerais aussi avoir plus de détails sur combien de temps peut être ouvert un sigil de brèche. Pour l'autre sigil maintenant, tu as noté que l'évolution du pouvoir te permettra de diversifier ce que tu en tireras, qu'est-ce que tu entends par là? Peux-tu me donner un exemple?



Merci beaucoup de me donner les précisions à ce sujet, une fois le tout éclaircie, je pense que tout sera en ordre.^^
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MessageSujet: Re: Jonas Mitsgun / Nerozias   Sam 25 Juin - 2:28

Inventaire étoffé, pouvoir mieux précisés et informations supplémentaires fournies par MP.
Ivan Mackorl semble content de ma présentation des choses vis à vis des Nerozias.

Je reste à ton entière disponibilité.
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MessageSujet: Re: Jonas Mitsgun / Nerozias   Sam 25 Juin - 3:08

Etant donné que l'on en a parlé et que tout est clair, alors c'est impeccable.

Fiche validée.


Tu connais déjà la marche à suivre pour la suite!! ^^
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MessageSujet: Re: Jonas Mitsgun / Nerozias   

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