Fiche d'Allaatkasik Aappilattutke

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• Eryllis: 3
• Ladrinis: 7
• Eclaris: 6
• Prêtresses: 2
• Cavaliers de S.: 5
• Nérozias: 6
• Gélovigiens: 5
• Ascans: 2
• Marins de N.: 7
• Civils: 21

Temps actuel

An 1305 de l'ère obscure

Saison:Langdum Mois:Cladil
[Mai/Juin en temps réel]

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Allaatkasik
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Code par MV/Shoki - Never Utopia



 
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 Fiche d'Allaatkasik Aappilattutke

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Allaatkasik
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Allaatkasik
MessageSujet: Fiche d'Allaatkasik Aappilattutke   Fiche d'Allaatkasik Aappilattutke Icon_minitimeMar 21 Mai - 23:23




Allaatkasik Aappilattutke

« Petite Plume »

   

   

   
IDENTITE : Allaatkasik Aappilattutke.  ᐊᓪᓛᑦᑲᓯᒃ
SURNOM : Petite plume. (Meqqoq   ᒪᕿᖏᖏᓕᖏ)
AGE : 22 ans    |  Apparence: 12 ans  |  SEXE : Féminin
PEUPLE : Gorgoroth.
CASTE : Ladrinis.
METIER : Clerc de notaire (couverture). Espionne Cimméria.

   


   

DON : Résistance physique développée.

SPECIALITES :
Précision (capacité à viser juste ou efficacement)
Crochetage (capacité à ouvrir facilement de nombreuses serrures)

POUVOIRS (ᐅᕿᑭᑭᖑᑎ):

- Les Rires de Greis.
Niveau 01 :: ★★★✩✩✩ Comme si elle était ventriloque, Allaatkasik peut faire entendre de petits rires de manière localisée (4 mètres de rayon).

Niveau 02  :: ★★✩✩✩✩ Permet de cacher mes véritables intentions ou pensées aux télépathes. Ces derniers ne percevrons que des rires cristallins dans mon esprit.

- Aisikirim Ikuma (litt feu de glace).
Niveau 01 :: ★★★✩✩✩ Les petites flammes se dégagent de ma paumes, entrent dans l'objet, serrures, horloges ou de tout autre petit objet pourvu d'un mécanisme et elles me permettent d'en percevoir l'architecture et le fonctionnement. Ce qui me permet par la suite de tenter de désamorcer un piège ou autre mécanisme de protection (portée limitée). Lors de l'utilisation de son pouvoir, Allaatkasik ne perçoit plus ce qui l'entoure (ouie, vue et odorat). Pour interrompre cet état de torpeur, il faut soit produire un son très fort, soit qu'elle reçoive un choc assez violent ou bien qu'elle suffoque.  

Niveau 02 :: ★★✩✩✩✩ En passant mes mains sur une surface (mur, sol), elles me permettent de détecter s'il y a une porte dérobée, une cache ou bien un piège dissimulé (large portée). Idem pour l'interrompre que ci-dessus.

- Illuigaq (litt piège à corbeau).
Niveau 01 :: ★★★✩✩✩ Peut détecter si une personne lui ment volontairement ( ne fonctionne pas si la personne à recours à une quelconque protection magique de l'esprit ou autre).


   

La petite sarbacane (61cm), portée effective: 4 à 6m; portée max: 15m.
La sarbacane moyenne (91cm), portée effective: 7 à 9m; portée max: 30m.
Les deux sarbacanes sont en fait deux flûtes en bois de peuplier dont le bec est escamotable. Dans le conduit, se trouve une feuille de papier huilé qui en coulissant, permet d'en obstruer les trous et ainsi de les transformer en sarbacane. Sinon, les deux flûtes sont opérationnelles en tant que telles. Et je les transporte dans un sac de toile fine, de couleur noir, en bandoulière dans le dos.


   

Une petite masure dans la forêt près d'Upiq. 20m carré, pourvue d'une cave, ancienne demeure d'un charbonnier.



   

Sans maquillage, sans lunettes.


Allaatkasik possède une taille juste en dessous du mètre cinquante et un poids d'environs trente sept kilogrammes. Petite, mince, fluette, confinant à la maigreur, elle semble avoir subit les affres de la malnutrition. Sa longue chevelure noire de suie qui lui tombe sur les épaules, faisant ressortir dans un inquiétant contraste la couleur de son visage qui comme le reste de son corps est d'un blanc crayeux et lui donne des allures de spectre. Une frange droite vient couper le milieu de son front et généralement elle se fait deux tresses qui encadre son petit minois les nouant avec deux galons qu’elle laisse pendre sur une quinzaine de centimètres, fait de cuir de rênes et teins en rouge vermillon. Ce dernier, assez émacié, montre des pommettes creusées. Le contour général de son visage, reste cependant assez doux comme celui d'une enfant. Ses larges sourcils tous aussi noirs que sa chevelure surplombent deux grands yeux à la pupille d'un rouge grenat très sombre. De larges cernes légèrement violacés marquent le dessous de ses yeux et rendent son regard inquiétant. Cet aspect relativement sinistre est quelque peu démenti par un petit nez en trompette qui se veut espiègle. Du fait de son faible poids, ses articulations sont légèrement saillantes tout comme les cotes de son thorax. Malgré cela, son allure générale reste harmonieuse tant sa gestuelle est gracieuse, presque étudiée. Et il en ressort un sentiment général d'attendrissement et de commisération mêlé à un frisson d'inquiétude.

La particularité anatomique la plus dérangeante reste le changement de couleur de ses yeux qui reflète ses humeurs. Ils sont pour la plus part du temps d'un grenat sombre, reflétant toute la tristesse de son âme, mais peuvent varier d'intensité jusqu'à devenir deux braises brûlantes d'un feu infernal si elle est violemment courroucée. Il va sans dire qu'elle ne se départ jamais de ses lunettes de verres teintés.


Fiche d'Allaatkasik Aappilattutke Snowflakes

Ma tenue favorite.


Mes bottes d'été sont montantes jusqu’à mi-mollet, toutes en peau de phoque épilé. Les revers en haut sont fait de fourrure de phoque blanc sur une largeur de quinze centimètres. Et juste en dessous, un avita (mosaïque de peau ou de fourrure) d'une largeur de trois centimètres vient les décorer. Il est fait de triangles équilatéraux, mis tête-bêches et ont été réalisés à partir de fourrure de lynx blanc et de renard bleu polaire. L'empiècement est si bien réalisé que nul couture n'est visible. En plus d'être superbes, elle sont très agréables à porter, souples et légères, l’intérieur fourré de fourrure de phoque. Sur ce blanc immaculé, seul vient contraster avec élégance la fourrure du renard polaire.

Pour le pantalon, une coupe serré avec lacets aux jambières, le tout réalisée dans du cuir de jeune rêne, souple et soyeux, et glissière pour y passer une ceinture. Bien entendu, tout de blanc teinté.

Mon amauti, sorte de parka féminin que porte les femmes en terre de Cimméria et un vêtement assez imposant de par sa taille. Etant dépourvue d'ouverture sur le devant, il s'enfile comme une chemise, par le bas. Ample aux épaules, il est cintré à la taille et se termine, en bas, par une découpe en demi-cercle. Celui du devant se finit à mi-cuisse, alors que celui de derrière, me tombe jusqu'à l'arrière des genoux. Le bas du vêtement, large et évasé permet une grande liberté de mouvements aux jambes et ne m'entrave pas si j'ai besoin de courir ou bien de monter à cheval. Les manches, coupées longues, me couvrent pratiquement les mains, ne laissant de visible que mes petits doigts. Une large et longue capuche finit l'amauti, encadrant bien mon visage. Cette longue capuche dissimule, en fait, une ouverture dans le dos du vêtement et aussi trois amulettes faites de pâte de verre, disposées au niveau des épaules et qui pendent, attachées à de petites lanières de cuir. Toutes trois ont la forme d'une petite poire aplatie, d'environs conq centimètres de long et trois de larges. La première, d'un bleu azur vif, laisse voir en son sein le symbole de Kesha fait d'indigo, la deuxième violacée, montre le symbole de Soulen et la dernière, d'un ocre jaune profond, montre celui de Greis. Celui-ci fut choisi par le chaman du village qui lors d'une révélation extatique, vit la destinée de Allaatkasik liée à cette divinité. L'ouvrage est intégralement réalisé dans de la peau de jeunes rênes et lui aussi a la couleur des premières neiges. Des pièces de fourrures viennent ornementer, ça et là, somptueusement l'amauti. Une bande de trois centimètres de fourrure de lynx ourle tout le bas de l'amauti, à mi-bras est disposée une autre bande large d'une dizaine de centimètre faites de fourrure de phoque blanc ainsi qu'au bracelet des manches. Les ourlets roulottés sous les manches laissent pendre un peigne de fils blanc de cinq centimètres de long. Une autre bande de fourrure de phoque cerne le contour de la capuche.Il est est intégralement doublé de fourrure blanche de lynx. L'ouvrage est superbe, luxueux, sans défaut et s'ajuste parfaitement à mon anatomie quelque peu rachitique. Le blanc neige immaculé du cuir et des fourrures s'assortit à merveille avec ma peau de craie. Seuls contrastent mes deux grands yeux de rubis, sombres. Sifdérik m'a même dit que je semblait être l'apparition d'une ancestrale et fantomatique princesse du royaume des neiges.


Fiche d'Allaatkasik Aappilattutke Amauti01Fiche d'Allaatkasik Aappilattutke Amauti02
Crédits: Musée McCord Museum.

   

Ayant oubliée son passé, Allaatkasik a forgée son éthique au contacts de personnes bienveillantes, attentionnées et altruistes. Il en découle qu'elle même adopte un tel comportement et agit pour le bien. C'est dans le culte de Keisha qu'elle a découvert le réconfort de l'âme et elle fera son possible pour ne pas trahir ses valeurs. Bien qu'elle ait intégrée le caste des Ladrinis, cela ne la jette pas dans un conflit d'ordre morale. Après tout, sa profession consiste à espionner, pas à commettre des meurtres. Et puis il est facile pour une enfant de se convaincre que l'on vol des informations à des personnes, qui en fin de compte le mérite. Ils s'agit, essentiellement, de personnes influentes, riches ou puissantes qui n'hésitent pas à abuser de leur autorité envers les plus faibles, les plus pauvres. Les dépouiller ne sera que rendre justice aux plus démunis, d'une certaine manière... Si elle doit tuer, ce ne sera qu'en dernier recours. Soit pour sauver quelqu'un, soit pour elle-même. Bien entendu, cette extrémité, Allaatkasik ne la conçoit que théoriquement. Sauf dans un seul cas, décrit par la suite.

Mais derrière ces vertus récemment acquises, se cache un mal insidieux, qui lentement ronge son âme. Cette graine maléfique vient de son passé et croit dans le terreau de ce qu'elle est devenue, un Gorgoroth. c'est pour cela, elle voue une haine farouche à tout ce qui touche au culte de Kron. Elle l'a jugée responsable des atrocités qu'elle a subit. Et cette rage ne fait que grandir avec le temps, les outrages se faisant de plus en plus pesant. Elle est prisonnière de son propre corps et jamais elle ne vieillira. La voila condamnée à rester une enfant qui ne connaîtra jamais l'amour passionné d'un amant, n'enfantera pas non plus et ne pourra pas construire un foyer comme le commun des mortels. Les années passant, ce fardeau devient de plus en plus lourd et Allaatkasik peut vite devenir tout autant irascible que colérique sous le coup de la jalousie, en voyant des démonstrations de bonheur au sein d'un couple.

Mais généralement, d'une nature douce et réservée confinant parfois à ce que l'on pourrait prendre pour de la timidité, elle ignore ce genre de démonstration et reste dans son état le plus courant, un état de tristesse pratiquement permanent. Ses états d'humeurs s'étalent sur la vaste et grises palette de la nostalgie, du chagrin, de la mélancolie, de l'ennuie et de la neurasthénie. Elle ne se rappel pas avoir jamais éprouvés d'autres sentiments que ceci. La jalousie qu'elle éprouve donc est due à ce qu'elle se trouve de ce fait, exclue de l'humanité. Tout comme les changements biologique qu'elle a subit. Une part de son humanité c'est évaporée alors qu'elle n'en a plus aucun souvenir, ni aucune réminiscence. Elle est convaincue qu'elle a perdue quelque chose qui semble être précieux et que c'est Kron qui lui a volé.

Secrètement, elle est animée par d'autres motivations qui assombrissent son âme. Plusieurs questions la tourmente, comme savoir qui l'a assassiné et le pourquoi. Qui était-elle ? Ses parents sont-ils toujours en vie ? Qu'elles sont ses origines ? Au delà de détester Kron et de le rendre responsable de son état par facilité, un noir désir de vengeance l'anime au plus profond d'elle même et elle ne désire qu'une chose, tuer son meurtrier.

 
Fiche d'Allaatkasik Aappilattutke Snowflakes

Bien qu'elle ait gagnée en maturité, elle conserve de son caractère d'enfant, la manière manichéen de voir le monde, avec toute sa véhémence et son immodération. D'où des sautes d'humeurs parfois inappropriées. Par contre, elle est d'une fidélité sans faille. Et elle ne trahira normalement, jamais une personne, soit qui c'est montrée bienveillante à son égard et ce sur une longue période de temps, soit un membre de sa caste ou de son gouvernement. Sa nouvelle patrie lui tient tant à cœur qu'elle lui sera toujours fidèle, avant tout être humain ou autre. Et bien qu'elle soit de la caste des Ladrinis, la vénalité ne fait pas partie des ses motivations qui sont la gloire de sa nation et un sens aigue, bien que personnel, de la justice.

   
   

PRENOM :
RACE :
SEXE :
POUVOIR : Vous pouvez avoir 1 pouvoir au choix, rendez vous dans la section approprié pour savoir à quoi il a droit
DESCRIPTION :Si il s'agit d'un familier ayant un pouvoir, pensez à décrire la manière dont il porte son catalyseur


   

PRENOM : Avanneq (litt. vent du nord)

SEXE : Jument.

DESCRIPTION :Avanneq est un impressionnant destrier qui à coté de moi, semble gigantesque. Atteignant un mètre soixante-dix au garrot, son front est large, ses oreilles en pointes son ornées d'une petite touffe de poil tel les lynx et ses grand yeux noirs pétillent d'intelligence. Sa crinière est longue et abondante, tout comme ses fanons qui lui descendent du genoux jusqu'aux sabots évasés et larges. La forme de ses sabots lui conférent une bonne adhérence même sur les sols gelés. Sa stature imposante, sans être massive demeurait élégante, elle avait la silhouette d'un shires. Tout son poil, dru et dense était blanc comme la neige à l’exception de larges taches caramel sur sa robe. C'est une bête magnifique qui exprime tout à la fois noblesse, fierté et de par son regard, douceur. Pourvue d'une petite selle en cuir couleur crème, deux sacoches y sont fixées. Le mors en bronze est décoré sur chacune des extrémités du canon par un flocon de neige stylisé.



   

De la neige, je naquis.


Je me prénomme Allaatkasik Aappilattut, enfin c'est comme cela que m'a nommé l'homme qui me trouva, par une aussi belle que glaciale matinée du mois de Firion, étendue, inanimée sur le sable enneigé bordant la péninsule du Lac Gelé. C'était il y a bon nombre de saisons, une cinquantaine à ce qu'il m'a dit. L'homme dont il est question, se nomme Sifdérik. Il m'a élevée comme si j'avais été sa propre fille et pour ce qui est de l'histoire de ma découverte, soit il sait bien peu de choses à mon sujet, soit il m'en cache une partie. Quoi qu'il en soit, un matin comme de nombreux autres, il partit chasser le lagopède ou perdrix des neiges, sur les berges situées à l’extrémité de la péninsule du lac, faisant face à la cité de Gaeaf lorsqu'il vit mon corps gisant sur la grève luisante de glace. Je n'étais revêtue que d'une longue robe de chambre faite lin blanc finement brodée et il serait passé à coté de moi, sans me voir, si ce n'est ma longue chevelure noire d'ében qui attira son attention. N'importe qui m'aurait prise pour morte, mais pas lui. Et il décida de n’emmener dans sa modeste demeure de trappeur située à la lisière d'une petite bourgade plus au nord. Quand j'ouvris les yeux, j'étais dans une petite pièce, la principale de la maison semblait-il, alitée parmi les couvertures de fourrures de phoques et de renards. En face de moi, se tenait assis, le regard doux, Sifdérik. Son expression me surprise quelque peu car elle contredisait son physique. Lui qui était bâti comme un guerrier, le corps musclé d'une grande stature, le visage taillé à la serpe avec de longs cheveux blonds noués en tresse, il aurait du porter sur moi un regard d'acier. Pourtant ce ne fut pas le cas et d'une voix mesurée et rassurante il me demanda mon nom. Gênée, je ne répondis pas. Puis, il me demanda comment j'avais bien pu arriver dans cet endroit reculé du monde. La encore, je ne pus répondre que pas un silence ennuyé. Des parents, en avais-je ? De quelle contrée étais-je native ? Pour seule réponse, une larme de désespoir coula lentement sur ma joue. C'est alors qu'il me choisit un prénom et un patronyme, comme pour me faire comprendre que cette perte de mémoire n'était en rien sérieuse. Du fait de ma petite stature et de la couleur blanche et crayeuse de ma peau, Allaatkasik qui sont la réunion de deux mots d'un ancestrale langage du nord et que l'on pourrait traduire ainsi, petite craie. Pour le patronyme, il choisit Aappilattut, qui lui est le nom que porte cette algue rouge que l'on trouve communément sur les plages du nord et qui est par ailleurs un excellent met. En fait, il trouvait ce terme convenable du fait de la couleur de mes pupilles d'une couleur grenat. C'est ainsi qu'il m'affubla de ce prénom et de ce nom, en attendant que je retrouve la mémoire, comme il le disait. Mais au bout d'une cinquantaine de saisons, je les porte toujours. Car de mon passé, rien ne m'est revenue, ni de mes parents, ni de ma patrie d'origine et c'est cimmérienne que je suis devenue.




Sifdérik fut mon professeur et chaque jours, il me consacra beaucoup temps afin de me faire étudier les choses de ce monde que j'avais complètement oubliées. Il m’apprit l'histoire des nations, leurs géographies ainsi que leurs coutumes. Et afin que je puisse moi-même lire dans les ouvrages qu'il possédait, il m'apprit à lire et à écrire sans oublier les mathématiques. Après avoir longuement étudié, il m’emmenait, la nuit tombée, me promener avec lui dans la campagne alentour sous la clarté des trois lunes. Souvent, Sifdérik me comparait à Ignias. Cela me plaisait bien. Mais dix saisons passèrent et ce que je connaissais du monde se réduisait à la proximité de sa petite demeure. J'aurais tellement voulu voir toute les merveilles du monde qu'il m'avait conté ou bien que j'avais pu lire. J'en avais même fini par croire que les gens vivaient la nuit, pourtant nous ne croisions personne. D'ailleurs, je n'avais pas vue d'autre personne que lui depuis la matinée où il me trouva. Parfois, je me prenais à imaginer comment pouvait être l'existence d'autres gens vivants dans d'autres foyers, surtout pendant les fêtes de Hyul, le Solstice de Béamas ou bien le festival du Léviathan. Alors que je pouvais percevoir dans le village au loin, le tumulte des festivités, Sifdérik prenait bien soin de calfeutrer les fenêtres, comme s'il craignait qu'une personne quelque peu éméchée s'égare proche de chez nous et puisse nous voir. Il était toujours nerveux le temps des fêtes. Par contre, il est une fête que j'appréciais bien, celle d'Omnia. A cette occasion, il nous préparait un plat spécial et particulièrement goûtu. Mais ce que j'aimais par dessus tout, c'était cette ambiance chaleureuse, douce et détendue. C'est dans ces occasions, si rares hélas, que je me sentais comme sa fille. Non pas qu'il ne me prodigua pas son toute affection et son attention, bien au contraire, cela venait de mon être. C'est moi qui, sans le vouloir, mettait de la distance, mais cela, je ne l'apprendrais que bien plus tard.



Nous avions déjà célébré trois fêtes d'Omnia et je commençais à me questionner sur mon existence et mon devenir. Allais-je passer toute ma vie entre ces quatre murs et devoir me contenter de ballades nocturnes alors qu'un monde si vaste, captivant, merveilleux mais aussi effrayant, était juste à ma portée ? J'avais bien compris que Sifdérik cachait mon existence aux yeux des autres, mais pourquoi ? De quoi voulait-il donc me protéger ? Jusqu'à ce jour, je n'ai jamais eu le moindre doute qu'il put nourrir à mon encontre de la malveillance. D'ailleurs, il m'éduquait de manière à ce que je devienne indépendante et sache me débrouiller. Cela n'avait pas de sens. N'ayant d'autre repère que Sifdérik, je ne voyais rien qui justifias ce confinement. Et donc, forcement, le jour arriva où je lui posais la question. C'est la première fois que je le vis aussi embarrassé. Il semblait écartelé entre le désir de me parler, tels des aveux et celui de garder le silence. Bien entendu, il m'avait narré comment il m'avait découverte, mais sans plus de détails. Aucun objet ni bijou se trouvait sur les lieux, la seule chose qui pouvait donner un début de piste était la chemise de lin blanc finement brodée que je portais. Donc, il y avait de forte chance pour que soit j'eusse des parents aisés financièrement, soit je pouvais être une dame de compagnie dans une noble demeure. Mais les choses s'arrêtaient là. Un autre indice, qu'il eut bien de la peine à avouer, fut que j'avais été empoisonnée. Et que par miracle, j'avais survécu. Plus tard, j'apprendrais que cela était un demi mensonge, car je n'avais pas survécu et que j'étais devenue ce que l'on appel un Gorgoroth. Quoi qu'il en soit, cet empoisonnement avait laissé des traces sur mon physique qui auraient inquiétées très sérieusement toute personne croisant mon chemin. La blancheur crayeuse de ma peau pouvait passer assez inaperçue tant que le regard ne s'y attardait pas. Par contre le pourpre foncé qui ornait mes lèvres et qui cernait aussi mes yeux, me donnait une allure de revenante. Sans parler de ma maigreur, bien que peu prononcée, l'ensemble que je donnais à voir risquait de m'attirer dans le meilleur des cas des quolibets et dans le pire des cas, la vindicte populaire qui me mettrait au bûcher. Comme Sifdérik savait que je ne resterais pas éternellement cachée au yeux de tous, lui-même ne le désirait pas, il m'apprit l'art du maquillage. Et après plusieurs semaines d’entraînement, j'arrivais à dissimuler les quelques imperfections qui me caractérisaient. Pour la couleur de mes pupilles, dont l'intensité était variable selon mon humeur, il me fit confectionner une paire de lunettes en laiton, à monture ronde dont les verres étaient colorés d'un ton brun. La couleur n'était pas gênante et mes yeux étaient suffisamment cachés pour ne pas heurter la sensibilité de mes futur interlocuteurs.A partir de ce jour, j'étais enfin prête à faire mon entrer dans ce vaste monde.


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La plume et le parchemin.


Et c'est aux cotés de Sifdérik, en ce début de mois d'Enkilil, que je découvrais le village qui m'avait tant fait rêver. La plus part des constructions étaient de bois et plus nous progression vers son centre, plus la pierre était utilisée. Petite, ramassée sur elle-même, la petite bourgade était pleine d'agitation frivole. En ce début d'après midi, je venais de renaître. L'on pouvait deviner les tanneries en périphérie rien qu'aux effluves âcres et piquantes. Le commerce principale devait reposer sur le négoce des peaux avec toute ces échoppes regorgeant de fourrures grossières ou raffinées. C'était un délice pour mes yeux. Un détail me surpris quand même. Sifdérik qui semblait être un être renfermé et peu affable était régulièrement hélé ou bien salué par les commerçants ou bien de simples passant. Il me fit rentrer dans l’échoppe d'un tisserand et m'acheta quelques vêtements neufs. Alors qu'autour de nous des clients devisaient joyeusement, exprimaient leur contentement, je me rendis compte bien vite de l’étrangeté de mon comportement. J'aurais bien aimé lui sourire ou bien lui montrer un signe de joie comme le faisaient les autres dans de telles circonstances, mais j'en étais incapable. D'ailleurs, je ne me rappelle pas avoir rit un jour ou bien même avoir sourit. Et je n'émis qu'un mot de ma voix basse et douce, un simple merci. J'aurais tant aimée lui montrer plus de gratitude. Je sus que quelque chose clochait en moi. J'étais incapable de ressentir des sentiments tels la joie, le bonheur ou tout autre notion liée au plaisir. J'étais perpétuellement triste, nostalgique et mélancolique. Et je trouvais cela tout à fait normal. Alors qu'en fait, mon caractère si particulier, avait du bien des fois blesser Sifdérik. Pourtant, jamais il n'en fit la remarque. Ce qui me déchire encore un peu plus le cœur. Bref, une fois les emplettes faites, il m'emmena voir une de ses connaissances afin que j'apprenne un métier et que je puisse voler de mes propres ailes. Il s'agissait d'un notaire.



Une fois dans l'étude de maître Amaraq, je m'attendais à devoir effectuer de basses besognes. Mais bien au contraire, ce dernier me prit sous son aile et tous les matins il m'enseigna les bases du droit notarial. Certes, il fut surpris que je sache lire et écrire car j'étais bien jeune et une fille de surcroît. Entre nous s'installèrent de respectueux rapports de maître à élève et les bizarreries physiques dont j'étais affublées, la couleur de mes cheveux, celle de ma peau ou bien le port de lunette colorées, se dissolvèrent tant j'étais studieuse et réservée. Deux qualités qu'il apprécia tout particulièrement, je pense. Les après-midi, j'étais libre de mon temps car c'est à ce moment qu'il recevait ses clients ou bien partait en déplacement pour régler telle ou telle affaire. Généralement, je restais à son étude afin de faire du classement dans ses parchemins et mettre de l'ordre dans ses archives qui étaient imposantes ma foi. Il ne disait rien quand il me retrouvait plus tard à son bureau et faisait mine de rien. Mais je pouvais voir se dessiner sur son visage un imperceptible sourire de contentement. C'est lui qui d'ailleurs m'affubla de cet affectueux surnom de 'Petite plume'. Cela ne me déplut pas. J'avais rapidement pris mes habitudes et finis par apprécier, à ma mesure, cette nouvelle condition. Quant au reste des habitants du villages, très rapidement je fus admise, pas comme l'une des leurs, mais plus comme un étrange petit animal attendrissant. Et pour faire court à toute discussion, Sifdérik leur avait dit qu'il m'avait repêché bien plus au nord et que j'étais l'unique survivante d'un navire naufragé. Il ajouta qu'un violent choc à la tête m'avais fait perdre la mémoire. Ainsi, personne ne posa plus de question et à son dernier argument, les gens furent pris d'un sentiment de compassion. J'aurais du apprécier avec gratitude ma position au sein de la communauté, bien loin du pire qu'avait imaginé Sifdérik et pourtant je sentais au plus profond de mon être une colère noire et sourde gronder telle une rivière souterraine, inaccessible aux regards des humains. Quelques forces telluriques s'agitaient en moi sans que j'en puisse connaître la raison. Cela me m'exaspéra mais je fis bonne figure, accablée d'une tristesse encore plus pesante. Hormis cela, je passais trois années à étudier au près de maître Amaraq, ce qui me permis d'intégrer la confrérie des notaires, à la plus grande joie de Sifdérik. Et comme de coutume, je reçu la longue toge noire ainsi que l'anneau sigillaire en argent représentant deux mains se serrant, biffées, indiquant que j'étais clerc.


Quand je ne passais pas mon temps à l'étude ou bien à la petite bibliothèque de la bourgade, je fréquentais le temple de Kesha. Pas forcement lors des moments des rassemblement des fidèles, mais juste comme cela, pour m'isoler du reste du monde, dans un silence contemplatif. Parfois, je me prenais à adresser une prière à la clémente déesse, sans véritablement rien lui demander. Cela m’apaisait tout simplement. Sans raison apparente. Je pouvais rester assise des heures baignée dans le calme de ces lieux, enveloppée d'une triste et douce béatitude. Tout comme si la divinité bienveillante posait sur moi, son regard protecteur. Puis, je me suis mise à fréquenter un peu plus le temple, lors de prières et finalement à assister aux festivités du jour de Keisha, bien que je n'ai jamais aimée les foules. Cette fête avait quelque chose de particulier qui m'animait d'un étrange sentiment et que je n'ai jamais réussie à définir. Était-ce de la dévotion ? A cette époque, non. Mais parfois un ressenti acide, un tourment amer rongeait mon âme et cette proximité avec Kesha me soulageait. Etrangement, je finis par me sentir redevable.


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Les larmes du destin.


Cinq années s'étaient écoulées depuis ma renaissance, cinq années paisiblement tristes et ennuyeuses. Habituées à ma nouvelle vie, je n'en demandais pas plus. Mais cet équilibre était fragile et sans que je le sache, de noirs nuages s’amoncelaient à l'horizon de mon existence. Pourtant, j'avais remarquée quelques signes annonciateurs sans pouvoir les déchiffrer. Depuis quelques semaines déjà, l'on venait frapper à la porte de Sifdérik, rarement, puis plus fréquemment. Il s'agissait d'un homme mystérieux, vêtu d'une grande cape de velours noir et toujours affublé d'un chapeau à large bord qui masquait presque intégralement son visage. A chaque fois qu'il apparaissait sur le seuil de notre porte, Sifdérik ne faisait que l’entrebâiller et sortait rapidement, m'intiment de rester à l'intérieur. Il m'était impossible d'entendre la moindre parole tant les deux hommes parlaient bas. Par contre, à chaque fois qu'il rentrait, Sifdérik affichait une mine profondément préoccupée. Lui qui était d'un naturel jovial, il fallut que cet étrange personnage lui apporta de bien mauvaises nouvelles pour l'assombrir ainsi. Et ce, à chaque visite. Pourtant, il ne faisait jamais mention de ces visites. Alors, moi, je ne posais pas de question.

Alors qu'un matin je m’apprêtais pour aller travailler à l’étude de maître Amaraq, Sifdérik s'approcha de moi, l'air grave et d'une voix douce, posée mais ferme, me dit que ce matin je n'irais pas travailler. Il avait des choses à me dire, des choses très importantes. Nous nous assîmes sur les épais tapis en laine devant la petite cheminée où brûlait un feu de tourbe. Je posais mon regard triste sur lui, pleine d’appréhension. Après un long moment de silence, il se décida à parler.


-"Je n'ai pas été tout à fait honnête avec toi. Disons que j'ai omit de te dire certaines choses te concernant, toi et moi. Je ne voulais pas inutilement te tourmenter avec mon passé, ce que j'ai été, ce que j'ai fait. Autant pour toi que pour moi, je préférais oublier tout cela. Même si au fond de moi je savais que cela était inutile, j'espérais secrètement qu'il en serait autrement. Finalement, mon passé m'a rattrapé et aujourd'hui, il vient s'en prendre à toi. Je suis désolé pour cela. Sincèrement. Moi qui voulait t'en protéger...

Bref, pour faire simple, il existe différentes castes dans ce monde, qui regroupent des personnes par profession, talents ou autres, un peu comme des confréries. Je faisais partie de l'une d'elle, il y a déjà de nombreuses années, il s'agit des Ladrinis. C'est un regroupement de voleurs, d’assassins et de contrebandier pour faire simple. Au sein de cette caste, des individus sont parfois recrutés par les gouvernements, soit pour accomplir une tâche précise, soit engagé sur le long terme. Ce qui est le cas du gouvernement cimmérien pour ce que j'en sais. Un fois recrutés, ces Ladrinis sont assujettis a un gouvernement mais disposent de certaines des ressource de leur caste dont ils sont toujours membres. Il va sans dire que le gouvernement doit en retour, verser une rémunération conséquente au chef du clan dans lequel ils emploient leurs recrues. Très souvent, ils sont employés pour l'espionnage. Ce qui fut mon cas pendant un temps. Mais, j'ai décidé de démissionner, sachant qu'en tant qu'ancien agent du renseignement, 'Le Silence' garderait un œil sur moi. C'est le nom qui est donné au bureau des services de renseignements de Cimméria. Ils sont toujours prudent lorsqu'un Ladrinis ayant travaillé pour eux quitte leur service et ils veillent à ce que l'on reste muet sur nos anciennes activités. S'ils ont des doutes, mieux vaut fuir, même si cela se révèle être inutile, car ils n'hésitent pas à faire disparaître tous ceux qui seraient suspectés de vouloir ouvrir leur bouche. Je pensais qu'en quittant la caste des Ladrinis, ils m’oublieraient plus facilement, mais je me suis trompé apparemment. Quant à la personne qui venait me voir et dont je voulais te tenir à l'écart, il s'agit d'un agent recruteur du 'Silence'. Je pense qu'il nous espionne depuis longtemps déjà et qu'il doit en savoir plus bien sur toi que toi même. C'est pour cela que je me dois de te dire, qu'en fait, ton empoisonneur à réussi sa mission. Tu es belle est bien morte... Tu es ce que l'on appel une Gorgoroth... "


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Sur le moment, je ne saisis pas le sens des mots qu'il venait de prononcer. Mais en le voyant baisser la tête et fixer d'un regard si contrarié, que je ne lui connaissais pas, le tapis, j'en saisie brutalement toute la teneur et d'un coup, je fus anéantie. Toutes mes pensées volèrent en éclat et sous le choc, ma raison se fissura. Alors qu'il grimaçait comme s'il eut un violent goût amer dans la bouche, Sifdérik, fixant toujours le tapis, m'expliqua d'une traite, ce qu'il connaissait de ces fameux Gorgoroths. S'en était trop pour ma raison. J'aurais voulu pleurer des larmes que je n'avais plus, hurler mon incompréhension à la face de ce monde sordide alors que je restais muette. Toute volonté abolie, je me levais du sol, doucement et me dirigea lentement vers la porte d'entrée que j'ouvris puis sortis, silencieuse. Derrière moi, la silhouette d'un inconnu était imperceptiblement animé par de spasmes sanglotants.


* Tel un fantôme, mue par une volonté qui n'était pas la sienne, elle se dirigea vers les berges du Lac Gelé situé à trois lieux de là. Arrivée sur les berges, elle s'assit en tailleur à même le sable recouvert des premières neiges. Face à elle, les vaguelettes s'échouaient sur la rive inlassablement, sous les nuages anthracites malmenés par le vigoureux et piquant vent du nord. Les deux soleils étaient cachées par ce lourd rideau de plomb plongeant le morose paysage dans une lumière crépusculaire. Juste à ces coté, elle vit le bris d'un coquillage et machinalement le prit dans sa main. Il était froid. Allaatkasik aurait voulu parler à quelqu'un. De tout et de rien, juste pour oublier ce qu'elle venait d'entre apercevoir de ce qu'elle était devenue. Elle savait que maintenant son ancienne vie si insouciante venait de s'achever à cet instant. Instinctivement, elle ramena ses genoux le long de corps et les enserra dans ses bras. Elle cacha sa tête entre ses genoux et ses bras. Puis, ferma les yeux pour ne pas voir sa vie tomber en lambeau, mais en vain. Pour la deuxième fois, son existence lui était ravit. Elle ne voyait plus devant elle, que des jours moroses, des nuits sans issues. Pour la première fois, elle ressentit la peur de rester éternellement seule sans que jamais personne ne lui caresse les cheveux ou la prenne par la main. Pour la première fois, elle finit par envier les humains. Elle resserra l'étreinte des ses bras. Non, il n'y avait que son corps à prendre, un corps malade, malade de sa propre vie, ou plutôt, de cette non vie. Elle n'en voulait absolument pas à Sifdérik. D'ailleurs, elle n'était même plus capable d'en vouloir à qui que ce soit, ni même son assassin.

Ses pensées évaporées, Allaatkasik, marionnette à la raison disloquée se leva puis se déshabilla, pliant ses vêtements qu'elle prit soin de déposer sur le blanc immaculé de la neige et s'enfonça dans les eaux froides et sombre du lac. C'est sans connaissance qu'elle goûta enfin au repos et qu'elle fut soulagée du poids de ses tourments. *


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Sous le signe d'Ignias.


Ce ne fut que trois jours plus tard que reprenant conscience, je rouvris les yeux dans le petite demeure de Sidérik. C'était la nuit, silencieuse et épaisse. Il était là, assis devant le feu. Subtilement, la lumière s'était
faite plus chaude et parait le bois de reflets chamarrés. Une forte odeur de cire mélangée à de la térébenthine envahissait agréablement la pièce.Sentant que j'avais recouvert mes esprits,Sentant que j'avais recouvert mes esprits, il se tourna vers moi et de sa voix douce et rassurante, il s'enquit de savoir si j’étais enfin prête à assumer ce que j'étais devenue. D'un signe de tête, j'opinais. Sans plus d’ambages, il rentra dans le vif du sujet.


-"Bien, comme je te l'ai déjà dit, j'ai bien peur que tu ne puisses échapper à ton destin. Le mystérieux homme qui venait me rendre visite, se fait appeler 'L'ombre', c'est un agent recruteur du 'Silence'. Et il voit en toi un grand potentiel. Premièrement, tous les avantages que te confèrent le fait d'être une Gororoth qui avec un peu de maquillage, peut passer inaperçue. Ensuite, il n'y a que très de peu de femmes dans la profession des espions et donc, tu éveilleras bien moins les soupçons qu'un homme, sans oublier qu'avec ta petite figure de jeune fille, tu seras encore plus transparentes. Les services du contre espionnage des autres nations seront bien loin d'imaginer que tu sois une agent du 'Silence'. Ajouté à cela que tu possèdes déjà une couverture solide, efficace et très pratique. En tant que clerc de notaire, tu peux voyager dans les différentes nations sans que cela soit suspect. Pour tout cela, ton existence vient d'être scellée. Je suis désolé de ne pas avoir été plus prudent, de ne pas avoir su te protéger de tout ça..."

Bref silence.

-"Mais j'ai réussi à négocier un arrangement avec 'L'ombre'. C'est moi qui me chargerais de ta formation initiale. Car si par la suite tu dois intégrer la caste des Lanidris, il te faudra posséder des talents qui t'ouvrent leurs portes. Même s'il existe une forme de partenariat entre notre gouvernement et les Lanidris, ils n'acceptent pas les premiers venus. C'est une caste élitiste et tu devras faire tes preuves. J'ai deux années pour faire de toi une candidate qui ait toutes ses chances de réussite. Par contre n'oublie jamais que pour le 'Silence' tu seras une Lanidris et pour eux tu seras un agent du 'Silence'. Le seul lien de confiance qui les unis restant l'argent et certains intérêts communs. Le seul conseil que je puisse te donner est de faire de grosses économies pour pouvoir démissionner et aller te cacher dans un endroit tranquille, cachée aux yeux de tous... Sinon, demain je vois que tu sois debout et en pleine forme... Nous n'avons pas de temps à perdre. Si je ne t’ai pas suffisamment protégée, au moins que je fasse de toi une agente aguerrie qui puisse survivre dans ce panier de crabes."


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Mes journées étaient réglées comme du papier à musique, monotone et maussade. Je travaillais trois jours chez maître Amaraq et les autres, Sifdérik s'occupait de ma formation. Le matin, il me donnait des cours de serrurerie en prévision d'un toute autre usage, l'après midi il m’entraînait à l'art du combat puis, le soir venu, il m’apprenait les us et coutumes populaires des autres nations afin que je sois à même de me fondre dans la masse. C'est à cette occasion que je découvris ses petits secrets. Il avait conservé de son passé une cave juste en dessous de sa maison. La trappe pour y accéder était dissimulée sous les tapis de la pièce principale. La cave devait faire une trentaine de mètres carré, soit approximativement la surface de son habitation. L'intérieur était poussiéreux. En fait, depuis son départ du 'Silence', il n'y avait jamais remis les pieds et avait laissé les choses en l'état. Aucun soupirail n'apportait de lumière et la seule qui soit disponible était apportée par quelques lampes à huile disséminées ça et là. Au centre de la pièce où régnait un indescriptible capharnaüm, se trouvait une grande table en hêtre recouverte de parchemins épars, de plumes et d'encrier, d'une grosse loupe surmontant un pied en bronze, des tournevis et divers outils qui m'étaient jusque là inconnus. Il alluma les lampes avec facilité et l'on devinait que même après toutes ces années, il avait conservé malgré lui certains réflexes.


Il débarrassa vite fait la table, y adjoint deux chaises et fit minutieusement l'inventaire des outils dont il allait avoir besoin. Puis il se dirigea vers une pile de coffre et de malles adossés au mur et menaçant de s’effondrer à tout instant. Il en sortit plusieurs grosses serrures et commença à me montrer comment les démonter, puis les remonter, à en bien comprendre les mécanismes. Puis, faire un schéma de chacune d'elle sur des parchemins. Ce que j'appréciais dans ces exercices, c'était le calme et la minutie que cela requérait. Patiemment, visse après visse, écrou après écrous, la serrure montrait petit à petit ses secrets. Je les étudiais dans leurs moindres détails. Puis vint le moment où je dus les ouvrir à l'aide d'une simple lame de métal et d'un petit crochet. L'art du crochetage était ardu, il fallait que je sois rapide mais sans laisser de griffures sur le métal. Je voyais cela comme une sorte de casse-tête et je dois dire que c'est l'une des activités qui me plaît le plus. Bien que j'avais une passion presque morbide pour les livres, les parchemins poussiéreux et le travail de clerc, le crochetage rompait ma lassitude d'une piquante tristesse.

Par contre l’entraînement martial de l'après-midi me portait au supplice. Très vite, Sifdérik c'est rendu compte de mon inaptitude au combat. Pour l’entraînement à l'arc, il m'avait pourvue de celui dont se servent les enfants du village pour s’entraîner à la chasse et je ne fut même pas à même de le bander. J'avoue que cela m'a irritée. Donc nous avons essayé l'épée courte. Et là, nouvelle et amère déception. Je ne pouvais tenir l'arme que quelques minutes tout au plus et en ce qui concernait de faire une parade, au moindre choc, je lâchais mon arme. Bien qu'effectivement je sois endurante, la force physique me faisait cruellement défaut. Devant ces échecs, gonflée de colère contre tout, contre moi même surtout, je partis, encore une fois, me réfugier sur les berges du Lac Gelé. Comme à son habitude, Sifdérik et venu me chercher et essaya de me consoler. En fait, toute la rage que je pouvais ressentir émanait du fait qu'au delà d'être une incapable, je décevais profondément Sifdérik. Et connaissant ma nouvelle nature, je savais que je n'y pourrais rien changer... Encore une fois, il fit preuve d'imagination et trouva une solution pour palier à mes soucis. Trouver une arme qui puisse être efficace alors que je ne possède ni plus ni moins la force d'une enfant, relevait tout simplement de la gageure. Pourtant, il n’emmena dans une grange, à l’abri des intempéries, où tout au fond, il avait installé plusieurs cibles. D'un étui de tissus, il en sortit trois longs bâtons qui semblaient être évidés. Il prit le plus petit, y fixa une embouchure, plaça une aiguille pourvue d'un empennage en papier et me le tendit. J'appris que cela s’appelait une sarbacane, qu'il fallait souffler dedans pour que l'aiguille aille se planter dans la cible. Le principe n'était pas bien compliqué, l'atteindre était une toute autre histoire. Malgré tout,je trouvais cela moins pénible et plus à mon goût. Enfin, j'étais sortie de l'impasse...


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Mon entraînement se déroula sans heurt durant quatre saisons. Je montrais de bonnes aptitudes à la sarbacane et de la petite, j'étais passé à la moyenne. Je gardais tout de même une bonne précision bien que je m'éloigna de plus en plus des cibles et Sifdérik trouva cela de bon augure.

Les journées avaient enfin retrouvées leur calme triste et répétitif que j'appréciais tant. Mais un fait étrange se produisit lors d'un de mes cours alors que je m’entraînais à crocheter une serrure pourvue d'un mécanisme de sécurité. C'était une serrure piégée des plus simple et nous venions juste de commencer à étudier ce genre de modèle. Elle était équipée d'un petit aiguillon qui pouvait être empoisonné lors d'une utilisation en condition réelle. Le but étant, bien entendu, de désamorcer le piège. Mais, je ne savais pas où se trouvait logé l'aiguillon et quelles manipulations pouvaient le déclencher. Alors avec lenteur et milles précautions, j'essayais d'en deviner le mécanisme. Les minutes semblaient s'écouler de plus en plus rapidement tandis que je cherchais comme m'y prendre. Je ne voulais surtout pas décevoir Sifdérik lors de cette épreuve alors que je me rendais bien compte que le temps passant, je ne m'approchais toujours pas de la solution. La déception s'agrandissait en moi et me faisait perdre le peu de confiance qu'il me restait. Mes mains se mirent à trembler légèrement. Là, je sus que j'allais lamentablement échouer et le goût amer de la frustration m’emplit la bouche. J'en aurais jetée la serrure sur le sol, pour qu'elle se brise, qu'elle disparaisse... Pourtant, sans crier gare, toute ma colère s'évapora d'un coup. Devant moi, je ne voyais plus la serrure que je fixais si intensément. Quelque chose dans ma tête l'avait remplacée. Ce n'était plus elle que je voyais, mais plutôt une sorte de schéma qui s'agrandissait et se précisait rapidement. Comme si je l'observais de l’intérieur. Petit à petit, elle me dévoila son mécanisme, parfois clairement, parfois flou. Sous le coup de la surprise, je lâchais la serrure sur la table de travail et cette étrange vision se stoppa nette. Interdite, je restais là, muette de stupéfaction.

Trop préoccupée par ce qu'il venait de se produire, je ne pu me remettre à l'ouvrage et fit part immédiatement à Sifdérik de mes angoisses. Ce qui me surpris le plus, c'est qu'il ne se départit pas de son calme et m'expliqua le plus simplement du monde que des personnes étaient pourvues de certaines capacités, plus ou moins exceptionnelles, dans ce monde. Après m'avoir jetée cet énoncé comme on parle du temps qu'il fait, il m'apprit qu'il existait même des écoles où l'on pouvait apprendre à maîtriser ces pouvoirs et même à les développer. Mes grands yeux grenats le fixaient pleins d'étonnement. Dans la foulée, j'appris que des pierres appelées 'sphènes', pouvaient servir de catalyseur à cette énergie qu'il qualifia d'essence divine. Si de tels propos avaient pour but de me rassurer, ils eurent l'effet contraire et ne firent que croître plus encore mes inquiétudes. Mais, c'est à la lumière des dernières révélations qu'il me fit, que je plongeais dans le désarrois et l'égarement le plus profond. Alors même que cette étrange vision vient me posséder, de petites flammes noires étaient apparues au bout de mes doigts, cherchant dans un premier temps à pénétrer l'objet, puis à s'y frayer un chemin. Mon esprit s'affaissa. Mon cas de monstre de foire venait de s’aggraver et cette étude que je trouvais, à ma manière si plaisante, venait de se transformer en cauchemar.

Et au lieu de vouloir me rassurer ou bien d'essayer de me changer de mes idées sombres, sèchement, il me fit remarquer qu'il serait peut-être opportun de finir mon exercice. Surtout dotée d'une telle capacité. Ainsi rabrouée, je me remise au travail, tout à la fois en colère et apeurée. Mais après un long moment, je réussie enfin à désamorcer le mécanisme et à débloquer la serrure. Finalement, j'avais réussie. Mais à quel prix, moi qui aurait tant voulue être une simple humaine, une petite villageoise sans histoire... Bien entendu, je compris de suite l'intérêt que pouvait apporter ce don lorsque l'on voulait intégrer la caste des Ladrinis. Sauf que pour moi, ce n'était pas un choix et je me suis mise à haïr ce pouvoir. A me haïr...

Pourtant, chaque jour j'avais pour obligation de m’entraîner à maîtriser cette capacité car je ne pouvais me soustraire à ma destinée. Nulle fuite ne m'était possible. Et je devais à tout prix intégrer cette caste si je voulais survivre. J'avoue avoir été tentée à maintes reprises de demander à Sifdérik quels étaient les moyens de tuer un Gorgoroth, mais je me suis abstenue. Il m'avait tant donné, tant fait pour moi, que même si je le désirais au plus profond de mon être, je ne pouvais me résoudre à me suicider. Cela l'aurait bien trop peiné et déçu.


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Mais mon existence de bête de foire ne faisait que commencer... C'est sur le chemin me conduisant à l'étude de maître Amaraq que le phénomène se produit. Alors que la grand-rue était encombrée de badauds et de marchands ambulants, je fus prise, comme bien souvent quand je suis dans une foule, d'une angoisse qui allait en crescendo. Mais généralement, j'arrivais plus ou moins à me ressaisir en fonçant à travers la foule, bousculant au passage nombreuses personnes, fermant presque les yeux, retenant ma respiration et ne visualisant que le lieu de ma destination. C'est pas très glorieux tout ça... mais bon. Je commençais donc à suffoquer et je pouvais sentir le sol commencer à se dérober sous mes pieds. C'est alors que des rires d'enfants me parvinrent aux oreilles. Ce son semblait provenir de partout à la fois, tout autour de moi et il s’amplifia. Je pensais que ces voix n'étaient qu'à l’intérieur de ma tête et que je perdais la raison. Étonnamment, les badauds tout autour de moi se stoppèrent sur place, eux aussi très déconcertés, cherchant du regard le groupe d'enfants qu'ils entendaient. Je profitais de leur stupéfaction pour m'éclipser au plus vite et rejoindre l'étude. Ce genre de déconvenue s'est produite plusieurs fois déjà et cela me met dans l’embarras, car les gens finiront par comprendre qu'à chaque fois qu'ils entendent ces rires, je suis toujours présente. J'ai beaucoup de chance d'être acceptée au sein de cette communauté et je n'ai aucune envie d'en devenir une paria. Sifdérik y voit des dons que je me dois d'exploiter, moi je n'y vois qu'une source d'ennuis...

Et puis, comme si cela ne suffisait pas, Sifdérik pense que je suis dotée d'un autre don. Il pensait que cela avait un lien la pensée, un peu comme si je pouvais les lire, mais à l'envers... C'est bien plus tard que j'en découvris la nature réelle. Il arrivait qu'à l'étude, lors de contrat, j'essayais de savoir si le client mentait ou cachait quelque chose. Sans en évoquer la cause, je faisais part de mes doutes ou impressions à maître Amaraq. Et invariablement, quand il avait la possibilité de vérifier mes craintes, elles se révélaient fausses. Mais pas quelques fois, systématiquement ! Comme si finalement, ce que je percevais des personnes, était l'exact oposé de la vérité. Finalement, j'ai donc fini par me taire avant d'être prise pour une menteuse invétérée, voire pire, une calomnieuse.


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Quoi qu'il en soit, mon entraînement qui avait duré deux ans avec Sidérik, touchait à sa fin. J'étais de plus en plus abattue et mon accablement ne cessait de croître à l'idée de devoir quitter Sifdérik. Lui aussi était plus morose. Il était la seule famille dont je me souvienne, le seul à avoir été capable d'aimer une sinistre créature qui était dans l'impossibilité d'éprouver pour lui le moindre sentiment en retour. Il m'avait accepté, moi la non morte, comme sa fille et m'avait prodigué plus d'attention que je n'en attendais ou même n'osais en espérer. Et, plus que tout, il avait su donner un sens à ma non existence. Déchirée par la souffrance de cette future rupture, par la rage muette face à mon incompréhension de ce monde, nourrit d'un sentiment enfantin d'injustice, je me contentais de faire bonne figure pour éviter de le tourmenter pour le peu de jours qu'ils nous restaient à être ensemble. A jamais restera gravée l'image de son regard attendrit, posée sur moi, alors que je me réveillais dans les couvertures de fourrures dans sa petite demeure, il y a de cela, presque dix ans déjà...




Dernière édition par Allaatkasik le Dim 16 Juin - 9:56, édité 230 fois
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MessageSujet: Fiche suite et fin....   Fiche d'Allaatkasik Aappilattutke Icon_minitimeVen 14 Juin - 14:18




Une petite Ladrinis au service d'une grande et fière nation.


Le jour fatidique, où 'L'ombre' viendrait pour n’emmener voir le chef de clan des Lanidris, était arrivé. Je devais partir avec l'inconnu en début de soirée pour une destination indéterminée. Sifderik m'avait préparé du mieux qu'il le put à cette rencontre. Mais Sifdérik avait décidé que cette journée nous appartenait, rien qu'à nous et c'est avec un peu d'avance que nous fêtâme mon dixième anniversaire. Bien qu'il pensa que je fusse un peu plus âgée, il avait décidé de compter les années depuis ma découverte sur les berges du lac. J'approuvais. De toute façon, nous n'avions aucun élément justifiant de ma date de naissance. Et puis, je n'étais plus humaines, alors, c'était bien comme ça. A ma grande surprise, il m'offrit de somptueux vêtements de cuir et de fourrures. C'était une magnifique tenue portée traditionnellement par les cimmériens, enfin, plus pour une princesse tout de même. Et, pour fidèle compagnon de route, une splendide jument répondant au doux nom d'Avanneq. Cela me toucha profondément et m’envahit tout à la fois d'une tristesse noble et sentimentale. J'en aurais pleurée si j'avais pu. Mais ces présents étaient loin de facilité notre séparation... Le soir venu, l'homme frappa à la porte, sans un mots. Vêtue d'habits simples et vétustes pour le voyage, j'avais pris soin de mettre mes beaux vêtements dans les sacoches de ma juments, il me tendit une sorte de casque en cuir. Une fois montée sur Avanneq, je le mis. Il me couvrait la moitié du visage. J'étais aveugle. Il dut prendre les rênes de ma juments car je la sentie se mettre au trot. Plongée dans le noir, je laissais derrière moi le seul fragment d'humanité qui m'avait raccrochée à cette existence. Un grand froid s'éprit de la moindre parcelle mon corps, venu du plus profond de mon âme.

Nous chevauchâmes deux jours, peut-être trois. Je ne sais pas. Par contre, ce qui est sûr, c'est que 'l'ombre' ne dit pas un seul mot de tout le trajet. Moi non plus d'ailleurs. Et qu'il ne m'a jamais proposé ni d'eau, ni de nourriture. Etait-il complètement misogyne ou bien connaissait-il ma réelle nature ? Quoi qu'il en soit, nous devions être arrivé dans une ville ou plutôt dans la cours d'un château, je pense. Car même si j'étais privée de vue, je pouvais entendre résonner les fers de nos chevaux sur des pavés. Il devait aussi y avoir un peu de monde qui s'affairait ça et là. Rapidement, nos chevaux s'arrêtèrent et je sentis sa main ferme sur mon bras. Je devais aussi descendre. Quelques minutes plus tard, une porte qui devait être lourde, à en juger par son grincement sinistre, s'ouvrit et, me tenant fermement, il me fit dévaler un escalier en colimaçon. Nous nous enfoncions dans les profondeurs de la terre. Nul bruit sinon nos propres pas. J'étais étrangement calme, tout comme un prisonnier qui s'était résigné à subir sa sentence, sans peur, sans regret. Puis nous dûmes prendre un long couloir. Parcourant une distance que je ne saurais estimer, il me fit m'arrêter mais me laissant toujours le casque sur la tête. Debout, laissée sur place tel un objet devenu inutile, j'attendis. Mais rien ne vint. Et après un moment suspendu dans le temps, une porte venait de s'ouvrir. Une main ferme et brutale se saisie de moi pour me faire rentrer dans une pièce. Une chaise racla le sol et l'on m'y jeta. Les pas s'éloignèrent, la porte fut refermée. Encore une longue attente avant que quelqu'un la rouvrit. Une autre chaise fut déplacée et une main légère m’ôta mon casque. Je pris quelques minutes avant de recouvrer la vue. Heureusement, la pièce était parcimonieusement éclairée et je pus enfin découvrir le lieu qui m'avait valu ce périple déplaisant.


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C'était une petite pièce voûtée, assez basse, en pierre ocres. Le long des torchères courrait l’empreinte noire de la suie. Assis devant moi, à une table de chêne fortement marquée par le temps, un homme d'une soixantaine d'années, les cheveux poivre et sel coupés en brosse, un visage aux traits fin pourvus de deux yeux profondément enchâssées, me scrutait sévèrement, avec autant d’intérêt que de dédain. Il ne disait mot. Alors, j'en fis de même. Ce qui sembla légèrement le contrarier, il dut y voir un signe de bravade de ma part. Ce qui dans un certain sens, me plut et je ne fis rien pour démentir son ressenti. Ces deux dernières années, j'avais vu mon existence m'échapper complètement et être devenu un pion manipulé sur un échiquier dont les règles m'étaient inconnues. Maintenant, j'avais enfin en face de moi l'un des joueurs et je pouvais sentir au fond de moi un rage sourdre. Lui faire bonne impression n'était pas dans mes priorités. Ce fut donc lui qui rompit le silence en se fendant d'un large sourire. Et d'une voix rocailleuse:



-"Une forte tête ? Et en plus une gamine ?! Honnêtement, si tu ne m'avais pas été recommandée expressément, tu ne serais pas là devant moi... Mais bon, pourquoi pas... Mais avant de savoir si tu as le minimum de qualités requises pour nous rejoindre, tu vas devoir passer une série de tests. Et pour commencer, tu vas m'ouvrir ces deux petits coffres."



D'un sac posé à ses pieds, il en sortit deux boites, l'une avec serrure l'autre semblait dépourvue de tout système d'ouverture. Il y adjoint aussi mon trousseau de crochetage. Surprise qu'il le pose sur la table, je me contins et essayais de dissimuler au mieux le déplaisir de savoir qu'il s'était permis de fouiller dans mes affaires. Et en dernier lieu, il posa un grand sablier sur la table. Et de sa voix narquoise, il reprit:



-"Tu vois, rien de bien méchant ma foi. Tu dois juste les ouvrir avant que le sable ne se soit totalement écoulé. C'est tout."



Disant cela, il affichait un sourire satisfait, presque malsain tout en me jetant un regard sardonique. Une fois le sablier retourné, il s'affala dans sa chaise tout en croisant ses bras sur son torse musculeux et attendit l'air de rien. Je savais bien ce qu'il attendait, que j'échoue. Sans me désarmer pour autant, je pris le premier coffre à serrure dans mes mains. La serrure était relativement simple d'apparence, mais ce devait être un leurre. Alors que je m'appliquais à user de mon don pour en découvrir le mécanisme, un schéma assez clair se fit jour à mon esprit. Mais malgré cela, l'ouvrir me demanderait beaucoup de temps et de doigté. Respirant profondément, je pris mes outils et me mise à la tâche. J'avançais lentement, alignant les goupilles les unes après les autres tout en prenant soin de ne pas déclencher le mécanisme de sécurité qui ferait sortir un aiguillon dissimulé dans le rotor. Puis un 'clac' se fit entendre, la serrure venait de céder. Je relevais la tête et jetais un rapide coup d’œil au sablier. Il ne me restait qu'à peine un tiers du temps impartie. Prenant précipitamment l'autre boite, dans ma tête résonnait l'écoulement du sable et les secondes qui filaient si implacablement. En regardant le coffre, nulle serrure, nulle jointure. Il s'agissait d'une de ces boites à secrets dont il fallait faire coulisser les lamelles de bois dans un certain ordre pour pouvoir les ouvrir. Sans compter qu'elle aussi devait être protégé par un mécanisme défensif. Prenant fermement la boite dans mes mains, je me concentrais au maximum mais aucune vision ne me vint. Ce devait être toute cette pression qui me déconcentrait ou bien pire, peut-être avais-je épuisée toute mon essence. Catastrophe ! Et pendant ce temps, le sable qui se défilait inexorablement. Je sentais déjà l'acide de l'échec me ronger l'esprit, il fallait à tout prix que je me ressaisisse. Alors je me remémorais les longs moments passé sur les berges du Lac Gelé à contempler les vaguelettes cristallines s'échouer sur les galets. Je pouvais sentir le vent frais jouer dans mes cheveux, entendre les pépillements des Bruants des neiges. Un immense calme m’envahit. Puis succéda à cette idyllique vision celle plus sombre et étrange qui m'avait fait défaut. Dans mon esprit apparut le schéma des lamelles de bois à faire coulisser, mais la perception en était parcellaire ou imprécise. Rouvrant les yeux, je les posais instinctivement sur sablier. Peu de temps il me restait. Sans plus penser à autre chose, je laissais mes doigts courir sur les lamelles, les déplacer et laissais mon instinct compléter ce que je n'avais pu apercevoir et finalement elle s'ouvrit. Pleine d’inquiétude, la gorge nouée, je jetais un coup d’œil craintif au fatal instrument alors que le dernier grain de sable venait de tomber. Je n'étais pas encore remise demes émotions que le type affalé en face de moi se redressa sur sa chaise et d'une voix détachée et méprisante:



-"De justesse... pas très rapide tout ça... mais bon, ça passe."



Sans crier gare, il frappa violemment la table de son poing et de la porte de derrière apparurent deux hommes à la mine patibulaire



-"Bien, suis-les. Ils vont te mener à ta prochaine épreuve. Mais avant prend ça."



Il sortit une dague qu'il posa sur la table. Affichant un sourire malsain:



-"A tout à l'heure... enfin peut-être."



Je me saisie de la dague et suivis à contre cœur les deux hommes. Ils me menèrent dans une salle ronde, assez vaste, surmontée d'une coupole soutenue par des colonnes taillées grossièrement. Sur les mur étaient disposés des râteliers pourvus de nombreuses armes. Certaines m'étaient connues, d'autres trop exotiques. Des torchères à intervalles réguliers éclairaient partiellement la pièce et de nombreux recoins restaient dans l'ombre. Une fois les deux hommes sortis, je me retrouvais seule, baignée dans un silence inquiétant. Du regard, je fis le tour de la pièce. Pas âme qui vive. Pas très rassurée, j'avançais vers le centre de la pièce et c'est alors que deux ombres fondirent sur moi. Leurs intentions étaient claires, j'allais devoir en découdre avec ces deux malandrins. Mais je m'arrêterais là car mon égo en souffre encore et je ne peux réprimer un élan de rage futile en repensant à cette lamentable déconvenue. Pour faire bref, en moins de temps qu'il ne le faut pour le dire, je me suis retrouvée à terre, désarmé, puis rouée de coups. Et c'est complètement endolorie, à moitié assommée que je devais passer la partie finale de mon test. J'en suis à peu près certaine maintenant, s'ils m'ont fait passer cette épreuve avant la dernière, c'est tout simplement pour me faire échouer ou du moins m'handicaper sérieusement et réduire mes chances de réussite. C'est un coup bas tout à fait digne d'un misogyne. Quoi qu'il soit, à cette dernière épreuve, je ne m'en suis pas trop mal sortie. Il s'agissait du tir de précision sur cible mouvante. Et avec ma sarbacane je me suis bien débrouillée aux vues des circonstances. Cela fait, on me raccompagna à la première salle où se trouvait le sale type. Il se tenait accoudé à la table, l'air grave. Toute ironie avait disparut de son visage. A coté de lui, se tenait l'homme sombre et mystérieux que je connaissais sous le pseudonyme de 'L'ombre'. Lui aussi était assis, droit, immobile et comme à son habitude, le visage masqué par l'ample capuche de sa cape noire. Un lourd silence rendait pesante l'atmosphère de la petite pièce et cela me mit de suite mal à l'aise. D'un geste de la main, le sale type me fit signe de prendre place en face d'eux.


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Et prenant une longue inspiration, d'une voix posée et sentencieuse, il prit la parole, alors que 'L'ombre' restait murée dans son habituel silence.


-"Bon, tes capacités, bien qu'elles soient légèrement en de-ça de ce que nous attendons de la part de l'un des membres de notre caste, sont tout de même suffisamment remarquables. Certaines de tes faiblesses feraient que tu ne sois pas en mesure d'être admise parmi nous, mais tu nous as été recommandée et nous avons passé un accord avec le gouvernement cimmérien. D'ailleurs, ce seront eux qui te donneront tes ordres de missions. Inutile de te dire que nous n'aimonspas qu'un gouvernement se mêle de nos affaires, c'est pour cela que nous avons mis en place un système de compartimentation au sein de notre caste. Tu vas faire partie de ces quelques personnes admises en notre sein qui portent allégeance à deux camps. Pour éviter tout conflit, ton gouvernement s'engage à ne jamais t'employer contre nos intérêts ou à nous trahir et du notre, nous faisons de même, ce qui t'éviteras d'être devant le dilemme d'avoir à choisir un camps. Par contre, pour ta propre sécurité, tu feras bien de ne jamais révéler la condition dans laquelle tu te trouves car nous n'interviendrons pas si l'un des membres de notre caste veux te régler ton compte. Beaucoup d'entre nous ont des griefs contre les gouvernements et les hommes de loi, donc les espions sont particulièrement mal vu. N'accorde jamais ta confiance car aucun de nous ne te l'accorderas. Ce sera tout pour moi."



Il y eu un long silence avant que 'L'ombre' ne ce décide à parler. Ce qui me surpris, ce fut la douceur de sa voix, son calme, il s'exprimait comme dans un murmure:



-"Le 'Silence' nourrit à ton égard des espoirs dont tu devras te montrer digne. Tu vas faire partie d'un nouveau projet quelque peu expérimental où ton inaptitude au combat ne sera pas forcement un désavantage. Nous voulons former des agents pratiquement indécelables ou pour le moins repérables. Premier point, et de loin le plus important, je te sais pourvue de certaines capacités qui vont dans ce sens et deuxièmement, qui irait soupçonner d'espionnage une gamine ? Les préjugés jouent fortement en ta faveur et nous allons en profiter. Sifdérik t'as donnée une bonne formation de base mais tu vas devoir apprendre certaines choses qui te seront nécessaires lors de tes futurs missions. Apprends la musique, une couverture de ménestrel est idéale comme laissez-passer dans les cours et approcher les puissants. Tu devras aussi maîtriser notre système de code afin de communiquer avec nous et surtout maîtrise l'étiquette en vigueur dans les différentes contrée, c'est le meilleur moyen pour être invisible. Dans l'immédiat, nous ne te confirons que des missions faciles afin que tu t'exerces suffisamment et ce sera Sifdérik ton agent de liaison, c'est de lui que tu recevras tes ordres de missions. Une dernière chose, entre les mission, continue de travailler à l'étude de maître Amaraq, c'est une très bonne couverture qui te protégera et te mettra à l’abri des regards indiscrets. Bien, repose toi, nous repartirons pour ton village à la nuit tombée."



A entendre de tels propos venant de sa part, j'en ai été fortement déstabilisée. Lui, qui c'était montré jusqu'à lors froid, distant et même indélicat, avait fait preuve d'une certaine commisération à mon égard. Cela ma profondément touchée.


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Retour à Upiq.  ᐅᐱᖅ


De retour à Upiq, mon village d'adoption, je me dirigeais vers la demeure de Sifdérik et lui fit part de mes aventures. Il les écouta, triste et résigné, ce qui allait rendre ma requette encore plus difficile car j'allais rajouter encore à son dépit. Mais j'avais besoin de changement, de me retrouver seule dans un endroit bien à moi et j'y pensais depuis quelques saisons déjà. Bien qu'il me considéra toujours comme sa fille, il avait oublié que je n'étais plus une enfant et que j'aspirais à plus d'indépendance. Cela faisait huit ans que je travaillais pour maître Amaraq et j'avais fais quelques économies, suffisamment pour pouvoir m'acheter un petit bien. Tout comme Sifdérik, je désirais une petite habitation, pas trop éloignée du village mais quand même à l’abri des regards. Quand je lui fis part de mon projet, au lieu d'afficher une mine morose ou contrariée, il me sourit et cela soulagea quelque peu ma peine. C'est une fois à l'étude de maître Amaraq que je me mise, secrètement, en quête d'une petite construction que je pouvais acheter. Et quelques jours plus tard, je dénichais enfin la perle rare. Il s'agissait d'une ancienne petite maison de charbonnier, située à approximativement une lieu du village, au milieu d'une forêt de mélèze. L'exploitation du charbon avait cessée il y a bien longtemps de cela et cette maison était à l'abandon depuis une trentaine d'années. Un héritier, qui en était le propriétaire vivait à une quarantaine de kilomètres d'Upiq. Ce qui me permettrait de faire l'allée-retour dans la journée et de signer le contrat de vente sans que personne ne s'en aperçoive. Bien entendu, la vente se ferait au profit d'un marchand itinérant qui l'aurait acheté pour sa fille. Je préparais donc l'acte de propriété pour un certain monsieur Ambert Fouquebrune résidant dans un village bien loin d'ici, à la frontière de Dhelgra. Une fois la transaction faite, je mettais le double de l'acte de vente dans les archives de l'étude, ni vu ni connu. Ayant visitée les lieux, je savais qu'il faudrait que je réalise quelques travaux et pour ne point éveiller les soupçons, il me fut assez aisée de prétexter que les réalisation seraient faites pour le compte du nouvel acquéreur. Le chemin menant à cette maison avait été depuis bien longtemps abandonné ce qui la rendait particulièrement difficile à trouver et me procurerait toute l'intimité dont j'avais besoin. Sifdérik m'aida pour les travaux, essentiellement remplacer quelques bardeaux de la toiture, remettre en état la porte et les fenêtre et changer la serrure. La demeure ne comprenait qu'une seule pièce, d'une vingtaine de mètres carré. Une grande cheminée occupait le mur à droite de l'entrée. Il n'y avait que deux fenêtres, située de part et d'autre de la porte d'entrée, une trappe, au centre de la pièce qui débouchait sur une cave. Attenant à la maison, une petite étable ferait office d'écurie pour ma fidèle Avanneq. Et à une dizaine de mètre de là, le vieux four à charbon tout recouvert de végétation. Pour l'eau, il me faudrait m'enfoncer plus profondément dans la forêt pour y trouver un ruisseau à l'eau cristalline. C'était mon nouveau chez moi et il me plaisait bien avec sa façade vétuste et patinée par les intempéries, sa charpente tordue par une fantasmatique douleur, sa cheminée obliquant dangereusement vers le sol. Perdue dans cette lugubre solitude, on eut dit un vieux crapaud somnolent. Exactement ce qui convenait à mon humeur.


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MessageSujet: Re: Fiche d'Allaatkasik Aappilattutke   Fiche d'Allaatkasik Aappilattutke Icon_minitimeHier à 22:02

Précédente intervention:
 

Hop!

Nous revoilà.

J'ai noté les changements pour ton pouvoir, il te faudra néanmoins faire attention dans son développement pour que cela reste cohérent avec ton concept de flammes qui te permette de "voir". Mais nous aurons l'occasion de le voir quand tu feras ta fiche sur les pouvoirs.^^

Quant à l'histoire, elle est très complète et détaillée! On s'attache rapidement à ce bout de fille et on est d'avance curieux de savoir ce qu'il attend pour la suite.

C'est donc avec plaisir que j'annonce que ta fiche est validée!

Et comme tu profites de la promos des ladrinis, tu commences l'aventure avec ceci:

La langue de serpent :

Produits en série pendant un temps chez un artisan zelos, les langues de serpent on l'apparence d'une longue tige de cuivre légèrement incurvée dont la pointe noircie est étonnante de banalité. Cependant, présentez là à une serrure et elle se contorsionnera pour adopter la forme de sa clef. C'est l'outil idéal pour ceux qui veulent défier la propriété d'autrui...



Tu vas pouvoir dès à présent te rendre dans la " GESTION DES AFFAIRES " afin d'ouvrir ton compte en banque, ton journal, ton inventaire et proposer ton évolution dans le comptoir à pouvoir.

Tu pourras également faire une demande de rang personnalisé JUSTE ICI.

Pour ton avatar, tu peux "réserver" une image particulière dans notre bottin ICI.


Une fois tout cela accompli, il te faudra renseigner tes pouvoirs et leur déclinaison dans le "comptoir des pouvoirs" ICI afin que cela serve de bibliothèque et que l'on puisse donner des limites bien précises à chacun de nos pouvoirs (tu pourras rp même si nous n'avons pas validé ton compte-rendu).



Bienvenue officiellement à toi sur les vastes terres isthériennes!!

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MessageSujet: Re: Fiche d'Allaatkasik Aappilattutke   Fiche d'Allaatkasik Aappilattutke Icon_minitime

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