Premier contact ~ « affaire de faussaire »

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 Premier contact ~ « affaire de faussaire »

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MessageSujet: Premier contact ~ « affaire de faussaire »   Mer 8 Juil - 19:53


Plus tôt en 1304


La vie. La vie grouillait dans les boyaux de la ville corrompue. Une faune discrète s'activant en silence, menant une existence recluse parmi les ombres inquiétantes du Tunnel des mépris. Les araignées tissaient leur toile dans les recoins sinistres des étroits couloirs souterrains de Ridolbar, les vers grouillaient entre les os rongés des cadavres abandonnés dans les interstices. Les rats restaient tapis dans l'ombre des murs sinueux, leurs yeux mauvais pétillants dans la pénombre. Une respiration lente et douloureuse s'échappait des gorges abyssales du tunnel, morne, irrégulière. C'était la brise chaude des tréfonds de l'enfer, parcourant ses dédales et pénétrant la chair de ses occupants.

C'est dans ces lieux maudits qu'une forme grisâtre se mouvait sans bruit le long des murs suintant, parcourant sans halte les moindres recoins des innombrables galeries. Un rat dont le regard sournois perçait les ténèbres, dont les pattes griffues raclaient le sol tortueux du labyrinthe. Arrivé dans un plus large corridor jonché d'ossements, il stoppa sa course, alerté par un bruit suspect. Le silence retomba aussitôt ; seule la respiration saccadée du rongeur ponctuait le morne mutisme du couloir. Puis, une nouvelle agitation. Le rongeur se rua en sens inverse, mais se cogna violemment le museau sur un crâne qui était posé là. Sonnée, la créature se releva puis se dressa sur ses pattes arrières, relevant la tête, lorgnant l'obstacle. Un moment s'écoula sans qu'aucun mouvement ne troubla cette drôle de situation. Tout à coup, la mâchoire morbide du crâne s'agita, et un sifflement s'en réchappa. Effrayé, le rat détala, ne remarquant pas que l'étrange crâne le poursuivait en flottant dans les airs, à ras le sol. Dans sa course effrénée, il ne prêta pas non plus attention à l'ombre qui se dressait face à lui. A nouveau, son élan fut stoppé ; la lame d'un sabre se ficha dans le sol à un centimètre de sa gueule. Puis, une main le souleva dans les airs.

Myriam Valombre apparut soudainement, cessant d'utiliser son pouvoir de furtivité, puis enserra le rongeur dans une poigne d'acier, ce dernier se débattant et beuglant à pleins poumons. Le regard sombre de la Gorgoroth examina la petite créature avant de poser un doigt sur ses lèvres. Elle serra davantage le corps du rongeur, jusqu'à un dernier couinement. Sans le tuer, elle appuya assez fort pour l'empêcher de gémir. Derrière eux se ramenait le crâne, dont on compris qu'il était animé par Flynt, l’acolyte de Myriam, qui apparut sous les ossements qu'il brandissait fièrement.

- Chut, petit rat. Je ne te veux aucun mal, murmura la Gorgoroth. C'est à ton maître que je veux parler. Je sais qu'il m'entend, le Roi des rats. N'est-ce pas ? S'il veut te retrouver, il faudra qu'il nous rejoigne à cet embranchement où je te détiens. S'il veut me prouver son talent, il faudra qu'il accepte ma proposition...

Sans rien ajouter, la Gorgoroth jeta le rongeur en direction du capucin, qui lâcha son crâne et l'attrapa au vol. L'enserrant du mieux qu'il pouvait entre ses bras aguerrit, il saisit un bout de corde que la capitaine lui avait confié pour ligoter la créature et l'allonger sur le sol, s'asseyant dessus pour plus de sécurité. Ils n'avaient plus qu'à attendre...
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MessageSujet: Re: Premier contact ~ « affaire de faussaire »   Sam 11 Juil - 8:08

Assis contre le mur, il reste solidement immobile parmi les parois séculaires de cet univers dérobé.
Immobile mais loin d'être inactif cependant tant il se ruait de tout côté dans les tunnels. Trottinant avec insistance au moindre coude et progressant inlassablement à travers chaque section.
Leshen -plus que lui-même en cet instant- parcourait les couloirs avec une curiosité appliquée, chevauchant ses centaines de pattes, quatre-par-quatre, passant d'un véhicule à l'autre avec célérité.

Ce labyrinthe obscur l'intriguait au plus haut point, étant donné son passé et le milieu dans lequel il évoluait aujourd'hui : l'existence du Tunnel des mépris lui sembla être un outil incontournable à son art.. ou en tout cas probablement indispensable à ses futures interventions dans la région.

Il avait religieusement attendu de terminer la mission qui l'avait amené à Ridolbar en premier lieu. Mais une fois l'itinéraire et les projets de la cible acquis : il avait livré le tout à son employeur sans attendre et sans chercher à réclamer d'autres missions. Il en avait rapidement terminé pour enfin pouvoir plonger dans ce chef d'oeuvre de furtivité architecturale.

Cependant la tâche semblait colossale : les boyaux étant disposés sur des kilomètres de distance.
Il était parfaitement incapable de comprendre comment une telle chose pouvait exister.. de la main d'être-vivants ou de quoi que ce soit d'autre.
Et pourtant c'était là, devant lui, tout autour de lui. De quoi heurter sa curiosité et faire vibrer son effroi.

Bien qu'il lui soit difficile de compter dans l'obscurité complète, cela faisait sans conteste plus d'une semaine qu'il était ici. Courant à travers les couloirs poisseux par le biais des rats, il couvrait énormément de distance en sautant d'un spécimen à l'autre, entre deux cerveaux qui pouvaient se trouver dans des galeries sans aucun embranchement commun. Mais même ainsi, il n'avait trouvé encore aucune sortie concrète à ces prétendus passages souterrains, aucune qui ne débouche ailleurs que dans l'enceinte de la ville.


Il lui fallait se reposer durant de longues heures tellement il utilisait son pouvoir de manipulation.
Presque autant que si il battait lui même le pavé. Car pour tout dire, même si pouvait parcourir de grandes distances à travers les bêtes des profondeurs, il se trouvait souvent confronté à des luttes intestines ; incapable d'ignorer complètement l'animosité des créateurs : dès que son hôte se retrouvait confronté à l'un de ses cousins -issu d'une autre colonie- ils entraient dans un affrontement furieux à coup de dents et de griffes, qui coupait court à sa mission d'exploration.

Sa cartographie souterraine se changeait donc souvent en guerre de territoire avant même qu'il n'ait atteint la portée maximale de ses capacités psychiques. Contraint qu'il était de pacifier ou d'unifier chaque nid de la zone, il manquait souvent de temps pour de pouvoir prendre des repères concrets.


Parfois il en venait à penser que les galeries se défendaient elles-mêmes contre les individus qui tentaient de percer leurs secrets. Que les moyens déployés soient classiques ou magiques.

Malgré la frustration que ce tâtonnement lui inspirait, il arrivait pourtant à prendre ses marques petits à petits : ses éclaireurs entretenaient une vision constante à travers une dizaine de passages différents.
Il en était de même derrière lui : plusieurs embranchements le séparaient maintenant de son point d'entré initial dans le réseau, et il connaissait la destination de la plupart d'entres eux.

Et c'est justement derrière lui que survint une nouvelle surprise.
Le lien mental avec ses sujets était extrêmement faible, tant qu'il ne ciblait pas des individus en particulier c'est à peine si il pouvait les sentir. Pourtant la crise de panique qui provenait de l'un des rats était trop importante pour qu'il ne la remarque pas : ses cris stridents diminuaient à mesure qu'il suffoquait. Trompé, bloqué, écrasé.
Il ne cessera de gigoter que bien plus tard après avoir compris que le piège infatigable resterait solidement ancré autour de lui.
Malgré le mur d'effroi qui résonne dans ses tympans, Leshen parvient à entendre des mots susurrés à son adresse.

Une voix résolument humanoïde et assurée.

-"Roi des rats"... c'est comme ça que le dernier employeur m'a surnommé après avoir entendu parler de mes capacités... ça doit forcément venir de lui. Tsss...j'aurais pas dû me précipiter comme un dératé ici après être sorti de sa baraque. Il a dû me surveiller et comprendre que j'allais venir explorer l'endroit.
Qu'est ce qu'il me veut, j'ai pourtant fait tout ce qu'il voulait. Il m'envoi un assassin pour s'assurer de mon silence ?



Leshen se précipite dans l'esprit de différents rats et vérifie l'un après l'autre les divers croisements qui l'entourent.

- Il y a juste un seul passage occupé apparemment, ça me laisse au moins plusieurs trajectoires de fuite si c'est bien un piège...

Il se relève en se frottant au mur. Son corps roidit par le manque d'exercice des dernier jours a du mal à suivre son esprit constamment sollicité. Tout en entamant sa lente progression dans des couloirs, il a la satisfaction de constater qu'il les reconnait, pour la plupart.
Pourtant, bien qu'il soit certain de les avoir traversés une bonne dizaine de fois à quatre pattes, il ne se rappel pas exactement de quand date la dernière fois qu'il l'a fait avec sa propre carcasse.
Ses jambes tremblantes trahissent la crainte profonde qu'il aurait voulu étouffer au fond de lui : un jour, son esprit risquait bien de ne pas retrouver le chemin jusqu'à son propre corps.

____________________________________

Il lui faut presque trois-quarts d'heure pour arriver aux abords du croisement d'où proviennent les pulsions-paniques du rat captif.
Pourtant il reste immobile dans l'obscurité pendant plusieurs minutes encore, explorant les environs à travers les yeux d'autres agents.

Deux grands mammifères l'attendent, patients et calmes, sans malices apparentes. En tout cas pas pour l'heure.

Alors qu'il reprend complètement possession de son corps, Leshen se voit privé à présent de la vision perçante de ses rats. Il frotte un ustensile le long de son bâton, posé contre la parois, puis laisse les étincelles embraser sa torche rudimentaire dans une odeur d'alcool poignante.

Son corps encore engourdit malgré sa longue marche, (ou à cause de celle-ci justement) Leshen avance d'un pas lourd.  La discrétion n'étant plus de mise, il s'appui lourdement sur son bâton en métal, d'une main -raclant les dalles ébréchées, tapant sans retenue les pierres restées intactes- et de l'autre il brandit sa torche pour balayer nonchalamment les ténèbres, éclairant son visage gris et crasseux qui ne laisse aucun doute sur sa nature. Il ne fera pas l'effort de lever une illusion sur ses traits, à quoi bon dans pareils circonstances.
L'endroit où on l'attend a été manifestement entretenu de main d'homme et demeure relativement bien conservé : des pavés taillés sont posés avec régularité et semblent un luxe, comparés au néant brut qui inonde les autres galeries d'apparences naturelles. De même, les crânes des parias jonchant le sol pourraient presque être vus comme une décoration élégante pour encadrer l'entrevue, un choix artistique qui ne semblerait pas complètement impossible étant donné le contexte sordide de la ville qui les surplombe.

Un singe et un individu. Lequel semble plus étrange que l'autre ici-bas?

-Qui êtes-vous?

Alors qu'il pose sa question d'un ton presque naïf, deux ratons longent le mur et entreprennent de ronger les liens qui entravent le captif, sans même chercher à se faire discrets aux yeux des Gorgoroths.
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MessageSujet: Re: Premier contact ~ « affaire de faussaire »   Dim 12 Juil - 21:12


Durant l'heure qui s'écoula avant que le Roi des Rats ne pointe le bout de son nez, Myriam s'était adossée à un mur non loin de Flynt, toujours assis sur le rat qui s'était enfin tu. Elle caressait délicatement son médaillon - un objet de piètre qualité, en métal, arborant un motif de pieuvre caché sous une couche de rouille crasseuse. Elle laissait courir le bout de ses doigts sur la pièce sculptée, froide, rugueuse ; sans rien sentir de tout cela. Elle éprouvait les mêmes sensations au toucher du velours qu'à celui de la boue, les mêmes émotions à la vue d'une oeuvre d'art qu'à celle d'un cadavre en putréfaction. Telle était son lot, telle était sa malédiction. Alors à quoi bon se soucier de la qualité de son bien ? Seul comptait sa signification - celle qu'elle lui avait donné, en souvenir de sa vie passée. Seul comptait le secret.

Le corps des Gorogorth est décharné, mais leur âme n'est même plus. Aucune expérience, aussi forte soit-elle, n'est plus à même de se greffer sur le tissu divin de l'âme. Au lieu de cela, seule une morose impassibilité constitue leur condition. Et la pensée. Délicate attention de la part de Kron, qui laissa à ses créatures le loisir de la réflexion, celui d'une vie intérieure intense, compensant le manque d'une vitalité corporelle. Détachés du fardeau de la chair, les Gorgoroths ont l'esprit libre. Myriam y voyait une sorte d'élévation. Non pas de l'âme, pseudo-entité immatérielle, mais de l'esprit - modalité subtile de la matière, qui se veut pensante. En ce moment, elle songeait aux Eclaris, dont les écrits s’articulaient autour de cet exercice spirituel, celui de la philosophie, et dont le but - selon eux - était précisément de séparer l'âme du corps.
A cette pensée, Myriam esquissa un léger sourire. Comme si l'âme avait quoi que ce soit à voir là-dedans. Elle trouvait ridicule cette tendance savante à multiplier les êtres sur l'échelle ontologique. C'est plutôt ce dont on fait l'expérience directe, la matière, qui selon elle constitue le tout de l'individu pensant. La pensée, l'esprit, la matière... Trois mots pour une même réalité. Elle en était convaincue. Après tout, elle qui était privée d'âme, elle pensait toujours. Elle était même le paradigme de cet exercice que louaient les Eclaris. Amusant paradoxe ; c'est qu'il faudrait être mort pour être un bon philosophe.

Très vite, la Gorgoroth fut coupée dans ses considérations. Le crépitement d'une torche, puis sa lueur, emplit l'atmosphère. Elle se redressa pour faire face à l'individu qui s'arrachait des ombres.

-Qui êtes-vous?

La voix, pâteuse, était celle d'un homme, d'apparence assez jeune, mais pas très en forme. La flamme dansante de sa torche mettait en évidence les traits fatigués, las et abîmés d'un visage morose et grisonnant. Un Gorgoroth, sans l'ombre d'un doute. Le contact de Myriam avait omis ce détail lorsqu'il lui fit la description du faussaire. Néanmoins, cela n'avait pas d'importance. Seul compteraient ses compétences.

- Mon nom est Myriam Valombre. Mais vous connaissez peut-être mon surnom : Venenosa. Elle laissa planer un court silence, avant de reprendre. Je suis venu vérifier que ce que l'on dit de vous est exact, Roi des Rats.

A ces mots, la Gorgoroth adressa un signe de tête à Flynt pour qu'il se lève enfin de la créature captive, rejointe par ses congénères. Ce dernier s'exécuta, puis sauta sur le bras de Myriam, le longeant jusqu'à atteindre son épaule, où il prit place, examinant l'homme qui leur faisait face.

- C'est votre dernier employeur qui m'a obligeamment parlé de vous. Mais rassurez-vous, il n'a rien dévoilé de plus que le moyen par lequel je pouvais vous atteindre.
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MessageSujet: Re: Premier contact ~ « affaire de faussaire »   Mer 15 Juil - 19:41

Il profita du temps des présentations pour sautiller fugacement d'un rongeur à l'autre, afin de vérifier les alentours par leurs yeux : il n'y avait toujours personne d'autre en approche.

Leshen aurait bien étendu ses vérifications plus loin, mais assez vite il tiqua sur le "roi des rats" qui tomba à nouveau de sa bouche et repris possession de ses propres yeux. Il ne pouvait pas s'étonner de se voir attribuer ce surnom, il était plutôt de circonstance. Pourtant même après l'avoir entendu trois ou quatre fois il n'arrivait toujours pas à s'y faire vraiment.

Il resta absent un moment, le regard fixe, suivant à peine l'échange avec le singe ; il ne sembla remarquer ce dernier que lorsqu'il monta sur le bras de la Gorgoroth.
Toujours silencieux, suivant du regard la triplette de rat qui s'éloignait, il restait pourtant à l'écoute.

Son interlocuteur paraissait étrangement sincère et bavard malgré les circonstances un peu tordues de cette rencontre.
Le Roi-des-rats ne prit la peine de répondre qu'après quelques secondes d'attente, quand il fut certain que Myriam n'avait plus rien à dire.

-Je suis Leshen. Je connais peut-être votre surnom, et je veux bien croire que vous ayez entendu dire certaines choses sur moi...pourtant rien de tout cela n'explique vraiment la raison de votre "prise de contact".
Ce n'est pas comme ça que j'aime opérer pour relever une proposition, cet employeur aurait dû prendre la peine de vous le dire également, au lieu de juste révéler comment me contacter.


Il abaissa sa main gauche -qui tenait la torche- et posa son bâton sur une des parois avant de commencer à faire le tour de la presque inconnue. Un pas lent et appuyé, comme soucieux de l'observer sous tout les angles et malgré le couloir exigu il maintenait une certaine distance pour ne pas avoir l'air trop menaçant pendant sa marche scrutatrice.
Son nom était manifestement féminin, ses traits et sa carrure tendaient à le confirmer. Cependant à bien y réfléchir il était difficile de maintenir cette certitude, il s'agissait peut être d'un jeune homme, maquillé abondamment pour adoucir ses traits.


-Je me permet d'être direct en demandant ce que vous me voulez Myriam Valombre... Pour prendre la peine de venir ici-bas, quasiment seule, j'imagine que ça vous tiens à coeur.


Il termina sa marche en crabe en se replaçant face à elle et s'approcha avec souplesse.
Il pinça et tira la joue de la "jeune" fille -de sa main libre- comme curieux d'en éprouver la texture, sans même s'inquiéter de la réaction du singe, ou de la propriétaire, à cette proximité intrusive.

Le flaire des rats l'avait aiguillé fortement sur la conclusion que c'était elle aussi une Gorgoroth, ça expliquait sans peine sa présence ici et son audace malgré une fragilité apparente.

Il avance le visage tout prêt du sien, son expression relevant de la curiosité infantile plutôt que d'une sorte d'audace poussive.

-Tu parais bien informée et tu connais peut-être même mieux ces couloirs ensevelis que moi, alors de quoi est-ce que tu peux bien avoir besoin de la part d'un semblable tel que moi, hein?
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MessageSujet: Re: Premier contact ~ « affaire de faussaire »   Mer 15 Juil - 22:10


Manifestement, Myriam avait mal cerné l'inquiétant personnage. Premièrement, elle s'était attendue à un homme d'apparence plus mûre - mais à y regarder de plus près, c'était un Gorgoroth, alors rien de certain ; ensuite, elle pensait rencontrer un agent en bien meilleur état, et non un cadavre ambulant aux yeux à peine ouverts et à la démarche chancelante. Même pour un Gorgoroth, c'était navrant. Mais tout cela relevait de l'apparence et non de la compétence. Myriam avait appris à ne pas juger trop abruptement.

Néanmoins, ce sont les manières de ce dernier qui la laissèrent la plus dubitative. A tel point qu'elle se demanda s'il s'agissait bien du contact dont on lui avait parlé, ou bien d'un homme de paille, d'un imposteur. Quand Leshen entama son numéro hautain, à tourner autour d'elle avec insistance, elle réprima une grimace de lassitude. Voilà qu'un total inconnu, amoindri, sans manières et arrogant se permettait de la juger d'un air supérieur des plus agaçant. Non seulement elle n'était aucunement impressionnée, mais elle exécrait davantage encore le manque de professionnalisme du faussaire. Aussi était-elle tentée de mettre immédiatement un terme au manège insensé du Gorgoroth. Mais... Il lui fallait l'aide de ses services, alors elle devrait faire un effort. Elle qui était coutumière du commerce portuaire, des affaires mouvementées et des marins pressés, elle avait l'habitude d'échanger rapidement les informations nécessaires au déroulement des deals. Alors faire fasse au "test" du Gorgoroth, c'était relativement éprouvant.

-Je me permet d'être direct en demandant ce que vous me voulez Myriam Valombre... Pour prendre la peine de venir ici-bas, quasiment seule, j'imagine que ça vous tiens à cœur.

Prendre la peine ? Est-ce à dire que ce Leshen voyait en elle une femme fébrile ? Une fleur "délicate" qu'il ne fallait pas souiller en ces bas-fonds ? Il n'avait aucune idée du manteau de ronces qui entourait Myriam, de son tempérament, de sa force. Seule ? Parce qu'elle était trop faible pour se débrouiller par ses moyens ? A s'aventurer plus avant sur ce sentier, le Gorgoroth finirai par ravaler ses dires aussi vite qu'il les avait déblatérer. Et il lui demandait la raison de sa venue... ? Lui qui était connu comme faussaire, pour quoi d'autre Myriam le solliciterait-elle ?

- Je prends la peine de me déplacer où je dois me déplacer, Roi des rats. Concernant la raison de ma venue, je vous imaginais assez futé pour la deviner par vos propres moyens, faussaire.

Au moment où Leshen approcha de son visage et tendit la main, Myriam dégaina son Tessen en l'espace d'une fraction de seconde, et l'interposa entre la main du faussaire et elle. Un filet léger, verdâtre et inquiétant, commença à dégouliner lentement des pointes de l'éventail de métal.
Comme pour appuyer la réprimande de sa maîtresse, Flynt gronda sourdement en direction de l'imprudent, avançant vers lui son visage menaçant, montrant ses petites canines aiguisées.
Néanmoins, la Gorgoroth ne s'éloigna pas du faussaire, elle s'en approcha davantage, l'arme suintante s'interposant toujours entre eux deux, sans pour autant entrer en contact. Elle plaça les dagues fines du Tessen au niveau du visage de Leshen, et susurra d'un ton venimeux :

- J'ai appris que les rongeurs de votre espèce possédaient un instinct extrêmement développé. Si vous êtes vraiment celui que l'on dit, alors vous saurez prêter attention à cet avertissement. N'est-ce pas ? Elle laissa planer un court silence durant lequel elle fit miroiter le tranchant des lames du Tessen à la lueur de la torche. Même mort, les dégâts n'en sont pas moins négligeables... Vous le sentez, vous aussi ?

Après s'être assurée que son interlocuteur avait bien intégré le message, elle rengaina le dangereux éventail d'un geste aussi vif que pour le dégainer.

- Pour répondre à ta question, je cherche un faussaire digne de ce nom. On m'a dit que tu étais de ce genre, d'où ma venue. C'est de faux documents dont on parle. A toi de me dire si c'est dans tes cordes. Quant à moi...

Myriam adressa un regard furtif au capucin perché sur son épaule, qui s'activa sur le champ ; elle ouvrit les pans de son manteau pour laisser l'accès à Flynt, qui s'empara d'une bourse qui y était cachée. Trébuchante de dias. Son regard, toujours planté de celui de l'imprudent faussaire, ne désemplit pas de son intensité. Elle examinait ses réactions, calmement, et campait sur ses gardes, l'air menaçant.

- Je suis capitaine d'un navire marchand aux affaires florissantes. Les dias ne sont pas un problème. Ce qui me manque, c'est un pavillon, et une licence.

La Gorgoroth, toujours aussi sobre, et sérieuse, arqua néanmoins un sourcil pour appuyer sa requête au faussaire. Attendant sa réponse, elle ne le quittait pas de ses yeux froids.
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MessageSujet: Re: Premier contact ~ « affaire de faussaire »   Ven 14 Aoû - 14:37

Lorsqu'il aperçu un reflet vindicatif poindre puis luire des ténèbres, Leshen haussa les sourcils.
Mais plutôt que l'arme et son venin visqueux, c'était les yeux de la Vénéneuse qu'il fixa intensément -encore maintenant- sans ciller pour autant.
Il était peu friand des menaces, à vrai dire en l'état elle le faisait plus rire qu'elle ne l'intimidait, mais il préféra refréner son rictus pour se concentrer : il ignorait quel sentiment il était en train de lire dans le regard de la Gorgoroth.

Était-elle juste pressée, ou réellement agacée, à quel point la situation pouvait-elle la rendre mal à l'aise alors qu'elle avait fait tout le chemin jusqu'ici pour le rencontrer. A quoi bon se bloquer à présent qu'elle était face à celui qu'elle était venue chercher ?

N'importe qui se serait retenu, peu importe si son comportement était déplacé... sauf si on tiens à son image plutôt qu'à faire affaire. C'était peut être là sa limite, malgré sa condition et ses objectifs.

C'était pour ce genre de raisons qu'il n'aimait pas mener des rencontres dans ce genre d'environnement, les gens étaient toujours plus sur la défensive... et lui avait du mal à se montrer professionnel quand on venait le cueillir dans son milieu plutôt qu'en zone civilisée.


Elle continuait à exposer son point de vue pendant que lui réfléchissait à sa sincérité... manifestement elle tenait avant tout à le cerner plutôt qu'à signer un contrat avec lui, cela pouvait être le signe d'un piège.
Mais avec un tel sérieux, elle avait prit le risque de le faire fuir, c'était donc plus probablement une affaire qui lui tenait à coeur, comme il l'avait supposé plus tôt.


Finalement après qu'elle eut terminé, il relâcha son rictus en un rire cristallin mais court, comme un aboiement qui eut à peine le temps de résonner dans les galeries.

-Tu comptes vraiment faire appel à mon instinct de survie pour me rappeler à l'ordre?

Il balaya sa propre silhouette d'un large mouvement du bras.

-...comme tu peux le voir ma maigre prudence n'a pas suffit à m'éloigner de la mort, et j'ai bien peur de ne pas avoir appris ma leçon, même à travers elle, car si j'étais au moins moitié aussi malin que mes rats je ne serais jamais venu à ce rendez-vous, je me serais enfui de ce sous-terrain au moment où tu t'es manifestée.
Mais peu importe tout ça : je pense pouvoir me charger de ton affaire en effet. Ça te suffit?
Viens!


Leshen se retourne et s'enfonce dans le couloir. Gardant la torche à la main, il la laisse se balancer au rythme de son pas insouciant, plutôt que de s'en servir pour éclairer la route. Le mouvement d'oscillation de sa démarche berçait la torche avec rythme, élargissant le rayon de la lumière de part et d’autre du couloir. Le cycle était court mais suffisamment régulier pour révéler ponctuellement tout les rats qui s'étaient amassés autour de cette rencontre, à la périphérie du pouvoir de la torche.

-Oh, oublie pas mon bâton s'il-te-plait.

Sans même vérifier si son interlocutrice désirait le suivre, il avance sur une dizaine de mètres jusqu'à un embranchement, regardant dans les ténèbres des trois autres galeries poisseuses comme si il admirait le paysage, il continue de déblatérer sans se retourner vers Myriam, criant presque par dessus son épaule pour être sûr de se faire entendre.

-Il va me falloir bien sûr des informations précises sur tes affaires... je sais que ça risque d'être dérangeant vu ta position, mais bon c'est une confiance nécessaire si tu veux une couverture convenable pour ton bâtiment.
Allez viens, y'a une alcôve avec quelques caisses par là bas je crois, j'ai besoin de m'asseoir.
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MessageSujet: Re: Premier contact ~ « affaire de faussaire »   Sam 22 Aoû - 23:54


Myriam Valombre était de nature méfiante. Très méfiante. Non pas qu'elle considèrait le commun des mortels comme particulièrement dangereux, elle avait cependant fait les frais de sa bêtise à de nombreuses reprises. Les gens sont stupides. Ils sont inconscients, pour le moins. Ils ignorent tout de la fragilité inhérente à leur condition, et leur ignorance les pousse parfois à commettre des idioties. Et bien souvent, ce genre de bévues s'annonce néfaste pour les affaires. Voilà pourquoi la Gorgoroth se méfiait tant des personnes avec lesquelles elle traitait. Son interlocuteur, bien qu'elle en ignorait l'histoire, semblait incarner l'exemple même de ce type de comportement. Comme il l'avait fait remarquer lui-même, il n'avait pas été assez intelligent pour éviter la mort.

La bêtise. Décidément, une affaire de mortels.

Ce qui avait gêné la capitaine était le côté provocateur de ce Leshen. Un peu trop sûr de lui, un peu trop à l'aise avec les manières d'aborder de parfaits inconnus... Rien de professionnel. Et Myriam ne supportait pas la nonchalance en affaires. Mais au-delà de ces défauts qui l’exécraient, c'était son amour-propre qui avait été touché. Elle qui avait l'habitude de traiter avec des personnes du milieu et qui connaissent sa réputation, elle n'avait jamais eu à composer avec de tels écarts. On lui avait toujours témoigné le respect qui lui était dû. Et elle s'y était habituée. Alors quand ce faussaire l'avait abordé avec autant d'indélicatesse, elle s'en était tout naturellement offusqué. Et comme il n'était pas dans sa nature de réagir avec diplomatie dans ce genre de situation, elle s'était laissé emporter.
Comme à son habitude. Un défaut, sans nul doute.

Elle s'efforça cependant de prêter attention à la réponse de Leshen. Elle haussa les sourcils à l'écoute de ses dires, et des plis se formèrent sur son front. C'était sa façon à elle d'exprimer physiquement ses moments de réflexions, et d'étonnement. Elle sentait bien qu'il essayait de la cerner. C'était d'ailleurs tout à fait naturel. Aussi était-ce bien son intention de le laisser prendre la mesure de sa personne, puis de cerner à son tour l'étrange personnage. Venenosa ne traite pas avec n'importe qui. Dans un premier temps, avant de faire affaire, il lui faudrait en apprendre plus sur les compétences du faussaire. Un soupçon d'excitation l'incita à le suivre quand il s'en retourna sans prévenir, ce Leshen l’intriguait... Elle réprima une grimace d'agacement quand celui-ci lui intima de prendre sa canne. Un homme infect, sans nul doute. Mais il faudrait bien composer avec...

-Il va me falloir bien sûr des informations précises sur tes affaires... je sais que ça risque d'être dérangeant vu ta position, mais bon c'est une confiance nécessaire si tu veux une couverture convenable pour ton bâtiment.
Allez viens, y'a une alcôve avec quelques caisses par là-bas je crois, j'ai besoin de m'asseoir.


Pendant qu’il parlait, Myriam prenait grand soin de mémoriser le chemin qu’ils empruntaient, du mieux qu'elle put, afin de se repérer plus facilement au moment de repartir. Elle jeta un coup d’œil derrière elle pour s'assurer que Flynt la suivait bien. Ce dernier semblait méfiant, lui aussi. D'habitude, le capucin se manifestait toujours même au beau milieu des conversations. C'était sa façon à lui de s'imposer. De faire le pitre, en fait. Mais Myriam lui passait ses manies car elle savait le potentiel qu'il était capable de déployer au moment de l'action. C'était un compagnon très utile, et elle prenait grand soin de le ménager afin d'exploiter au mieux ses talents simiesques. Elle était étonnée de voir que, à ce moment, il restait silencieux. Il marchait en sautillant, s'appuyant parfois sur ses phalanges, jetant de nombreux regards à droite à gauche, flairant la présence des rongeurs autour d'eux. Il n'était visiblement pas à l'aise. La Gorgoroth tapa deux petits coups sur son épaule pour l'inciter à y grimper, et quand le primate bondit pour la rejoindre elle caressa sa couronne grisonnante pour le rassurer. Ensemble, les deux comparses se sentaient toujours plus efficaces.

Elle se mit ensuite à observer la démarche de Leshen qui marchait quelques pas devant, chancelant quelque peu, visiblement pas en forme. Elle le trouvait suspect. Et mystérieux. Il l'intriguait. Mais pour l'instant, elle réfléchissait à la manière dont elle allait amener son projet. En fait, elle avait d éjà pris la décision de lui en faire part. Elle avait déjà assez perdu de temps comme ça, et elle était pressée d'en finir avec cette affaire. Mais juste avant, il lui faudrait en savoir un peu plus…

- Je te suis, Leshen. (...) Mais avant de te parler de l'affaire qui m'amène, j'aimerais en savoir plus sur tes talents. On dit que tu es un excellent faussaire, mais en quoi es-tu différent de tous ceux que j'ai côtoyé jusqu'à maintenant ? Tu as certainement un palmarès de fraudes réussies. Je suis curieuse d'en avoir quelques exemples...

Et c'est ainsi, en le tutoyant comme il l'avait fait en premier lieu, que la Gorgoroth commença à questionner Leshen sur ses compétences. Elle avait à cœur d'en connaître un peu plus sur ses méthodes avant de demander à y avoir recours. Apercevant l'alcôve dont lui avait parlé le faussaire, elle envoya Flynt en faire le tour pour vérifier que cela ne présentait aucun risque. Puis, déposant la canne de son interlocuteur contre un mur, elle s'assit en face de lui, sur une caisse posée là. Elle ne le quitta pas un instant des yeux.
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MessageSujet: Re: Premier contact ~ « affaire de faussaire »   Sam 12 Sep - 18:44

Leshen restait perplexe face à cette question, alors qu'il se laissait tomber sur l'une des caisses. Une boite plus imposante se trouvait au milieu des quelques autres plus petites, faisant office de table basse.
Ça aurait pu paraître délabré, mais là encore étant donné le milieu ça semblait presque un luxe qu'elles ne soient ni cassées ni rongées par la moisissure... ou par autre chose.

L'alcôve ressemblait quasiment à une cave, au plafond voûté, aux parois en briques sombres ruisselantes d'humidité. Pourtant malgré cet atmosphère dérangeant, l'air était étonnamment dégagé grâce à d'opportuns courants d'air.

Alors qu'il réfléchissait encore à la façon d'aborder les interrogations de sa cliente sur ses méthode, avec le regard perdu dans le vide, un groupement de quatre rats approchèrent de lui. Il se pencha et en ramassa un, à priori au hasard, qui se révéla avoir un bout de papier enroulé autour du dos.

Leshen reprit place dans sa vision et scruta rapidement le message, écrit en pattes de mouches, sans chercher vraiment à le dissimuler. Ça ressemblait littéralement à des bâtonnet tracés arbitrairement, probablement du code. Il le laissa nonchalamment tomber sur la caisse, pendant que la troupe de rats repartait en patinant sur les dalles humides.

-La question est déroutante, surtout que je sais pas vraiment quel genre de faussaires t'as bien pu croiser jusque là, et donc je peux pas m'y comparer.
Mes précédents collaborateurs disent de je suis fiable et discret. Et c'est très précisément une qualité que je m'apprête à appliquer à présent : il est hors de question que je te révèle la moindre des actions que j'ai pu entreprendre précédemment, par égare pour ceux qui les ont commanditées.
Et je compte bien appliquer ce même précepte avec toi si tu me confies ta mission.

J'ai travaillé plusieurs années au sein du même groupe, si ils m'ont gardé si longtemps c'est parce que je n'ai aucune réelle identité ou résidence qui puisse être traquées, mais surtout parce que je n'ai jamais rien fait d'incohérent qui puisse porter à croire que j'allais les trahir.
J'aime à penser que si tu en es venue jusqu'à moi c'est précisément parce que j'ai fait de l'assez bon boulot pour que l'on te dise de me contacter, plutôt que les faussaires que tu as côtoyés jusqu'à maintenant, justement.


Le regard du faussaire s'était perdu dans le vide à mesure qu'il parlait, sa voix était toujours empreinte de la même attention et d'un sérieux qu'il n'avait pas encore manifesté jusque là, mais il semblait définitivement ailleurs, à ne plus fixer le capitaine. Malgré la sincérité qu'il continuait de déployer en parlant, il ne pouvait s'empêcher de continuer ses tâches d'exploration, manquant encore quelque peu au respect à cet entretient. Que ce soit volontaire ou non.

-Alors bon, mon coup de pinceau est certainement moins appliqué... mon travail de copie et de contrefaçon égale à peine celui des autres. Par contre je peux jurer que j'ai accès à bien plus d'endroits qu'eux. Je peux identifier des documents dans des places gardées, surveiller plusieurs endroits successivement, voler des sceaux dans des pièces closes.
Je suis des milliers d'yeux, contenus dans une seule et même voix, maintenus dans le secret par une seule et même volonté.
C'est le travail de reconnaissance de toute une bande, maintenu par la confiance d'un seul être.


Il revint à lui soudainement. Il la chercha des yeux pendant une fraction de seconde, affichant ensuite un rictus.

-Je n'ai donc aucun haut fait à dévoiler. C'est le propre de ce métier : les plus talentueux des faussaires sont ceux dont les actes restent inconnus. Quand on ne possède ni gloire ni réputation, c'est forcément qu'on est l'un des meilleurs pour maquiller des preuves non ? Si tu m'as trouvé ça veut dire que je ne suis pas encore assez bon cependant, mais je pense que personne ne disparaît jamais vraiment.

Tournant à présent son regard sur le singe, il inclina la tête sur le côté comme si il s'apprêtait à l'entendre parler. Leshen était vraiment hautement perplexe, il était lui même en contact avec des dizaines de rats, mais il ne sentait rien, absolument rien face au compagnon simiesque de Myriam.
On dit que les rats ont un cerveau étrangement proche des humanoïdes, mais les singes font aussi partie des créatures les plus intelligentes du règne animal. Et celui-ci était l'un des spécimens les plus malins qu'il ait rencontré, manifestement, vu son attitude et ce regard... si conscient. Alors pourquoi est-ce qu'il ne ressentait rien. Jamais avec aucun animal autre qu'un rongeur, même pas avec l'un des plus intelligents qui lui ait été donné de voir.
Est-ce qu'elle même communiquait avec lui par la pensée? Pourquoi n'avait-il jamais eu de poigne que sur les rongeurs, et jamais sur rien d'autre. Aucune autre bête... encore moins un humain. C'est à ce point que son pouvoir le rendait perplexe. Il le maîtrisait de mieux en mieux à travers les ans, mais sans jamais n'avoir rien compris à son fonctionnement.


Il en revint à Myriam brusquement :
-Cependant il est cher à mon coeur de pouvoir te satisfaire!
Et concernant ton affaire je pense vraiment pouvoir agir, te rassurer au mieux de mes capacités.


Leshen extirpa un carnet chiffonné de la poche de sa veste et commença à griffonner dessus avec un fusain de carbone. Les filaments désorganisés qu'il traçait sur le papier étaient vraiment déroutants. Ce ne devait être rien de plus qu'un système de note personnel et particulier. Pourtant, à voir comme il courait sur la feuille, et à la façon dont il levait les yeux sur Myriam si souvent... on pouvait sérieusement se demander si il ne se contentait pas de gratter le papier pour s'occuper les mains pendant sa tirade. Il parlait vite mais distinctement, avec cette fois une rigueur qui jurait littéralement avec son allure et le décor.

-De la façon dont je le perçois : faire évoluer un bateau, sans licence légitime, requiert de pouvoir surmonter trois situations de complexité croissante.
D'abord : Les contrôles de routine en mer, qui ne demandent qu'un faux pavillon, un mensonge et quelques artifices décoratifs.
Ensuite : pouvoir amarrer à un port officiel. Ça va demander un faux carnet de route, avec quelques itinéraires crédibles, un prétexte pour mouiller l'ancre au port en question. Il faudra bien sûr un équipage habile qui puisse mentir et faire illusion quant à sa provenance, mais ça c'est ton boulot.


Il releva à nouveau les yeux sur la Gorgoroth, cette fois plus longuement, comme si ça suffisait à juger ou non de la fiabilité de son équipage.

-Mais pour le troisième et dernier point, pour la réelle raison qui a dû te faire venir jusqu'ici : il s'agit de cohérence, de traçabilité. Il faut pouvoir garder une consistance vis à vis des autorités portuaires, alors que le bateau n'existera pas vraiment.
La plupart du temps les gens peuvent se faufiler dans un port avec un ou deux mensonges, et quelques pots de vin... je suis persuadé que tu t'en tires parfaitement sur ce point.

Mais en cas de risque.. en cas de guerre, quand des gardes prudents communiquent entre eux et parviennent à comparer leurs registres : c'est là que la plupart des camouflages s'effritent.
Je sais que je peux te fournir une fausse identité. Pas juste une qui va camoufler l'identité de ton bateau, mais une qui va le remplacer et faire écran à tout doute, de toutes provenances. De sorte que même si un espion retrace ton chemin et consulte les différents ports où tu passes : il n'y verra que du feu.
Il te faut le nom d'un vrai bateau, avec un passé bien réel et un carnet de route véridique, qui concordera avec les registres de tout les ports où il a pu passer. Plus il y en a mieux ce sera, car personne ne pourrait falsifier des activités dans une dizaine de ports différents. Seulement il faut que personne ne puisse le comparer avec celui d'origine.
J'ai le candidat parfait pour ça, m'est avis. Après il suffira juste de créer de fausses autorisations qui soient d'actualités aujourd'hui, conforment avec les précédentes activités du navire.
Ça conviendrait?
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MessageSujet: Re: Premier contact ~ « affaire de faussaire »   Sam 19 Sep - 23:54


Au moins autant que sa maîtresse, Flynt prêtait attention à ce que racontait l'étrange faussaire, affalé sur une caisse dans un coin de l'alcôve. Evidemment, il ne comprenait rien, mais il observait. Il ouvrait de grands yeux - mais dans son regard on lisait de la méfiance - et scrutait les manières de Leshen, sa façon de bouger. Le capucin sentait quelque chose. Quelque chose d'indéfinissable, qui le mettait à la fois mal à l'aise et le rendait 'curieux'. Il se tenait debout sur ses pattes et croisait les bras, grattouillant ses épaules nerveusement. Il lorgnait parfois les rats qui rejoignaient le Gorgoroth, sans vraiment y prêter attention. Tant que Myriam ne montrait pas de signes de méfiance excessive ou ne lui ordonnait une quelconque action, Flynt n'avait pas de raison de s'exciter ; il avait été dressé dans ce but. Il ne comprenait pas les langages humains mais il savait reconnaître les émotions sur leurs visages, et adopter les comportements adaptés.

Myriam, quant à elle, tendait une oreille bien attentive aux dires de Leshen. Elle le trouvait franchement bizarre, assez lunatique et carrément dérangé. Mais pour des raisons obscures, elle sentait qu'elle devait le laisser continuer et que, peut-être, il ne la décevrait pas. Et puis dans sa situation, il faudrait faire avec car les faussaires doués ne couraient plus les rues.

- Mes précédents collaborateurs disent de je suis fiable et discret. Et c'est très précisément une qualité que je m'apprête à appliquer à présent : il est hors de question que je te révèle la moindre des actions que j'ai pu entreprendre précédemment, par égare pour ceux qui les ont commanditées. Et je compte bien appliquer ce même précepte avec toi si tu me confies ta mission.

Voilà le genre de paroles qu’appréciait la Gorgoroth. A sa question piège, le faussaire avait répondu exactement ce qu'il fallait pour éviter un dramatique écueil. Puis, il continua par une énumération de qualités et de capacités qui sauraient sans nul doute se montrer fort utiles pour l'affaire à venir. Myriam n'en montra rien, mais elle était agréablement surprise.

J'ai mal jugé ce type. Il m'a l'air assez compétent... Finalement. Peut-être qu'il vaut le coup que je prenne sur moi, pour cette fois. Laissons-lui une chance.

Entre deux explications et considérations sur son métier, Leshen se perdit dans l'observation de Flynt, ce qui ne plut pas au capucin, qui ne savait plus où se mettre, et qui intrigua Myriam. Ce qu'elle regardait, elle, c'était les yeux du Gorgoroth. Alors qu'il était de la condition de cette espèce de ne rien ressentir et de ne rien montrer non plus, elle aperçu l'espace d'un instant une lueur singulière : celle de la curiosité. Peut-être buttait-il sur quelque incompréhension, sur quelque réflexion personnelle qui l'avait égaré. Quoi qu'il en soit, cela intrigua Myriam, car la curiosité, lui semblait-il, était une affaire de vivants ; quelque chose comme un moteur, qui pousse à l'action, au perfectionnement. Elle prit soin de mémoriser cette expression, qu'elle rangea dans un coin de son esprit au moment où son interlocuteur revint de ses méditations.

- De la façon dont je le perçois : faire évoluer un bateau, sans licence légitime, requiert de pouvoir surmonter trois situations de complexité croissante.

Il sembla à Venenosa que Leshen avait brusquement changé d'humeur, comme s'il s'était violemment extirpé d'une longue torpeur et qu'une énergie vivace lui avait été retrouvée. Il avait sortit un petit calepin tout en prononçant ces mots, et commencé à griffonner dessus à toute vitesse. Myriam tenta d'apercevoir ce qu'il écrivait, mais comprit vite qu'il s'agissait d'un langage codé. Ça aussi, c'est un bon point, pensa-t-elle.

La suite de la tirade conforta la capitaine dans son idée qu'elle avait bien fait de laisser le faussaire s'exprimer. Force était de constater que son esprit était vif, et  sa capacité d'analyse percutante. Il avait exposé le nœud du problème avec beaucoup de clarté, après avoir mis à jour les préoccupations précises de Myriam. Cette dernière ne l'interrompit pas, prenant note mentalement de ce que lui disait Leshen sur un ton très professionnel. Elle acquiesça quand il évoqua la nécessité d'un équipage fiable et compétent - c'était effectivement le cas, et elle n'était pas du genre à prendre ce genre de détail à la légère lors du choix de ses hommes.

- Ça conviendrait ? Conclut-il finalement.

- Evidemment, répondit la Gorgoroth après un temps de réflexion. Concernant les détails des mensonges, de la fiabilité de mes hommes et du nom factice du navire, je suis capable de prendre en charge. Mais vous me dites avoir du talent pour vous infiltrer dans des endroits délicats et subtiliser des documents d'importance... Où comptez-vous toutefois acquérir tout cela ? Tant que vous me fournissez le pavillon fidèle et la licence qui constituera l'identité de mon navire, je suis satisfaite. Concernant le carnet de route, je saurai le composer et le tenir à jour. Mais vous, où comptez-vous agir, précisément ?

Venenosa posa alors son regard sur Leshen. C'était un regard confiant et décidé. Elle n'avait besoin de rien de plus pour lui témoigner son accord : elle venait d'accepter de traiter avec lui. Il n'était dorénavant plus question que de l'endroit où il faudrait agir. A Ridolbar même, elle ne pensait pas pouvoir trouver les documents nécessaires. Sans doute leur faudrait-il voyager jusqu'à Mavro Limani, auquel cas elle se demandait s'il avait une idée quant à l'endroit idéal pour une mission de ce genre. S'il avait une proposition intéressante, davantage peut-être que celle d'un bâtiment des autorités portuaires, elle le prendrait définitivement au sérieux et serait prête à engager son équipage, s'il le faut, pour participer à la réalisation de la mission.
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