Plumes et neige, premier contact. [pv Kimera Artio]



 
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 Plumes et neige, premier contact. [pv Kimera Artio]

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MessageSujet: Plumes et neige, premier contact. [pv Kimera Artio]   Jeu 20 Aoû - 9:10

Le temps avait passé depuis mon "réveil" et je m’accommodais tant bien que mal à ma nouvelle vie, tout autant qu'à ma nouvelle condition. Ma mémoire n'était pas toujours pas complète, à cela ne tienne ! Allongé sur un banc de pierre dans le jardin du temple, je me prélassais allègrement à la lueur des rares et faibles rayons de soleil qui parvenaient à percer l'épaisse couche de nuages duveteux qui s'étendaient à perte de vue dans le ciel. Il faisait froid, très froid, mais pas autant que cette fameuse fois là... De toute manière, je ne le craignais pas, malgré ma condition de guépard et ce, pour une raison qu'il m'était encore impossible de déterminer.

Affalé de tout long, couché sur mon flanc droit, je gisais inerte. Seule ma respiration et les mouvements qu'elle imposait mécaniquement à mon ventre, trahissait ma vie. A mes côtés, un faucon pèlerin. Les yeux rivés sur sur un point quelconque du ciel, je me perdais dans mes songes. Beaucoup d'événements avaient  eu lieu ces derniers mois et pourtant, je n'avais pas vraiment l'impression d'avoir fait grand chose. L'ennui semblait peu à peu me gagner, à moins qu'il ne s'agisse de lassitude. En effet, j'avais principalement veillé à la sécurité d'Aemyn, secondant la mignonne et gentille petite Alix. En y repensant, ces deux là étaient vraiment le jour et la nuit en matière comportementale à mon égard. L'une gardait timidement ses distances, tandis que l'autre me tyrannisait en bon gros chat que j'étais pour lui, mais cela m'amusait. C'était un enfant et même si je ne doutais pas de son sadisme avéré en dépit de son jeune âge, je ne pouvais lui en tenir rigueur. Et puis j'appréciais les enfant et éprouvais de l'affection pour ces deux là que je pouvais considérer sans honte comme mon petit frère et ma petite sœur.

" Tatanka vraiment les aimer beaucoup, peut être plus que Qenhia et Damga. "

Je relevais la tête, plongeant mon regard dans celui du rapace qui m'observait d'un air narquois. Après quelques secondes d'observation silencieuse, je me relevais sans ménagement, ce qui eut pour effet de faire tomber dans la neige, le majestueux volatile qui se tenait auparavant sur mon échine. Petit regard narquois rendu, je sautais de mon perchoir pour retomber sur le sol au manteau blanc. D'un pas nonchalant, je me dirigeais vers l'entrée du temple pour gagner Hellas. Chemin faisant, je croisais les quelques prêtresses qui me saluèrent ou me gratifièrent de quelques caresses pour les plus audacieuses et téméraires. Depuis le temps, elles n'avaient plus peur de moi, le familier de leur Grande Prêtresse.

Il m'avait fallu un certain temps afin de pouvoir quitter la bâtisse divine, mais j'avais finalement atteindre mon but. Après quelques foulées le long du sentier, ce fut un battement d'ailes assez hostile qui m’accueillis en la personne de Qenhia qui n'avait visiblement pas apprécié son séjour dans la neige. Deux ou trois coups de bec sur le crâne et la voila qui venait se poser sur mon dos. Ensemble, nous reprîmes la route. Il n'y avait quasiment d'enfants dans les rues, ce qui changeait grandement de l'accoutumée. En même temps... Par les temps qui courraient, quoi de plus normal. Il n'y avait qu'à voir les adultes aux traits tendus et le nombre de personnes armées pour comprendre que cette ville pieuse se préparait à la guerre. Je ne pouvais m'empêcher de me sentir quelque peu euphorique, tout autant que j'appréhendais la chose. J'avais vraiment hâte qu'elle éclate cette guerre, mais plus que tout, j'avais hâte de pouvoir entrer dans l'action. L'appel du sang, l'envie et le besoin de faire s'abreuver mes lames et potentiellement, une multitude de proies potentiellement appétissantes à me caler sous les crocs. Je m'en léchais littéralement les babines sous le regard quelque peu désabusé de mon amie à plumes. Toutefois, je redoutais qu'Irina ne me refile une mission de garde du corps de son enfant ou de veiller sur des villageois. Ce n'était pas que cela me rebutait mais simplement qu'un peu plus d'action n'aurait pas été pour me déplaire, j'étais un assassin après tout.

" Tatanka toujours aigri de ne pas combattre gros monstre alors que Dame Irina partir avec Vieux Isköld et Longues oreilles ? "

Je lâchais un profond soupir qui venait confirmer ses dires télépathiques. Surveiller le village alors qu'au loin d'autres s'amusaient avec le bon gros Monsieur Tentacules... La Maîtresse ne devait pas encore me faire totalement confiance, mais tout cela allait de mieux en mieux. Même si je n'avais pas pris part au front, il y avait toujours pire et puis ce n'était pas comme si la vie s'arrêtait. J'avais encore du temps devant moi et je comptais bien le remplir avec des aventures à raconter à ma mère lorsque nous nous reverrions, mais avant tout en accomplissant mes objectifs.  

Il devait être dans les environs de quatorze heures en ce jour quelque peu banal. Alors que nous déambulions dans les rues qui semblaient se ranimer lentement, je tombais sur une silhouette qui m’interpella. Je me stoppais soudainement, les yeux dardés sur le dos de cette personne qui cheminait un peu plus en avant de moi. Il s'agissait en fait de cette Yorka qui était récemment arrivée dans la ville, désireuse de rallier l'ordre des prêtresses. Je ne lui avais jamais parlé, en même temps, étant perpétuellement sous forme animale, c'était compromis, ni même pu l'approcher. En effet, je ne l'avais vue que de loin, la fois où elle s'était entretenue avec Irina dans l'enceinte du temple. Allongé, je n'avais qu'observé leur échange à distance, m'en remettant à Qenhia afin d'en apprendre davantage, elle qui était l'extension de ma vue et de mon audition. J'avais alors appris qu'elle allait devenir la disciple de la Grande Prêtresse, ma maîtresse. Une personne de plus à son service, une personne de plus dans cette hétéroclite famille étendue. D'après le rapport de mon amie rapace, cette jeune femme devait faire ses preuves et cela m'avait fait sourire, tout comme c'était le cas à l'heure actuelle, même si ma gueule ne le montrait pas vraiment, alors que je m'étais mis à la filer. Je n'avais aucune mauvaise intention à son égard, étant simplement désireux d'en apprendre un peu plus sur elle. Mine de rien, j'avais quand même pour rôle de veiller à la sécurité de la Dame Dranis et de son enfant alors prendre les devants et m'assurer que cette âme n'était pas un danger potentiel, quoi de plus normal ?

Tandis que la jeune femme déambulait, j'avais fait signe au faucon qui me chevauchait, d'assurer une couverture aérienne, ce qu'elle fit sans nulle prière. Avançant à pas feutrés, tel un prédateur, ou un stalker, je ne quittais plus du regard cette mystérieuse Yorka, détaillant chacun de ses faits et gestes tout en gardant une distance de sûreté afin de ne pas éveiller ses soupçons, ni même d'alerter ses sens ou son instinct animalier. Cette traque, aussi molle fusse-t'elle, m'amusait au plus haut point, tel un guépard adolescent s'amusant avec sa fratrie. Alors que je me prenais au jeu, au détour d'une ruelle, je fus stoppé net dans ma progression par deux prêtresses.

" Oh mais qu'avons nous là ? Ne serait-ce pas ce cher Koha ? "

" C'est le guépard de notre supérieure ? "

" Oui, oui, c'est bien lui, je reconnaitrais son regard azuré entre mille. Et puis pas de doute, un collier de plumes et une boucle d'oreille faite du même matériau à l'oreille gauche, c'est forcément lui ! "

" Ouf, ça me rassure un peu, j'ai eu peur en voyant un animal de ce type flânant dans les rues de la ville, mais en même temps, je me disais que c'était étrange qu'il ait pu aller si loin sans se faire abattre par les gardes ou autres personnes armées. "

" Disons simplement qu'il est habituel de le voir déambuler ici lorsque sa maîtresse est occupée au temple. Approche mon grand, n'aie pas peur. "

La blonde me faisait signe de m'approcher alors que la brune sembla se pétrifier lorsque nos regards se croisèrent. J'hésitais un instant, alternant de ma cible à ces deux femmes, puis à contrecœur, je me décidais à les approcher tout en tentant de garder la Yorka dans mon champ de vision.

" T'es folle, il pourrait nous attaquer ! "

" Mais non, il est très gentil et bien dressé. Je m'occupe souvent de lui et en plus, il est super intelligent, plus qu'un chien même, tu peux lui faire apprendre plein de tours regarde ! "


Tendant son bras en avant vers moi, la paume à plat vers le ciel, Lyswë me fit soudain signe, d'un geste ascendant, de me lever. En réponse, je m'étais dressé sur mes pattes arrières et elle me fit tenir quelques instants la pause avant de me faire asseoir. Elle fouilla dans sa besace pour en sortir un morceau de lard soigneusement emballé. Nul doute qu'elle me le réservait car elle m'en donnait à chaque fois qu'elle me voyait. S'accroupissant, elle me fit signe d'approcher d'un geste qui ne signifiait qu'une seule chose. Collant mon ventre au sol, je me mis alors à ramper dans la direction, à l'allure qu'elle m'indiquait vocalement jusqu'à ce que je me trouve finalement à portée de crocs. La sindarine me maintint immobile quelques instants avant de m'offrir mon dû. Une fois la friandise ingurgitée, elle m'enserra de ses frêles bras à la musculature civile. Je lui rendis la pareille en ronronnant, avant de lui lécher le visage, ce qui la fit éclater de rire. J'observais ensuite sa voisine qui fit d'abord un pas en arrière avant de revenir vers moi d'un pas mal assuré, suite aux recommandations de Lyswë qui l'enjoignait de venir me carresser et elle le fit. Je lui fis alors gentiment sa fête avant de me reculer de quelques pas.

"  Tu vois, je te l'avais dit, il est vraiment sympathique ce bon gros matou.  "

"  Oui, c'est vrai. C'est affolant comme son regard transpire l'intelligence, on pourrait presque croire qu'il est humain. On pourrait même s'attendre à ce qu'il nous parle. "


Elles m'observèrent un instant comme si elles attendaient la parole miraculeuse sortant de ma gueule. Leurs regards se croisèrent puis elle éclatèrent de rire. Pour ma part, c'était la panique. J'avais perdu ma cible, distrait par ces deux jeunes femmes. Scrutant la dernière direction dans laquelle je l'avais vue, j'essayais de percevoir sa silhouette mais nulle trace d'elle.

" Oh ! Tu as certainement des choses à faire comme aller chasser en dehors ou quelque chose que nous ne pouvons certainement pas comprendre... Sois prudent et ne fais pas de bêtises et surtout... Promet moi que tu reviendras  jouer avec moi avant la fin de journée, ok ? "

Elle avait appuyé son dernier mot. Je fis alors un double aller-retour ascendant de la tête, singeant  un grossier "oui" malhabile qui la fit sourire et émerveilla sa comparse.

" Allez, file ! "

" Tu l'as vraiment bien apprivoisé ! "


Je vins me frotter à ses jambes comme un gros chat avant de déguerpir à toute vitesse, l'azur de mes prunelles rivé sur une tâche sombre dans le ciel, plus que familière. En effer, Qenhia décrivait de larges cercles. Il était évident que ma cible devait se trouver dans ce périmètre. Je m'étais alors mis à sprinter afin de rattraper mon retard. Plus qu'un virage et ...

" Rrrrrrh ! "

Un choc ! Pas violent, mais suffisament désagréable pour me tirer un grognement.  Tandis que je me frottait maloidroitement le museau de ma patte droite, je constatais avec horreur que ce que j'avais cogné n'était pas une chose, mais une personne et pire encore, celle que je traquais. Droite, gauche, je scrutais les alentours avec vivacité, me demandant si je devais fuir ou me cacher ça ou là, me ravisant finalement pour m'approcher de ma victime et lui donner quelques coups de museau léger l'air de lui demander si elle allait bien...
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MessageSujet: Re: Plumes et neige, premier contact. [pv Kimera Artio]   Mar 25 Aoû - 20:24

    Kimera regarda autour d’elle, emmitouflé dans de nombreuses couches de vêtement. Secouant ses plumes, la jeune femme se dirigea vers le temple de Kesha, sa déesse et guide. La jeune femme venait tout juste d’intégrer le temple. Irina l’avait accueilli malgré ses doutes sur ses intentions. Avec la guerre qui se préparait, Kim n’avait pas choisi le meilleur moment pour s’intégrer, mais elle avait choisi de s’intégrer dans la guerre, ce qui lui permettrait, du moins, elle l’espérait, de gagner les faveurs de la Grande Prêtresse. N’ayant jamais participé à une guerre, la jeune femme n’avait qu’une idée très vague des stratégies et des positions, autant les leurs que celles de leurs ennemies, mais elle était prête à obéir à ceux qui avait de l’expérience. La seule chose qui lui importait était de faire sa part pour gagner une place de choix parmi les prêtresses.

    Chaleur lui donna un petit coup sur le bras, sortant la yorka de ses pensées. La femme avait été cherchée sa jument, qui était jusqu’alors resté dans un box a l’entrée de la ville. Elle l’amenait avec elle au temple, voulant garder ce fidèle animal près d’elle. La tenant par la bride, la femme se dirigea vers ses nouveaux appartements, plongés dans ses pensées. Elle avait atteint son objectif. Après avoir traversé le continent du sud au nord, visiter trois pays et s’être perdu plusieurs fois, elle avait finalement atteint Hellas et avait été accueillie là où elle le souhaitait, au Temple de Kesha. Après avoir passé une journée complète à lire sur les rituels de l’endroit et à s’imprégner de l’amour de sa déesse dans un silence cérémonieux, la jeune femme avait aménagé l’endroit qu’on lui avait offert. Les nouvelles responsabilités qui l’incombaient étaient simples. Elle devait simplement s’occuper de garder le temple propre et en ordre, accueillir les gens venant au temple et les aider de mon mieux, en les référents au besoin a une prêtresse de plus haut rang.

    Laissant sa jument désormais bien installée, la jeune femme traversa les jardins du temple, saluant au passage les prêtresses qui s’y affairait. Ne connaissant pas vraiment la ville, la yorka s’était fait un devoir de la découvrir, voulant pouvoir se diriger facilement et aider avec rapidité les gens dans le besoin. Tournant le coin d’une rue achalandé, la yorka jeta un coup d’œil amusé aux enfants qui couraient. N’étant pas une amoureuse des enfants, la femme savait tout de même se débrouiller avec eux, ses frères et sœurs ayant été de bon professeur pour faire d’elle une gardienne exemplaire. Ainsi, quand l’un d’eu trébucha, s’infligeant une vilaine blessure sur le genou, la yorka s’agenouilla près de l’enfant, lui souriant avec douceur. Ayant environ huit ans, le petit garçon était en pleurs et ses amis, encore dans leur jeu, ne remarquèrent pas l’absence du blessé.

    — Quel est ton nom? Demanda Kim en regardant l’enfant dans les yeux.

    L’enfant leva les yeux, essuyant ses yeux d’un revers de main, s’exprimant avec des sanglots dans la voix. Le petit était un terran et semblait très intrigué par les plumes qui prenaient la place de ce qui aurait dû être les cheveux de la yorka.

    — Je m’appelle Yeiro, dit-il en se calmant graduellement malgré son genou en sang.

    — Moi, je m’appelle Kim, dit-elle en souriant. Tu veux bien que je regarde ton genou? Je crois que je peux te guérir.

    Le garçon hocha la tête, les yeux fixés sur le duvet blanc de la yorka plutôt que sur ses yeux. Se concentrant, la jeune femme tâta le genou de l’enfant, qui se crispa sous la douleur. Gardant son calme, la yorka souleva le pantalon déchiré pour exhiber la blessure, la nettoya avec la gourde à sa ceinture, puis referma la plaie d’une manifestation de magie bien peu exigeante. Nettoyant ensuite le sang qui avait coulé sur la jambe du garçon, elle lui sourit, découvrant que les larmes avaient cessé de couler sur les joues du garçon. Celui-ci la regardait et voyant son intérêt pour sa coiffure, la jeune femme s’inclina.

    — Tu peux toucher, si tu veux. C’est des plumes.

    Yeiro tendit la main et toucha délicatement la chevelure de sa nouvelle amie, impressionné de sa douceur. Levant les yeux vers elle, il posa la question qui lui brulait les lèvres depuis le début.

    — Tu es une yorka?

    Le jeune garçon avait entendu parler de ces êtres mi-humain, mi-animal, cependant, ce qu’on disait à leur sujet n’avait rien à voir avec ce qu’il avait sous les yeux. Physiquement, la femme devant lui ressemblait à ce qu’on lui avait rencontré. Elle avait les attributs d’un animal, un oiseau visiblement, mais elle n’avait pas l’air d’un animal sauvage ne pouvant pas contrôler ses instincts. On lui avait expliqué que les yorkas étaient des êtres instinctifs et imprévisibles, qui pouvaient facilement être dangereux, que c’était un peuple plutôt bête, incapable de vivre convenablement. Devinant rapidement ce que pensait le jeune garçon, la femme entreprit de le rassurer.

    — Oui, je suis une yorka. Ne t’inquiète pas, je ne suis pas dangereuse, dit-elle avec un sourire. Tu ne dois pas croire tout ce qu’on dit, mon peuple est très intelligent et sait dominer ses instincts. Comme pour les terrans, certains sont gentils, d’autres sont méchants, cela n’a rien à voir avec la race.

    Yeiro semblait heureux de la tournure des évènements et il prit sans peur la main de celle qui l’avait aidé, commençant soudain à être beaucoup plus loquace, racontant des brides de sa jeune vie à Kim, qui le raccompagna chez lui pour qu’il puisse changer de vêtement. Celle-ci était un peu craintive. Si le jeune homme avait eu des préjugés sur son peuple, cela lui venait probablement de ses parents, qui ne seraient probablement pas aussi compréhensifs que lui. Cependant, ceux-ci furent surtout soulagés de voir qu’une prêtresse avait secouru leur enfant et lui offrirent quelques pièces, que la femme-albatros refusa.

    Kim n’était pas idiote, et ses sens étaient plutôt développés. En tant qu’albatros, elle avait un sens de l’orientation exceptionnel, mais c’est plutôt son instinct qui lui fit remarquer l’oiseau au dessus d’elle qui avait un comportement étrange. Celui-ci décrivait des cercles dans le ciel au dessus d’elle, et semblait toujours la suivre, peu importe le chemin qu’elle empruntait. Ce n’était pas le comportement typique d’un faucon et la yorka finit par en venir à la conclusion que cet oiseau était un familier et qu’elle était surveillée. Le problème était de savoir par qui. Si la personne a l’origine de cet espionnage était une prêtresse de Kesha, Kim n’avait rien à craindre. Dans ses temps troubles, il était simplement normal que sa nouvelle caste veuille s’assurer qu’elle était en règle. Par contre, les prêtresses ayant de nombreux ennemis, cette filature n’était pas nécessairement une bonne nouvelle. Il pouvait aussi s’agir d’un cas isolé. Ne sachant pas quoi penser, la jeune femme continua son chemin, ne faisant rien de suspect ou de compromettant, se contentant de marcher dans les rues de la ville sans réelle destination.

    Soudain, au détour d’une rue, une chose frappa Kim de plein fouet, la surprenant. Laissant son instinct prendre le dessus, la jeune femme roula sur elle-même pour garder une distance sécuritaire entre elle et son assaillant. D’un même mouvement, elle se retrouva donc un poignard a la main avec une posture défensive et les sens en alerte. Elle n’eut pas à attendre plus d’une poignée de secondes avant de comprendre que la chose qui l’avait frappé était ce guépard aux yeux bleus qui se tenait devant elle. Rapidement, elle se souvint de ce qu’elle avait entendu à propos de cet animal et rangea son poignard. De ce qu’elle savait, ce guépard était le familier personnel de la Grande Prêtresse, elle n’avait donc rien à craindre. Au même moment, l’animal s’approcha d’elle et lui donna un petit coup avec son museau, l’air de lui demander comment elle allait. Troublé, Kim le regarda. Ce guépard n’était pas ordinaire, c’était un fait.

    — Je vais bien. Tu es Koha, c’est ça?

    Tendant la main, la jeune femme caressa le prédateur, incertaine des intentions de celui-ci. Il semblait intelligent. Trop intelligent, même, pour être un simple animal. Ignorant si celui-ci avait un pouvoir quelconque, la jeune femme examina Koha sans trouver le catalyseur qui aurait pu être la cause de cette intelligence. De plus, l’animal portait un collier et une boucle d’oreille. Il semblait étrange à la yorka qu’un animal, même un familier, ait pu accepter de porter un tel accoutrement. Ce guépard n’était pas celui qu’il paraissait être, la jeune femme en était certaine. Le détaillant encore un peu, elle se recula, fixant l’animal dans les yeux.

    — Qui es-tu?

    La question était loin d’être banale et l’intelligence qui brillait dans le regard de ce Koha lui prouvait qu’il ne faisait pas seulement interpréter ses paroles, mais qu’il les comprenait. Inquiète, la jeune femme réfléchit. En tant que yorka, elle avait un instinct animal qui ne la trompait pas, au-delà de cet avertissement de proie qu’elle avait appris à ignorer. Effectivement, à chaque fois que la jeune femme se retrouvait face à un animal représentant un danger pour l’oiseau en elle, une peur instinctive lui prenait le ventre. Lui obéissant habituellement sous sa forme animale, elle devenait simplement plus vigilante sous sa forme humaine, sachant que les dangers étaient moins grands pour elle sous cette forme. Cependant, ce n’était pas cela que la jeune femme avait perçu. Cet animal, s’il en était vraiment un, était complètement domestiqué, ce qui devait donc résulter de plusieurs générations de soumission pour la lignée de ce guépard. On ne domestique pas un animal sauvage, sauf s’il a été conditionné ainsi par ses ancêtres et par une éducation sévère dès sa naissance. Probablement enlevé à sa mère au moment de sa naissance, ce guépard était complètement soumis et n’avait probablement jamais connu de véritable liberté.

    Il semblait toutefois en santé et avait la silhouette d’un guépard très actif, et il ne semblait pas malheureux. Heureusement, d’ailleurs, car la yorka aurait probablement refusé de servir plus longtemps la Grande Prêtresse si celle-ci avait été la source du malheur d’un animal aussi noble. Cependant, l’animal ne l’amusait pas. Elle n’avait aucune intention de jouer avec lui ou de lui faire faire des tours. L’animal était d’une intelligence si vive que ce n’était que par choix qu’il amusait les hommes, Kim en était certaine. Elle grimaça en pensant qu’il avait peut-être choisi son sort, songeant qu’elle-même n’accepterait jamais qu’on brime ainsi sa liberté et qu’on dénigre son intelligence de cette façon. Le temps de l’esclavage pour les yorkas était terminé depuis longtemps et jamais la jeune femme ne voudrait revenir à ces traitements inhumains que ses ancêtres avaient subis.

    — Si tu veux discuter, dit Kim, sachant pourtant très bien que l’animal ne lui répondrait pas, j’ai vu un endroit tranquille, par là-bas. Tu peux me suivre, si tu veux.

    Se dirigeant vers l’endroit en question, la jeune femme garda un œil sur l’animal, intrigué.

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MessageSujet: Re: Plumes et neige, premier contact. [pv Kimera Artio]   Lun 7 Sep - 0:26

Quelque peu dépassé par la tournure des événements et visiblement encore sous le coup du choc de cette collision aussi bénigne fusse-t'elle, j'avais abattu les quelques mètres que la jeune femme avait pris soin de creuser entre nous, sans même réellement m'en rendre compte, pour finir par la titiller du bout de mon museau, comme l'aurait fait un chien devant son maître, pourquoi ? Pourquoi avais-je ainsi agis ? Je ne la connaissais pas après tout et mon but n'était pas de jouer les bêtes inoffensives ou le gentil chaton docile pour pas un sous. Était-ce le fait d'avoir raté ma traque de manière aussi pathétique qui me déstabilisait à ce point ? Possiblement... A dire vrai, je n'en avais pas la moindre idée.
Maintenant que j'avais les yeux en face des trous, l'esprit plus clair, je me souvenais à peu près de la scène qui venait de se jouer devant moi quelques instants plus tôt. L'aisance avec laquelle elle avait réagit pour établir une distance sécuritaire entre nos deux être et la rapidité avec laquelle elle avait pu sortir son couteau... Un multitude d'hypothèses à son égard semblèrent sur le point de déferler dans ma boite crânienne mais un détail me rappela promptement à l'ordre, à savoir son couteau. Les poils hérissés, les yeux rivés dans les siens, les crocs en vitrine, j'étais sur le point d'entamer une vive mais sûre et prudente marche arrière lorsque me questionnant sur mon identité, sa main libre vint à ma rencontre pour une caresse qui me fit abandonner toute garde. Tel un chat, je ne pus m'empêcher de ronronner, cherchant instinctivement à prolonger le contact en m'allongeant de tout mon long devant elle, lui offrant même mon flanc droit, chose que je n'aurais pas faite en temps normal alors que je ne connaissais pas la personne et que je n'avais pas un tant soit peu confiance en elle. Pour sûr, il n'y avait que pour amuser le fils d'Irina et la petite timide que je pouvais adopter pareille posture de soumission. Qu'est ce qui pouvait bien m'arriver pour que je puisse me mettre à agir de manière si déraisonnée ? Scrutant la jeune femme tout en me faisant papouiller, je tentais de l’analyser, mais je ne sentais réellement aucune mauvaise intention émanant d'elle. Mon instinct n'était nullement agité, au contraire, c'était comme si elle l'avait endormi, apaisé. Je n'avais toutefois pas le loisir de percer ce mystère à jour, tout du moins, elle ne m'en laissait pas le temps, reconnectant mon corps et mon esprit par la voix.

— Qui es-tu?

Alors que nos regard s'étaient ancrés l'un dans l'autre, ces mots me pénétrèrent avec force, semblable à la hache d'un bûcheron s'abattant sur un tronc d'arbre. Penchant la tête sur le côté, je me mis alors à l'observer comme un animal le ferait devant une personne qui ferait une action étrange à ses yeux, pour l'attirer, réfléchissant sans doute à la signification de la chose ou sur les attentes de cet être particulier. C'était bel et bien mon cas. Je méditais, du moins, l'essayais du mieux que cette forme me l'autorisait. Qu'entendait-elle par là ? Y avait-il un sens caché à ses propos ou était-ce une question simple et banale ? Non, ce ne pouvait être ainsi ! Il était évident qu'elle était suspicieuse, tentant vraisemblablement de me percer à jour, mais jusqu'à quel point ? Jusqu'où avait-elle pu voir au travers de mon costume de félidé ? Encore un mystère qu'il me fallait lever car elle confirmait mes soupçon de manière tacite, mais explicite. En effet, sa manière de m'observer en disait bien plus long que n'importe quel mot ne l'aurait pu.

— Si tu veux discuter, tu peux me suivre, si tu veux.

L'aspirante prêtresse prit les devants. Tout en lui emboîtant le pas, je levais les yeux au ciel afin de m'assurer que Qenhia était toujours présente et c'était bien le cas. Nul besoin de dire mot, elle avait déjà tout compris, ayant écouté depuis là-haut tout en lisant dans mon esprit. Arrêtant de décrire des cercles, elle s'était alors mise en route pour la nouvelle destination.
J'en profitais alors pour recentrer mon attention sur celle qui ouvrait la marche devant moi. Elle me fascinait et titillait ma curiosité. Des cheveux d'une blancheur immaculée semblable aux neiges extérieures à la ville, pures et non souillées par l'homme, ces derniers étaient à mieux y regarder, des... plumes ? Un sourire se ficha sur mon visage qui, pour lors, semblait plus être un rictus quelconque sur un guépard. Je ne me moquais point d'elle, mais m'extasiais de la singularité de la chose. C'était la première fois que je croisais pareil spécimen de yorka aviaire et je n'en étais pas déçu. Suivant ses magnifiques plumes, je notais alors qu'elles semblaient descendre plus bas que sa nuque mais jusqu'où exactement ? Mes prunelles cheminèrent seules, épousant alors les courbes de son dos, comme si elles le caressaient, se laissant même happer par... Je secouais vivement la tête, chassant au plus vite ce qui semblait vouloir s'y installer. Sautant son postérieur que l'on ne pouvait que deviner aux vues de son accoutrement, ce fut sur ses jambes que je finis ma course. La détaillant de haut en bas, à présent, je m'amusais de son allure. En effet, sa démarche était particulière et si pour des humains peu regardants cela ne se remarquait qu'à peine, pour un yorka et prédateur de surcroît, un être habitué à dénicher les brebis galeuses afin de se mettre quelque chose sous la dent, ce détail était aussi discret qu'un éléphant au milieu d'un troupeau de buffles. Sa démarche était gauche, réellement et profondément gauche. Lorsque je la regardais, ce n'était pas une humaine que je voyais mais un de ces oiseaux marins aux ailes à l'envergure démesurée. S'ils étaient majestueux dans les airs, époustouflant et envoûtants, véritables seigneurs de la voltige, pour ce qui était du domaine terrestre, ils semblaient plus modestes, boiteux...  Il u en avait quelques-uns à Elusia et ma mère se plaisait à les nourrir, m'emmenant souvent avec elle et me laissant jouer avec eux. Jeune félin que j'étais, je m'empressais de leur déclarer la guerre, les chassant maladroitement comme le ferait une fratrie de jeunes félins entre eux. Je ne voulais pas les mettre à mort, juste tenter de les attraper et les volatiles, sentant qu'il n'y avait pas de danger, s'amusaient avec moi, s'envolant dans une nuée de plumes, pour se poser plus loin avant de reprendre leur manège en me narguant. De temps à autre, il me passaient au dessus de la tête en rase-motte, un coup de bec ça et là pour le plaisir. Au final, c'était toujours la même chose, eux qui me poursuivaient et moi qui décampait comme si ma vie en dépendait pour, quelques instants de course plus tard, finir tremblant entre les jambes de ma mère riant aux éclats.

" Qenhia trouver lieux idéal juste là en dessous. Venir vite, là être parfaitement calme. "

La voix de mon amie me tira de mon songe, résonnant distinctement dans mon esprit.

" Parfait, merci petite sœur ! "

Le cri perçant du faucon se fit entendre au moment où celui-ci, terminant sa ronde de haute altitude, descendit en piqué verts le sol. Bondissant en avant, je dépassait alors la jeune femme, la distançant de quelques mettre avant de m'arrêter pour me poster face à elle. Je la toisais un moment, puis me rapprochait d'elle. Ouvrant la gueule, je la refermais délicatement sur sa manche en la tirant avec délicatesse afin de ne point l'endommager. Après m'être assuré qu'elle avait bien compris le message, je pris les devants à allure vive modérée, de manière à ne pas la distancer, pour finalement m'arrêter au dans une ruelle reculée dans laquelle nous attendait la belle petite rapace, perchée sur le toit d'une maison quelque peu délabrée, les ailes grandes ouvertes. Je fis tout d'abord une ronde, m'assurant qu'il n'y avait nul œil indiscret pouvant nous voir. En fin de route, Après avoir tout de même pris soin d'inspecter la demeure au travers d'une des fenêtres, je vins me poster devant la porte de la bâtisse. Lorsque je fus assuré que l'attention de ma comparse raciale était toute centrée sur moi, je me dressait sur mes pattes postérieures, posant les antérieures sur la porte qui me faisait face, puis me reculais afin de lui laisser la place. Avait-elle compris mon intention et donc ma demande ? Afin d'en être certain, je pris l'initiative de faire intervenir ma compagne de route qui prit son envol avec prestance pour venir se poser sur l'épaule de la jeune femme, entrant en communication avec elle pour la première fois, par le biais de son pouvoir télépathique, retranscrivant mes propos à sa façon.

" Femme gentille ? Toi pouvoir ouvrir porte ? Maison abandonnée, ça être lieu sûr pour discussion secrète ! Nous sœurs ! Qenhia avoir vu quel bel oiseau toi être. Toi pouvoir me faire confiance et pas avoir peur de gros chat. Lui pas méchant, ça pas être piège. Lui avoir peur, toi déstabiliser lui. Qenhia écouter tout depuis le ciel tout à l'heure mais toi pas répéter que Qenhia dire ça, être secret entre filles... Qenhia normalement pas devoir parler plus que pour demander ouvrir porte. "

Assis, j'observais alors calmement les deux femmes, ne pouvant rien capter de leur éventuel échange mental et silencieux, tout en guettant une possible arrivée d'éventuels perturbateurs, tous sens en alerte.
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MessageSujet: Re: Plumes et neige, premier contact. [pv Kimera Artio]   Jeu 8 Oct - 18:58

    Kim n’avait pas de véritable idée de l’endroit où elle se dirigeait. Elle cherchait un endroit tranquille et à l’abri des regards pour en apprendre plus sur ce gros chat qui n’avait rien d’un animal ordinaire. Certes, il était facile de tromper les peuples tel que les terrans, peu regardant en règle générale, ou même les autres peuples qui pouvaient se côtoyer dans cette ville du nord, mais tromper une yorka, qui plus est une yorka qui avait passé sa vie à côtoyer ses semblables, qui plus est une yorka ayant pour frère une panthère des neiges, qui plus est une yorka qui avait appris auprès d’un maître incroyable à reconnaître ceux de sa race sous toutes leurs formes, c’était une autre histoire. Il était très difficile de reconnaître un yorka « sauvage », un yorka ayant oublié sa vie humaine pour se consacrer à l’animal entre eux. Habituellement, ces yorkas n’étaient reconnus que par leurs proches. Cependant, ceux alternant entre leur forme humanoïde et animale étaient plus facile à reconnaître, étant souvent moins craintifs, plus sociables et ayant parfois des comportements humains typiques.

    Le plus difficile était souvent de deviner si ces animaux étaient des yorkas ou des familiers, mais la plupart des yorkas n’ayant aucune honte de leur partie humaine, ils n’hésitaient pas à faire connaître leur identité à leur interlocuteur. Cependant, les familiers étaient parfois dotés d’une grande intelligence et ils pouvaient parfois avoir des comportements anormaux dus à leur lien avec un humanoïde. Ils pouvaient donc être facilement confondus avec des yorkas. Habituellement, les yeux étaient de bons indices pour savoir si l’animal devant soi était un véritable animal. Les familiers demeuraient également plus sauvages avec les étrangers, de manière générale. Cela n’assurait cependant aucune certitude, et Kimera ignorait si Koha n’était qu’un animal bien particulier ou un yorka. S’il était un véritable familier, il n’était que normal qu’il soit exceptionnel. La femme-albatros n’avait aucun doute sur le fait qu’Irina n’aurait pas choisis n’importe quel animal pour en faire son compagnon, il se pouvait donc que ce guépard soit un familier.

    Kimera, plongé dans ses pensées, sursauta presque exagérément lorsque le faucon qu’elle avait repéré plus tôt, mais complètement oublié depuis qu’elle était tombée sur Koha, plongea vers le sol avec un cri perçant. Au même moment, alors que la jeune femme s’était immobilisée en poussant une sorte de croassement étrange, le guépard la dépassa d’un bond et Kim eu l’impression qu’il allait dévorer l’oiseau. Elle fut rassurée lorsque Koha se retourna plutôt vers elle, puis se figea devant le regard insistant du félin. Étant possiblement un animal sauvage, il pouvait très bien percevoir l’oiseau en elle et décider de l’attaquer, mais Kim réussit à prendre le dessus sur son instinct qui lui ordonnait de fuir à toute allure dans le sens opposé. Elle dû mobiliser beaucoup de volonté pour demeurer immobile lorsque l’animal, gueule ouverte, s’approcha d’elle. Le fait qu’il saisisse avec tant de délicatesse sa manche lui permis toutefois de se détendre, et même d’être troublée par cette petite attention. Elle le suivit, intriguée par ce comportement.

    La petite ruelle dans laquelle il les amena était sombre, mais surtout, elle était vide. L’oiseau vu précédemment semblait les attendre sur le toit d’une demeure délabrée qui semblait abandonnée depuis longtemps. Kim resta sur place pendant que le guépard semblait vérifier qu’ils étaient vraiment seuls. Il revint ensuite se poster devant l’albatros, la fixant un moment avant de poser ses pattes sur la porte. Incertaine des intentions de l’animal, Kim resta immobile. Soudain, l’oiseau sur le toit vint se poser sur son épaule et la yorka sentit que le faucon voulait entrer en communication avec elle.

    " Femme gentille ? Toi pouvoir ouvrir porte ? Maison abandonnée, ça être lieu sûr pour discussion secrète ! Nous sœurs ! Qenhia avoir vu quel bel oiseau toi être. Toi pouvoir me faire confiance et pas avoir peur de gros chat. Lui pas méchant, ça pas être piège. Lui avoir peur, toi déstabiliser lui. Qenhia écouter tout depuis le ciel tout à l'heure mais toi pas répéter que Qenhia dire ça, être secret entre filles... Qenhia normalement pas devoir parler plus que pour demander ouvrir porte. "

    "Oh, oui, bien entendu. C’est très gentil à toi, Qenhia, je dois dire que tu n’es pas en reste, ton vol était majestueux!"


    Kim sourit, se décontractant. Cette jolie Qenhia était très gentille et c’est avec plaisir que Kim ouvrit la porte, pénétrant dans la maison poussiéreuse. La jeune femme détailla la pièce. Elle était entrée dans une grande pièce dans laquelle se trouvait une vieille table de bois à laquelle il manquait une patte, deux chaises de bois qui semblaient pourries et un vieux fauteuil abondamment troué. Au fond, un grand foyer de pierre trônait, et du bois qui était visiblement là depuis longtemps était empilé à côté. Pour le reste, l’endroit était poussiéreux, mais vide. Deux arches qui devaient contenir des portes dans le passé donnaient place à ce qui semblait être des chambres. Se dirigeant vers le foyer, Kim prit quelques bûches et les disposa dans le foyer, qu’elle espérait capable de supporter un feu. Celui-ci semblant bien solide, Kim se concentra pour que l’une des bûches prenne en feu. La jeune femme se concentrant pour s’assurer que le bois continue de brûler et elle se retourna vers Koha.

    Faisant rapidement le lien entre les planches de bois près de la fenêtre et l’air froid qui entrait par cette ouverture, la femme se débattit pendant une bonne minute, fixant les planches pour boucher l’ouverture. Tout de suite, l’ambiance de la demeure devint plus chaleureuse et Kim pu retirer ses vêtements d’hivers, heureuse de se retrouver au chaud pour discuter. Elle était un oiseau du sud et si elle était capable de supporter le froid, c’était la chaleur qui la revigorait. S’assoyant par terre, le mobilier n’étant visiblement pas capable de supporter le poids d’une personne, la jeune femme s’adressa à nouveau au guépard.

    - Je dois m’excuser d’être aussi craintive, mais dans l’ordre des choses, tu es le prédateur et moi la proie, dit-elle avec un petit sourire en coin. Qenhia, ton faucon, est vraiment gentille, mais le fait que tu ais un familier m’indique que tu n’en es pas un toi-même, je me trompe?


    Un sourire éclaira le visage de Kimera, ce qui était plutôt rare dans son cas. Pour une raison inconnu, elle se sentait à l’aise, ici, avec ce guépard plein de secret. Se levant, elle saisit sa grande cape et la déposa devant de guépard, le fixant dans les yeux.

    - J’aimerais discuter, si tu es d’accord, mais si la nudité te gêne, je veux bien de prêter ma cape.


    Un frisson parcouru l’échine de Kimera, ses plumes s’ébouriffants. Le regard qui était posé sur elle était intimidant. Il l’observait, et la jeune femme avait une impression que cette observation n’était pas aussi primaire qu’elle l’avait été plus tôt. Elle était bien entendu habillée avec beaucoup plus de légèreté qu’à l’extérieur. Ayant délaissé ses vêtements de toile, qui était bien usé, elle s’était résolu à emprunter les vêtements d’une prêtresse faisant sa taille, mais qui avait visiblement des goûts beaucoup plus féminin que la yorka. Kimera portait donc un pantalon en cuir de buffle assez moulant et un chandail de laine un peu trop décolleté. Si les vêtements en tant que tel n’allaient pas très bien ensemble, Kimera n’ayant aucun sens de la mode, ils étaient toutefois beaucoup plus suggestifs que ce que la jeune femme avait l’habitude de porter.

    Elle s’en rendit compte et cela provoqua un sentiment qui lui était habituellement étranger : la gêne. Ce guépard la troublait et elle avait hâte d’en apprendre plus à son sujet, surtout qu’elle était presque convaincue qu’il n’était pas ce qu’il prétendait être. Elle le fixa donc, insistante, attendant une réaction quelconque de sa part.

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MessageSujet: Re: Plumes et neige, premier contact. [pv Kimera Artio]   Jeu 15 Oct - 22:17

Quenhia ouvrit grand les ailes, semblant se rengorger. Les paroles de la jeune femme l'avaient touchée et cette dernière suintait l'orgueil et la fierté. Le petit faucon garda la pose un instant puis elle reprit sa stature initiale.

" Qenhia être touchée, femme oiseau vraiment gentille. Quenhia aimer toi beaucoup ! Remercier profondément mille fois ! Qenhia espérer voler comme soeurs toutes les deux haut dans le ciel et elle promettre jamais chasser toi ni famille albatros. "

De là où j'étais, toujours aux aguets, je n'avais pas le moindre retour de leur échange, de plus, je n'étais pas télépathe et quand bien même, sous cette forme, la magie ne m'était pas accessible. Je pouvais cependant dire, par simple regard sur mon amie à plumes, qu'elle s'était faite complimenté de belle manière car cette réaction était suffisamment spécifique pour que je la note. Je roulais alors des yeux, détournant la tête de la scène pour guetter les environs à nouveau. L'anxiété commençait à poindre. Je ne désirais vraiment pas qu'on me voit ainsi. Non pas que j'avais honte de la compagnie de l'aspirante apprentie prêtresse de ma Maîtresse, mais plutôt qu'il était évident que notre condition attiserait les curiosités, à plus forte raison si on nous voyait pénétrer cette bâtisse abandonnée. Ma queue se mit a osciller nerveusement tandis que mes prunelles se dardèrent sur notre accompagnatrice qui se décida à ouvrir la porte. Pas trop tôt ! Un poids sembla s'envoler de je ne savais trop où sur mon corps, malgré tout, je restais statique, ma queue s'agitant toujours de la même manière, avec la même intensité, faible et lente.  

" Nous remercier pour ouvrir porte. "

Qenhia ouvrit une nouvelle fois ses ailes, les secouant légèrement comme si elle avait voulu les épousseter puis elle pris son envol, se laissant porter jusqu'à moi en planant avec grâce. Elle se contenta de se poster à mes côtés sans bruit, ni mot dire et tout deux, nous observâmes la jeune femme qui pénétra dans la bâtisse quelque peu délabrée. Après un court instant, nous lui emboîtâmes le pas, mon faucon me devançant. Lorsque je fis mon entrée, je vis le rapace perché sur une chaise dont le bois semblait en fin de vie. Nul doute qu'une seule de mes fesses posée hasardeusement sur elle m'aurait valu une chute mémorable, traversant cette malheureuse pièce de mobilier comme si elle n'avait été que papier mouillé. Obligeant mes yeux à quitter ceci, je parcourus alors la pièce du regard. Une table à trois pieds, un mobilier miteux, des vitres entravés de planches et parfois brisées, une cheminée, des bûches qui semblaient dans le même état que la chaise, des pièces de vaisselle poussiéreuses et diverses babioles toutes aussi peu ragoutantes, il n'y avait pas l'ombre d'un doute possible : l'endroit était bel et bien inhabité et ce depuis belle lurette. Soulagement. A présent, nous étions sûr de ne point être dérangés, nous pourrions donc discuter à cœurs ouverts si l'envie nous en prenait même, sans craindre d'être malencontreusement interrompus par les occupants de ce lieu. Le risque n'était pas nul, mais il s'en approchait en tout cas. Peu de chance qu'un villageois se pointe. Deux chambres aux fond, ma course visuelle se termina sur la Yorka qui, après avoir allumé un feu avec succès, s'était tournée vers moi et me fixait. Un courant d'air me caressa furtivement le dos, me dressant tous les poils et faisant danser le feu dans l'âtre. Comme si nos esprits s'étaient entendus, la jeune femme s'était dirigée vers une fenêtre dans un silence religieux tandis que de mon côté, je m'étais dirigé vers la porte d'entrée. Je l'avais entendue se débattre, ce qui m'avait intrigué au plus haut point. Fermant la porte ouverte en appuyant mes pattes antérieures sur elle, debout sur les postérieures, je m'étais simplement laissé retomber le plus délicatement possible afin de ne pas la claquer trop violemment, mission accomplie ! Je m'étais alors empressé de retourner dans la pièce principale, mon point de départ. Là, je constatais qu'elle s'en était également sortie et avec stupéfaction, je notais qu'elle avait changé d'accoutrement, tout du moins... Qu'elle avait ôté quelques épaisseurs. Au final, quoi de plus naturel ? Elle avait bien raison. Le feu de la cheminée ne tarderait pas à régner en maître incontestable des lieux, nous baignant allègrement de sa réconfortante et enjôleuse chaleur et si elle gardait tout son attirail, elle risquait d’attraper un vilain rhume en quittant les lieux. Fort de ce constat, je m'étais avancé au centre de la pièce, m'asseyant dans un premier temps avant de m'affaler lourdement sur le sol, flanc gauche contre terre mes yeux félins rivés sur la jeune femme.

-Je dois m’excuser d’être aussi craintive, mais dans l’ordre des choses, tu es le prédateur et moi la proie, dit-elle avec un petit sourire en coin. Qenhia, ton faucon, est vraiment gentille, mais le fait que tu aies un familier m’indique que tu n’en es pas un toi-même, je me trompe ?

Je redressais la tête, la positionnant pile dans son axe, ancrant mon regard profondément dans le sien. Prédateur ? Proie ? J'étais à mille lieux de tout cela mais maintenant qu'elle abordait le sujet, elle n'avait pas tord. Perturbé par tout ceci comme je l'avais été tout durant, ceci m'était complètement passé au-dessus de la tête. Si j'avais l'instinct du prédateur, elle c'était celui de survie. Elle était une potentielle proie naturelle. Captant son sourire, j'eus un petit pincement au cœur que je crus partager avec Qenhia qui battit des ailes l'instant d'après lorsqu'il eut s'agît d'elle. Crétine ! Voila ce que je m'étais dit avec un amusement affectueux en la voyant faire, alors que je roulais des yeux, feignant l'agacement alors que je m'en extasiais, heureux de la savoir elle-même heureuse. Il n'y avait pas à dire, nous étions vraiment semblables à un grand-frère avec sa petite sœur.
Les mots de la jeune femme se réverbèrent en moi. Comment pouvait-elle être aussi sûre d'elle ? Cela me m'étonnait, pour sûr, mais il allait s'en dire qu'elle n'avait pas non plus totalement tord. A dire vrai, elle était plutôt dans le vrai ce coup-ci. Elle arborait un magnifique sourire qui illuminait son délicatement ouvragé visage, ce qui m'avait fait nerveusement incliner la tête sur la droite, ma gueule s’entrouvrant tout aussi brusquement. Traduction ? Je rougissais.
Elle s'était relevée puis avait déposé une cape devant moi que je fixais à présent, perplexe. Comme si elle l'avait compris, elle avait alors repris la parole.

-J’aimerais discuter, si tu es d’accord, mais si la nudité te gêne, je veux bien de prêter ma cape.  

Un frisson agita nerveusement son corps, ébouriffant par la même ses plumes. Mignon ! Je la détaillais alors, ne pouvant m'en empêcher. Du regard, je caressais alors ses courbes délicieusement féminines et jusqu'alors insoupçonnées. Me perdant un instant sur ses hanches sur lesquelles mes prunelles s'étaient amusées à rebondir et dont le pantalon moulant laissait que pour seule imagination la texture de sa peau, j'avais regagné son visage que je contemplais longuement. Petit et de finition pointue à la peau subtilement caramélisée, il était mis en valeur par une somptueuse chevelure de plumes blanches et des yeux aviaires noirs. Quelques tâches sous ces derniers, elle n'avait nul besoin de maquillage. Ses traits lui donnaient un air strict qui me paraissait réconfortant. Si pour le commun des races elle pouvait être banale ou mignonne, de mon point de vue Yorka, elle était magnifique, une vraie petite perle. Elle était tout bonnement époustouflante de beauté, un vrai petit chef d'oeuvre. Me rendant compte de mon égarement mental, je rougis de nouveau à ma manière, la tête inclinée sur le côté, totalement statufié. Reprenant quelque peu conscience, ce fut sa poitrine délicieusement mise en valeur par un décolleté qui me happa sans le moindre effort, mon esprit se mettant à vagabonder indépendamment de ma volonté.

" Tatanka être en fait pervers ? Lui être en chaleur ou lui éprouver sentiment humain d'amour ? "

" La ferme ! "

Qenhia m'avait extirpé du monde onirique dans lequel j'évoluais et ce n'était pas plus mal.Je m'assis, observant longuement la jeune femme, en proie à une longue méditation. J'avais envie de m'amuser un peu en la taquinant et la faisant un peu tourner en bourrique mais la curiosité était un de mes traits de caractère notable et là, elle prenait trop de place pour que je puisse en faire fi davantage. Je ne me fis pas prier. Mes contours tressaillirent, changèrent, s'allongèrent, rétrécirent et bientôt, je retrouvais forme humaine, assis nu en tailleurs devant elle, les yeux toujours rivés dans les siens, arborant un sourire quelque peu gêné qui dévoilait mes dents de guépard toujours présente, ma queue dansant nerveusement derrière moi. Pour la première fois depuis notre rencontre, je prenais la parole.

" Koha, le serviteur de Dame Dranis sous forme bipède, à votre service. "

J'inclinais alors la tête avec courtoisie avant de reprendre.

" Je ne pense pas avoir besoin de vous présenter ma bavarde petite sœur... Elle est ce que vous appelez mon familier et donc bel et bien un animal. Toutefois, je ne peux la voir autrement que comme étant de ma famille, au même titre que Damga, la jument que je chevauche et que vous aurez probablement bientôt l'occasion de rencontrer. Je crois comprendre que la nudité ne vous dérange nullement, ce qui est également mon cas et un trait commun et courant des nôtres. Toutefois, je suis en présence d'une Dame alors je vais me couvrir et accepter votre cape et pour ce qui est de cette coiffure... "

Quelques-unes des tâches de mon crâne se mirent à luire d'un bleu azuré et mon Mohawk se dressa de lui même, des plumes y apparaissant. Le collier que j'avais autour du coup sous forme animale, comme toujours, avait repris sa place sur ma tête, maintenue coiffure et plumes en place, le catalyseur bleuté centré au-dessus de mon front. Ma boucle d'oreille trônait toujours en même place, tout autant que ses larmes singulières de guépard qui siégeaient toujours autour de mes yeux et légèrement le long de mon nez. Sur mon corps, tout comme sur mes paumes de mains, on pouvait voir ça et là des tatouages aux motifs étranges pour toute personne non familière de ma magie, à savoir, des sceaux. Attrapant la cape, je la fis virevolter pour l'accompagner dans sa descente, la laissant retomber sur moi afin de m'envelopper intégralement. Ce mouvement avait fait s'élever dans l'air environnant le doux parfum de la jeune femme que je ne pus m'empêcher d'humer et de savourer. Je m'en délectais et m'en serais probablement délecté volontiers des heures durant mais la décence m'en empêchait.

" Vous savez, vous n'avez nullement à avoir peur de moi, je ne vous mangerai pas d'autant plus que nous risquons de nous côtoyer et puis Sa Seigneurie m'en  tiendrait rigueur si quelque chose de fâcheux vous arrivait par ma faute et cela, je ne le veux point. Mille excuses si ma filature vous a fait peur, je n'avais pas de mauvaises intentions à votre égard. J'étais simplement désireux d'en apprendre plus sur vous afin de m'assurer que vous n'étiez pas une source de danger pour ma maîtresse mais je conçois à présent que cela est plutôt malvenu de ma part d'avoir agis de la sorte. Vous aborder et discuter avec vous aurait sans doute été plus avisé je crois...  D'ailleurs, merci pour votre cape ma Dame, elle m'a réchauffé autant que votre parfum m'a réchauffé le cœur. "

Me découvrant et lui tendant son effet, je lui montrais ainsi que j'étais à présent vêtu de mon attirail habituel. Un plastron en ossements, un pantalon de cuir tanné et des mocassins me recouvraient. Mon action théâtrale singeant un vulgaire prestidigitateur avait pour but de la détendre et lui signifié mon désir de lui paraître amical, de l'amuser et surtout lui faire oublier le schéma proie/prédateur. Souriant, ce dernier s'estompa toutefois, rattrapé par les paroles prononcées plus tôt par la jeune femme : "Qui es-tu ?".

" Comment m'avez-vous démasqué ? Je pensais pourtant ne pas me faire repérer, jusqu'à ce jour, personne ne m'avait percé à jour en dehors des personnes de l'entourage proche de Dame Dranis, étant tous dans la confidence. J'entends par là ses hommes de mains, le personnel de maison et quelques autres personnes de confiance... J'espère qu'il ne m'en sera pas tenu rigueur, à plus forte raison de vous apparaître ainsi, la consigne étant claire et nette : maintenir ma forme féline au maximum possible et me faire passer pour simple familier sauf lorsque mon apparence actuelle est requise... Toutefois, je pense que cela devrait aller car nous sommes appelés à nous fréquenter à l'avenir et je ne pense pas que vous trahirez ce secret...  Partant de ce point, je ne pense pas prématuré, ni même stupide, de me présenter comme il se doit. Tatanka Kohana, mais le parler commun a transformé mon prénom en Tatonga. Je n'ai pas d'amis en dehors de Qenhia et Damga donc je pense pouvoir dire que seuls mes amis m'appellent Tatanka... Je suis actuellement homme à tout faire de la maison Dranis et... assassin notoire, mais n'ayez nulle crainte, je ne le fais aucunement par plaisir... J'aurais pu vous le cacher mais je préfère baser cette éventuelle relation à naître sur la franchise, que nous nous entendions bien ou non... J'ai 27 ans à présent et suis au service de la Grande Prêtresse depuis un peu moins d'une année. Qenhia, ici présente et ma moitié et nous somme indissociables. Dernière question... Possédez-vous une monture ? J'ai cru déceler une odeur équine subrepticement mêlée à la votre. Rien de bien notable rassurez-vous, votre délicat parfum n'a pas à en frémir, c'est juste par déformation prédatoriale, des restes de mon flair félin... "

Je m'étais alors mis sur pieds, accompagnant mes propos d'une courbette pleine de déférence au moment où je m'étais présenté. A présent, je me tenais face à elle, immobile, le regard inquisiteur, l'azur de mes orbes plongé dans les douces ténèbres des siennes, si chaleureuses et envoûtantes, pendu à ses lèvres. De son côté, les yeux clos, Qenhia se reposait sur la chaise, se délectant de la chaleur dégagée par la cheminée.
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MessageSujet: Re: Plumes et neige, premier contact. [pv Kimera Artio]   Dim 8 Nov - 19:07

    Le guépard semblait incertain de ce qu'il devait faire. Alors qu'il n'avait eu aucune hésitation visible lorsqu'il était entré dans cette demeure abandonnée, il semblait maintenant en pleine réflexion. Kimera attendit donc en silence, espérant que ce joli guépard veuille bien lui montrer sa véritable identité. Celui-ci la regardait longuement, puis, soudainement, les contours de sa silhouette se troublèrent et Kimera assista à l'apparition d'un jeune homme de son âge à l'apparence exotique. Le regard de l'albatros quitta un moment les yeux du yorka, son regard caressant la fine musculature qui se dessinait finement sous la peau de l'homme qui lui faisait face. Il était complètement nu et délicieusement agréable à regarder. Sa peau avait une couleur délicieuse, à l'opposer de la pâleur de la sienne et ses yeux avaient gardé cet incroyable bleu éclatant. Son visage était invitant, incroyablement équilibré et harmonieux tout en semblant sauvage et indomptable. Ses longs cheveux noirs semblaient lisses et soyeux. Il avait de nombreuses caractéristiques animales, de cette queue qui se baladait allègrement derrière lui à ses griffes et ses crocs en passant par ces larmes qui lui donnaient l'air d'être maquillé. Il l'interrompit toutefois dans l'admiration de son corps en se présentant d'une voix surprenante qui fit sourire de surprise Kimera, qui ne dit rien, sentant que son interlocuteur n'avait pas fini de s'exprimer.

    Il lui présenta Qenhia comme sa petite sœur, ce qui fit sourire Kimera. Elle n’avait jamais développé d’attachement particulier à un animal et si elle appréciait son cheval, il n’était pour elle rien d’autre qu’une bête de somme. Ce jeune homme semblait avoir une vision bien différente des choses, intégrant ses familiers à sa famille. Pour sa part, Kimera avait une famille déjà bien assez nombreuse comme ça! Soudainement, après que Koha eut exprimé son désir de se vêtir convenablement, il sembla s’illuminer de l’intérieur alors que son apparence physique se modifiait rapidement. Kimera n’avait jamais vu de manifestation physique semblable et elle en resta bouche-bée. Ses cheveux se dressèrent en un exotique mohawk décoré de plumes et le collier qu’il portait en tant que guépard se mit en place sur sa tête, permettant visiblement à sa coiffure de rester en place. Il ne lui laissa que quelque seconde pour essayer de distinguer les motifs que formaient ses tatouages avant de s’envelopper d’un mouvement fluide de la cape que Kimera avait mis à sa disposition. Il reprit la parole avant que Kimera ne sorte de la stupéfaction qu’avait causée cette manifestation magique.

    Il revint au commentaire précédent formulé par la femme-oiseau, lui assurant qu'il ne la mangerait pas, ce qui fit sourire la jeune femme, qui n'avait pas l'intention du tout de laisser qui que ce soit la manger, ce que soit sous sa forme humaine ou animale. Alors qu'elle allait répondre à son remerciement par rapport à sa cape, il la surprit de nouveau, la stupéfiant. Il lui avait rendu sa cape avec un naturel désarmant, car il était maintenant vêtu de ses propres vêtements sans que Kimera n'ait rien vu, ni rien compris d'ailleurs. C'était un tour de passe-passe, visiblement, mais Kimera avait toujours vécu dans un monde très terre-à-terre ou les manifestations de magie étaient simples et sans éclat, elle était donc émerveillée de cette magie qui ne lui était pas familière. Elle saisit donc sa cape en silence alors que Koha enchaînait, changeant de sujet et devenant soudainement plus sérieux. Il commença par une question simple qui fit sourire Kimera, à savoir comment elle l'avait démasqué. Elle comprenait bien entendu l'inquiétude de son compagnon, ayant bien compris que sa vie entière reposait sur ce déguisement finement tissé à l'aide de cette qu'il nommait sa maîtresse, Irina Dranis. Il se présenta ensuite précisément, lui en dévoilant beaucoup plus sur lui en quelques phrases qu'elle ne l'aurait souhaitée. Elle ne s'en plaignit toutefois pas, même si elle-même n'avait pas tendance à se dévoiler de cette façon. Elle lui sourit, prenant la parole pour la première fois depuis que le yorka avait repris son apparence humanoïde.

    - Je suis enchantée de te rencontrer, Tatonka, dit Kimera, le tutoyant et lui parlant avec cette habituelle familiarité qui pouvait sembler étrange pour une première rencontre. Je me nomme Kimera, mais on m'appelle le plus souvent Kim. Tu peux me tutoyer. Je ne suis ni ta supérieure, ni ton aîné et tu n'as pas à te comporter d'une façon spéciale avec moi.

    Kimera n'avait pas habitude des grandes paroles et des flatteries. Elle était habituée à un langage direct et sans flafla et si elle était parfaitement capable de parler avec respect et attention, elle ne voyait pas d'utilité à ces manières dans le contexte présent. Elle détestait singulièrement se faire vouvoyer ou pire, idolâtrer, et elle espérait vraiment que Tatonka le comprendrait rapidement. Elle fit une petite pause, le temps d'organiser sa réponse à sa première question, à savoir comment elle l'avait démasqué.

    - J'aurais pu te répondre que je suis une yorka, mais ça aurait été la réponse facile. Il n'est pas si aisé de détecter un yorka sous sa forme animale, mais je dois dire que j'ai eu de la chance. Ta première réaction à mon égard n'était pas celle d'un réel guépard, sans vouloir t'offenser. Un animal sauvage, même domestiqué, aurait senti d'abord la proie en moi, avant même de chercher à s'inquiéter de mon état comme tu l'as fait. Cependant, tu ne dois pas t'inquiéter. J'ai vécu toute ma vie avec les yorkas. J'en ai vu de tous les genres, de toutes les tailles et de toutes les races. J'ai la richesse d'avoir une famille très nombreuses, mais surtout, j'ai eu la chance incroyable de suivre un long et fastidieux entrainement pendant plus de huit ans de ma vie avec un maître-yorka incroyable. J'ai appris il y a bien longtemps déjà à détecter un yorka, peu importe sa forme, et je suis douée dans cet exercice. Sans ces facteurs, je n'aurais sans doute jamais remarqué les failles présentes dans ton déguisement, car même avec mes connaissances, je n'ai eue aucune certitude avant que tu ne te transformes devant moi. Je ne crois donc pas que tu doives t'inquiéter.

    Les yeux de la yorka rencontrèrent le regard de son nouvel ami et une boule de forma dans sa gorge. Elle n’avait jamais ressenti rien de semblable et cela la troublait profondément. Elle était physiquement attirée vers Tatonka, et tout lui en semblait agir sur Kimera comme si un gigantesque aimant voulait les réunir. Kimera résistait cependant et sur elle, rien ne pouvait trahir ce trouble qui l’habitait, sauf peut-être le fond de ses yeux. « Un jour, tu rencontreras quelqu’un. Il te fera ssssentir d’une manière étrange, et cela défiera toutes les règles de la logique que tu auras alors apprissssse. Tu tomberas amoureusssse de quelqu’un de totalement inacccccessssssible. Peut-être tomberas-tu amoureusssse d’un poissssson, d’un lézard ou d’un lion. Peut-être tomberas-tu amoureusssse d’un terran, d’un zélos ou d’un lhurgoyft. Peut-être tomberas-tu amoureusssse de ton pire ennemi, d’un roi ou d’un cavalier de Sharna. L’amour ne connait pas les frontières des mortels. L’amour uni et éloigne, ssssoigne et blessssse. Il est à la fois le meilleur remède et la pire blesssssure, la plus grande forccccce et la pire faiblessssse. Il est indesssscriptible, ni possssitif, ni négatif, mais indubitablement merveilleux. »

    Les paroles d'Assimer remontaient à la surface, l'effrayant une bonne fois pour toute. L'amour était un concept étranger pour Kimera. Elle aimait son maître, sa famille, elle aimait Kesha et elle aimait voler, mais le sentiment qu'elle ressentait pour Tatonka était beaucoup plus fort et complexe, et Kimera préféra essayer de l'oublier pour se concentrer sur la dernière question du yorka.

    - J'ai effectivement un cheval, dit-elle avec un sourire sincère. Une jolie jument que j'ai laissée au temple. Tu voulais faire une balade?

    Kimera respira un bon coup sans parvenir à chasser cette douce sensation qui se répandait dans son corps. Il la prendrait dans ses bras sans qu'elle ne résiste une seconde à ses avances, elle le savait très bien et cela lui faisait peur. Elle espérait simplement que son compagnon ne ressentait pas le même trouble qu'elle, même s'il lui faisait un peu mal d'imaginer que son sentiment n'était pas partagé.


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