La vermine rebelle [MISSION]

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Effectifs

• Eryllis: 3
• Ladrinis: 5
• Eclaris: 4
• Prêtresses: 2
• Cavaliers de S.: 4
• Nérozias: 5
• Gélovigiens: 4
• Ascans: 2
• Marins de N.: 7
• Civils: 18

Temps actuel

An 1305 de l'ère obscure

Saison:Langdum Mois:Cicium
[Mars/Avril en temps réel]

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Code par MV/Shoki - Never Utopia



 
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 La vermine rebelle [MISSION]

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Kreen
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Kreen
MessageSujet: La vermine rebelle [MISSION]   Lun 5 Nov - 1:52




Au fur et à mesure que les Cavaliers s’éloignaient du centre de Thémisto, les murs semblaient se parer de feuillages et de racines. Une mousse terne recouvrait les briques et, alors que la troupe tentait de progresser sur les allées, les chevaux renâclaient à fouler les pavés délogés qui semblaient sortir de terre à la manière chaotique des mauvaises herbes. Xeron hennit à la vue d’un imposant bloc rocheux en travers de sa route. Les gros bras tortueux qui rampaient sous la ruine indiquaient que cette pierre avait été repoussée par de puissantes racines, et elle verdissait déjà comme si la nature en faisant son repas. Kreen arrêta l’animal en tirant sur les rênes et se tourna vers l’homme qui dirigeait son détachement. Un Yorka ursin à l’âge avancé allait devant elle sur un cheval robuste ; il interrompit son cheminement peu de temps après la combattante.

« – Il est temps de laisser les bêtes, annonça-t-il de sa voix grave et bourrue. »

Tous s’exécutèrent en descendant de cheval et en confiant leurs destriers aux palefreniers qui les accompagnaient. Kreen laissa Xeron aux mains d’un jeune esclave au visage balafré. Elle détacha Charybde de la selle de sa monture et la mit dans son dos en joignant les sangles du fourreau à celles de son armure, puis fit quelques pas en avant. Elle observa les alentours pendant que ses collègues se préparaient à pénétrer le faubourg de Drys.

Les bâtiments qui les cernaient étaient imposants, mais creux et endommagés. La noirceur de la pierre de Thémisto était encore dominante, et les façades sèches restaient majoritairement nues. Les rares silhouettes qui osaient traverser le paysage étaient frêles et dégarnies, les rares murmures qui parvenaient aux oreilles guerrières rauques et éphémères. Les âmes locales étaient rampantes, plus proches de la vermine que de la populace – elles grouillaient dans l’obscurité des étages et des bas-fonds et fuyaient précipitamment les étrangers en se réfugiant dans leurs demeures éventrées. L’atmosphère friable et branlante du quartier n’avait pas la même saveur que le cœur de la Cité Noire;  les sombres desseins y paraissaient risibles, les sourdes manigances si facilement anéanties. La bordure du faubourg de Drys semblait être le repaire de tout ce que Thémisto avait de plus minable, la lie de cette ville aux vices déjà innombrables. Ce n’était pas là que les opposants au règne des Cavaliers sévissaient le plus ardemment, et l’armée de Démégor en était bien consciente, mais c’était bien ici qu’un grand nombre de ces pathétiques fils de chiens avaient élu domicile. La cité entière était le théâtre d’attentats et de sabotages contre les chevaliers du chaos, et ces derniers comptaient des ennemis dans tous les milieux, mais il y avait une race bien spécifique de racaille parmi cette horde de détracteurs et c’était juste là que se trouvait son nid pullulant. Ici naissaient les rebelles les plus stupidement hargneux, les pires des stratèges et les plus insupportables des teignes. Ils conspiraient dans le désordre, ourdissaient des complots maladroits, intriguaient par pur mécontentement et sans la moindre once de principe – leur insoumission adolescente était terriblement fielleuse et téméraire. Ils avaient beau n’avoir ni les moyens, ni même l’intelligence requise pour ne-fut-ce que cabosser le blason des Cavaliers de Sharna, leur phénoménale pugnacité se mettait trop souvent en travers de leur chemin et finissait toujours par ternir la réputation des guerriers. Par leurs actes de vandalisme et leurs discours, ils participaient grandement au manque de popularité de la Caste, et ce de manière accrue depuis la défaite de Thémisto contre Cimmeria. Kreen pouvait presque sentir l’odeur méphitique de la pègre ingrate autour d’elle.

Près des chevaux, ses compagnons finissaient de se protéger contre les spores du mal de Drys. Certains jetaient des sorts, d’autres usaient d’objets magiques – autant de stratagèmes pour épargner leurs systèmes respiratoires. Un mort-vivant de sa division lui lança un regard presque complice, ce à quoi elle répondit d’un hochement de tête aux allures fatalistes. Lorsque tous eurent fini d’enchanter leurs poumons, ils se réunirent autour de leur capitaine. Le Yorka répéta quelques-unes des directives énoncées le matin-même ; les cinq principaux suspects étaient les cibles idéales mais le but de la mission était surtout d’intimider le peuple et de faire passer un message clair. Il ordonna à ses hommes de se répartir par paires et de ne prendre aucun risque concernant le mal de Drys, y compris en ce qui concernait l’usage davantage de magie. Les Gorgoroths de l’expédition furent désignés pour explorer le faubourg plus en profondeur mais, étant en effectif restreint, ils se virent obligés de partir seuls dans autant de directions différentes. Kreen ne se fit pas prier. A peine l’ordre de rompre fut-il donné qu’elle disparaissait déjà derrière un mur mousseux et s’enfonçait dans le quartier maudit de Thémisto.

Elle croisa bien quelques enfants en haillons, et elle passa même un ou deux établissements encore hantés de soulards, mais il était clair que la population se raréfiait grandement. Tous ces personnages portaient des tissus sur le visage ou bien des masques, et certains d’entre eux étaient même déjà condamnés. Leur peau brunie attira l’œil du Séide – qui se réjouit grandement d’avoir déjà payé à Kron ce que chacun lui devait – mais personne n’osait soutenir son regard. La Cavalière choisit de s’enfoncer un peu plus vers le cœur du faubourg, même s’il avait des chances d’être désert. Elle ne comptait pas y rester très longtemps, elle souhaitait simplement sonder les alentours avec toute l’assiduité pour laquelle son état de défunte était aujourd’hui un avantage. Après de longs moments solitaires entre les habitations verdoyantes, elle aperçut enfin une silhouette digne d’intérêt.

A l’autre bout d’une ruelle assombrie par un lourd feuillage, la guerrière vit passer une ombre chétive affublée d’un long bec crochu. L’individu était furtif et disparut rapidement dans un passage adjacent, mais Kreen eut le temps de reconnaitre un de ces masques de médecin que ceux qui n’avaient pas les dons requis espéraient suffisants pour repousser les miasmes et les maladies. Plus intéressant encore, cette personne avait très clairement un poignard dans la main, or les habitants du faubourg de Drys avaient bien plus à craindre de l’atmosphère que de leurs voisins. Cette intrigante créature était bien la première que Kreen voyait porter une arme. Elle choisit donc de la suivre, sans grande conviction mais espérant sincèrement qu’elle ne se trompait pas.

La filature prit fin bien plus tôt qu’elle ne l’avait anticipé. Très vite, la Gorgoroth se retrouva dans une impasse dans laquelle l’inconnu masqué se tourna vers elle toute dague dehors. Kreen perçut une tierce présence dans son dos et salua l’embuscade d’une courte expiration à travers le nez, comme pour marquer son amusement.

« – Fichtre, souffla-t-elle ironiquement. Une voix juvénile et étouffée résonna dans le bec du masque médicinal.

– Tu vas regretter d’être venu ici tout seul, Cavalier ! Sans trop se presser, Kreen pivota pour faire dos au mur et pouvoir garder un œil sur ses deux attaquants. Elle ne répondit à la provocation qu’en dégainant Charybde, ce qui n’eut pas l’air d’intimider les rebelles.

– C’est notre territoire ici, toi et tes confrères de malheur n’ont rien à faire chez nous ! lança le second personnage. Lui portait un masque moins sophistiqué mais était un peu plus grand, et sa voix semblait déjà légèrement plus adulte.

– Au contraire, déclara Kreen, je vous cherchais, justement. Ce commentaire sembla troubler ses assaillants qui échangèrent clairement une œillade. N’importe quel rebelle zélé aurait fait l’affaire, mais en soi, la servante de Sharna ne mentait pas. Mes confrères de malheur aimeraient beaucoup s’entretenir avec vous, je vais vous demander de me suivre… ajouta-t-elle d’un ton étrangement neutre et formel. »

Son but ; les mener jusqu’au cœur de Thémisto et leur infliger la punition qui leur était due sur la place centrale. Elle savait pertinemment qu’ils ne coopéreraient pas et finiraient probablement à demi-morts dans un fossé mais elle espérait vraiment pouvoir les soumettre à la colère de Sharna devant un public passionné.



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MessageSujet: Re: La vermine rebelle [MISSION]   Mer 13 Fév - 0:38

Vous voilà coincée dans une embuscade qui semble être bien maladroite.
Mais alors que vous semblez toujours impassible face à la situation, vous pouvez à présent ressentir une certaine aura émaner de l'homme au masque le moins sophistiqué. C'est comme s'il attendait ce moment depuis longtemps si bien qu'il semble brûler d'une impatience nouvelle. Son sourire tressaute même derrière son masque tandis qu'il lance d'une voix énigmatique :

« Il serait stupide de votre part que de croire que vous êtes à présent en mesure de nous donner des ordres, ma chère. Vous ne pouvez plus écraser votre pouvoir par la peur car même vos maigres efforts pour y parvenir ne changeront pas ce fait : vous ne pouvez plus redorer votre blason.

– Oui, tout comme il a dit ! »

L'homme le plus vieux des deux soupire longuement en entendant les cris de son acolyte mais décide de continuer tout de même dans sa lancée en gardant cette tonalité bien étrange dans sa voix.

« – La révolution approche ! »

Bientôt, une flèche vous transperce l'épaule, mais ricoche sur votre armure dans un violent bruit de gong. Seulement, il est évident que ceci lance la sirène d'alerte : vous avez besoin de renfort ! Ou sinon, vous serez écrasé par le nombre ; vous remarquez qu'à présent, les toits grouillent d'ombres prêtes à vous dévorer. Vous et vos collèges cavaliers.

Que faire face à ce retournement de situation ? Cet homme serait-il plus informé que vous ne le pensez ? Qu'attend-il de vous ? Mais surtout… Pourquoi donne-t-il l'impression d'attendre la mort ?



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MessageSujet: Re: La vermine rebelle [MISSION]   Sam 16 Fév - 19:18




Les gantelets de Kreen tintèrent quand elle ajusta sa prise sur la garde de Charybde. Elle maintenant la lame vers le bas, la pointe près du sol, et elle se tenait légèrement courbée en avant afin de se permettre un large geste au moment de lever l’épée. Le ton que prenait le rebelle était de ce genre de suffisance naturelle qui ne présageait rien de bon ; ces brigands étaient pauvrement armés, visiblement affaiblis et encombrés par leurs masques, et c’est justement pour ça que leur surprenante arrogance incitait la Gorgoroth à rester tendue. Le jeune imbécile à sa droite faisait passer son poignard d’une main à l’autre et se balançait sur les côtés pour donner l’impression qu’il était prêt à bondir. En face de lui, son comparse plus bavard avait les mains sur les hanches et le menton haut – une attitude à la noblesse bancale que Kreen interpréta comme un appel au meurtre. Son discours était pompeux, étrangement formel, et transpirait une confiance en soi aveugle. La soldate était plutôt bien tombée ; le fléau qui rongeait Thémisto et noircissait la réputation des Cavaliers de Sharna se dressait devant elle en personne – cet individu incarnait parfaitement le parasitisme des dissidents hargneusement chaotiques dont grouillait la Cité Noire. Prêts à tout, indifférents aux dommages collatéraux et visiblement inconscients de leur mortalité, ces opposants au régime étaient aussi dangereux pour le peuple que pour eux-mêmes et n’étaient pas incapables d’embarrasser les seigneurs de Phelgra à condition d’être nombreux. Ils ne gagnaient jamais une bataille, mais le simple fait de les provoquer – ce qu’ils faisaient avec joie et brio – enfonçait une mince épine dans le pied de Démégor. Le Séide se trouvait là en présence d’un spécimen assez exemplaire, quoi qu’a priori légèrement plus éduqué que la moyenne, et elle venait de le dénicher sans effort. Comme quoi, ces délinquants cherchaient vraiment les ennuis.

Sa déclaration terminée, il couronna l’offense d’une menace peu créative que Kreen se souvenait avoir entendu autre part. La Cavalière hocha la tête ironiquement afin de feindre la curiosité, et adressa à l’impudent une moue exagérément perplexe. Elle était en train d’inspecter son camarade surexcité quand elle vit un trait foncer sur elle et ricocher sur sa spalière, à plusieurs pouces de l’interstice entre le col de son plastron et sa mâchoire à découvert. La mort-vivante se raidit et leva immédiatement les yeux vers les toits sur lesquels se découpaient peu à peu plusieurs silhouettes masquées. Kreen ne paniqua pas mais elle n’envisagea pas une seconde d’affronter seule cette charmante troupe. Elle baissa immédiatement le menton afin de protéger sa gorge, puis pivota sur la gauche, bondit sur le plus loquace des insolents, et fit une profonde entaille de son épaule au flan opposé. La ruelle étant étroite, elle dut faire un pas en arrière avant de profiter de son élan pour asséner un deuxième coup en travers du ventre de sa cible, achevant l’insurgé qui s’écroula dans un gargouillis pathétique. Ignorant les cris d’horreur qui s’élevèrent au-dessus d’elle, Kreen lâcha Charybde d’une main, l’attrapa par la lame à son centre de gravité, et se rua vers celui qui l’avait menée jusqu’à cette impasse.

Usant de son pouvoir de téléportation, elle se retrouva instantanément devant lui, et il n’eut ni le temps d’anticiper, ni celui de parer le coup de coude qu’elle lui infligea au visage. Elle saisit ensuite le bec de son masque et l’attira à elle pour mieux lui enfoncer son genou dans les tripes. Sonné, il s’affaissa en grognant – ce dont le Séide profita pour finir de l’assommer avec la garde de son épée et d’éloigner sa dague d’un coup de pied. Pendant ce temps, on lui envoya de nombreuses flèches, et certaines faillirent bien se planter dans sa chair, mais elle finit par lever le bras qui tenait encore son arme et invoqua un bouclier au-dessus de sa tête, se rendant ainsi hors d’atteinte. Elle demeura immobile un instant pour que ses assaillants digèrent l’information : ils venaient de la voir se téléporter et de se protéger d’un champ de force magique, peut-être était-il conseillé d’abandonner ? Kreen fixa quelques-uns de ces individus et adopta une pose assurée, à la limite du détendu. Elle ne dit rien, n’étant pas d’humeur jubilatoire, mais elle prit soin d’avoir l’air très peu secouée. Le désarroi de ses ennemis se traduisit par quelques arcs baissés avec hésitation, ce que la combattante ne prit pas le temps de savourer davantage. Toujours protégée, elle mit un genou à terre, passa une main sous le corps inerte et frêle du dissident juvénile, et y trouva une prise au niveau de son col. De sa force de défunte, elle le souleva et le jeta sur son épaule, évitant les pointes de son armure en maintenant son poids sur son avant-bras, puis elle ajusta sa prise sur les vêtements du malheureux. Enfin, elle se mit à trotter à reculons hors de la ruelle, réorientant parfois son bouclier magique. Lorsqu’elle se crut hors de portée des traits malhabiles mais insistants des rebelles, elle mit fin à la consommation de son essence divine et courut vers l’entrée du faubourg où elle avait laissé ses collègues.

Alors qu’elle commençait à sentir la pesanteur sur son bras invalide – l’adolescent n’était pas bien lourd mais la façon dont elle le portait n’était pas idéale, Kreen se réjouit d’avoir malencontreusement foulé cette fourmilière et ainsi mis à jour l’emplacement de la colonie. L’attaque l’avait surprise et elle n’avait pas pu faire beaucoup de victimes, mais elle s’en était bien sortie et savait maintenant où mener ses confrères. Arrivée à la bordure de quartier où son détachement s’était séparé, elle laissa tomber son chargement sur le sol devant les quelques collègues qui montaient la garde et rengaina Charybde avant de demander :

« – Des volontaires pour m’aider à faire un bouquet ? »



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Dernière édition par Kreen le Ven 1 Mar - 15:54, édité 1 fois
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Alton Zolond
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Alton Zolond
MessageSujet: Re: La vermine rebelle [MISSION]   Ven 1 Mar - 11:15

Certains des cavaliers regroupés commençaient à peine à baisser leurs armes après avoir vu une masse lourdement chargée débouler de cette ruelle, comprenant enfin qu'il s'agissait de leur collègue. D'autres tentaient toujours de comprendre qui pouvait être le paquet qu'elle venait de brutalement livrer à la gravité des pavés.

Son invitation goguenarde laissa quelques secondes de blanc, pour tout ceux qui n'avaient pas compris ou n'étaient pas sûrs de pouvoir la suivre au milieu des nuages de miasmes étouffants. Les cavaliers avaient toujours été lourdauds face à toute initiative qui ne sortait pas de leur Imperial directement, et il n'en fallut pas plus pour Alton pour s'insérer.

Arrivé quelques secondes plus tôt, il fendit l'escadron resté en retrait pour se présenter à cet éclaireur galvanisé.

-Ah parfait, voilà revenue l'avant garde. Han, et pas n'importe qui...

Son sourire de bienvenue -anormalement badin vu les circonstances- s'était immédiatement changé en rictus plus carnassier, dessiné en croissant de lune sur son visage sitôt qu'il reconnu Kreen.

-Je viens servir la horde de Sharna du mieux que je peux, je demandais justement si quelqu'un pouvait m'emmener rencontrer un de ces groupes d'agitateurs, et te voilà qui arrive. Franchement j'ai même pas besoin de prêcher quoi que ce soit quand la providence de Dieu se fait si évidente. Une disciple revenue me guider au coeur de la cité, ahahah.

Il écarta les bras de façon théâtral et vint se ranger aux côtés de Kreen, non sans piétiner son paquet encore étourdit au sol en passant, comme si il ne l'avait pas vu.
Les mâchoires se serraient en silence jusque là, mais beaucoup étaient maintenant prêt à mettre fin à son air arrogant. Mais encore une fois l'attention fut coupée par l'escorte du Haut-prêtre qui avait peiné à le suivre au milieu des rangs des Cavaliers, et s'extirpait enfin.

Émergeant d'entre les armures : deux moines en tunique crasseuse, armés de simples gourdins barbelés, et cinq coureurs des faubourgs. Vagabonds et orphelins, ils étaient faméliques et pourtant presque arachnéens dans leurs déplacement, si habitués qu'ils étaient de parcourir les rues sur leurs membres en brindilles. Les deux moines patibulaires vinrent de chaque côté de Kreen et Alton, pendant que le troupeau en haillon se rangeait derrière leur orateur, pour échapper aux regards noirs qu'il suscitait dans l'armée des monolithes de guerre.

-Je suis persuadé que je peux faire entendre raison à quelques uns des contrevenants, tout comme j'ai pu raisonner ceux-ci déjà. Je m'en voudrais de tous vous voir piétiner dans la fange juste pour briser en deux quelques affamés. Et si ça échoue ben.. on aura juste a les ramener vers vous pour que vous les abattiez.

Toujours pas franchement convaincu par la démarche du Haut-Prêtre, le chef d'escadron ursidé resta néanmoins silencieux, presque curieux, ce qui donna le ton à ses subordonnés. Il était peut être gourmand de voir ce que donnerait le plan de palabre du religieux.... ou plus simplement ravi de ne pas avoir à perdre des hommes dans ces ruelles venimeuses en de trop nombreux points.

-On est pas venus là pour te voir prêcher, vraiment pas. Mais je suis prêt à vous laisser dix minutes, pour aller patauger dans les spores à ma place. Mais si tu reviens criblé de flèches ou traversé de poignards ce sera pour toi.

-Parfait alors.

Alton écarte les mains et ferme les yeux, comme pour une prière. Mais au lieu de faire s'élever des cantiques, c'est une brume noire et épaisse qui monte doucement. Elle coule hors de lui, jusqu'entre les pierres déchaussées, puis s'élève doucement et monte jusqu'aux dessus de leurs têtes, au niveau des toits.
Il tape dans ses mains deux fois : ses esclaves squelettiques se dispersent et se mettent à escalader les caisses, les murs en ruine et les façades branlantes, comme des insectes, comme ils l'ont surement fait des centaines de fois par le passé pour chaparder et fuir. Faibles et désespérés, mais résolument habitués à leur milieu, ils gagnent les toits et disparaissent dans la brume.

-Les flèches je m'en occupe. Quant aux poignards, je suis sûr que votre vaillante guerrière saura m'en protéger.

Alton part en direction de la ruelle d'où avait surgit la séide, surplombé par un nuage opaque qui occultait la vision des toits. Il était habillé d'un long manteau noir mais au rythme preste de ses épaisses bottes de cuir on devinait une tunique confortable sous cette couche, prompte à libérer ses longues foulées par dessus les ruisseaux d'immondices.

Les deux moines étaient plus boursoufflés que réellement musclés et à leur façon abrutie de suivre leur maitre, on les devinait plus dissuasifs que compétents, cramponnés à leurs masses comme à un nouveau jouet plutôt qu'une arme.

-Oh et Alton... t'habitue pas trop à tes nouvelles poupées. Qu'ils te suivent ou te pourchassent : les rats de Drys sont à nous, et on décidera quoi en faire. Tous. Comme je disais, on est pas là pour t'aider à rassembler des fidèles.
T'es juste un appât.


-Oui ! Exactement comme Sharna le veux.
Allez Kreen, viens, guide moi.
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MessageSujet: Re: La vermine rebelle [MISSION]   Lun 4 Mar - 18:57




C’est une voix mielleuse bien connue qui répondit à la moquerie de Kreen, et la Cavalière ne prit pas la peine de dissimuler le sentiment que lui évoquait cette arrivée.

« – Han et merde… siffla-t-elle en jetant la tête en arrière. Dire que quelques instants plus tôt, elle était de bonne humeur. On ne lui donna même pas le temps de savourer sa découverte, il fallait maintenant qu’elle gère la présence de l’homme le plus agaçant du monde. Kreen fit volte-face sans s’approcher davantage du Haut-Prêtre, et l’écouta déblatérer les inepties qui faisaient sa réputation. »

Alton la prit à partie et lui lança plusieurs piques sardoniques, mais Kreen ne lui fit pas l’honneur de rétorquer. Non pas que cela ne la démangeait pas, mais elle avait d’autres chats à fouetter : elle comptait bien repartir aussi tôt que possible, après que ceux qui montaient la garde aient pris en charge son prisonnier. Alors quand le Gélovigien s’approcha d’elle, elle se contenta de hausser un sourcil et de se détourner de lui, comme s’il ne savait pas déjà qu’il l’insupportait. Elle aurait voulu ramasser son trophée et pouvoir se ranger auprès de quelques collègues mais les traîne-patins qui semblaient servir d’escorte au prêtre vinrent l’encercler, et elle se retrouva soudainement très proche de ces espèces de pantins abrutis. A la fois surprise, exaspérée et très légèrement dégoûtée, elle adressa un regard torve à un des civils et fit un pas en arrière pour mieux s’en éloigner. Si des murmures acerbes avaient parcouru l’assemblée, et que quelques commentaires fielleux avaient été lancés anonymement à l’arrivée inattendue de l’ecclésiastique, tous les Cavaliers se turent lorsqu’Alton et leur chef d’escadron échangèrent. Les guerriers restés là semblèrent approuver les paroles de leur meneur, et quand le religieux taquina Kreen encore une fois, certains ricanèrent sous cape. Peut-être que les autres éprouvèrent un peu de compassion, mais ils ne le montrèrent guère.

La mort-vivante frissonnait chaque fois que le Haut-Prêtre l’interpelait, non pas par crainte mais par désagrément. D’une part, c’était un être plutôt infect qui prenait un malin plaisir à irriter tout le monde – un trait de caractère qu’elle percevait comme puéril – alors l’entendre prononcer son nom était une garantie qu’elle s’apprêtait à passer un quart d’heure des plus horripilants. D’autre part, et cette douleur-là était bien plus insidieuse, la familiarité dont il faisait preuve avec elle ne lui rappelait que trop bien l’époque où elle lui était soumise. Ce n’était plus le cas ; en passant de prêtresse à Cavalière, elle avait quitté un milieu mal adapté à ses ambitions pour rejoindre celui pour lequel elle était faite, alors on aurait pu croire que croiser le chemin de son ancien patron était une belle occasion de se laisser jubiler… Pourtant, elle n’arrivait à tirer de son histoire aucune joie, ni aucun soulagement. Si elle était fière d’arborer le blason des Cavaliers de Sharna et se délectait jour après jour des crimes qu’elle commettait en son nom, elle ne voyait dans son passé que de mauvais souvenirs à oublier, et non la victoire qu’elle avait pourtant remportée sur la vie. Elle était parfaitement consciente de cet état de fait, de ce que ça avait de dommage et d’injustifié, mais il lui était encore impossible de se pavaner ironiquement au Temple de Sharna ou de se moquer ouvertement d’Alton ; autant de choses qu’elle aurait adoré pouvoir faire pour rappeler à ses anciens collègues et supérieurs qu’il n’y avait pas plus zélé que la servante de Sharna qui était déjà morte une première fois pour Lui et le referait une seconde fois. Elle était également consciente que la raison de cette retenue n’était autre que le Haut-Prêtre lui-même, et que cela était d’autant plus tragique que même s’il n’était qu’un unique individu, sa mort ne changerait rien à la difficulté qu’elle avait à se sentir triomphante sur lui. Parce que depuis le jour où elle avait glissé entre les doigts de Kron et qu’il s’était trouvé là, juste en-dessous, pour la recueillir, elle se doutait que rien n’avait vraiment été de son fait à elle. A la manière du nuage sombre et malsain qui semblait si souvent enrober Alton, la guerrière sentait en permanence flotter au-dessus de sa tête le soupçon qu’elle avait été manipulée, qu’elle l’était encore et qu’elle le serait toujours. Et cette façon pernicieuse qu’il avait de lui parler devant tous ses confrères n’étaient pas pour la rassurer.

Le Gélovigien s’était déjà engagé dans la ruelle qu’elle venait de quitter quand il retourna le couteau dans la plaie en la sommant de lui servir de guide. Une requête judicieuse, certes, mais à laquelle Kreen mit du temps à obéir. Sans lui répondre, elle se tourna d’abord vers le chef de son détachement.

« – Ils sont bien une douzaine. Celui-là est dans les vapes. Ça m’a tout l’air d’être un jeune aux capacités intellectuelles limitées, alors si je puis me permettre, je crois qu’il sera facile à interroger. Le Yorka hocha sévèrement la tête, tout à fait inexpressif. Kreen marqua une pause avant de poursuivre. Bon, je vais tenir la main au cafard. Elle prit alors la suite d’Alton et, arrivée à sa hauteur, accéléra pour les dépasser, lui et ses gorilles. Sa démarche preste trahissait sans aucun doute son mécontentement, et elle ne se tourna pas vers le prêtre pour lui faire ses reproches. Vous auriez dû venir avec des vierges de Delil, on aurait pu faire les fiers. »



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